BULLETIN DE GÉOGRA PHIE BO TANIQUE ORGANE MENSUEL de l'Académie Internationale de Botanique Tome XXI ( ANNEE 1911) « J'ai vu Dîju; j'ai vu son passage et « ses traces, et je suis demeuré saisi « et muet d'admiration. Gloire, hon- r»£mr invi^"^ infinie à Celui dont « l'invisible bras balance l'univers et « en perpétue tous les êtres. « Linné ». LE MANS (sarthe) AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ 78, RUE DE FLORE, 78 19 11 ' BULLETIN DE Géographie Botanique ORGANE MENSUEL De l'Académie internationale de Botanique Tome XXI (ANNEE i 9 i i ) L1BRARY NEW YORK BOT A NIC AL QARDBN LE MANS (Sarthe) AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ 78, RUE DE FLORE, 78 191 1 / j&£..$-5'—0.{,'ï, 20 e Année (4 e Série) N° s 255 Janvier igii BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE ORGANE MENSUEL de l'Académie Internationale de Botanique FONDÉE LE i er DÉCEMBRE 1891 Jouissant de la Personnalité Civile depuis le 11 Octobre 1901 TOME XXI "rç$?r Bon à tirer donné le 9 janvier 1911 LE MANS (sarthe) AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ 78, RUE DE FLORE, 78 19 11 Académie internationale de Géographie Botanique Directeur : M. l'Abbé H. COSTE, St-Paul-des-Fonts, par Tournemire (Aveyron). Secrétaire perpétuel-Trésorier : M& T H. LÉVEILLÉ, ^, 78, rue de Flore, Le Mans ^Sarthe). Conseil de l'Académie : MM. A. Engler, Jh. Héribaud, J.-D. Hooker, D. Prain. On peut se procurer au Secrétariat le diplôme spécialement gravé pour l'Académie au prix de 3 francs Souscription annuelle : 10 francs L'Académie laisse aux auteurs la responsabilité de leurs opinions. Adresser mandats et communications au Secrétariat. SOMMAIRE DU N° 255 Note sur la distribution géographique des espèces du genre Peperomia R. et Pav., par M. C. de Candolle. Note sur le Cochlearia aragonensis (Espèce nouvelle) par MM. les abbés Goste et Soulié. Nouvelles localités de quelques plantes rares du Berry, par M. Lambert. Contribution à l'étude de la Flore ptéridologique de la péninsule ibéri- que, par M. R. de Litardière. Quelques plantes adventices de l'Hérault, par Mgr Léveillé. Les onze frères d'Ardenay (Sarthe), par Mgr Léveillé. iniiillllllllliiiii n in m iiiiiiil l iiiiiiiiiiiinii ni iiiii i iiiiiiiiiiii i iiiii M iiiiii M ii i ilii H li i ii i iiiiiiiii i i m iii i i n iiiri i ii H ii mi iiii mmwm m wi ■ L'Académie offre aux Auteurs des Tirages à part, a. »» exemplaires, sans réimposition ni changement de folios. Le port est à la charge des auteurs. TARIF DES TIRAGES A PART avec changement de pagination, nouvelle mise sous presse, couvertures non imprimées sur papier de couleur, pliage et couture : Les remaniements dans le texte sont comptés à raison de o fr. 65 l'heure. NOMBRE DE PAGES 25Ex. 50Ex. 75 Ex. 100 Ex. 150 Ex. 200 Ex. 1 /2 Ipiiillp 8 nasres 4fr. 6 fr. 9 fr. 75 5 fr. 7fr. 1 1 fr. 50 6fr. 8 fr. 13 fr. 25 7fr. 9 Ir. 15 fr. 8 fr. 50 10 fr. 50 17 fr. 50 10 fr. 50 12 fr. 20 fr. Couverture imprimée : 5o ex., 4h\; 100 ex., 4 fr. 5o ; i5oex., 5 fr. 25; 200 ex., 6 fr. Les auteurs doivent faire figurer sur leur manuscrit la mention « tirage â part, avec ou sans pagination spéciale », et le « chiffre » du tirage ainsi que la demande d'une couverture imprimée ou non, et ensuite s'entendre directement avec l'imprimeur dès la réception du numéro renfermant leur travail. N6W YORK «AWlr 20° Année (4 e Série) N° 255 Janvier iqii. BULLETIN DE GEOGRAPHIE BOTANIQUE Organe mensuel de l'Académie internationale de Botanique Note sur la distribution géographique des espèces du genre Peperomia R. et Pav. tfar M. C. de CANDOLLE Le genre Peperomia est un des plus vastes qu'il y ait, car il comprend déjà plus de huit cents espèces et ce nombre s'accroit encore sans cesse. Toutes ces espèces sont des plantes herbacées ayant une même structure spéciale de la tige et dont les inflo- rescences en épis portent des fleurs extrêmement simples, com- posées seulement de deux étamines et d'un ovaire contenant un seul ovule. Malgré cette grande uniformité de leur organisation, les diverses espèces de ce genre sont loin de vivre toutes dans les mêmes conditions écologiques. Les plus nombreuses sont hygrophiles et habitent les forêts où elles croissent, tantôt sur le sol, tantôt sur les arbres. D'autres sont xérophiles et croissent à découvert dans des localités dont plusieurs sont mêmes très arides. co La plupart des Peperomia sont des espèces très localisées. Quelques-unes ont pourtant des aires extrêmement vastes et, sous ce rapport, il en est trois qui méritent particulièrement de . fixer l'attention. Ce sont les P. reflexa Dietr., P. pellucida Kth, P. Martiana Miq. — > Dans sa Géographie botanique raisonnée, Alphonse de Can- dolle a rangé le P. reflexa dans la catégorie du petit nombre BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE des espèces disjointes intertropicales dont l'identité spéci- fique est certaine. Il se fondait pour cela [sur l'opinion de Miquel qui a considéré comme de simples formes du P. re- flexa plusieurs plantes légèrement différentes, croissant dans diverses régions de l'ancien et du nouveau monde. Miquel (i) distinguait sept de ces formes' et, après lui, ayant eu à ma disposition des matériaux plus abondants que les siens, j'ai été amené à en admettre douze (2) que j'ai envisagées comme des variétés. Enfin, plus récemment, le D r Dahlstedt (3), en a distingué sept, dont deux se présentent chacune sous deux formes distinctes. On doit donc regarder l'espèce en question comme un ensemble de formes ou de variétés très peu diffé- rentes, et qu'il est même difficile de définir avec précision. Les unes ont des aires très vastes et telle est, par exemple, la variété valantoides qui se trouve à la fois en Amérique et en Australie, tandis que d'autres sont très localisées. Mais parmi ces dernières, il en est qui se ressemblent étonnamment, bien qu'habitant des contrées très éloignées les unes des autres. C'est ainsi que la variété brésilienne : geraensis diffère à peine de la variété par- vifolia des Indes orientales. Le fruit du P. reflexa est une baie ovale-cylindrique, longue, tout au plus, de i,5 mm., amincie au sommet en une petite pointe rectiligne. Il est possible que la petitesse de ce fruit ait pour effet de faciliter sa dissémination par le vent, mais ce ca- ractère est commun aux baies de tous les Peperomia sans exception, la longueur des plus grandes ne dépassant pas 2 mm. Et celles du P. reflexa sont lisses, tandis qu'une foule d'autres espèces, même parmi les moins répandues, ont des baies ru- gueuses et plus ou moins gluantes. Enfin il est à remarquer que l'on n'a jamais attribué de propriété médicinales au P. re- flexa. Cette espèce se trouve aujourd'hui sous une forme ou sous (1) Miquel, Systema Piperacearum, p. 169. (2) De Candolle, f'rodromus, t. XVI, 1, p. 451. (3) Dahlstedt, Studien ûber Sud-und central-amerikanische Peperomien, p. 174. BULLETIN DE GÉOGIUPHIE BOTANIQUE une autre, dans presque toutes les contrées intertropicales ou subtropicales du monde entier et, d'après tout ce qui précède, il semble que sa vaste extension doive remonter à une époque des plus reculées. Le P. pellucida Kth, croît à l'état sauvage dans presque toute l'Amérique intertropicale, aux Antilles, en Afrique dans les forêts vierges de l'Angola et du Congo, dans les Indes orien- tales, la péninsule et les archipels malais. Mais on ne Ta pas encore vu plus à l'est en Australie ou dans les archipels océa- niens. Elle est souvent cultivée dans les jardins des pays chauds, ses feuilles pouvant être employées en guise de salade. A quoi il faut ajouter que les sucs de cette plante sont réputés aux Antilles, comme efficaces contre les morsures de serpents. D'après ces faits il est fort probable qu'elle a été importée par l'homme dans bien des localités où elle ne croissait pas spontanément. Toute- fois, sa vaste extension et surtout sa présence en Afrique où Welwitsch l'a récoltée en pleine forêt vierge, semblent devoir lui faire attribuer une dissémination très ancienne. La baie du P. pellucida offre un caractère très spécial consistant en ce qu'elle est sillonnée de petites rainures longitudinales dont les bords sont rugueux. Or, coïncidence curieuse, ce même carac- tère, signalé par le D r Dahlstedt et sur lequel il a établi le sous- genre ogmocarpidium, ne se retrouve que dans une seule autre espèce, à savoir : le P. exigua Miq. qui croît à Java, dans les Indes-Orientales, en Abyssinie, dans l'Angola et la Guinée. Le P. Martiana Miq. est aussi fort intéressant par sa distribu- tion géographique. En effet, il se trouve à la fois dans la Nou- velle Grenade, au Brésil et dans l'île Saint-Thomé. Ses baies sont de celles qui ont une surface rugueuse et gluante, mais on ne lui connaît pas de propriété de nature à le faire recher- cher pour l'importation d'un pays à l'autre. Les trois Peperomia dont il vient d'être question sont les seuls qui aient été, jusqu'ici, trouvés à la fois en Amérique et dans l'ancien monde. La répartition des autres espèces de ce genre entre les deux hémisphères est extrêmement inégale. C'est en Amérique que se trouve leur très grande majorité, soit plus des 3/5 de leur nombre total. Quelques-unes y ont pris une 6 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE plus grande extension que toutes les autres. Ce sont les P. obtu- sifoîia Diet., urocarpa Fish. et Mey., hispidulaDie\.,rotundi- folia Kth, galioides Kth., espèces qui croissent partout sur le continent et aux Antilles. Le P. obtusifolia a une baie cylin- drique, à surface rugueuse et gluante, munie au sommet d'un appendice filiforme et ordinairement crochu. Si l'on ajoute à cela que les sucs de la plante jouissent de propriétés médici- nales, il devient probable que l'homme ou d'autres agents de transport, ont été pour quelque chose dans la vaste extension de cette espèce. Les baies du P. urocarpa ont la même struc- ture que celles du P. obtusifolia. Celles des P. hispidula, ro- tundifolia et galioides n'ont pas d'appendice crochu, mais leur surface est munie de petites proéminences coniques chez la première de ces espèces et de rugosités gluantes chez les deux autres. En dehors de l'Amérique le nombre des Peperomia de chaque contrée diminue rapidement dans la direction de l'ouest. L'O- céanie en a fourni 70, dont une trentaine de l'archipel des Sandwich. Les îles et archipels malais en ont donné 41, le groupe des Mascareignes 35, le Japon avec la Chine, l'fndo-Chine, la péninsule malaise et les Indes Orientales en renferment une vingtaine. Enfin l'Afrique entière, y compris les îles de Saint- Thomé et de Fernando Po, n'en a pas fourni jusqu'ici plus de 12. Cette énorme inégalité dans la répartition des Peperomia entre l'Afrique et les autres contrées intertropicales est intéres- sante à constater et il y a lieu de s'étonner de ce que les forêts humides de l'Afrique tropicale, renferment un aussi petit nom- bre de ces végétaux, alors qu'ils abondent dans celles du nouveau monde. BULLETIN DE GEOGRAPHIE BOTANIQUE Note sur le Cochlearia aragonensis {Espèce nouvelle) Par MM. les abbés COSTE et SOULIÉ. Plante bisannuelle de 20-5ocm.; entièrement glabre, àlongue racine fibreuse ; tiges dressées ou ascendantes, très rameuses dès la base, diffuses, grêles, anguleuses, rougeâtres ; feuilles un peu charnues, d'un vert sombre en dessus, pâles ou le plus sou- vent rougeâtres en dessous, les radicales et les caulinaires pétio- le'es, petites, presque aussi larges que longues (4-8 mm. de diam.), ovales en cœur, à limbe brusquement contracté en pétiole canaliculé en dessus, entières ou plus souvent munies de chaque côté d'une petite dent calleuse ainsi que le sommet; les raméales plus étroites, atténuées à la base ; fleurs petites, nom- breuses, inodores; sépales dressés, égaux à la base, d'un vert jaunâtre; pétales blancs, obovales, 1-2 lois plus longs que les sépales; style long de 1 mm.; grappes fructifères allongées, à pédoncules grêles, dressés, les inférieurs écartés, les supérieurs rapprochés en petit corymbe dense ordinairement terminé par des fleurs, tous plus courts ou parfois un peu plus longs que le fruit; silicules petites (4 mm. de long sur 2 de large), elliptiques- lancéolées, atténuées à la base et au sommet, à cloison étroite, elliptique; valves très caduques, convexes, marquées d'une ner- vure dorsale et de veines réticulées ; graines peu nombreuses (i-3 dans chaque loge), petites, ovales, presque lisses, jaunâtres. Aragon, province de Huesca: éboulis calcaires de la Sierra de Guara, près de Nocito, entre 1200 et 1700 mètres. — Mai- juillet. L'espèce que nous venons de décrire se distingue de tous les autres Cochlearia de France et d'Espagne par le port diffus, la gracilité, la couleur rougeâtre des tiges et des rameaux; par la petitesse des feuilles, des fleurs, des fruits, des graines ; par la 8 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE gracilité, la brièveté, la direction dressée des pédoncules ; enfin par la forme des grappes fructifères qui offrent en même temps dans le bas des silicules très écartées et mûres, dans le haut des silicules très rapprochées et dressées en corymbe dense, et tout- à-fait au sommet des fleurs blanches encore épanouies. La station n'est pas moins remarquable. Nos Cochlearia vivent habituellement sur les côtes de l'Océan, ou bien dans les marais, au bord des ruisseaux et des sources des montagnes. Le C. aragonensis végète, au contraire, dans des éboulis calcaires très secs sur les pentes méridionales de la Sierra de Guara, où Tun de nous l'a découvert dans un état avancé le 26 juillet 1908. La Sierra de Guara forme au nord de Huesca un massif étendu et élevé qu'on peut considérer comme le dernier con- trefort méridional des Pyrénées centrales. Son point culminant situé près du village de Nocito, atteint 2070 mètres. Comme la plupart des sierra espagnoles, elle est nue, sèche, aride, déboisée et formée de roches calcaires. Il ne paraît pas que la Sierra de Guara ait été sérieusement explorée jusqu'à nos jours. Le botaniste qui l'aurait parcourue n'aurait eu garde de laisser échapper une plante aussi remar- quable que celle que nous publions, dont la taille atteint 5o cm. et qui est si abondante qu'elle recouvre toutes les pentes depuis 1200 jusqu'à 1700 mètres non loin de Nocito. Il semble cepen- dant que l'auteur du Flora pyrenœa, le célèbre Bubani l'a visitée, car il y indique quelques espèces intéressantes que l'un de nous a retrouvées. Citons notamment : Iberis sempervi- rens L. et /. saxatilis L., Arenaria tetraquetra L., Erinacea pungens Boiss., Ononis fruticosa L., Astragalus epiglottis L., Valeriana longiflora Willk., Veronica humijusa Bubani, Ar- ceutobium OxycedriM. Bieb., etc. Le temps nous a manqué pour explorer complètement ce mas- sif. Dans nos herborisations L de 1908, 1909, 1910, nous y avons cependant récolté ou observé beaucoup d'autres plantes qui mériteraient de figurer dans le Prodrome de la flore espagnole. Nous allons terminer cette notice par l'énumération des plus remarquables, pour montrer que cette florule ne diffère pas sen- siblement de celle des autres massifs des Pyrénées méridiona- BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE les, dont l'aspect et la végétation contrastent si fort avec nos Pyrénées françaises. Thalictrum tuberosum L. Anémone alpina L. Arabis stricta Huds. Alyssum cuneifolium Ten. Draba hispanica Boiss. Helianthemum salicifo- lium Pers. Polygala alpina Perr. et Song. Silène conoidea L. saxifraga L. Dianthus deltoides L. Alsine rostrata Koch. — verna Bartl. Arenaria purpurascens Ram. — ctpitata Lamk. — tetraquetra L. Linum salsoloides Lamk. Géranium sanguineum L. Genista horrida DC. Cytisus sessilifolius L. Ononis Natrix L. Anthyllis montana L. Medicago suffruticosa Ram. Coronilla scorpioides Koch. Spirasa Filipendula L. Potentilla macrocalvx Huet. Leontopodium alpinum Cass. Picnomon Acarna Cass. Carduncellus Monspeliensium Ail. Centrophyllum lanatum DC. Crupina vulgaris Cass. Serratula nudicaulis DC. Jurinea pyrenaica G. G. Leuzea conifera DC. XeranthemuminapertumWilld Catananche caerulea L. Crépis albida Vill. — pygmaea L. Phyteuma Charmelii Vill. Cainpanula ErinusL. Arbutu^ Uva-ursi L. Primula intricata L. Gregoria Vitaliana Duby. Androsace maxima L. Coris monspeliensis L. Gentiana verna L. Ramondia pyrenaica Rich. Lithospermum fruticosum L. Odontites longiflora Willk. Satureia montana L. Rosmarinus officinalis L. — alchemilloides Lapey. Sideritis hyssopifolia L nivalis Lapeyr. splendens Ram. Saxifraga granulata L. — oppositifoiia L. — longifolia Lap. — corbariensis Timb. — muscoïdes Wulf. Thapsia villosa L. Laserpitium Siler L. Bupleurum rotundifolium L. — aristatum Bartl. Galiumvernum Scop. — pyrenacium Gouan. Valerianaglobulariasfolia Ram Cephalaria leucantha Schrad. Scabiosa stellata L. Aster alpinus L. ' Inula helenioides DC — montana L. Jasonia glutinosa DC. Teucrium Chamaedrys L. — Polium L. Plantago argentea Chaix. Globularia nana Lamk. — cordifola L. — vulgaris L. Chenopodium Bonus-Henricus L. Rumex scutatus L. Aristolochia Pistolochia L. Euphorbia nicaeensis Ail. Scilla verna Huds. Anthericum Liliago L. Scirpus Holoschœnus L. Carex rupe c tris Ail. — ornithopoda Wild. — brevicollis DC. Stipa pennata L. Molinia caerulea Mœnch. 10 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE Nouvelles localités de quelques plantes rares du Berry Par M. LAMBERT Le 24 mai dernier, j'ai remarqué à la lisière nord de 1 étang de Raymond (Cher; un Carexqui tout en paraissant se rapporter au C. Hudsonii Benn. (C. stricta Good) en différait par ses bractées plus longues, ses utricules petits, sa souche pourvue d e stolons, caractères qui trahissaientl'influence du C. gracilis Curt (C. acuta L.) J'en conclus que j'avais affaire à un hybride de ces deux espèces, abondantes en ce lieu, et Mgr Léveillé, après examen d'échantillons, fut du même avis. « C'est le Carex gra- cilis X Hudsonii Kiikenthal » m'écrivait-il le 8 juillet dernier. Le savant caricologue allemand n'ayant pas donné de nom bi- naire à cet hybride je propose celui de X Carex stagnalis qui rappellera la nature de sa première station française. Carex intermedia Good. (C. disticha Lamk) est très variable quant à la disposition des épillets mâles et femelles; la forme ■pangyna Beck, non signalée jusqu'ici en France, existe à Ray- mond, fossé du communal des Prés-Taurs. A la même station, j'ai recueilli une touffe de Carex Felixii Lambert (C. acutifurmis X Hudsonii)\n Bull. Acad. géogr. bot. n° 125 p. VIL C'est la seconde localité française. Le Carex acutiformis Ehrh. var. brachylepis Lambert in loc. sup. cit. doit être rapporté au X Carex auroniensis Lambert. [C. acutiformis X gracilis) in Bull. Acad. Géogr. bot. n° 225 p. 339. — Cher : Raymond, ruisseau à la sortie des grands fos- sés de la Maison-Fort. C'est également la seconde station de ce rare hybride. J'ai noté en outre quelques variétés ou sous-variétés peu com- munes ou inédites : Carex Hudsonii Benn. s. var. melano- rhynchaNob. dont les utricules sont pourvus d'un bec noir. BULLETIN UE GÉOGIIAPIUE BOTANIQUE 11 Carex Hudsonii Bonn, var.elongata Nobisà épisdej-io cm., es mâles aussi longs que les femelles androgyns. Carex pallescens L. var. gynobasis Lévl. à épillets intérieurs portés sur des pédoncules longs partant de la base. Carex Œderi Ehrh. f. clatior An ders., à tiges élevées. Le Blysinus [Sc'ir pus) compressus Pers., est fort rare en Berry; il croît abondamment sur un espace restreint dans les prés de Craon avec une forme à épi interrompu var. interrupta Nob. La var. fistulosus (Guss. Buchen.) du Juncus effusus que M. Husnot, Mon. Jonc. Fr. n'indique qu'à Grammont, près Montpellier, existe bien caractérisée dans les fossés de la route du bois de Raymond. Enfin \ Epilobium Palatinum F. Schultz (E. Larnyi X par- viflorwm et la forme inverse X E. ImbaultianiiniNob. [E. par- vif lorum X Lamyi) a styles étalés, croissent çà et là dans le bois de Raymond. 12 BCLLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE Contribution à l'étude de la Flore ptéridologique de la péninsule ibérique Par M. R. de LITARDIÈRE. Au cours d'un voyage botanique que je fis en juillet et août dernier, en Espagne et en Portugal, principalement à la recher- che des fougères, j'ai pu recueillir un certain nombre de formes intéressantes et même inédites, quelques espèces non encore si- gnalées dans la région N. W. de l'Espagne, et aussi étudier en place le Dryopteris a/ricana, nouveauté pour la flore euro- péenne, découverte récemment dans la province de Santander et sur les conditions de végétation duquel on n'avait encore que peu de renseignements. Je dois également à l'extrême obligeance du Frère Sennen, de Barcelone, de m'avoir communiqué diverses fougères espa- gnoles, entre autres une espèce inédite provenant des Baléares. Ces documents m'ont permis d'écrire aujourd'hui cette note, qui n'est certes qu'une faible contribution à l'étude de la flore ptéridologique de la péninsule ibérique. Les fougères espagnoles n'ont encore fait l'objet d'aucune étude spéciale, et ce n'est guère qu'en Galicie, région mainte- nant bien connue, grâce aux belles recherches du savant Père Merino, que les formes ont été notées avec soin (i). Mais, que de régions n'y a-t-il pas encore à explorer! La flore semble même d'une richesse inépuisable puisque les botanistes — plutôt rares — qui parcourent cette « terre promise », trouvent toujours du nouveau. La flore ptéridologique de la Péninsule, dont je voudrais donner un petit aperçu d'ensemble au début de cette note, est bien la plus intéressante de toute l'Europe, par sa variété, Je (i) Cf. D r H. Christ, Les Fougères de la Galicie espagnole, in Bull. Acad. géogr. bot., p. 76-81, n° 172 (i ,r mars 1904) et B. Merino, Flora descrip- tivaé illustrada de Galicia, LU (1909). BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 13 nombre de ses formes endémiques et son affinité avec la flore africaine. On connaît jusqu'à présent 70 espèces et sous-espèces, dont 65 pour l'Espagne et 42 seulement pour le Portugal. Cette no- table infériorité de la flore portugaise, à laquelle il manque beaucoup d'espèces assez communes ailleurs, s'explique facile- ment lorsqu'on songe au développement peu considérable de la région montagneuse dans ce pays et à ces grandes étendues occupées par des pins, des bruyères ou des ajoncs et où l'on ne voit que des Pteridium. Les espèces et sous-espèces suivantes, existant en Espagne, manquent au Portugal : Woodsia alpina (Boit.) Gray Cystopteris fragilis subspc. regia (L.) Asch. — montana (Lam.) Bernh. Dryopteris oreopteris (Ehrh.) Maxon — cristata (L.) A. Gray — rigida (Hoffm.) Underw. — — subspec. auslralis (Ten.) C. Chr. — œmula (Ait.) O. Ktze — Phegopteris (L.) C. Chr. — triangularis (Saint-Lag.) Herter (D. Linnœana C. Chr.) — Robertiana (Hoffm.) C. Chr. — af ricana (Desv.) C. Chr. Polystichum Lonchitis (L.) Roth — lobatum (Huds.) Presl Athyrium alpestre (Hoppe) Ryl. Phyllitis Hemionitis (Lag.) O. Ktze — A été indiqué sur le littoral portugais par confusion avec YAsplenium Hemionitis L. du massif de Cintra (1). On ne le connaît sur la côte océanique européenne que dans les Asturies. Asplenium Seelosii Leyb. — viride Huds. (1) Cf. J. Daveau, La Jlore littorale du Portugal, in Bull. Herb. Boiss., IV, n° 4, p. 210 (avril 1896). 14 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE Asplenium fontanum (L.) Bernh. — foresiacum (Le Gr.) Christ — adiantum-nigrum L. subspec. cuneifolium (Viv.) Asch. Pleurosorus Po\oi (Lag.) Diels Pellœa hastata (Thbg.) Prantl Pteris longifolia L. Botrychium Lunaria (L.) Sw. Salvinia natans (L.) Ail. Marsilia pubescens Ten. Et peut-être doit-on ajouter à cette liste Asplenium septen- trionale Hoffm. et germanicum Weis (ce dernier [n'a point en- core été signalé en Espagne). VA. germanicum est indiqué in « Lusitania » par Milde (Fil. Eur. et Atl., p. 82 (1867). Cette indication est reproduite par Luerssen, Ascherson. Il n'est point cité par Brotero, Hoffmannsegget Link, et M. J. Henriquesn'en fait point mention dans son étude sur les fougères portu- gaises (1), non plus que de VA. septentrionale; je n'ai pu, du reste, voir d'exemplaires de ces deux plantes dans l'herbier de l'Ecole Polytechnique de Lisbonne, que le P r Pereira Coutinho m'a obligeamment permis de consulter. Deux espèces sont d'un indigénat assez douteux en Portugal. Ce sont les Pteris cretica L. et arguta Ait. Le premier a été trouvé par le D r A. de Silveira Pinto, dans la Serra de Gérez, près des Bains, mais n'a point été revu depuis. Peut-être était- il sorti des cultures? Quant au Pteris arguta, il n'est signalé qu'à Cintra. J'en ai vu plusieurs touffes dans la propriété du Marquis de Montserrate, mais il n'y est, à mon avis, pas plus spontané que les Wood- wardia radicans (2) qui, par milliers, ont été plantés sur le bord des ruisseaux et les innombrables fougères tropicales, les pal- miers gigantesques, les cycas, etc., etc., qui font, de ce parc (1) J. Henriques, Çontribuçao para estudo de la Jlora Portugueçe : Cryptogamicas vasculares, in Bol. Soc. Broteriana, p. 57-96, XII (1895). (2) Cette espèce est certainement spontanée dans le nord du Portugal; quant aux pieds cultivés à Cintra, ils proviennent, paraît-il, du Cabo d'Es- pichel„près Setubal. BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 15 unique, une véritable forêt vierge, séjour enchanteur dont la description exigerait tout un volume ! Le Pteris arguta ne serait point là cependant en dehors de son aire géographique. A-t-il été englobé dans les parcs, comme une foule d'autres plantes indigènes ou bien y a-t-il été intro- duit? Ceci est difficile à savoir. Ne se trouvent qu'en Portugal, sur les 70 fougères signalées dans la Péninsule : Asplenium Hemionitis L. — germanicum Weis (?) Pteris arguta Ait (?) Pilularia globulifera L. Marsilia œgyptiaca Willd. var. lusitanien P. Coût. La flore ptéridologique de la Péninsule (principalement de l'Espagne) est extrêmement variée et comprend un grand nombre d'éléments, depuis les espèces artico-alpines des Pyré- nées, des chaînes Cantabriques et des autres grandes Sierras, jusqu'aux espèces canariennes disséminées dans la région cô- tière depuis Zarauz jusqu'à Gibraltar; celles de l'Europe cen- trale y sont aussi bien représentées et Ton y trouve toutes les fougères méditerranéennes, sans compter 3 espèces et un cer- tain nombre de formes endémiques. i° ELEMENT DE LA RÉGION FORESTIÈRE DE L'HÉMISPHÈRE NORD : Dryopteris oreopteris (Ehrh.) Maxon — Thelypteris (L.) A. Gray — filix-mas (L.) Schott (var. crenata, deorso-lobata, et attenuata) — cristata (L.) A. Gray — dilatata (Hoffm.) A. Gray — — subspec. spinulosa (Mûll.) — Phegopteris (L.) C. Chr. — triangularis (S. Lag.) Herter (D. Linnœana C Chr.) — Robertiana (Hoffm.) C. Chr. 16 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE Phyllitis Scolopendrium (L.) Newm. Asplenium septentrionale (L.) Hoffm. — germanicum Weis — ruta-muraria ; L,. — adiantum-nigrum L. — — subspec. cuneifolium (Viv.) Asch. (i) Athyrium filix - femina (L.) Roth 1 (var. dentatum, fissidens, multidentatum) Poly podium vulgare L. Ophioglossum vulgatum L. (var. genuinum) Marsilia quadri/olia L. Pilularia globulifera L. 2° ELEMENT ATLANTIQUE : a) Espèces des Iles Atlantiques, Maroc septentrional : Asplenium Hemionitis L. (2) Davallia canariensis (L.) Sm. P) Espèces dont l'aire de végétation s'étend des Iles Atlanti- ques à la Grande-Bretagne : Dryopteris œmula (Ait.) O. Ktze y) Espèces ayant leur principal foyer dans les Iles Atlanti- ques, mais avec stations éparses sur divers points du globe : Cystopteris fragilis (L.) Bernh. subspec. diaphana (Bory) (C. canariensis Presl.). (Corse (3); Afrique du nord, orientale et méridionale; Amé- rique du Sud) (1) Découvert par M. C. Pau, près de Sagunto (Cf. D r H. Christ, Die Géographie der Jante, p. 3/j.i (igio)). (2) Existe aussi sur le littoral algérien, au Frais Vallon, près Alger. C'est par confusion avec le Phyllitis Hemionitis qu'il a été indiqué aux environs de Bougie. (3) M. le D r J. Briquet (Prodr. Jl. Corse, I, 5, oct. 1910) signale près de Bonifatto (Corse) un Cystopteris que le D' Christ estime se rapprocher de la var. canariensis . J'ai moi-même recueilli, en montant de Calenzana au Monte Grosso, rochers vers 5oo mètres, c'est-à-dire dans une région peu éloignée de Bonifatto, de nombreux exemplaires bien caractérisés de cette même plante, en tous points semblables aux échantillons que je possède de Téné- riffe (leg. D r Pitard), mais à glandulosité des indusies (caractère d'une im- portance secondaire, selon le D r Christ), peut-être moins prononcée, comme d'aillé*urs chez ceux d'Espagne et de Portugal. BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 17 Woodwardia radicans (L.) S m. (Europe médit. ; Inde; Chine austr. ; Japon; Amérique du Nord). Dryopteris a/ricana (Desv.)C. Chr. (Afrique tropicale; Inde; Malaisie; Chine ; Japon) Ophyoglossum vulgatum L. var. polyphyllum A. Br. (France occid. ; Angleterre; Silésie autrichienne; Egypte; Abyssinie; Arabie). S) Espèces atlantico-méditerranéennes, mais à aire surtout atlantique : Dryopteris filin-mas {h.) Schott var. Borreri Newm. Asplenium lanceoïatum Huds. — marinum L. Ceterach officinarwn Lam. et DC Ophioglossum lusitanicum L. s) Espèces atlantico-méditerranéennes, mais à aire surtout mé- diterranéenne : Asplenium adiantum-nigrumL. subspec. onopteris(L.) Heufl. Polypodium vulgare L. subspec. serratum (Willd.) Christ. 3° ÉLÉMENT MÉDITERRANÉEN : a) Espèces communes à tout le domaine méditerranéen : Dryopteris rigida (Hoffm.) Underw. subspec. australis (Ten.) C. Chr. Phyllitis]Hemionitis (Lag.) O- Ktze. Asplenium lanceoïatum Huds. var. obovatum (Viv.) Moore Notholœna Marantœ (L.) R. Br. — vellea (Ait.) Desv. Cheilanthes pteridioides (Reich.) C. Chr. Manilia pubescens Ten. fi) Espèces du bassin occidental de la Méditerranée : Dryopteris rigida var. nevadensis (Boiss.) C. Chr. (Esp. mé- rid. ; Sardaigne) Asplenium glandulosum Lois. — foresiacum (Le Gr.) Christ Janvier a 18 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE y) Espèces surtout méditerranéennes, mais répandues aussi dans les régions tempérées des deux hémisphères : Anagramme leptophylla (L.) Link. Adiantwn capillus-Veneris L. 4° ÉLÉMENT ARTICO-ALPIN : Woodsia alpina (Boit.) Gray Cystopteris montana (Lam.) Bernh. Polystichum Lonchitis (L.) Roth Athyrium alpestre (Hoppe) Ryl. Asplenium viride Huds. Cryptogramme crispa (L) R, Br. Botrychium Lunaria (L.) Sw. 5° ÉLÉMENT ALPIN : Cystopteris fragilis subsp. regia (L.) Asch. Dryopteris rigida (Hoffm.) Underw. Asplenium fontanum (L.) Bernh. — Seelosii Levb. 6° ÉLÉMENT COSMOPOLITE : Cystopteris fragilis (L.) Bernh. Polystichum lobatum(Huds.) Presl — aculeatum (L.) Schott Asplenium trichomanes L. Pteridium aquilinum (L.) Kuhn Osmunda r égalisa. 7° ÉLÉMENT SUBTROPICAL : * (i) Trichomanes radicans Sw. * P te ris cretica L. * — longifolia L. [i) — Espèces cosmopolites. BULLETIN DE GÉOGKAPHIE BOTANIQUE 19 Pellcea hastata (Thbg.) Prantl (Pteris Codinœ Cadevall et Pau) Espèce découverte par M. Codina près de La Sellera (Prov. de Gerotia) (Cf. D r H. Christ, Die Géographie der Farne, p. 181 et 261 (19 10) et dont la présence en Espagne constitue un fait de géographie botanique des plus remarquables. Aire géogra- phique : Afrique orientale et australe : Erythrée, Kilimandjaro, Angola, La Réunion; Nord de l'Inde; Yunnan ; Java. 8° ELEMENT ENDÉMIQUE : Dryoïpteris filix-mas \a.r. Borreri (Newm.) subvar. Merinoi (Christ) (Galicie) — — var. Durieui (Milde) (Asturies) — dilatata var. subœmula (Christ) (Galicie) — rigida subspec. australis var. balearica R. Lit. (Majorque) Asplenium lanceolatumvar. latipes Christ (Galicie) — majoricum. R. Lit. (Majorque). — adiantum-nigrum L. var. corunense Christ (Galicie) — — subspec. onopteris var. angustatum R. Lit. (Portugal : Beira Baixa) Pleurosorus Po^oi (Lag.) Diels (Sierra Nevada, Serrania de Ronda, Cerro de S. Cristobal) Cheilanthes hispanica Mett. (1) Marsilia œgyptiaca Willd. var. lusitanica P. Coût. (Portu- gal : Alemtejo). Les espèces suivantes sont particulièrement à rechercher en Espagne : Hymenophyllum tunbridgense (L.) Sm. — peltatum (Poir.) Desv. (1) Cette remarquable espèce qui présente un assez grand nombre de lo- calités dans la Péninsule (Espagne : Leôn, Galicie, Cacères, Giudad-Real, Cadiz ; Portugal : Traz-os-Montes, Beira, Estremadura), peut être à juste titre considérée comme une endémique de cette région, car on nelaconnaît ailleurs que près de Garrouban (Algérie). 20 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE Polystichum Braunii (Spenn.) Fée (i) Asplenium Hemionitis L. (2) — germanicum Weis Adiantum cethiopicum L. (3) Pteris arguta Ait. Pihdaria globulifera L. — minuta Durieu. La flore hispano-portugaise est loin d'être complètement con- nue, comme je le disais plus haut, et il n'y aurait rien d'éton- nant que l'on découvrit par la suite dans la Péninsule des espè- ces nouvelles pour l'Europe; il me suffit de rappeler que derniè- rement encore M. Gandoger signalait deux espèces azoriennes, récoltées par lui en Portugal et nouvelles pour la flore euro- péenne : Carex Guthnickiana Gay et Bellis a\orica Hochst. ; que le frère Elias mettait la main sur le Dryopteris a/ricana et M. Codina sur le Pellœa hastata ! Cystopteris fragilis (L.) Bernh. var. acutidentata Dôll Oviedo : Rochers en montant de Covadonga au Lago Enol — 840 mètres environ (R . L. ; 4 août 1910). Lôen : Parapets de la route de Busdongo au Puerto de Pa- jares 1 35o-i5oo mètres (R. L. ; 8 août 19 10). Cette variété n'avait point encore, à ma connaissance, été si- gnalée en Espagne. C. fragilis subspec. diaphana(Bory) (C. canariensis Presl. — C. fragilis subspec. alpina var. ca- nariensis Milde. C. fragilis subspec. canariensis Christ). Santander : Cobreces (R. L. ; 3o juillet 1910). Plante nou- velle pour la province. (1) A rechercher dans les Pyrénées espagnoles; existe aux environs de Bagnères de Luchon (Zeiller) avec le X P' Luerssenii (Dôrfl.) = P. loba- («m X Braunii (Luerss.) (2 1 » A été indiqué par Cavanilles in rupestribus umbrosis regionis calidœ Hispaniœ australis N'a pointété retrouvé. (3) Indiqué dans plusieurs ouvrages en Espagne, mais sans localité; sa présence n'y serait pas plus étonnante que celle du Pellœa hastataVtanÛ. BULLETIN DÉ GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 21 Pontevedra : Bayona (avec Davallia canariensis Sm.);gare de Guillarey (R. L.; i 3 et 14 août 19 10). Portugal : Estremadura : Cintra, A. C. (R. L. ; 1 8 août 1910). Beira Baixa : Près delà fontaine d'Alcaideet à San Fiel, Serra da Guardunha (R. L. ; 20 et 21 août 1910). Signalé à Cintra par Welwitsch ; M. Henriques ne fait point mention de cette plante dans son étude sur les fougères portu- gaises. Dryopteris filix-mas (L.)Schott var. attenuata (Christ) Leôn : Bords de la route du Puerto de Pajares, entre Bus- dongo et le couvent, altitude 1400 mètres environ. (R. L. ; 8 août 19 10). Cette variété, surtout montagnarde, n'avait point encore été signalée en Espagne. Elle croît dans les Pyrénées-Orientales, au Canigou (Herb. Sennen, 1901 et 1902), en Suisse, Bavière, Wurtemberg, Angleterre. D. filix-mas var. Borreri Newm., (Hist. brit. ferns, éd. 3, 189 (1854) Dryopteris Borreri Newm. (1854) Aspidium affine Lowe, Notes and Observ. on the above « List of. Plants » observ. in the Isl. of Madeira, 26, (1834) (nom. nud.); Novit. FI. Mader., 525 (1 838). — Non Fisch et Mey., ( 1 838), nec Reichb., in Vis. (1842) Lastrea filix-mas var. paleacea Moore (P. P.) Aspidium — var. paleaceum Mett. — Milde. — Luerss. — Asch. (p. p.) Dryopteris — var. paleacea Druce. — — var. subintegra Briq., Prodr. FI. Corse, I, 9 (oct. 1910). — Non R. Lit., Foug. des Deux-Sèvres, in Bull. Soc. bot. D. S., 81 (juillet 1910). Cette remarquable variété se rencontre fréquemment dans la zone inférieure (1600 mètres) de l'Espagne atlantique et du Por- tugal. En Galicie, elle présente une forme à « duvet tr^s long brun-noirâtre et opaque », découverte par le Père Merino : subvar. Merinoi Christ (sub Asp. filix-mas var. paleaceum sub- 22 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE var. Merinoi). L'aire de dispersion de la var. Borreri est assez étendue : elle se retrouve aux Açores, à Madère, dans la France occidentale (Basses-Pyrénées; Normandie) et méridionale(Hte- Garonne; Hérault; Alpes-Maritimes), en Corse, en Angleterre, Ecosse, Iles Anglo-normandes, dans les Vosges, le Grand Duché de Bade, leTessin, le Tirol méridional, le Caucase et l'Asie-mineure. Elle a même été signalée dans le Schleswig. La plupart des auteurs attribuent à la variété en question le nom de var. paleacea, mais ce nom doit être abandonné pour celui de var. Borreri, En effet Moore, Mettenius, Milde, Luers- sen, Ascherson ont compris sous le nom de var. paleacea, non seulement notre plante, mais deux sous-espèces exotiques et l'épithète paleaceum créée par Swartz (1806) doit être réservée à la plante du Mexique, de l'Amérique du Sud, des Iles Hawaï et de l'Asie tropicale : c'est la subspec. paleacea (Sw.) C. Chris- ten. (1905) [Asp. paleaceum Sw. (1806); Asp. parallelogramm.um Kze(i83çj); Dryopteris filix-mas var. parallelogramma Christ (19 10). L'autre sous-espèce, qui croît dans l'Himalaya, est la subspec. patentissima (Wall.) C. Christen. (Asp. patentissimum Wall. (1828); Asp. paleaceum Don (1825) (non Sw.). D. rigida (Hoffm.) Underw. var. meridionalis 'Milde) Briq. Santander : Gorges de la Deba, à la Hermida, route de Po- tes, i3o m env. (R. L. ; ?i juillet 1910). Oviedo : Rochers au-dessus de Covadonga, chemin d'Enol, 325 m env. (R. L. ; 4 août 1910). Le D. rigida n'était encore connu que dans les Pyrénées (var. germanica) et dans la Sierra Nevada (var. nevadensis). La var. meridionalis, nouvelle pour l'Espagne, existe dans les Alpes-Maritimes, en Corse, Sardaigne, Italie, Istrie, Carniole, Croatie, Dalmatie, Grèce, Angleterre, Irlande et Californie. Elle est caractérisée par son tissu plus ferme, sa fronde plus large, à segments de la base éloignés, deltoides, les pinnules inférieures des segments nettement pétiolées, subcordées à la base, à dents courtes. BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 23 D. rigida subspec. australis (Ten.) C. Christen. var. balearica R. Lit., nov.var. Planta gracilenta, foliis 40 cm. altis ; petiolo gracili, lamina fere œquante ; lamina deltoidea, 18 cm. alta, 12 cm. lata, pin- nis late obtusis ; dentibus loborum acutissimis. Hab. in Balearibus : Majorca, prope Soller (Leg. F. Bianor ; april. 1910). D. dilatata (Hoffm.) A. Gray var. deltoidea (Milde) Santander : Côbreces, bois (R. L., 3o juillet 1910). Oviedo : San Esteban de Pravia, bois de pins (R. L. ; 6 août 19 10). Var. versus var. Chanterise (Moore) Léon: Puerto de Pajares (i55o m ) et Pico de Arbas (20oo m ) (R. L. ; 9 août 1910). D. dilatata subspec. spinulosa (Mull.) var. elevata (A. Br.) Druce. Santander : Route de Torrelavega à Côbreces, entre Cerrazo et Venta de Zilda (R. L. ; 3o juillet 191 o). Petite forme, peu partagée de la var. elevata. D. Robertiana (Hoffm.) C. Christen. Oviedo : En montant de Covadonga au Lago Enol, rochers et débris calcaires (750-900 111 ), A. C. (R. L. ; 4 août 1910) ; Tranchée de la station de Fuso Jde la Reina, près Oviedo, i65 m (R. L.; 6 août 1910). Espèce nouvelle pour la chaîne cantabrique ; n'était connue que dans les Pyrénées de l'Aragon (Panticosa). D. africana (Desv.) C. Chr. (Polypodium africanum Desv. — Polypodium tottum Willd. (non Thbg.) — Gymno gramme totta Schlecht. — Leptogramme totta J. Sm. — Phegopteris totta Mett.). Découvert en janvier 1909 à Côbreces (Prov. de Santander) par le Frère Elias de Bugedo, il fut distribué parle Frère Sennen dans ses « Plantes d'Espagne » (n° 907) sous le nom de « Poly- 24 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE podium Eliasii Sen. et Pau, nov. » puis reconnu plus tard par le D r Christ comme étant le Dryopteris a/ricana et vient de faire l'objet d'une note dans le bulletin de l'Académie. J'ai pu, grâce aux indications du Frère Sennen, me rendre à Côbreces lors de mon excursion dans le N. W. de l'Espagne et étudier en place cette intéressante espèce. Côbreces est une localité que l'on chercherait vainement sur les cartes des atlas les plus complets: deux collèges, un établis- sement agronomique, un hôtel et quelques pauvres maisons, à 20 kil. de Torrelavega, ville industrielle et centre de l'exploita- tion minière de la Province de Santander. Deux kilomètres le séparent de la mer, de la plage de Luana, jadis station de bains assez fréquentée, mais dont il ne reste plus que quelques rui- nes. En me rendant de Torrelavega à Côbreces, quelle ne fut pas ma joie de découvrir tout près du village de Cerrazo, à 7 kil. seulement de Torrelavega, sur le bord d'un petit abreuvoir, 6 ou 7 exemplaires du fameux Dryopteris ! Ils étaient là au pied de châtaigniers et de Laurus nobilis, avec Blechnum spicant, puis Polystichum aculeatum, Lotus uliginosus, Samolus Valerandi. De nombreuses mousses, de fort beaux Fissidens, des hépati- ques couvraient le sol. A Côbreces, le Directeur du collège de garçons eut l'amabi- lité de prier un Frère qui connaissait la station de la plante, de vouloir bien me servir de guide. On suit d'abord un chemin bordé de murs clôturant des plantations superbes de citronniers et d'orangers, dont quelques-uns séculaires ; là croît en abon- dance Cystopteris fragilis subspec. diaphana (Bory) (C. cana- riensis Presl), encore une plante atlantique, non signalée dans la province ; puis on arrive à un petit chemin disparaissant sous les branches des chênes (Quercus Robur vel sessilifiora) et des lauriers. C'est là, véritable paradis pour le ptéridologiste, que sous cette ombre bienfaisante le Dryopteris africana a élu domicile. Il y est très abondant et croît avec Dryopteris filix- mas var. Borreri (qui atteint i m 6o de haut), D. dilatata var. deltoidea, Polystichum aculeatum, Athyrium filix-femina var. fissidens, Phyllitis Scolopendrium, Asplenium trichomanes,: BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 25 Blechniimspicant, Adiantum capillus-Veneris, Osmunda regalis, Erica didyma (forme ombragée), Wahlenbergia hederacea. Cette station est à une altitude d'environ 65 à 70 m. et à 2 kil. en ligne droite de la mer ; le sous-sol est formé de grès siliceux. En descendant une croupe d'environ 3o m., on arrive à un bois de chênes et de noisetiers à la lisière duquel se trouve un petit ruisseau, qui est parallèle au chemin. Le Dryopteris y est aussi fort abondant avec Athyrium, Dlechnum, Osmunda, Equi- setum maximum, Hypericum Androsœmum. A 5 ou 600 mètres de là, après avoir dépassé deux moulins en ruines, on arrivée une vaste excavation dans le rocher, véri- table Fontaine de Vaucluse, d'où sort le ruisseau avec un débit considérable : c'est le « Cubon de Côbreces ». Le long des ro- chers et dans le fond de la grotte croissent les espèces les plus variées et que vraiment on serait loin de s'attendre à trouver ici. Ce sont, avec encore quelques pieds de D. a/ricana : D. filix- mas var. Borreri, Polystichwh aculeatum, Phyllitis Scolopen- drium, Asplenium marinum, Adiantum capillus-Veneris, Ané- mone Hcpatica, Saxifraga hirsuia, Oxalis Acetosella. Voilà une association bien curieuse ! La région cantabrique offre de nom- breux exemples de ces promiscuités qui déroutent le botaniste : les plantes des montagnes voisinent avec les espèces maritimes et méridionales. Nulle part ailleurs certainement on ne peut voir le Dianthus monspessulauus L., Y Eryngium Bourgati, le Sideritis hyssopifolia var. pyrenaica, le Teucrium pyrenaicum, le Globularia nudicaulis etc. etc. côte à côte avec YArmeria maritima, le Daucus gummifer, le Phyllyrea média et le Laurus nobilis ! Près du collège de garçons, dans une haie, j'ai vu aussi deux pieds de D. a/ricana, mais très peu développés par suite de la sécheresse relative de la station. Cette plante aime en effet l'hu- midité et une température constante. Le climat de Côbreces lui convient très bien, car il est comparable à celui des Açores et de Madère : les chaleurs de l'été sont tempérées par des pluies assez fréquentes, l'air est toujours saturé par l'humidité de la mer, l'hiver y est doux et exempt de gelées. Le Dryopteris af ricana est, avec le Cystopteris diaphana , le 26 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE Dryopteris œmula, Y Asplenium Hemionitis, le Davallia cana- riensis, le Woodwardia radicans, un représentant des espèces atlantiques qui sont restées fixées sur le littoral océanique ibère. C'est sans nul doute un vestige de cette luxuriante végétation « canarienne » qui couvrait notre sol à l'époque pliocène (i) et dont les membres ont disparu peu à peu de la flore européenne. Ce qui le prouverait bien, c'est son aire disjointe, comme celle du Woodwardia, plante qui « présente par conséquent tous les caractères d'une espèce ancienne qui aurait été partiellement éliminée ». (2). Le D. africanaz son principal foyer aux Açores et à Madère, puis se retrouve sur le continent africain (Kameroun, Abys- sinie, Kilimandjaro, Afrique du sud) et, comme le Woodwar- dia, dans le nord de l'Inde, la Malaisie, la Chine, la Corée et le Japon. Le Dryopteris de Cobreces est tout à fait identique à celui de Madère que j'ai pu voir dans l'herbier Welwitsch à Lisbonne ; il ne constitue point une forme spéciale. Dans le N. de l'Inde, les échantillons sont plus réduits; j'en possède de Corée, à frondes plus amples, à segments moins soudés au rachis, mais ces caractères sont essentiellement va- riables et, d'après le D r Christ, les plantes orientales ne se dis- tinguent nullement des plantes atlantiques et africaines. Polystichum Lonchitis (L.) Roth Oviedo : Rochers près du Lago Enol, au-dessus de Cova- donga, io5o mètres environ (R. L. , 4 août 1910). Nouvelle localité pour la région cantabrique où il n'était en- core signalé qu'au Pic de Arbas(Durieu, Gdg., R. L.), àlaPeha (1) Cf. De Saporta et Marion qui, dans leurs « Recherches sur les végé- taux fossiles deMeximieux » in Arch. Mus. Hist. Nat. Lyon, I, p. 1 3 1-335 (1876), nous ont laissé entrevoir ces forêts vierges de Lauracées, à'Ilex cananensis, analogues à celles de Madère ou des Canaries et qui abritaient aussi Woodwardia radicans et Adiantum rem/orme. Le Woodwardia a été retrouvé également dans le pliocène de Ligurie et déjà dans le miocène, sous une forme très, voisine le W. Rœssneriana Ung., en Suisse et en Croatie. (2) De Saporta et Marion, loc. cit., p. 216. BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 27 Gorbea, Alava (Gdg.) et dans les massifs de la Pena Vieja, près des chalets d'Aliva (Leresche et Levier). P. lobatum (Huds.) Presl var. aristatum Christ Oviedo : De Covadonga au Lago Enol, 610 mètres environ (R. L. ; 4 août 1910). Cette variété n'avait pas encore, à ma connaissance, été si- gnalée en Espagne. Elle est répandue çà et là dans les chaînes alpines, depuis les Alpes maritimes jusqu'en Bosnie et à l'Olympe de Thessalie ; se retrouve aussi dans les Pyrénées et les Cor- bières. Davallia canariensis (L.) Sm. Portugal : Entre Douro et Minho : Murs entre Mondor et Vianna do Castello (nouvelle localité) (R. L. ; i3 août 1910). Athyrium filix-femina (L.) Roth Var. latipes Moore. Cette variété remarquable par sa fronde deltoïde, n'était en- core connue que d'Angleterre et d'Allemagne (1). Pontevedra : Corujo près Bayona, bois humides près de la route (R. L.; i3 août 19 10). Asplenium septentrionale (L.) Hoffm. Léon : Pico de Arbas, fentes des rochers vers 225o mètres, R. R. (R. L. ; 9 août 1910). A. trichomanes lusus incisum (Moore) versus ad Harovii (Godr.) Milde Oviedo : Covadonga, rochers à l'entrée de la Cueva (R. L.; 3 août 19 10). A. viride Huds. Oviedo : Rochers en montant de Covadonga au Lago Enol (840 mètres) (R. L. ; 4 août 1910). — Nouvelle localité pour la chaîne cantabrique. (1) La var. deltoidea Christ, de la Chine, n'est probablement qu'une torme de la var. latipes Moore. 28 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE Willkomm et Lange signalent seulement cette espèce dans les Pyrénées et la Sierra Nevada. Leresche et Levier (i) l'ont découverte dans la chaîne Gantabrique, dans le massif de ' la Pena Vieja, près des chalets d'Aliva. A. marinum L. Santander : Cobreces au Cubon (2 kil. de la mer) (R. L. 3o juillet 1910). Oviedo : Lianes, rochers maritimes (forma minor Link = forma xerophila B. Merino) (R. L.; 2 août 1910). A. lanceolatum Huds. Oviedo : San Esteban de Pravia, falaises schisteuses près de l'Arena (R. L. ; 7 août 19 10). C'est la seule localité du littoral cantabrique où j'ai vu cette plante. Elle est très abondante en Galicie et dans le nord du Portugal. A. majoricum R. Lit., nov. sp. Rhizomate caespitoso, foliis fasciculatis numerosis, tenellis, opacis, intense virescentibus. Petiolo gracili, basi squamis fuscis subulatis praedito, superne nudo uti tota planta, 1-2 cm. alto, lamina breviore, ebeneo-fusco. Lamina lineari-lanceolata versus basin decrescente, 3-5 cm. alta, 3-9 mm. lata, pinnata; rachi ca- naliculata, gracili, castanea posteriore usque ad médium. Pinnis utrinque 8-1 1, subsessilibus ; inferioribus rotundatis subcorda- tis, fere trilobatis ; mediis ovatis, 5-6 lobulis obtusis vix den- tato-crenulatis praeditis; superioribus oblongis plus minusve lobatis-crenatis ; supremis confiuentibus. Soris ovalibus 4-8 in singuli pinna, denique confiuentibus. Indusia margine subden- tata. Petiolo basi stela solitaria. Hab. in Balearibus : Majorca, mûris prope urbem Soller, cum A. trichomane et Ceterach officinarum (Leg. F. Bianor, 19 10). Remarquable espèce ayant un peu le port de VA. fontanum (1) Leresche et Levier. — Deux excursions botaniques dans le Nord de l'Espagne et he Portugal en 1878 et 1879, p. 60. BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 29 var. angustatwn, mais bien distincte par sa gracilité, par la co- loration brune de son pétiole, coloration qui s'étend jusqu'au milieu de la fronde à la partie postérieure, et surtout par la pré- sence d'une seule stèle à la base du pétiole. A., foresiacum (Le Gr.) Christ Gerona : Cadaqués (Sennen ; juillet 1907). Rosas (Sennen ; avril igo3). Vilajuiga (Sennen ; avril 1908) (Vidit D r H. Christ). Espèce nouvelle pour l'Espagne. La découverte du Frère Sennen agrandit encore l'aire de dispersion de cette intéressante fougère, considérée autrefois comme spéciale au Plateau central de France et aux Cévennes, mais dont on connaît aujourd'hui bien d'autres stations (Seine- et-Marne, Isère, Drôme, Pyrénées-Orientales, Corse (Asco), Ligurie, Collines Euganéennes). J'ajouterai qu'elle se rencontre aussi en Algérie, car les exemplaires authentiques de YAsple- nium numidicum Trab., du Djebel el Goufi, près Collo (Dép. de Constantine) qu'a bien voulu me communiquer le D r Trabut, ne m'ont paru différer en rien de notre plante du Centre et des Cévennes ; elle est à rechercher dans toute la région méditerra- néenne occidentale. A. ruta-muraria L. var. angustifolium (Hall, f.) Christ Burgos : Bugedo, rochers (Sennen et Elias ; 1906). Var. oblongum Christ Santander : Castro Urdiales (R. L. ; 29 juillet 1910). Var. oblongum versus var. leptophyllum Wallr. Oviedo : Covadonga, murs (R. L.; 5 août 19 10). Catalogne : Maullen à la Font Tosca (Sennen ; juillet 1910). Var. versus var. subtenuifolium Christ Granada : Fissures des rochers de la Sierra de Baza, vers 1900 mètres (M. Gandoger; mai 1909). A. adiantum-nigrum L. var. obtusum (Kit.) Milde Guipuzcoa : Rochers et murs entre Zarauzet Guetaria(R. L.; oct. 1909). 30 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE Santander : Côbreces, murs (R. L.; 3o juillet 1910). Var. versus var. melanum Heufl. Oviedo : Rochers calcaires en montant de Covadonga au Lago Enol, 710 mètres (R. L.; 4 août 1910). A. adiantum-nigrum subspec. onopteris (L.) Heufl. var. angustatum R. Lit., nov. var. Lamina angustissima(i 3-i 6 cm. alta, 2,5-4 cm. l ata )> petiolo gracili, 18-20 cm. alto. Segmentis erectis basi sursum recur- vatis, minus divisis. Lobis ovato-elongatis, obtusis, dentibus brevibus praeditis. Hab. Lusitania : Beira Baixa : Fundao, in castaneto, 600 m. cire. s. m. (R. Lit.; 21 aug. 1910). Var. davallioides (Tausch.) Heufl. Guipuzcoa : Rochers entre Zarauz et Guetaria (R. L. ; oct. 1909). Oviedo : San Esteban de Pravia, falaises; bois de pins (R. L.. 6 août 1910). Blechnum spicant (L.) With. lusus serratum (Woll.) Pontevedra : Bois humides entre Corujo et Bayona (R. L. ; i3 août 1910). Woodwardia radicans (L.) Sm. Guipuzcoa : Fourrés de ronces avec Phvllitis Scoîopendrium entre Zarauz et Guetaria (R. L. ; oct. 1909). Espèce nouvelle pour les Provinces Basques (Cl. R. L., Notes sur quelques herb. en Pays Basque, in Bull. Soc. bot. des Deux-Sèvres, 1 9 1 o) . Pteridium aquilinum (L.) Kuhn lusus crispum (Woll.) Christ Portugal : Beira Baixa : San Fiel, Serra da Guardunha , 600 mètres environ (R. L. ; 20 août 1910). Ophioglossum vulgatum L. var. polyphyllum A. Br. Burgos : Bucio, garrigues (Sennen et Elias; mai 1906). Variété non encore, à ma connaissance, signalée en Espagne. BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 31 Quelques plantes adventices de l'Hérault Par Mgr LÉVEILLÉ M. le lieutenant Soudan a bien voulu nous envoyer quelques plantes adventices recueillies par lui durant ces dernières an- ne'es. Sans nous arrêter au Lepidium virginicum qui, depuis 1840, où il fut signalé par Philippe, près de Bayonne, s'est largement répandu en France et que M. Soudan a recueilli à Montpellier, ni auChenopodiumanthelminticmn L.,de Buenos-Aires, récolté par lui à Port-Juvénal en octobre 1907, nous passerons rapide- ment sur Y Andrachne telephioides L., trouvé dans un terrain vague près du Jardin en mars 1906, ainsi que sur le curieux Hyoscyamus aureus L. collecté la même année sur un vieux mur du jardin, pour signaler les trois plantes murales et congé- nères : Solarium eleagnifolium L., et S. gracile Otto du même jardin et plus particulièrement le Solarium cinereum Br. origi- naire d'Australie, introduit vers i8o5 au séchoir du Port-Juvé- nal et retrouvé le 2 octobre 1904 par notre correspondant qui observait en 1907, dans la ville même, ï Oxybaphus nyctagineus Sw. et Nicotiana longiflora Cav. Les trois plantes suivantes présentent peut-être plus d'intérêt Zygophyllum Fabago L., on sait que cette plante de Syrie, in- troduite près de Cette sur le littoral et recueillie par le collecteur en mai 1906, y a été signalée pour la première fois par le Frère Sennen qui l'a trouvée complètement naturalisée — Peganum Harmala L , plante d'Orient, introduite par le lest des navires sur le littoral entre Cette et Adge, trouvée en avril-mai 1906 — Phy salis Jusco-maculata de Rouville. Cette plante, originaire de Buenos-Aires, introduite vers i8o5, par des laines brutes, au séchoir du Port-Juvénal, est presque introuvable dans cette loca- lité. M. Soudan l'a retrouvée en 1905 dans une vigne près de Grammont et l'y a recueillie à nouveau en juillet 1906. 32 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE Les onze Frères d'Ardenay (Sarthe) Par Mgr LÉ VEILLÉ. Nous devons à la bienveillance de M. le vicomte de Gastines les renseignements suivants sur ce curieux groupe que nous sommes alle's visiter le 10 novembre et dont nous donnons ci- contre la photographie qui ne représente pas la base de ces frères siamois du règne végétal. Le groupe des chênes (Quercus pedunculata) se compose de 1 1 troncs. Selon une respectable tradition, ils étaient 14 à l'ori- gine, mais 3 auraient été coupés dans leur jeunesse. Quoiqu'il en soit, ces végétaux sont âgés d'environ i5o ans. Leur hauteur totale varie de i5 à 22 mètres, les fûts mesurent avant la naissance des branches de 10 à i5 mètres; le diamètre des plus gros est de 78 à 83 centimètres. Ils sont tous soudés ensemble à la base par greffe naturelle par approche. La soudure s'élève jusqu'à 2 m. 5o au maximum. L'un des tronc est mort récemment, non sans s'être resoudé préalablement à 7 mètres environ de terre. Ils croissent dans un sol d'alluvion sablonneuse de l'époque quaternaire. Le sous-sol est argileux. Ils sont situés à la lisière du bois du château d'Ardenay. Du côté opposé du château on remarque à la limite d'un champ un chêne extrêmement touffu qui mesure 5 m. 40 de cir- conférence et doit compter environ trois siècles d'existence. Le château d'Ardenay dont un soubassement date du XII e siè- cle, fut restauré à la Renaissance dont un pavillon rappelle le style et remonte à la fin du XVIII e siècle. Nos vifs remercie- ments au châtelain et à sa gracieuse famille. On peut rapprocher des onze frères d'Ardenay, les Frères sia- mois et Millie-Christine, ces chênes si connus et également greffés par approche de la forêt de Fontainebleau. Le Secrétaire perpétuel, Gérant du « Bulletin »: H. LÉ VEILLÉ. * Le Mans. — Imprimerie Monnoyer. CHÊNES du château d'Ardenay (Sarthe) Propriété de M. de Gastines MEMOIRES DE L'ACADÉMIE Internationale de Géographie Botanique Sous ce dire, paraissent à des époques indéterminées un ou deux fascicules par an, renfermant les travaux de longue haleine: les articles du Bulletin étant limités chacun au maximum de 3*2 pages. Le prochain fascicule contiendra la suite du Catalogue raisonné des Plantes indigènes de la HT 5* 11 te JLriège de feu Ht. MARCAILHOL-D'AYMERIC Souscription annuelle JLO fr. Four les souscripteurs au Bulletin : S fr. r.E I01II des FUITES REVUE BIMESTRIELLE De Bibliographie, d'Informations & d'Echanges H. LÉVEILLÉ, Directeur S S, IVue de Floi-e, 78 — LE MANS (Sarthe) ABONNEMENT : S fr. SO PAR AN CONSTITUTIONS DE l'fleadémie Internationale de Géo-graphie Botanique EXTRAIT DES STATUT* I. — Il est formé, sous le nom d'Académie internationale de Géographie botanique, une Société composée de 3oo membres, dont 20 portent seuls le titre d'Académiciens.; les autres se divisent en Associés libres et en Membres Auxiliaires. II. — Les Académiciens se divisent en membres titulaires, membres d'hon- neur et membres correspondants. Les premiers sont au nombre de 12, les seconds au nombre de 4, et les troisièmes également au nombre de 4. III. — Les membres sont élus à la majorité des suffrages des membres titu- laires. Il appartient toutefois au Directeur nommé pour Tannée, de choisir les Membres d'Honneur. IV. — Les membres de l'Académie sont élus à vie. Il en est de même du Secrétaire qui prend le nom de Secrétaire perpétuel de la Société. VI. — L'Académie de Géographie botanique, présidée par chacun de ses membres titulaires ou d'honneur, élu Directeur à tour de rôle, admet les botanistes de toute nation et reçoit volontiers les dons et offrandes. Elle a son siège là où se trouve le Directeur en fonction. Le Siège légal est Le Mans. La seule cotisation exigée de ses membres est le montant du prix du Bulletin. Ils peuvent aussi contribuer par des dons volontaires à la publica- tion des travaux de l'Académie. Le versement d'une somme de 25o francs effectué en une ou plusieurs fois, en dehors de la cotisation annuelle, dispense son auteur du versement ultérieur de toute cotisation et lui assure l'abonnement à vie à l'organe de l'Académie. Le donateur d'un capital de 5oo francs est non seulement dispensé du versement de la cotisation, mais a droit, en outre, au titre de Membre perpétuel et à la reproduction à perpétuité de son nom sur la liste des membres de l'Académie. Extrait du Règlement Art. I. — L'Académie internationale de géographie botanique publie un Bul- letin mensuel. Art. II. — Le Directeur de l'Académie est élu pour un an, par tous les mem- bres de lAcadémie, sur la présentation d'une liste de 3 noms choisis par les seuls Académiciens; il est rééligible. Art. V. — Il sera tenu, s'il est nécessaire, des réunions à des temps et à des lieux désignés par le Directeur, d'après le vote des membres de la Société. Art. VI. — L'Académie a son herbier et sa bibliothèque qui lui sont propres. Distinctions Honorifiques. I. — Un Conseil composé du Bureau et des Membres d^honneur de l'Académie confère gratuitement et par décision motivée des médailles d'or (vermeil), d'ar- gent ou de bronze réservées aux hommes de science, plus particulièrement aux botanistes, qui se sont distingués, soit par des travaux scientifiques remarqua- bles, soit par des institutions utiles à l'avancement des sciences. II. — Ces médailles, dont la distribution a lieu le i e " - janvier et le i» 1 ' juillet de chaque année, donnent à leurs titulaires droit au titre de Lauréat de V Académie. Le Mans — Imp. Monnoyer. — i9n o 8 Année (4* Série) N° 256 Février 191 1 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE ORGANE MENSUEL de l'Académie Internationale de Botanique FONDÉE LE i er DÉCEMBRE 1891 Jouissant de la Personnalité Civile depuis le 11 Octobre iqoi TOME XXI is$zr- Bon à tirer donné le 13 février 1911 LE MANS (sarthe) AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ 78, RUE DE FLORE, 78 19 11 Académie internationale de Géographie Botanique Directeur : M. l'Abbé H. COSTE, St-Paul-des-Fonts, par Tournemire (Aveyron). Secrétaire perpétuel-Trésorier : Ms r H. LEVEILLÉ, {$, 78, rue de Flore, Le Mans ^Sarthe). Conseil de l'Académie : MM. A. Engler, Jh. Héribaud, J.-D. Hooker, D. Prain. On peut se procurer au Secrétariat le diplôme spécialement gravé pour V Académie au prix de 3 francs Souscription annuelle : 10 francs L'Académie laisse aux auteurs la responsabilité de leurs opinions. Adresser mandats et communications au Secrétariat. SOMMAIRE DU No 256 Reli quiae Progelianae, ou revision des Rub us récoltés en Bav ère par A. Prog el, par M. H. SUDRE. niiiiiiiiiiiii ii i i iniiiiiiiii i iiiiii ii iiiiiiiiii'i iiiimi iiii»ii " i """""M iiiiiii M iiiiin M iii i i i i n i i i>iini n ii i iiiiiiiiwmi L'Académie offre aux Auteurs des Tirages à part, à ftlH exemplaires, sans réimposition ni changement de folios. Le port est à la charge des auteurs. TARIF DES TIRAGES A PART avec changement de pagination, nouvelle mise sous presse, couvertures non imprimées sur papier de couleur, pliage et couture : Les remaniements dans le texte sont comptés à raison de o fr. 65 l'heure. NOMBRE DE PAGES 25Ex. 50Ex. 75 Ex. 100 Ex. 150 Ex. 200 Ex. 1 /A de feuille — 4 pages 4fr. 6 fr. 9 fr. 75 5fr. 7fr. 1 1 fr. 50 6fr. 8fr. 13 fr. 25 7fr. 9ïr. 15 fr. 8 fr. 50 10 fr. 50 17 fr. 50 10 fr. 50 12 fr 20 fr. Couverture imprimée : 5o ex., 4 fr.; 100 ex., 4 fr. 5o ; i5oex., 5 fr. 25; 200 ex., 6 fr. Les auteurs doivent faire figurer sur leur manuscrit la mention « tirage à part, avec ou sans pagination spéciale », et le « chiffre » du tirage ainsi que la demande d'une couverture imprimée ou non, et ensuite s'entendre directement avec l'imprimeur dès la réception du numéro renfermant leur travail. 20 9 Année (4 e Série) N° 256 Février 191 i BULLETIN DE GEOGRAPHIE BOTANIQUE Organe mensuel de l'Académie internationale de Botanique Reliquiœ Progelianse, ou révision des Rubus récoltés en Bavière par A. Progel Par M. H. SUDRE Les Rubus de Bavière ont e'té particulièrement étudiés par feu le D r Aug. Progel (1). La collection laissée par ce botaniste appartient aujourd'hui à M. le D r Herz, de Pasing, près de Munich ; elle comprend environ 2000 numéros de Rubus, la plu- part accompagnés de notes prises sur le vif, ce qui en facilite l'interprétation. Progel avait signalé ses principales découver- tes dans deux Mémoires intitulés « Flora des Amtsbe^irkes Waldmiinchen » qui parurent en 1882 et 1889 dans « Achter Bericht des Botanischen Vereines in Landshut [Bayern) ». M. le D r Herz ayant eu l'obligeance de me communiquer un grand nombre de spécimens deson herbier, je vais résumer ici les notes que j'ai prises en faisant la revision des Rubus qui m'ont été sou- mis. Un tableau des Ronces rencontrées en Bavière terminera ce travail. Gr. du R. sulcatus (Vest). R. sulcatus Vest var. turfosus Prog. Waging b. Traunstein (280). A le réceptacle glabre ; c'est le R. Bertramii Focke. (n) Le D r Auguste Progel naquit à Munich le 2 janv. 1829 ; il fut médecin de district dans plusieurs villes de Bavière, en particulier à Waldmûnchen, où il mourut le 26 avril 1889. C'est M. le D r A. Ade, de Weismain (Ba- vière), qui a appelé mon attention sur les importantes recherches batolo- giques de Progel et m'a mis en rapports avec M. le D r Herz. Je suis heu- reux de remercier publiquement MM. Ade et Herz du service qu'il m'ont rendu. Février 3 34 BULLbTIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE R. sulcatus i.fol. incisis subtus densius pilosis. Waldmûnchen (673). Appartient au R. constrictus L. et M. et en est une f. umbrosa. R. SULCATUS X KŒHLERI PrOg. Waldmûnchen (536). Paraît se rattacher au R. thyrsiflorus W. N. comme variété ; il n'est pas impossible qu'il soit d'ori- gine hybride, mais ne dérive pas du R. sulcatus Vest. R.epipsilos X sulcatus Prog. Nach Unterhûtte (536). C'est un R. Schleicheri X cœsius (R. orthacanthus Wimm.) ; il y a de plus un fragment de turion provenant d'une forme de la sect. des R. suberecti, ce qui a pu faire croire à l'intervention du R. sulcatus. Gr. du H. tliyrsantlius (Focke). Le R. thyrsanthus F. est représenté, dans la collection Pro- gel, par les N os 64, 126 a [R. discolor L'polyanthemus), 65, 126 b, c [R. discolor f. euodes) des exsicc. de G. Braun. Le N° 172, de la même collection (L euodes), provenant d'Augsburg, est un R. constrictus L. et M. J'ai rapporté au R. thyrsanthus F. des spécimens de Kum- mersmuhl (673), de Gottenwald (leg. Prantt) et de Furht bei Nurnberg; ces derniers étaient appelés R. hylophilus (Rip.) par Progel. Un exemplaire de Lengauer Strasse (553) portant le nom de R. thyrsanthus, et un autre de « an der Strasse nach Lengau » (554) appelé R. thyrsanthus var. argyropsis, se rattachent au R. goniophyllus L. et M. 1 spécimen de Waging est mon R. goniophylloides ;. un autre, de Regensburg (leg. Loritz), rentre dans mon R. Leventii ; enfin une forme récoltée près de Got- tenwald par Prantt est le R. thyrsanthus var. Grabowskii F. Gr. du R. elatioi* (Focke). Le type du R. elatior a été récolté à Augsburg par Caflisch; des spécimens tout à fait identiques proviennent de Haim- hausen (10) (vid. Focke), de Oberschwaben et de Reichenhall (leg. Prantt), de Regensburg (leg, Loritz). Les autres formes rapprochées du R. elatior par Progel ou ses correspondants en sont parfois totalement différentes, ainsi : 1 spécimen de Landau, bei Gleisweiler, appelé R. elatior par M. Focke lui-même, est mon R. evagatus, du gr. du R. pu- bescens Wh. 1 exemplaire d'Aschaffenburg (leg. Prantt, N° 75) est le R. albiflorus B. et Luc. M. Schmjdely a distribué de Savoie (N° 1 16), sous le nom de BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 35 R. elatior, une plante qui est le R. procerus Mull. var. robus- tus Sud. Enfin un spécimen de « bei Arzenspoint» est mon R. Leven- tii. Gr. du R. candicans Wh. Un grand nombre d'échantillons appartiennent à cette sous- espèce. Quelques-uns correspondentàla var. roseolus (Mull.); ils proviennent de Waging bei Traunstein (60), de Furth (916), de Memmingen (91 5, leg. Huber). Ces deux derniers avaient tout d'abord été appelés R. candicans var. purpurascens par Progel, puis R. purpureus Hol.; ils ne diffèrent pas, en effet, du R. pur- pur eus Holuby (exsicc. N° 3), de N. Podhrad (Hongrie), lequel est un simple R. roseolus Mull. Des exemplaires de Palling, b. Traunstein, et de Baierberg (173), se rattachent au R. goniophyllus L. et M. ; d'autres, d'Innsbruck (Tyrol), appartiennent à mon R. hebetatus. Gr. du R. epipsilus (Focke) Cette plante, que M. Focke considère maintenant (ap. Asch. et Gr. Syn. VI p. 58") comme une simple variété de son R. Caflischii, me paraît devoir être rattachée au R. fimbrifo- lius M. et W. à titre de variété ; elle est parfois difficile à dis- tinguer du type. Progel avait rapproché du R. epipsilus des formes très diverses, dont voici les principales : R. epipsilus f. typica. Bergham b. Traunstein (101 et 101a). Le N° ioiade Pro- gel est cité par M. Focke (Syn. p. 258) comme représentant cette espèce ; or la plante ne répond nullement à la descrip- tion du Synopsis, a les carpelles glabres, les feuilles vertes et peu velues, les folioles caul. terminales très larges, aiguës; c'est l'espèce appelée par M. Kaufmann R. traunsteiniensis. Un spécimen de Landshut (R. epipsilus Prog.), un autre du Tyrol (R. epips. f. concolor Prog.), un 3 e de Waging b. Trauns- tein (127) (R. epips. f. glabriuscula Prog.) et enfin un autre de Chiemsee, rapporté avec doute au R. epipsilus, appartiennent au R. traunsteiniensis Kaufm. R. epipsilus — Waging (45, 91). Ces numéros, bien qu'à fleurs rosées, répondent bien à la description de cette espèce et peuvent lui être rapportés. Un spécimen de Waldmûnchen (646) est le R. podophyl- lus Mull. ; un autre, d'Innsbruck (Tyrol) et un de « bei Waging» (104) appartiennent au R. Caflischii Focke; un échantillon de Passau, Rephenstein, semble appartenir au gr. du R. apicu- latus Wh. ; il est insuffisamment représenté. 36 BULLETIN DE GÉOGIiAPHIE BOTANIQUE ' R. epipsilus f. umbrosa. Waldmûnchen (66). — Plante cueillie trop tard, appartenant vraisemblablement au R. fuscus Wh. N. R. epipsilus f. umbrosa subconcolor, Bei Waging (m). — Correspond au R. hirsutus var. gra- cillimus Prog., cité plus loin et que j'appelle R. microtachys N. Boul. var. gracillimus. R. epipsilus f. foliis supra pilosis. Waging, Blossauer Berg (86). — C'est mon R. pruinifer Diagn. 26. R. epipsilus f. foliis supra pilosis. Waging, Gessenberg (94). — C'est le R. macrostachys Mùll. var. scabridus Sud. R. epipsilus var. adustus Progel Bot. Ver. Landsh. (1882), 93. Les N os 55 1, 607, 674 et quelques autres échantillons non numérotés de Waldmûnchen et de Steinloh sont assez homo- gènes ; je crois qu'il y a lieu de les rattacher au R. inopacatus M. et L. à titre de variété. Le N° 6 1 5 , de Waldmiinchen, Kesselwald, et un autre de Buchwalli portant le nom de R. epips. var. adustus f. dense hir- suta, correspondent au R. Schmidelyanus Sud. var. silvuli- colus. R. epipsilus v. adustus f. fol. subtus sericeus. Waldmûnchen, Rieselwald. C'est le R, Schmidelyanus Sud. var. ovatus. R. epipsilus v. adustus f. ramulis brevius pilosis. Waldmiinchen. — Se rattache au R. Schmidelyanus Sud. var. breviglandulosus. R. epipsilus var. raduliformis Prog. /. c. p. 94. Herzogau bei Waldmiinchen (608). — C'est le R. apiculatus Wh. var. molliaversus Sud. R. epipsilus var. monticola Prog. Quelques spécimens, en mauvais état, se rapprochent du type R. apiculatus Wh. ; d'autres, d'Einsenstein et d'Osser, de la var. molliaversus. Gr. du R. Sclilicliutnïi (Wirtg). Un spécimen de Waging, b. Traunstein (414), peut être ratta- ché au type ; un autre, de la même localité (437), correspond à peu près à mon R. microanchus [Diagn. 36) du gr. du R. foliosus W. N. R. schlickumii var. concolor Prog. Waging (295). — C'est un R. Gremlii F. R. scHLickuMii f. concolor latifolia Prog. BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 37 Waging (70). — Appartient au R. nemorensis Lef. et M. R. schlickumii f. fimbrifolius var. concolor Prog. Waging (1 58). — Paraît être un R. fimbrifolius M. etWirtg. virescent et peu normal. Une forme récoltée près de Reichen- hall par Prantt et appelée par lui R. rhodostemoji (exsicc. n° 27) appartient aussi au R. fimbrifolius M. et Wirtg. Gr. du R. E GÉOGRAPHIE BOTANIQUE R. gracilis (Hol.) var. anoplos Prog. (1882). Le type est représenté par le N° 172 de G. Braun et le 621 deProgel, de « im Buchwalli ». C'est là le R. anoplocladus Sud. var. pendulinus (Miill.). Tout le reste est assez hétérogène et comprend : R. angustisetus Sud. var. tenuiserratus. — « vor der Unter- grafcnrieder Muhle » Plattenbergsteig (409) et Plattenberweg (904). R. angustisetus Sud. — «an der Hochkampen am Steig. » R. vepallidus Sud. — Dreiwappenfels. R. parvulipetalus Sud. var. piletophyllus. — Grenzgebirge b. Dreiwappenfels (737). — Foliautrinque manifeste pilosa, ger- mina tomentosa. R. flaccidifolius Miill. var. co> datus Sud. — Am Platten- berg. R. flaccidifolius Miill. var. membranacens Sud. — Im Buchwalli (743). R. elongatifolius B. et Gill. — Am Fussweg nach Unter- hùtte. R. durotrigum Murr. — Strasse durch din Arnsteiner Wald (844). R. biserratus Miill. — Bei Waging (5o5). Une forme dAlguu (leg. Caflisch) paraissant se rattacher au R. anoplocladus Sud. a des folioles rappelant le R. Bellardii W. N. R. gracilis var. sericeus Progel (1882). Le type de cette var. est représenté par le N° 748 « im Buch- walli ». La plante se rattache au R. leptobelus Sud. à titre de variété sericeus. Turio glaber, angulatus; folia grosse et duplicato-serrata; foliolum ter- minale ovato-rhombeum ; stamina stylis breviora, germina glabra. Les autres formes rattachées par Progel à cette variété com- prennent : R. crassus Hol. var. peltifolius Focke. — Im Rieselwald (809). R. Guentheri W. W. var. iodostachys (N . Boul.) f a . — Am Fichtenfefs b. 920 m. (591). Ce numéro se rapproche aussi du R. crassus var. peltifolius. R. hypodasys Sud. — Tiefen Graben. Gr. du R. tardïfloims (Focke). Progel avait reçu un très maigre exemplaire de cette espèce par l'intermédiaire de M. Focke ; les spécimens qu'il avait rap- portés avec doute à cette plante en sont bien différents : BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 65 Le N° 238, de Waging, est le R. biserratus Mûll. var. acri- dmtatus Sud. ; les autres, de Waginger See, se rattachent au R. vepallidus Sud. La plante de Gremli appartient au gr. du R. Menkei W. N. tel que je le comprends. H. Sendtneri Prog. (1882). 545 b. — Am Fussweg durch den Zwirenzl von Moosdorf gegen Geigant. Les glandes sont pâles et la plante me paraît être un R. serpens X cœsius correspondant à peu près au R. spi- nosissimus Mûll., bien que moins acicule. 523. — Kesselhùtte. Même forme que le précédent. 611. — Zw. Herzogau u Lengau. — C'est encore, vraisem- blablement, un R. serpens X cœsius; toutefois les glandes sont plus colorées et la plante se rapproche du R. VillarsianusF. 639. — Am oberen Rosshof, am Fussweg. Même plante que 523. 767. — Zw. Schône Bûche u Langen Fels. — Encore un R. serpens X cœsius. 768. — Nach Unterhiitte. La plante a l'inflorescence presque entièrement détruite par les insectes ; elle montre toutefois des glandes manisfestement pourpres et appartient au R. Villar- sianus Focke {R. hirtus X cœsius). J'ai encore trouvé, rattaché au R. Sendtneri, une forme en mauvais état, récoltée «in Hecken zw. Wegscheid und. Ober- kappel », qui a les apparences d'un R. foliosus X cœsius. LISTE DES RUBUS DE BAVIÈRE (Sbg. Eubatus F.). Je n'ai pas vu de spécimens des espèces marquées d'une *, mais ellesexistent vraisemblablement en Bavière. Les variétés ne sont pas mentionnées sur cette liste. Le ** indique l'absence du type. I. — Suberecti P.-J. Mûll. 1. R. suberectus And. R. Ber tr ami i Focke. 2. R. sulcatus Vert. 4. R. nitidus W. N. 3. R. plicatus W. N. 66 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE II. — Silvat A. Grati Sud. 5. R. chaerophyllus S. et Sch. 6. R. hypomalacus Focke. B. Euvirescentes Gen. 7. R. rhombifolius Wh. 8. R. silesiacus Wh. 9. R. pyramidalis Kalt. 10. R. macrophyllus W. N. ici 1 1 1 2 i3. 14. i5. P.-J. Mùll. R. splendidiflorus Sud. R. nemorensis L. et M. C. Discoloroides Gen. R. villicaulis Kœhl. R. albiflorus B. et Luc. R. alterniflorus L. et M. R. sueviacus Sud. III, Discolores P.-J. Mûll. 16. R. ulmifolius Schott. * n- R. bifrons Vest. R .. bifrons X vestitus (R roudii Sud.) 18. R. pubescens W. N. 19. R. procerus P.-J. Mûll. 20. R. thyrsoideus Wimm. Per- a. R. phyllostachys P.-J. M. R. Leventii Sud. b. R. thyrsanthus Focke. c. R. constrictus L. et M. d. R. candicans Wh. R. goniophyllus L. et M. R. goniophylloid.es Sud. IV. — Appendiciilatï Gen. A. Tomentosi Wirtg. 21. R. tomentosus Borkh. R. Lloydianus Gen. B. Vestiti Focke. vestitus W. N. macrostachys Mùll. . pruinifer Sud. R. fimbrifolius M. et Wirgt. R. Gaflischii Focke. . chlorifolius S. et Sabr. R. Schlickumii Wirtg. R. rubellus P.-J. Mûll. podophyllus P.-J. Mail. mucronifer Sud.** . parcepilosus Sud. Muelleri Lef. . argutiramus Sud' Coleœannii Blox. * R. Gremlii Focke. R. inopacatusM. et L. R. lasiaxon B. et Waisb. R. flavescens L. et M. R. helveticus Grl. 28. R. Schmidelyanus Sud. R. gratifolius Sud. 22. ±t. 23. R. R b. c. R d, e. 24. R. 25. R. R 26. R. R 27. R. b c. d. e. f. 29. R. hebecaulis Sud. b. R. salisburgensis Focke. R. politulus Progel. R. politulus X bifrons (R.poli- tuliformis) R. nanus Sud. G. Radul^e Focke. 30. R. RadulaWh. R. trachycaulon Sud. 3i. R. Genevieri Bor. b. R. discerptus P.-J. Mûll. 32. R. apiculatus Wh. 33. R. micans God.** b. R. pauciglandulosus Sud. var. c. R. subcanus P.-J. Mûll. R. lacteicomus Sud. 34. R. granulatus M. et L. b. R. traunsteiniensis Kaufm. 35. R. Timbal-Lagravei P.-J. Mûll. ** R. radulicaulis Sud. 36. R. fuscus Wh. 37. R. foliosus Wh. R. corymbosus P.-J. Mùll. BwLLEXUS UE UÉOOKAl'hlE BOTANIQUE 67 38. 3g. 4 o. 41. 42. 43. 44. 4 5. 46. 47- 48. 49. 5o. 5i. 52. 53. 5 4 . Mùll. R. flexuosus M. et L. R. microanchus Sud. R. insericatus P.-.I. Mûll. R. rhombophyllus M. et Lef. b. R. truncifolius M. et L. c. R. adornatiformis Sud. R. thyrsiflorus Wh. R. prionatus Sud. R. pallidus Wh. R. microstachys N. Boul. b. R. Bloxamii Lees. c. R. Lœhri Wirtg. R. obscurus Kalt. b. R. entomodontus P.-J. c. R. obscurissimus Sud. R. Menkei Wh *. D. Rudes Sud. R. omalus Sud. b. R. thelybatus Focke. c. R. rigiduliformis Sud. R. melanoxylon M. et W **. R. superbus Sud. R. Rudis Wh. R. rudis X hifrons (R. rudinus Sud.). R. vallisparsixs Sud. R. glaucellus Sud "*. R. dispectus Sud. E. Hystrices Focke. R. fusco-ater W. N. R. adornatus P-J. Mûll.'* R. Billotii P.-J. Mûll. R. obtruncatus P.-J. Mûll. ** b. R. mutabilis Gen. c. R. horrens Sud. d. R. pilocarpus Grl. R. Lejeunei Wh. b. R. emarginatus P.-J. Mûll. R. rosaceus Wh. b. R. lithophilus Sud. c. R. drepanophorus Sud. R. Hystrix Wh. R. bebecarpus P.-J. Mûll. ** R. indusiatus Focke. b. R. aceratispinus Sud. c. R. bavaricus Focke. X R- bavaricus var. X bifrons {R. scrupeiformis). R. rubriglandulosus Sud. ?5. R. Kœhleri Wh. b. R. asperidens Sud. c. R. Reuteri Merc. d. R. apricus Wim. R. subpygmœopsis Sprib. R. pygmceus Wh. e. R. saxicolus P.-J. Mûll. f. R. rotundellus Sud. R. infuscatus P.-J. Mùll. R. polyoplon B. et Mot. R. impolit us Sud. F. Glandulosi P.-J. Mûll. 56. R. furvus Sud. R. amplifr'ons Sud. R. fontivagus Sud. b. R. rosellus Sud. 57. R. purpuratus Sud **. R. carne us Sabrs. R prœdatus Schm. R. brachyandroides Sud. 58. R. scaber Wh. var. 59. R. tereticaulis P.-J. Mùll. R. mioitylus N. Boul. b. R. derasit'olius Sud. c. R. curtiglandulosus Sud. d. R. argutipilus Sud. R. finit imus Sud. 60. R. Scbleicheri Wh. b. R. mucronipetalus P.-J Mùll. R. humilis P.-J. Mùll. c. R. fîssurarum Sud. R. chloroxylon Sud. R. elongatipes Sud. d. R. conterminus Sud. e. R. humifusus Wh. R. irrufatus P.-J. Mûll. 61. R. Bellardii Wh. 62. R. rivularis M. et Wirtg. R. angustisetùs Sud. R. setiger L. et M. R. parvulipetalus Sud. b. R. lusaticus Rost. c. R. incultus Wirtg. R. lampropliyllus Grl. R. biserratus Mûll. d. R. spinosulus Sud. R. horridulus P.-J. Mùll. e. R. aculeolatus P.-J. Mull. es BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE R. leptobelus Sud. R. durotrigum Murr. 63. R. serpens (Wh.). Sud. R. longisepalus P.-J. Mûll. b. R. napophiloides Sud. R. corylmus P.-J. Mûll. c. R. flaccidifolius P.-J. Mûll. R. ubrosus P.-J. Mûll. d. R. angustifrons Sud. e. R. vepallidus Sud. f. R. chlorostachys P.-J. Mûll. R. elongalifolius B. et G. g. R. leptadenes Sud. R. longiglandulosus Sud. h. R. oreades M. et Wirtg. G4. R. hirtus W. K. R. hirtus X bifrons. R. Pierratii N. Boul. R. ojfensus P.-J. Mûll. b. R. Guentheri W. N. R. crassus Hol. R. anoplocladus Sud. c. R. nigricatus M. et L. R. minutidentatus Sud. d. R. Kaltenbachii Metsch. R. rubiginosus P.-J. Mûll. R. minutiflorus P.-J. Mûll. e. R. hercynicus G. Br. f. R. tenuidentatus Sud. R. trachyadenes Sud. R. interruptus Sud. R. anisacanthoides Sud. R. declivis Sud. V. — Triviales P.-J. Miill. 65. R. caesius L. R. rhombifolius X caesius (R. Z insmeisteri Erdn). R. silesiacus X caesius (R . Warnstorfii F.). R. sueviacus X caesius (R. semisueviacus Sud.) R. caesius X bifrons (R. Mou- geotii Bill.). R. candicans X caesius {R. vir- gultorum M.), R. hebecaulis X caesius {R. sil- vulicola Prog.). R. Radula X caesius {R. cus- pidatus Mûll.). R. filiosus X caesius (R. folio- sifortnis Sud.). R. rudis X caesius (R. adeno- leucus Chab. R. Schleicheri X caesius (R. orthacanthus Wimm.). R. serpens X caesius (R. spino- sissimus Mùll.). R. hirtus X caesius (R. Villar- sianus F.). Le Secrétaire perpétuel, Gérant du a Bulletin » : H. LÉ VEILLÉ. Le Mans. — Imprimerie Monnoyer. MÉMOIRES DE 1/ACADfiME Internationale de Géographie Botanique Sous ce litre, paraissent à des époques indéterminées un ou jjvdeux fascicules par an : renfermant les travaux de longue haleine; les articles du Bulletin étant limités chacun au maximum de 3*2 pages. Le prochain fascicule contiendra la suite du Catalogue raisonné des Plante** indigène** cl© la Hante .Allège de feu H. M.lLlfcCilLll^HWU-O'AYMERICJ Souscription annuelle £0 fr. Pour les souscripteurs au Bulletin : S fr. Illll des HAÏTES REVUE BIMESTRIELLE De Bibliographie, d'Informations & d'Echanges H. LÉVEILLÉ, Directeur Ï8, Rue de Flore, 7** — LE MANS (Sarthe) ABONNEMENT : « fr. SîO PAR AN CONSTITUTIONS DE L'ACADÉMIE INTERNATIONALE DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE EXTRAIT DES STATUTS I. — Il est formé, sous le nom d'Académie internationale de Géographie botanique, une Société composée de 3oo membres, dont 20 portent seuls le titre d'Académiciens; les autres se divisent en Associés libres et en Membres Auxiliaires. II. — Les Académiciens se divisent en membres titulaires, membres d'hon- neur et membres correspondants. Les premiers sont au nombre de 12, les seconds au nombre de 4, et les troisièmes également au nombre de 4. III. — Les membres sont élus à la majorité des suffrages des membres titu- laires. Il appartient toutefois au Directeur nommé pour Tannée, de choisir les Membres d'Honneur. IV. — Les membres de l'Académie sont élus à vie. Il en est de même du Secrétaire qui prend le nom de Secrétaire perpétuel de la Société. VI. — L'Académie de Géographie botanique, présidée par chacun de ses membres titulaires ou d'honneur, élu Directeur à tour de rôle, admet les botanistes de toute nation et reçoit volontiers les dons et offrandes. Elle a son siège là où se trouve le Directeur en fonction. Le Siège légal est Le Mans. La seule cotisation exigée de ses membres est le montant du prix du Bulletin. Ils peuvent aussi contribuer par des dons volontaires à la publica- tion des travaux de l'Académie. Le versement d'une somme de 25o francs effectué en une ou plusieurs fois, en dehors de la cotisation annuelle, dispense son auteur du versement ultérieur de toute cotisation et lui assure l'abonnement à vie à l'organe de l'Académie. Le donateur d'un capital de 5oo francs est non seulement dispensé du versement de la cotisation, mais a droit, en outre, au titre de Membre perpétuel et à la reproduction à perpétuité de son nom sur la liste des membres de l'Académie. Ex 1rs» il. du Règlement Art. I. — L'Académie internationale de géographie botanique publie un Bul- letin mensuel. Art. II. — Le Directeur de l'Académie est élu pour un an, par tous les mem- bres de r Académie, sur la présentation d'une liste de 3 noms choisis par les seuls Académiciens; il est rééligible. Art. V. — Il sera tenu, s'il est nécessaire, des réunions à des temps et à des lieux désignés par le Directeur, d'après le vote des membres de la Société. Art. VI. — L'Académie a son herbier et sa bibliothèque qui lui sont propres. Distinctions Honorifiques. I. — Un Conseil composé du Bureau et des Membres d'honneur de l'Académie confère gratuitement et par décision motivée des médailles d'or (vermeil), d'ar- gent ou de bronze réservées aux hommes de science, plus particulièrement aux botanistes, qui se sont distingués, soit par des travaux scientifiques remarqua- bles, soit par des institutions utiles à l'avancement des sciences. II. — Ces médaillés, dont la distribution a lieu le I er janvier et le i«r juillet de chaque année, donnent à leurs titulaires droit au titre de Lauréat de V Académie. Le Mans — Imp. Monnoyer. — i9it <>• Année (4 e Série)- N°* 257-258 Mars-Avril 191 i. BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE ORGANE MENSUEL de l'Académie Internationale de Botanique FONDÉE LE i er DÉCEMBRE 1891 Jouissant de la Personnalité Civile depuis le 11 Octobre iqoi TOME XXI ^$zr Bon à tirer donné le 10 mai 1911 LE MANS (sarthe) AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ 78, RUE DE FLORE, 78 19 11 Académie internationale de Géographie Botanique Directeur : M. l'Abbé H. COSTE, St-Paul-des-Fonts, par Tournemire (Aveyron). Secrétaire perpétuel-Trésorier : M§ r H. LEVEILLÉ, p, 78, rue de Flore, Le Mans ^Sarthe). Conseil de l'Académie : MM. A. Engler, Jh. Héribaud, J.-D. Hooker, D. Prain. On peut se procurer au Secrétariat le diplôme spécialement gravé pour l'Académie au prix de 3 francs Souscription annuelle : 10 francs L'Académie laisse aux auteurs la responsabilité de leurs opinions. Adresser mandats et communications au Secrétariat. SOMMAIRE des n -s 257-258 . Pteridophyta in insula Quelpaert, par M. C. Christensen. Carex umbellata Meinsh., par M. G. Kukenthal. Un nouvel hybride des Asplenium foresiacum et trichomanes : X A. Gui- chardii, par M. R. de Litardière. Deux hybrides nouveaux en Berry, par M. Lambert. Bibliographie des Urédinées, par M. I. Maranne. iiii i i i iiiii i iii ii iii i ii ii ii i iii H iiiiiiwii i inniii ii iiniiiiiiii M i i iiiii i iiiiiii H i nm n i i i r i ii ii iiiwiiiiiiwiiiiiii i iH Mi i H ii i iiii L'Académie offre aux Auteurs des Tirages à part, à ?&& exemplaires, sans réimposition ni changement de folios. Le port est à la charge des auteurs. TARIF DES TIRAGES A PART avec changement de pagination, nouvelle mise sous presse, couvertures non imprimées sur papier de couleur, pliage et couture : Les remaniements dans le texte sont comptés à raison de o fr. 65 l'heure. NOMBRE DE PAGES 25Ex. 50 Ex. 75 Ex. 100 Ex. 150 Ex. 200 Ex. 1 jA de feuille — 4 pages 4fr. 6 fr. 9 fr. 75 5fr. 7fr. 1 1 fr. 50 6 1r. 8 fr. 13 fr. 25 7fr. 9 ïr. 15 fr. 8 fr. 50 10 fr. 50 17 fr. 50 10 fr. 50 12 fr 20 fr. Couverture imprimée : 5o ex., 4 fr.; 100 ex., 4 fr. 5o ; i5oex., 5 fr. 25; 200 ex., 6fr, Les auteurs doivent faire figurer sur leur manuscrit la mention « tirage à part, avec ou sans pagination spéciale », et le « chiffre » du tirage ainsi que la demande d'une couverture imprimée ou non, et ensuite s'entendre directement avec l'imprimeur dès la réception du numéro renfermant leur travail. 20'' Année (4 e Série) N° 8 257-258 Mars-Avril iqii BULLETIN DE GEOGRAPHIE BOTANIQUE Organe mensuel de l'Académie internationale de Botanique Pteridophyta in insula Quelpaert a cl. P. Taquet anno 1910 lecta. A Cari CHRISTENSEN detèrminata I. — Notes sur quelques espèces. Athyrium demissum Christ ? var. unipinnata nov. var. Petite forme particulière, l'unique fronde pas plus longue que 6 cm. sur 2 cm. de large, une fois pinnée, les pinnules lobées dans la moitié inférieure, à lobes larges, ovales-oblongs, à dents acuminées au sommet ; sores 1 à 2 à chaque lobe ; indu- sium large quelquefois gonflé, hippocrépiforme ou souvent réniforme. La fronde entière ressemble tout à fait à un segment de VA. demissum Christ auquel je rapporte cette forme comme variété. Iusula Quelpaert : Hallaisan, in silvis, i5oo m. Taquet, 3673. Un pied seulement. Dipla^ium decurrenti-alatum (Hk.) C. Chr. comb. nov. Syn. Gymnogramme decurrenti-alatum Hk. ; Dryopteris decurrenti-alata C. Chr. Ind. 261; Athyrium decurrenti-ala- tum Copeland, Phil. Journ. Sci. Bot., III, 279, 1908. Iusula Quelpaert, in silvis, 1200 m. Taquet, 3933. Cette espèce est un véritable Dipla\ium quoique dépouvue d'indusium ; elle est étroitement alliée au D. virescens Kze. Diplazium Taquetii sp. nov. Rhi^omate ignoto. Stipite 60-70 cm. longo, supra trisulcato, Mars-Avril 5 70 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE obscure siramineo ad basin nigrescente glabro vel squamis appressis ovatis perpaucis onusto. Lamina deltoidea, 60 cm. longa et lata, herbacea, supra obscure viridi, subtus pallidiore, costulis pinnularum II et III ordinis subtus pilis partim bre- vissimis glanduliformibus partim longioribus articulatis et squamis paucis linearibus appressis sublaceratis sparse in- structis exceptisomni no glabra, tripinnatifida \rachi sursum tenui flexuosa. Pinnis 1 ordinis 7-8 jugis, alternis, usque ad 12 cm. inter se remotis, basalibus maximis, ad 40 cm. longis, erectis, petiolo 3-4 cm. longo, basi nigro complanato stipitatis, acu- minatis; pinnulis circa 3 cm. inter se remotis, 14-15 jugis, patentibus, b-j cm. longis, 1 1/2-2 cm. latis; breviter petio- lulatis, petiolo alato late adnato, oblongis, versus apicem grosse serratum breviter acuminatis, ad alam 1-1 1/2 mm. latam pinnatifidis. Laciniis sinubus apertis separatis, oblongis, 1 cm. longis, 4 mm. latis, acutis, utrinque acute et grosse dentatis, basali basiscopica majore quam acrocospica. Venis pellucidis subtus paulo prominulis furcatis. Soris erectis, subcostulari- bus, oblongis 1-1 1/2 mm. longis ; indusiis minimis cito eva- nescentihus. lusula Quelpaert : Hongno, cascade, P. Taquet, 23 juin 1910, 3701, 3702. Large espèce affine au D. polypodioides Bl. et au D. Whee- leri (Bak.) Diels ; elle diffère du premier entre autres caractères, par ses pinnules distinctement stipitées, ses segments dentés en scie, ses veines pellucides fourchues et ses indusies très peu visibles ; du dernier, que je n'ai pas vu, par ses veines fourchues et ses pinnules stipitées qui ne sont pas coupées du côté infé- rieur à la base. Dryopteris erythrosora (Eat.) O. Ktze. La collection renferme un bon nombre de formes de cette variable espèce ; la forme la plus grande est sans nul doute YAspidium cystolepidotum Miq. ; Dryopteris cystolepidota C. Chr. lnd. 260, qui déjà a été rapporté au D. erythrosora par Makino, Bot. Mag. Tokyo, XXIII, 144, 1909. Au surplus je ne puis distinguer le D. Taquetii Christ, Fedde Repert. V. 284, 1908, si j'en juge d'après les fragments du spécimen- BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 71 type qu'à bien voulu me communiquer Mgr Léveillé ; c'est une forme moins divisée revêtue des écailles huileuses carac- téristiques de la face inférieure de la côte du D. erythrosora, grâce auxquelles l'espèce peut être distinguée avec certitude du D. filix-mas. Polypodium lineare Thbg. var. ussuriensis Regel et Maack. Syn. Pleopeltis ussuriensis Regel et Maack, Mém. Ac. St. Pétersbourg, IV. ij5, 1 86 1 ; Polypodium coraiense Christ., Fedde Repert., V. 285, 1908. Iusula Quelpaert : Hallaisan, Taquet, 383/, 3839. La nouvelle espèce récemment décrite brièvement par le D r Christ, est complètement identique au PL ussuriensis Regel et Maack et peut-être spécifiquement distinct du P. lineare bien que les différences soient très petites. Polypodium Veitchii Bak. ? Insula Quelpaert: Yengsil, 1000 m. Taquet, 2832 (détermi- née par Taquet). Ce spécimen concorde très bien avec la description du D. Veitchii de Baker comme taille et port, mais Baker l'a décrite comme Goniophlebium, tandis que notre plant-.- est un véritable Pleopeltis étroitement allié au P. hastatum. II. — Synonymie d'après l'Index Filicum. Pteris multifida Poir. (P. serrulata L. L). Diplazium japonicum (Thbg.) Bedd. var. coreanum Bak. — — subsp. Oldhami (Bak.) Christ. Anogramma Makinoi (Maxim.) Christ. Dryopteris africana (Desv.) C. Chr. (D. Tosta Christ). — decursive-pinnata (van Hall) O. Ktze. — lacera (Thbg) O. Ktze. — filix-mas (L.)Schott. — erythrosora (Eat) O. Ktze. — nipponica (Fr. et Sav.) C. Chr. — sophoroides (Thbg) O. Ktze. — gongylodes(Schkuhr) O. Ktze. — gracilescens (Bl.) O. Ktze subsp. glanduligera — — subsp. angustifrons (Miq.). 72 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE — setigera (Bl.) O. Ktze, — spinulosa (Miill) O. Ktze subsp. dilatata (HoSm). — Miqueliana (Fr. etSav.)C. Chr. — subtripinnata (Miq.) O. Ktze. — callopsis (Fr. et Sav.) C. Chr. — dilatata (Fr. et Sav.) C. Chr. Polystichum varium (Sw). Pr. — aculeatum (L.) Roth var. coraiense Christ. — tripteron (Ktze) Pr. — aristatum (Forst.) Pr. — lepidocaulon (Hk.) J. Sm. — falcatum(L- t.) Diels (Cyrtomium). Coniogramme japonica (Thbg.) Diels. Selliguea elliptica var. coraiensis Christ. Drymoglossum microphyllum (Pr.) C. Chr. Trichomanes orientale var. stenosiphon Christ. — Makinoi C. Chr. (T. acutum Mak.) ? Cyclophorus hastatus (Thbg.) C. Chr. — lineariiolius (Hk.) C. Chr. III. — Espèces nouvelles pour la Corée : Woodsia frondosa Christ. — In rupibus Polmongi, 18 juil- let igio, 3673. Asplenium trichomanes L. — In petrosis in torrente Yan- gkeuni, 5oo m., 8 jul. 1910, 3712. Dryopteris japonica (Bak) C. Chr. — S. O. in silvis Yengsil, 1000 m., 9 jul. 1910, 37.S1. Plagiogyria euphlebia (Kze) Mett. — S. in silvis, in torrente Yangkeuni, 5oo m. 8 jul. 1910, 38o5. Polypodium annuifrons Mak. — 5. in silvis, in torrente Yang keuni, 5oo m., 8 jul. 1910, 383 1 . Athryrium Goeringianum (Kze) Moore. — Sub mûris agro- rura Hongno, 18 aug. 1910, 3g32. Dipla^ium decurrenti-alatum (Hk.) C. Chr. — In silvis, 1200 m., 17 aug. 1910, 3933. Hymenophyllum Wrightii V. d. B. — In rupibus Hallaisan i5oo m., 4 aug. 1910, 3825. BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 73 Carex umbellata Meinshausen Par M. G. KUKENTHAL A l'occasion d'une révision des Carex de Sibérie, provenant de l'Herbier du Jardin impérial de Botanique de Saint-Péters- bourg, le Carex subumbellata décrit par Meinshausen dans les Acta Horti Petropolitani, XVIII, (1901) 395, tomba à nou- veau sous mes yeux. C'étaient deux fragments de cette plante rare, recueillie le 3o mai 1860 par Glehn près de Due dans l'île de Sachalin. Soit que les spécimens vus par moi autrefois fussent insuffisamment développés, soit que j'eusse omis alors d'examiner plus attentivement la nucule, en tout cas il devint cette fois aussitôt évident pour moi que la place que j'avais attribué à notre plante dans la section Montanae dans ma Mono- graphie der Caricoideœ (1) était injustifiée. La nucule se montre couronnée d'un disque en forme de bouclier sur lequel est assise la base épaissie du style. Aussi cette espèce doit-elle être rattachée à la section des Mitratœ. L'insertion de l'épi inférieur près delà base du chaume indique une affinité avec le Carex depressa Link. Un examen attentif révèle un étroit rapport avec les formes issues de ce dernier, tout particulièrement avec la variété Iransilvanica (Schur) Christ, avec laquelle il concorde dans tous ses caractères essentiels. Le seul caractère aberrant est la complète glabrescence de l'utricule. Comme parenté du Carex depressa Link on peut nommément attacher de l'impor- tance à la configuration du rhizome qui forme d'épais gazons avec des rejets extravaginaux. Frappante demeure la dispersion de notre forme glabre qui est séparée des formes pubescentes par toute la Sibérie conti- nentale. C'est seulement dans le nord de la Perse et dans le Caucase, au bord de la mer Caspienne et de la mer Noire que (1) Georg Kukenthal, Cyperaceae-Caricoideae in A. Engler, Das Pflan- zenreich, 38, Heft (1909) 453. 74 BULLETIN UE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE l'on rencontre les premiers représentants de la variété transil- vanica, dont le centre de dispersion, comme son nom l'indique, est la Transylvanie. Elle se rencontre aussi dans le Banat et la Galicie. La forme typique croît dans le sud-ouest de l'Europe, le Por- tugal et l'Espagne. Une variété plus répandue basilaris (Jord.) Aschers. et Graebn., habite le long des rivières françaises et italiennes, et en outre le nord de l'Afrique. La plante de Sachalin est donc à désigner comme : Carex depressa Link. var. subumbellata (Meinsh.) Kùkenthal. Cobourg, le 24 janvier 191 1. BULLETIN UE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 75 Un nouvel hybride des Asplenium foresiacum et trichomanes : X A. Guichardii =A. perforesiacum x trichomanes. Par M. R. de LITARDIÈRE. M. l'abbé Guichard, curé d'Hérépian (Hérault), avait recueilli dernièrement, près de St-Laurent-des-Nières (Hérault), parmi des Asplenium foresiacum et trichomanes, plusieurs exemplaires d'un Asplenium dont il soupçonnait l'origine hybride entre ces deux espèces, mais il avait été en outre frappé de ce qu'ils n'offraient pas tous un aspect identique, les uns lui semblaient se rapprocher davantage du trichomanes, les autres du fore- siacum. C'est un échantillon de ces derniers, qu'il a bien voulu me communiquer, qui fait l'objet de cette note. Il est en effet bien distinct de celui que m'avait envoyé M. Pages provenant de la même localité, et que j'ai appelé Pagesii, par sa taille plus élevée, ses pinnules plus divisées, les inférieures et les moyennes trapézoido-ovales, ses sores plus nombreux et enfin la présence de deux stèles au lieu d'une seule à la base du pétiole. C'est certainement aussi un hybride des A. foresiacum et trichomanes, mais avec prédominance de VA. foresiacum, tandis que l'x A. Pagesii offre une prédominance de VA. trichomanes. Le premier se rapproche de VA. foresiacum par ses pinnules réfractées, plus manifestement lobées, à crénelures plus mar- quées, et la présence de deux stèles à la base du pétiole ; mais il en diffère par la coloration brune de la partie postérieure du rachis, coloration qui s'étend jusqu'au milieu de la fronde, par ses segments largement ovales, par la gaine de sclérenchyme du pétiole bien plus développée, caractères dus à l'influence du 76 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE trichomanes. Le second se rapproche de VA. trichomanes par la coloration brune du pétiole et du rachis de la fronde, par ses segments ovales-obtus peu partagés, par la stèle unique de la base du pétiole ; mais il s'en éloigne par les poils du pétiole e 1 du rachis, la division et la forme des dents des segments, carac- tères dus à l'influence de VA. foresiacum. Voici la diagnose du nouvel hybride que j'ai l'honneur de dédier à son heureux inventeur : X Asplenium Guichardii R. Lit., nov. hybr. = A. perforesiacum X trichomanes R. Lit. Rhizomate cœspitoso. Petiolo, basi squamis fuscis subulatis et supra sparcis pilis fuscis usquein rachim laminae praedito,2,5 — 4,5 cm. alto, lamina breviore, ebeneo-fusco. Lamina coriacea opaca,'flavo-viridi, lineari-lanceolata, 9,5 — 10 cm, alta, 0,8 — i,3 cm. lata, pinnata; rachi canaliculata, antice basi et poste- riore usque ad médium ebeneo-fusca. Pinnis, utrinque 19-20, breviter petiolatis, distantibus, infimis ovato-rotundatis loba- tis ; inferioribus mediisque trapezoidis, basi truncatis, lobatis- crenatis, basi 5 mm. latis, 7 mm. longis; superioribus oblongis inciso-crenatis; supremis confluentibus; margine pinnarum dentibus brevibus obtusis praeditis. Nervis repetito furcatis. Soris 7-9 in singuli pinna, ovatis. Indusio integerrimo. Petiolo basi duabus stelis. Hab. Hérault : St-Laurent-des-Nières, loco dicto Bédés, in rupibus schistosis, 5oo m s. m. (Guichard: 1910). En résumé les A . foresiacum et trichomanes présentent deux hybrides : i° X A. Pagesii R. Lit., un nouvel Aspl. hybride, in Bull. Acad. géogr. bot. (oct. 19 10). = A . foresiacum X pertrichomanes R. Lit. (A. foresiacum X trichomanes R. Lit. loc. cit.) 2 X A. Guichardii R. Lit. = A. perforesiacum X trichomanes R. Lit. BULLETIN DE GÉ0GIIAPH1E BOTANIQUE 77 Ces hybrides sont à rechercher dans tout le massif central et les Cévennes où les parents croissent certainement ensemble dans bien des localités. Ils ne doivent pas être confondus, comme je le disais à pro- pos de VA . Pagesii, avec les petits échantillons xérophiles de VA. foresiacum, dont ils se distinguent nettement par la forme des segments et la coloration du rachis. J'ajouterai que VA . foresiacum est très variable : à l'ombre les frondes sont amples, à aspect d'A. lanceolatum et peuvent atteindre 40 cm de hauteur [A. foresiacum var. majus Sudre); par contre les exemplaires des stations apriques mesurent par- fois a peine 3 cm. et ont des segments courts à lobes très réduits (A. foresiacum subvar. paucilobatum Le Gr., A. foresiacum var. angustalum Christ). Cette variété angustatum, publiée dans le n° de Dec. 1909 du Bull, de l'Acad., n'est certainement qu'un A. foresiacum réduit. J'ai pu m'en convaincre par les nombreux échantillons que je possède provenant de diverses localités et surtout parles exemplaires que M. le chanoine Costeaeu l'ama- bilité de m'envoyer, exemplaires recueillis à Cailho, près Saint- Etienne d'Albagnan, massif du Caroux (Hérault), et qu'il m'af- firme être absolument identiques à ceux qu'il avait adressés au D r Christ et qui ont motivé cette distinction. L'on ne peut vraiment point considérer comme variétés, dans le véritable sens taxonomique, ces formes extrêmes, reliées entre elles par tous les états intermédiaires. 78 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTAMQUE Deux hybrides nouveaux en Berry. Par M. LAMBERT X Rosa Bengyana Rouy et Lambert. R. stylosa X rubiginosa (id.) Arbrisseau peu élevé, à port lâche et à tiges sarmenteuses. Aiguillons à peine arqués, entremêlés d'acicules sur les jeunes rameaux au-dessous des pédoncules. Folioles ovales-lancéo- lées, brièvement aiguës, ou elliptiques-lancéolées, atténuées, aux deux extrémités, à dentelure composée, glanduleuse, char- gées sur les nervures et sur tout le parenchyme de nombreuses glandes à peine odorantes; pédicelles glanduleux, sépales exté- rieurs un peu glanduleux ± étalés et tardivement caducs ; corolle presque blanche, disque ± conique, 'styles glabrescents ou poilus, parfois subétagés. C'est le 17 juin 1909, que je découvris le premier buisson de ce curieux rosier. Je le revis en juillet et en août pour recueillir des fruits bien développés, puis je soumis au savant contrôle de M. Rouy, des exemplaires de mes diverses récoltes. C'est, me répondit-il « un hybride nouveau : R. stylosa X ru- biginosa et la diagnose que vous avez établie lui convient très bien... Je crois à l'action du R. stylosa à cause des feuilles s'al- longeant avec l'âge, des tiges sarmenteuses et des fleurs blan- ches ; et à l'action du R. rubiginosa à cause delà présence d'aci- cules sur les rameaux au-dessous des pédoncules, et aussi à cause des sépales ± étalés et tardivement caducs. Nous pourrions l'appeler X R- Bengyana Rouy et Lambert » (lettres du 10 janvier et du 12 mars 19 10). Ce rosier croît : commune de Bengy-sur-Craon, tout près du domaine de Cholet, sur la pente ouest de la digue d'un ancien BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 79 étang (depuis longtemps desséché), au milieu d'une haie très épaisse dont les buissons d'épine gênent son développement. J'ai fait de nouvelles recherches en 1910 et, le 23 juin dernier, j'ai trouvé un second buisson, entièrement isolé et ayant le port touffu du R. rubiginosa. C'est à cette station de Cholet que croissent de nombreux X Rosa Lamberti Rouy (R. glauca var. stephonocarpa X R- sty- losa), FI. de Fr., XI, p. 399, que j'y ai découverts en 1908 et 1909. N'est-ce pas un fait bien curieux que la présence sur ce point de deux hybrides absolument nouveaux pour la science. X Girsium Martini Lambert (C. acaule X eriophorum). Port du C. acaule var. caulescens, tige hérissée de poils fau- ves, très fameuse, de 3-4 dm. de hauteur. Feuilles semi-embrassantes par deux oreillettes non décur- rentes, vertes à la page supérieure, portant quelques spinules jaunâtres et de petits poils fins apprîmes; page inférieure à peine blanchâtre, à nervures garnies de poils mous, pinnatipartites, à divisions larges profondément bilobées, ciliées-spinuleuses aux bords et terminées par une épine jaunâtre très vulnérante. Cala- thides grosses, solitaires au sommet des rameaux, munies de 2-3 feuilles florales très étroites. Péricline ovoïde, à folioles apprimées, glabres à la base, aranéeuses et ciliolées au sommet, atténuées en épine et étalées supérieurement. Tube de la corolle un peu plus long que le limbe 16/1 3 mm . Endéfinitive, feuilles de C. eriophorum, calathides de C. acaule. Hab. Cher : Raymond, anciennes carrières devant la ferme de Derrière le Bois. Je me fais un devoir de dédier cette plante à mon excellent ami M. Martin, dont les recherches persévérantes dans le midi du département, ont apporté d'importantes contributions à la flore locale (1). Le X Cirsium Martini croît à quelques mètres de X C. Kirs- (1) C'est M. Martin qui a découvert dans le Cher: Carex canescens. Asplenium angustatum Koch, X Asplenium Murbeckii Dôrfler, etc. 80 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE chlegeri Schultz (C. palustri-acaulon Kirschl) dont il diffère à première vue par son port plus trapu, ses feuilles non décur- rentes, ses calathides légèrement aranéeuses et plus globuleuses. On rencontre aussi à la même localité qui, à ce point de vue, est certainement la plus riche du centre, divers autres hybrides de Cirsium (i). Ce sont : i° Cirsium grandiflorum Kittel. a Jaegeri Rouy (C. lanceolatum ^ eriophorum). b Gerhardti Rouy (C. lanceolatum ^ eriophorum). 2° X G. Senneni Rouy. (C. eriophorum X arvense Sennen). 3° X B. Gsepeliense Borbas. a Superarvense Rouy (C. arvense ^> lanceolatum). b Superlanceolatum Rouy (C. arvense ^ lanceolatum). c Bohemicum Rouy (C.arvensevar. horridumxlanceolatum). 4° X G. Celakowskyanum Knaf. a Superarvense Lambert (C. arvense ^ palustre). b Superpalustre Lambert (C. arvense ^ palustre). 5° X C. médium Ail. (C. bulboso-acaule Trœg.) a Acauliforme Rouy. Soit 7 hybrides différents représentés par 12 formes (en y comprenant X C.Martini et X C. Kirschlegeri cités plus haut). (1) Voira ce sujet: Lambert, additions à la Flore du Berry. Bull. Soc. bot., Deux-Sèvres, 1909, et Cirsium hybrides nouveaux pour le Berry, Deux-Sèvres, 1910. BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 81 Bibliographie des Urédinées par M. Is. MARANNE. Ayant eu à diverses reprises l'intention d'entreprendre une étude d'ensemble sur les Urédinées, j'avais recherché tous les travaux spéciaux ou généraux ayant trait à cette importante question, et devant me servir dans l'élaboration de ce travail. Le temps m'ayant fait défaut, et ne prévoyant pas le moment où je pourrai m'occuper à loisir de ces cryptogames, je n'ai cepen- dant pas voulu laisser perdre le résultat de ce long et fastidieux travail de documentation, et me suis décidé à le publier. Bien qu'imparfait, je n'hésite pas à le présenter tel qu'il est, persuadé qu'il rendra service aux botanistes qui s'intéressent à l'étude des Urédinées. Je l'ai, pour la circonstance, complété en y mention- nant quelques ouvrages généraux, tels que Dictionnaires ou Traités de botanique, renfermant des indications organogra- phiques intéressantes, et quelques ouvrages d'horticulture choi- sis parmi ceux dont les maladies cryptogamiques des végétaux y sont étudiées avec le plus de développement. Cette dernière liste aurait pu être allongée indéfiniment; nousavons dû faire une sélection en indiquant seulement les ouvrages où les Urédinées font l'objet d'articles relativement importants. Nous ne croyons pas qu'une bibliographie aussi étendue, bien qu'incomplète, ait été faite; c'est ce qui nous a engagé à la publier. Allescher. — V. Winter. Alliot (P.). — Origine des maladies des végétaux (Paris, i §54). 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Patouillard (N.). et Hariot (P.). — Fungorum novorum Decas prima (Bull, de la Société mycologique de France, 1905). — Fungorum novorum Decas secunda [id. 1906). — Fungorum novorum Decas tertia(z fr. r.E IQlil dis PLANTES REVUE BIMESTRIELLE De Bibliographie, d'Informations & d'Echanges H. LÉVEILLÉ, Directeur ?S, Rue de Flore, 18 — LE MAKS (Marthe) ABONNEMENT : S fr. tîO PAR AN 1/ CONSTITUTIONS DE mniuATin^ïK m ctimnmw. nniuvinni EXTRAIT DES STATUTS I. — Il est formé, sous le nom d'Académie internationale de Géographie botanique, une Société composée de 3oo membres, dont 20 portent seuls le titre d'Académiciens; les autres se divisent en Associés libres et en Membres Auxiliaires. II. — Les Académiciens se divisent en membres titulaires, membres d'hon- neur et membres correspondants. Les premiers sont au nombre de 12, les seconds au nombre de 4, et les troisièmes également au nombre de 4. III. — Les membres sont élus à la majorité des suffrages des membres titu- laires. Il appartient toutefois au Directeur nommé pour Tannée, de choisir les Membres d'Honneur. IV. — Les membres de l'Académie sont élus à vie. Il en est de même du Secrétaire qui prend le nom de Secrétaire perpétuel de la Société. VI. — L'Académie de Géographie botanique, présidée par chacun de ses membres titulaires ou d'honneur, élu Directeur à tour de rôle, admet les botanistes de toute nation et reçoit volontiers les dons et offrandes. Elle a son siège là où se trouve le Directeur en fonction. Le Siège légal est Le Mans. La seule cotisation exigée de ses membres est le montant du prix du Bulletin. Ils peuvent aussi contribuer par des dons volontaires à la publica- tion des travaux de l'Académie. Le versement d'une somme de 25o francs effectué en une ou plusieurs fois, en dehors de la cotisation annuelle, dispense son auteur du versement ultérieur de toute cotisation et lui assure l'abonnement a vie à l'organe de l'Académie. Le donateur d'un capital de 5oo francs est non seulement dispensé du versement de la cotisation, mais a droit, en outre, au titre de Membre perpétuel et à la reproduction à perpétuité de son nom sur la liste des membres de l'Académie. Extrait du Règlement Art. I. — L'Académie internationale de géographie botanique publie un Bul- letin mensuel. Art. II. — Le Directeur de l'Académie est élu pour un an, par tous les mem- bres de l'Académie, sur la présentation d'une liste de 3 noms choisis par les seuls Académiciens; il est rééligible. Art. V. — Il sera tenu, s'il est nécessaire, des réunions à des temps et à des lieux désignés par le Directeur, d'après le vote des membres de la Société. Art. VI. — L'Académie a son herbier et sa bibliothèque qui lui sont propres. Distinctions Honorifiques. I. — Un Conseil composé du Bureau et des Membres d'honneur de l'Académie confère gratuitement et par décision motivée des médailles d'or (vermeil), d'ar- gent ou de bronze réservées aux hommes de science, plus particulièrement aux botanistes, qui se sont distingués, soit par des travaux scientifiques remarqua- bles, soit par des institutions utiles à l'avancement des sciences. II. — Ces médailles, dont la distribution a lieu le 1 e1 ' janvier et le 1er juillet de chaque année, donnent à leurs titulaires droit au titre de Lauréat de V Académie. Le Mans — Imp. Monnoyer. — i9ii 10 e Année (4 e Série) N" 259 Mai 191 i. BULLETIN DE GEOGRAPHIE BOTANIQUE ORGANE MENSUEL de l'Académie Internationale de Botanique FONDÉE LE i er DÉCEMBRE 1891 Jouissant de la Personnalité Civile depuis le 11 Octobre iqoi TOME XXI ^$zr Bon à tirer donné le 11 août 1911 LE MANS (sarthe) AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ 78, RUE DE FLORE, 78 19 11 Académie internationale de Géographie Botanique Directeur : M. l'Abbé H. COSTE, St-Paul-des-Fonts, par Tournemire (Aveyron). Secrétaire perpétuel-Trésorier : Mê r H. LEVEILLÉ, 0, 78, rue de Flore, Le Mans ^Sarthe). Conseil de l'Académie : MM. A. Engler, Jh. Héribaud, J.-D. Hooker, D. Prain. On peut se procurer au Secrétariat le diplôme spécialement gravé pour l'Académie au prix de 3 francs Souscription annuelle : 10 francs L'Académie laisse aux auteurs la responsabilité de leurs opinions. Adresser mandats et communications au Secrétariat. SOMMAIRE du n 259 : Plantes d'Espagne : Notes et diagnoses, par le Frère Sennen. uun iiw mm iiiii i i i iiiiiiiiiniiniiiiiiiiiii i n nn i mi i n ninmiiiiiiiiininiw wi ii i ii m wwiHi miMi i L'Académie offre aux Auteurs des Tirages à part, à î£Zi exemplaires, sans réimposition ni changement de folios. Le port est à la charge des auteurs. TARIF DES TIRAGES A PART avec changement de pagination, nouvelle mise sous presse, couvertures non imprimées sur papier de couleur, pliage et couture : Les remaniements dans le texte sont comptés à raison de o fr. 65 l'heure. NOMBRE DE PAGES 1/4 de feuille — A pages ... 1/2 feuille — 8 pages 1 feuille entière — 16 pages. 25 Ex. 50 Ex. 75 Ex. 100 Ex. 150 Ex. 4fr. 6 fr. 9 fr. 75 5fr. 7 fr. 1 1 fr. 50 6ir. 8 fr. 13 fr. 25 7fr. 9 ir. 15 fr. 8 fr. 50 10 fr. 50 17 fr. 50 200 Ex. 10 fr. 12 fr. 20 fr. 50 Couverture imprimée : 5o ex., 4fr.; 100 ex., 4 fr. 5o ; i5oex., 5 fr. 25; 200 ex., 6 fr. Les auteurs doivent faire figurer sur leur manuscrit la mention « tirage à part, avec ou sans pagination spéciale », et le « chiffre » du tirage ainsi que la demande d'une couverture imprimée ou non, et ensuite s'entendre directement avec l'imprimeur dès la réception du numéro renfermant leur travail. 20 e Année (4 e Série) N° 259 Mai i 9 i i BULLETIN DE GEOGRAPHIE BOTANIQUE Organe mensuel de l'Académie internationale de Botanique Plantes d'Espagne : Notes et Diagnoses Par le Frère SENNEN Diverses circonstances qui nous ont bien contrarié, ne nous ont pas permis de publier plus tôt les diagnoses et notes des plantes récoltées de 1907 à 1909. Nous réclamons toute l'indul- gence de ceux qui s'intéressent à notre modeste travail et qui voudront bien nous continuer leur bienveillance, malgré notre mince mérite. Nous nous efforcerons de répondre de plus en plus à leurs désirs et d'améliorer quelques points, qui nous ont été signalés. Les descriptions latines sont de notre savant et dévoué colla- borateur, M. le D r Carlos Pau, de Segorbe. Nous ferons suivre des initiales D T C. P. les notes qui émanent de lui. 217. Ranunculus ophioglossifolius Vill. f. debilis. Cette forme est due à la profondeur des eaux dans lesquelles nous l'avons récoltée, à San Clémente sur les premières pentes des Albères catalanes. Elle est caractérisée par la gracilité des tiges allongées et la pauvreté de ses ramifications. 218. R. ophioglossifolius Vill. i. paludosus. Représente assez bien le type de Villars d'après la planche IL Mai 7 102 BULLETIN DE GÉOGP.APHIE BOTANIQUE de son Histoire des plantes du Dauphiné,x. III (non IV), p. 73 r . D r C. P. Plusieurs carpelles sont plutôt muriqués que tuberculeux. Bien différente de port et de développement est la plante de 1908 distribuée sous le n° 525. Elle croissait sur le sol humide d'une prairie, tandis que les deux numéros précédents venaient dans des eaux plus ou moins profondes et portaient des tiges allongées et radicantes non ramifiées dès la base. Ce sont Là cer- tainement des formes adaptées au milieu; mais nous pensons qu'elles n'en méritent pas moins un nom pour les distinguer entre elle : paludosus, debilis, terrestris, par exemple, tout comme on emploie les appellations submersus, Jluitans, terres- tris, demersus, pour les formes similaires des renoncules du groupe Batrachium. 219 et 523. R. confusus Godr. et Gren. s-sp. R. ampori- tanus . Nous persistons à penser, malgré le sentiment contraire de notre savant collaborateur D r C. Pau, et avec l'assentiment, nous a-t-il paru, du très judicieux auteur de la Flore illustrée de la France, que notre R .amporitanus ne doit pas être con- fondu avec les formes du R. confusus Godr. et Gren. Il ressort de la description de la Flore de France, Rouy et Foucaud, I, p. 66 du R. confusus que les caractères suivants ne conviennent pas à notre plante : « feuilles flottantes à 3 lobes... carpelles nombreux, amincis au sommet, à bec asse% long. Stig- mate ligule étroit » . Notre plante croît dans les eaux courantes ; les tiges sont flottantes ou couvrent nombreuses etenchevêtrées les blocs rou- lés, mais elles sont toutes découpées en lanières capillaires. Les carpelles sont plutôt arrondis au sommet et à bec à peu près invisible. Il résulte de la comparaison de notre plante avec des exemplaires de l'Allier et de l'Eure récoltés par le D r Gillut et MM. Toussaint et Hoschedé, que le R. amporitanus a les fleurs plus grandes, les carpelles moins nombreux et plus petits, bien plus finement striés, très glabres et non hérissés. Les laniè- res des feuilles sont conniventes, plus nombreuses et non diva- BULLETIN DE GÉOGIIAPHIE BOTANIQUE 103 riquées. Les tiges sont ordinairement longues dans les eaux courantes ou lorsqu'elles s'étendent librement sur les pierres ; plusieurs sont radicàntes. Elles viennent en touffes nombreu- ses et leurs grandes fleurs blanches semées à profusion produi- sent le plus bel effet. Nous n'avons jamais vu de renononcule aquatique se développer avec tant de luxe. Peut-être pourrait- on en décorer les cascades. Elle nous a paru aimer les eaux lim- pides et fraîches. Habitat : Espagne, Albères de Catalogne dans les eaux cou- rantes de San Clémente. 220. Thalictrum columnare (Costa) var. acutilobum Sen. et Pau. T. flavum var. columnare Costa; T. simplex var. brachycar- pum Willk. ; T. simplex var. Costa supl. p. 2 ; T- catalauni- cum Pau not. bot. IV, p. 1 1 . Nous pensons que dans cettesyno- nymie, à laquelle on peut ajouter T. flavum L., Pourr. in hb. Salvador ! v. extipellum Costa supl. p. i, doit également entrer notre n° 269 T. columnare (Costa) var. obtusilobum Sen. et Pau. Les deux plantes ne nous ont paru différer que par les feuilles à lobes plus larges et plus ou moins obtus dans le n° 269; plus étroits et plus aigus dans le n° 220. Il est vrai que dans ce dernier numéro la page inférieure des feuilles est glauque. Le D r C. Pau est plutôt d'avis que le n° 269 est T. glau- cum Desf. var. extipellum (Costa) Pau, not. bot. 438. Delphinium longipes Moris. Si nous nous en rapportons à la Flore de France, Rouy et Fouc, I, p. 1 32, notre plante doit rentrer dans la forme D ver- dunense Balb. [D. cardiopetalum DC), caries pétales latéraux sont cordés à la base et 2-3 fois plus courts que l'onglet. Ce n'est pas la forme normale du D. verdunense Balb., que nous avons récoltée sur les deux versants des Pyrénées orientales : Confient et Cerdagne française d'un côté; vallée du Ter dans la plaine de Vich et à Ripoll. 104 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 796. Sarcocapnos enneaphylla DC. f. annua. Notre plante des conglomérats de Tortose nous paraît sensi- blement différente de la plante des vieilles fortifications de Vil- lefranche et des rochers de la base du Canigou; celle-ci est fru- ticuleuse à la base, présente des folioles lancéolées aiguës dans leur moitié supérieure; l'autre a des feuilles plus développées, des folioles plus grandes obtuses parfois faiblement mucronu- lées, une racine toujours grêle et généralement [peut-être tou- jours) annuelle ; les fleurs sont d'un blanc rosé sur le frais. Nous pensons que la plante constitue une bonne variété hispa- nica adaptée soit au vocable Sarcocapnos ou Corydalis [Cory- dallis in Rouy). 788. Papaver obtusifolium Desf. Pour la première fois nous rencontrâmes cette espèce des îles delà Méditerranée et de l'Algérie sur le territoire de Cabanas» près Figueras. Trois ans après en 1909 nous la trouvions abon- damment par des terrains analogues, champs et olivettes, à Tortose, en divers endroits distants les uns des autres. Cette année 19 10, nous l'avons observée à Castelldefels, où l'indiquait M. le D r Cadevall dans ses Memorias fitogeograficas. La plante existe donc depuis l'embouchure de l'Ebre jusqu'à la frontière française. Nous oublions de noter que M. le D r Pau, nous communiqua qu'il l'avait récoltée depuis plusieurs années sur le territoire de Segorbe. Elle se trouve donc entre l'Ebre et le Mijares. 53o. Cardamine amporitana Sen. et Pau. Sans prétendre donner aujourd'hui une diagnose complète de notre cardamine ampourdanaise, nous désirons signaler sans remettre à plus tard quelques-uns de ses principaux carac- tères. La plante est très développée, la tige est robuste, pubescente- hérissée surtout à la base, la souche assez grosse, d'où partent de nombreux et longs stolons. Les feuilles (trifoliolées dans les stolons et la partie supé- rieure), présentent des folioles qui vont grandissant de la base BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 105 au sommet, plus ou moins oblongues et sinuées, la terminale beaucoup plus grande, oblongue ou parfois suborbiculaire. Le pétiole est élargi par la décurrence des folioles. La tige se rami- fie dès la base. Les pétales d'un rose pâle, dépassent peu les sé- pales. Les grappes terminales assez fournies achèvent parfois en corymbes. Les siliques sont plus grêles et plus longuement pédonculées que dans le C. amara L.lesgraines sont plus nom- breuses, plus petites, plus serrées. Hab. — Espagne, Catalogne, ruisseau del Macho à Caba- nas. — Le 4 juin 1908, elle était presque passée, à peine si nous avons pu trouver une petite grappe fleurie. 447. Thlaspi heterophyllum Benth. C'est par erreur que le nom générique a été changé. C'est le Lepidium heterophyllum Benth. = Thlaspi heterophyllum DC. 532. X Cistus macrocalyx Sen. et Pau. (C. monspeliensi X salvifolius) X salvifolius Sen et Pau. Arbrisseau fourni à rameaux de la circonférence décombants. Feuilles petites, lancéolées, aiguës, blanchâtres en dessous, d'un vert noirâtre en dessus ; sépales ovales acuminés, très gla- bres, luisants. Les fleurs, portées par de longs pédoncules lai- neux, garnissent les rameaux sur une longueur parfois de 20 centimètres, et sont très nombreuses. Nous ne les avons pas vues. Le dessous des feuilles est pustule cotonneux et le contour finement denticulé. Il pourrait y avoir du Cistus crispus. Hab. — Espagne, Catalogne, pentes des Albères, entre Espola et Requesens. 723. Fumana procumbens Gren. et G. f. calyx pilosus. Il nous est difficile de préciser si cette plante appartient au F. procumbeus GG. ou au F. Spachii GG. et même si ces deux espèces ne seraient pas la même espèce, ainsi que le croyait Spach Hist. végét. 6 p. 11. Nous avons des exemplaires à feuilles courtes, à tiges étalées par terre et des exemplaires à feuilles longues également étalées. 106 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE La longueur des pédoncules ne nous dit rien. Notre incertitude persiste. 245. Reseda litigiosa Sen. et Pau, Soc. arag. Cienc. Nat. IV, 309 (1905). Notre plante est voisine du R. Jacquini Reichb. Elle en dif- fère par sa souche ligneuse pe'rennante, les feuilles caulinaires à bords ondulés, beaucoup moins larges, quelquefois très étroi- tes (var. tenuisecta), les pédicelles bien plus longs que les sépa- les, les capsules développées non atténuées à la base, la cou- leur vert pâle ou lutescente de la plante, le port dressé. Hab. — Pour la première fois nous la trouvâmes en petite quantité sur les collines maritimes de Rosas; les années sui- vantes nous l'observâmes sur la même Sierra à Palau, Cada- qués, Vilajuiga. — En visitant l'herbier de l'Instituto de Teruel donné par Loscos, nous avons rencontré notre plante sous le nom de R. Phyteuma L. et provenant de graines récoltées à Caspe par Loscos! Ce qui nous fait supposer que notre plante sera trouvée en d'autres localités d'Espagne. 248. Polygala monspeliaca L. var. angustisepala. Si nous nous en rapportons aux figures et aux descriptions des flores françaises, nous trouvons notre plante relativement déve- loppée à feuilles plus longues et plus étroites, à bractées flora- les très fines, à sépales et capsules plus étroites. Hab. — Environs de Figueras, Pont de Molins, Slers. 247. Polygala calcarea F. Schultz. Par son développement la plante des coteaux de Slers, Pont de Molins, etc., se rapproche du P. corbariensis Timb. (pro varietate) Rouy et Fouc. FI. fr., III, p. 77. Un caractère que nous ne voyons signalé dans aucune flore est la couleur bleue des bractées florales et non herbacées. Des prairies de Cabanas, nous avons une forme (var. angustifolia S. P,) à feuilles du P. nicceensis Risso. BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 107 433. Silène Senneni Pau, Bol. Soc. arag. Cienc. Nat., IV, p. 309. Un caractère qui n'a pu figurer dans la diagnose de l'auteur, c'est que la racine est napiforme et très longue, mesurant par- fois plus de 2 centimètres de diamètre. 419. Dianthus Gautieri Sen. Notre plante est rapportée au D. Segueiri Vill. par les auteurs catalans. Elle s'en distingue par les bractées du calicule plus courtes, égalant ordinairement le tiers du calice, contractées en pointe courte paraissant à un mucron, et non à pointe verte éga- lant le calice; les fleurs sont pluspetites et ordinairement réunies en fascicules moins nombreux ; le calice est cylindrique à dents contractées en mucron. La plante croît à une faible altitude, tandis que le vrai D. Seguieri Vill. est indiqué dans les flores comme propre aux hautes montagnes. Nous ne savons si les for- mes pyrénéennes et du Monseny (1700m.), près Gérone, se rap- portent plus à notre plante que nous consentons à publier sous la forme suivante D. Seguieri Vill. var. Gautieri, ou au type de l'espèce. Notre plante, avec quelque variation, est répandue dans la plaine de Vich. 270. Linum salsoloides Lamk. var. longifolium Sen. et Pau. Si nous comparons les n° s 46-47-270 et 772, nous isolons d'abord le n° 47 que nous croyons être L. salsoides Lamk. tel qu'il est décrit dans Rouy et Coste. Le n°46 représente le L. suf- fucticosum L. des plateaux de Castille et de Léon (Miranda de Ebro et Valladolid), caractérisé par son port buissonneux trapu, à feuilles courtes et scabres, de couleur cendrée, fleurs grandes (L. scabrum Kze ?) Une forme petite à rameaux courts, à feuilles petites densément imbriquées se trouve sur les pentes du Pul- pito de la Rioja, vers 900 m. (L. Ortegœ Planchon ?). Nous la possédons en herbier. Les n°" 270 et 772 avec des fleurs de dimensions différentes, des tiges plus ou moins ligneuses, représentent pour nous une autre forme méditerranéenne du L. suffruticosum L. et peut- être la forme linnéenne, s'il est vrai que Linné ait donné son 108 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTAMQUE espèce de Valence, selon l'opinion de notre disert collègue de Segorbe. 857. Malva turolensis Sennen. Est-ce une simple forme anormale du M. vulgaris Fries? bien distinct du M. rotundifolia L. (M. vulgaris Fr. in Rouy IV, p. 37.); ou est-ce un produit hybride du M. vulgaris Fr. (que nous avons de Teruel) avec M. stipulacea Cav. qui vient dans la même localité ? Un seul pied venant dans un terrain ordi- naire nous a donné une trentaine de parts. La plante est très rameuse et les rameaux forts longs sont très ramifiés. Les feuil- les divisées en 5 lobes sont petites, courtement pétiolées, den- sément dentées sur les bords, les fleurs sont blanches plus gran- des que dans le M. vulgaris Fr. et plus petites que dans le M. sti- pulacea Cav. De celui-ci elle a les longues tiges très rameuses et les feuilles petites presque laciniées. C'est une forme à étu- dier sur le vif. Hab. — Teruel, canal de l'Usine à carbure à San Blas. 449. Hypericum Caprifolium Boiss. var. oblongifolium Sen. et Pau. Notre plante se sépare du type par ses feuilles connées moins larges à la base et de forme plus oblongue. Hab. — Castille. Ternero, Ameyugo, etc. (Elias). 783. Cytisus Fontanesii Spach var. aragonensis Sen. et Pau. Plante très rameuse, pauciflore, glabre ou subglabre, formant de petits buissons demi-sphériques. Hab. — Vallée de l'Ebre non loin de Tortose sur les falai- ses escarpées de Bitems (Frères Sennen et Gédéon). 540 et 541. Medicago truncatula Gaertn. et M. tribuloides Lamk. (Ex Loret et Barrandon, Flore de Montpellier). Dès nos premières herborisations autour de Béziers, suivant les descriptions des très judicieux auteurs de la flore du dépar- tement de l'Hérault, nous avons distingué sans peine ces deux espèces dont les principaux caractères se tirent des fruits et de BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 100 la forme des feuilles. Nous n'avons jamais hésité sur leur déter- mination, car il n'y apas d'intermédiaires. Il n'en est pas ainsi des M. tribuloides Lamk. et M. littoralis Rhode. Nos deux numéros présentent des plantes qu'il est impossible de confon- dre et qui sont très répandues dans le midi de la France et en Catalogne. Il n'en est pas de même de la forme à fruits à diamètre beaucoup plus étroit de notre n° 25 3 : M. truncatula Gœrtn. (ou trancahilata GG.)var. microcarpa. Ses fruits ont un dia- mètre beaucoup plus étroit et des épines courtes. C'est pour la première et unique fois que nous trouvâmes cette forme sur la route de Palau à Cadaqués, assez abondante et sur le versant de la mer vers Cadaqués. 417 et 543. Astragalus Tragacantha L. (p.p.) [A. massiliensis Lamk.) var. catalaunica. Notre plante diffère des descriptions par les dents calicinales linéaires ou lancéolées aiguës; les gousses atténuées, non obtuses et terminées par un mucron assez long [A. Salvatoris Willk. ?). 263 et 264. Vicia elegantissima Shuttlew. Ce qui suit est de notre savant collaborateur de Segorbe. C. P. 526. Linaria tenella Cav. ! loc. unicus ! Voir ce que dit Lange dans le Prodomus. Plante rarissime, qu'aucun collecteur n'a recueillie, depuis qu'elle a été citée par Cavanilles. MM. Porta et Rigo y allèrent, mais n'eurent pas la fortune de la découvrir. M. le D r Pau nous dit qu'il restait seulement dans les fentes du rocher une douzaine de pieds occupant comme un mètre carré de surface. Et que le jour où s'effondrera l'arcade de la roche, disparaîtra la rarissime espèce, une des plus ra- res du monde. D r C. P. 3o8. Hieracium lanigerum Gav. forma eglandulosa. Ce numéro comparé avec la plante de Benifasar (/. class.) ne diffère que par l'absence de glandes sur les pédicelles et les brac- tées de l'anthode. Le reste est d'une identité presque absolue. Cavanilles, dans ses Icônes, dessina seulement les feuilles radicales infimes, de là la difficulté d'assimiler à cette espèce les formes qui lui appar- tiennent certainement, si l'on. ne possède pas la plante de la lo- calité unique et certaine où la découvrît son auteur. Je la recueillis en abondance dans la Sierra de Aitana ; mais les exemplaires s'ont plus petits ; des formes semblables existent en Aragon. D r C. P. 5 12. Antirrhinum molle L. Espèce exclusivement des Pyrénées Catalanes et peu connue des auteurs, qui pour elle ont pris plusieurs formes [A. sem- pervirens Lap., A. meonanthum H. et L., A. molle L. var. mol- lissimum Pau, de Almeria, etc.) et dont Barnades communiqua à 138 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE Lœfling des exemplaires que je soupçonne provenir delà Sierra del Cadi, car on la trouve au bord des chemins qui traversent les ports (cols) et qui ne sont pas loin de la localité où ont été ré- coltés les exemplaires répartis sans le n° 5 12. D T C. P. 493. Statice Viciosoi Pau not. bot. VI, 88 (1895). S. cordata Asso ! synopsis 40 (1779). S. dichotoma Willkomm sertum n° 860 (1 852) ; Bubani ! fl. pyr. I, 195 e loco Huesca ! S. durhiscula var. procera Willk. prodr. fl. hisp. II_, 376 (1870). D T C. P. Dans cette suite de notes sur les plantes que nous avons dis- tribuées dans trois années successives 1907-08-09, nous avons d'abord rectifié les erreurs inévitables « Errare humanum est » qui s'étaient glissées dans une première étude et malgré de sé- rieuses précautions prises, mettant en pratique l'adage deux sûretés valent mieux qu'une ; nous sommes passés ensuite à la description des formes ou espèces nouvelles et à leur distri- bution géographique, nous servant de nos propres observations dans des herborisations très assidues dans le midi de la France, les Pyrénées, la Catalogne, le royaume de Valence, la Castille et l'Aragon pendant plus de vingt ans. Qu'il nous soit permis de remercier à nouveau en finissant une note que d'autres auraient mieux rédigée que nous, sur- chargés d'occupations, de remercier tous ceux qui nous ont aidé de leur plume, de leurs conseils, de leur savoir, de leurs sous- criptions. Nous leur promettons d'apporter à notre publication toutes les améliorations, pour la rendre de plus en plus inté- ressante, agréable et utile. Barcelone, le 27 Janvier 191 1. BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 139 Ericaulon novum japonicum par M. T. NAKAI. Eriocaulon (Nasmythia) (i) Yoshinoi Nakai sp. nov. Acaulis. Radix hbrosa. Folia rosulata 4-10 cm. longa, i,5- 2,5 mm. lata, 3-6 nervia, laevia. Pedunculi plures graciles io-25 cm. longi, diametro, 5-8 mm. lati. Vaginae apice bifidae, 2,5-5 cm. longae, lobis 3-4 mm. longis, lanceolaio-acuminatis, margine subhyalinis. Flores capitati. Involucri squamae exte- riores longiores flores superantes, oblongo-lanceolatae v. ellip- tico-lanceolatae subhyalinae virides 4 mm. longae, 2 mm. latae, acutae; interiores ovato-lanceolatae 3 mm. longae, 2 mm. latae. Flores ^ in série extima positi 3-5, bracteis ad k medium stipitis fions positis, oblanceolatis 2 mm. longis hyalinis, apice subfus- cescentibus et ciliolatis, cellulis latericulosis compositis. Sta- mina 2, aliud solitarium, aliudque cum petalo uno minimo cujus apice nigro-punctulato cilioiatoque connatum, sed apice solutum. Illa stamina, tamen, inter sese asymetrice posita (2). Antherae nigrae biloculares. Filamenta lanceolato-acuminata. Flores $ numerosi, bracteis oblanceolatis subhyalinis subfus- cescentibus apice ciliolatis, sepalis 2 subuiatis, hyalinis, cellulis latericulosis compositis, petalis 2, sepalis alternis subulato-lan- ceolatis nigro-apiculatis intus supra médium longe barbatis et (1) Cf. Tokyo Bot. Mag. XXV. (lit. jap.), p. 217. (2j It is no wander to hâve such a construction when we imagine it as follows : Three petals hâve extinguished and only one wich is opposite to one of the stamens has escaped trom us extinction. Of the stamen, on the other hand, two hâve extinguished, i. e. one opposite to the petal a ano- ther next 10 it and alternate to the petal hâve remained. 140 bulletinTde géographie botanique eisdem cellulis cum sepalis compositis. Papillae minutissimae quae ut reliquae petalorum esse videntur, inter petala interpo- sitae, insuper interdum eaedem duae papillae supra petala po- sitae et ut reliquae staminum esse videntur. Ovula 2-loculata. Styli fere ad basim bifidi. Stigmata reflexa. Semina electro- chroma minute et dense echinata, echinis apice horizontali bifidi. More E. decemfloro simillimum fit, a quo tamen struc- tura floris valde differt. In Hongomura prov. Bitchuensis (Nippon), mense octobri anni 1910 a Z. Yoshino lectum. A propos du Carex subumbellata Meinsh. Par suite d'une erreur typographique regrettable, on a im- prime' en tête de la récente note de notre éminent collègue M. G. Kukenthal, Carex umbellata pour Carex subumbellata et, à la tin de la même note, on a e'crit habite les rivières fran- çaises et italiennes, alors qu'il fallait : habite les Riviera fran- çaise et italienne. L'expression Riviera italienne correspond à ce que nous appelons en France : la côte d'Azur. Lors de la récente session de Y Académie internationale de Bo- tanique, à Hyères, au cours de laquelle nous avons recueilli les Carex Linkii au Mont des Oiseaux et au Faron, nous avons eu le plaisir de recueillir, près de Toulon, les Carex basilaris Jord. et C. ambigua (œdipostyla Duv. J., ce dernier fort rare. Le C. divisa Huds. s'est montré, par contre, très abondant comme on le verra dans le compte rendu de cette excursion. Le Secrétaire perpétuel, Gérant du a. Bulletin » : H. LÉ VEILLÉ. Le Mans. — Imprimerie Monnoyer. MÉMOIRES DE L'ACADÉMIE Internationale de Géographie Botanique Sous ce titre, paraissent à des époques indéterminées un ou deux fascicules par an. renfermant les travaux de longue haleine : les articles du Bulletin étant limités chacun au maximum de b% pages. A paru le i er avril la suite du Catalogue raisonné des plantes du bassin de la Haute Ariège, par feu H. Marcailhou d'Ay.meric. Souscription annuelle : J.O fr. Pour les souscripteurs au Bulletin : 5 fr. AVIS ATT RELIEUE Le fascicule bleu d'août 1909, bien que portant la mention de 18 e année et la date de 1909, doit être relié ou avec le tome XX (1910), ou seul comme suite à ce tome. CONSTITUTIONS DE L'ACADÉMIE INTERNATIONALE DE GÉOGRAPHIE EXTRAIT DES STATUTS I. — Il est formé, sous le nom d'Académie internationale de Géographie botanique, une Société composée de' 3oo membres, dont 20 portent seuls le titre d'Académiciens; les autres se divisent en Associés libres et en Membres Auxiliaires. II. — Les Académiciens se divisent en membres titulaires, membres d'hon- neur et membres correspondants. Les premiers sont au nombre de 12, les seconds au nombre de 4, et les troisièmes également au nombre de 4. III. — Les membres sont élus à la majorité des suffrages des membres titu- laires. Il appartient toutefois au Directeur nommé pour Tannée, de choisir les Membres d'Honneur. IV. — Les membres de l'Académie sont élus à vie. Il en est de même du Secrétaire qui prend le nom de Secrétaire perpétuel de la Société. VI. — L'Académie de Géographie botanique, présidée par chacun de ses membres titulaires ou d'honneur, élu Directeur à tour de rôle, admet les botanistes de toute nation et reçoit volontiers les dons et offrandes. Elle a son siège là où se trouve le Directeur en fonction. Le Siège légal est Le Mans. La seule cotisation exigée de ses membres est le montant du prix du Bulletin. Ils peuvent aussi contribuer par des dons volontaires à la publica- tion des travaux de l'Académie. Le versement d'une somme de 25o francs effectué en une ou plusieurs fois, en dehors de la cotisation annuelle, dispense son auteur du versement ultérieur de toute cotisation et lui assure l'abonnement à vie à l'organe de l'Académie. Le donateur d'un capital de 5oo francs est non seulement dispensé du versement de la cotisation, mais a droit, en outre, au titre de Membre perpétuel et à la reproduction à perpétuité de son nom sur la liste des membres de l'Académie. Extrait du Règlement Art. I. — L'Académie internationale de géographie botanique publie un Bul- letin mensuel. Art. II. — Le Directeur de l'Académie est élu pour un an, par tous les mem- bres de l'Académie, sur la présentation d'une liste de 3 noms choisis par les seuls Académiciens; il est réeligible. Art. V. — Il sera tenu, s'il est nécessaire, des réunions à des temps et à des lieux désignés par le Directeur, d'après le vote des membres de la Société. Art. VI. — L'Académie a son herbier et sa bibliothèque qui lui sont propres. Distinctions Honorifiques. I. — Un Conseil composé du Bureau et des Membres d'honneur de l'Académie confère gratuitement et par décision motivée des médailles d'or (vermeil), d'ar- gent ou de bronze réservées aux hommes de science, plus particulièrement aux botanistes, qui se sont distingués, soit par des travaux scientifiques remarqua- bles, soit par des institutions utiles à l'avancement des sciences. II. — Ces médailles, dont la distribution a lieu le i e > - janvier et le 1er juillet de chaque année, donnent à leurs titulaires droit au titre de Lauréat de V Académie. Le Mans, — imp. Monnoyer. — i9ii lO* Année (4 e Série) N r ' 260 J in 1911 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE ORGANE MENSUEL de l'Académie Internationale de Botanique FONDÉE LE i er DÉCEMBRE 1891 Jouissant de la Personnalité Civile depuis le 11 Octobre iqoi TOME XXI "^r Bon à tirer donné le 1 er septembre 1911 LE MANS (sarthe) AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ 78, RUE DE FLORE, 78 19 11 Académie internatiocale de Géographie Botanique Directeur : M. l'Abbé H. COSTE, St-Paul-des-Fonts, par Tournemire (Aveyron). Secrétaire -perpétuel-Trésorier : Mê r H. LÉVEILLÉ, Q, 78, rue de Flore, Le Mans ^Sarthe). Conseil de l'Académie : MM. A. Engler, Jh. Héribaud, J.-D. Hooker, D. Prain. On peut se procurer au Secrétariat le dipb'me spécialement gravé pour V Académie au prix de 3 francs Souscription annuelle : 10 francs L'Académie laisse aux auteurs la responsabilité de leurs opinions. Adresser mandats et communications au Secrétariat. SOMMAIRE du n° 260 : Que penser du Carex umbrosa Host, par Mgr H. Léveillé. Epilobinm Arechavaletae Lévl., nov. sp., par Mgr H. Léveillé. Notes ptéridologiques, par M. R. de Litardière. Les plantes des terrains salés (suite), par M. A. Feret. Le Zingiber roseum, par M. J. Cavalerie. Curieuse variation de TOrchis conopsea, par Mgr H. Léveillé. iiini i iiiiii i i ni ii n ii iin iii ii i Hii i n rr in iii i iiii n wwn i ii mn i n iii Hii» iiii M iwwii ii i H i iimn L'Académie offre aux Auteurs des Tirages à part, à ïill exeuiplaires,sans réim]iosition ni changement de folios» Le port est à la charge des auteurs. TARIF DES TIRAGES A PART avec changement de pagination, nouvelle mise sous presse, couvertures non imprimées sur papier de couleur, pliage et couture : Les remaniements dans le texte sont comptés à raison de o fr. 65 l'heure. NOMBRE DE PAGES 25 Ex. 50Ex. 75 Ex. 100 Ex. 150 Ex. 200 Ex. 1 /2 fpuillp — 8 naaes 4fr. 6 fr. 9 fr. 75 5fr. 7fr. 1 1 fr. 50 6 1r. 8 fr. 13 fr. 25 7fr. 9 ir. 15 fr. 8 fr. 50 10 fr. 50 17 fr. 50 10 fr. 50 12 f r 20 fr. Couverture imprimée : 5o ex., 4 fr.; 100 ex., 4 fr. 5o ; i5oex., 5 fr. 25; 200 ex., 6fr. Les auteurs doivent faire figurer sur leur manuscrit la mention « tirage à part, avec ou sans pagination spéciale », et le « chiffre » du tirage ainsi que la demande d'une couverture imprimée ou non, et ensuite s'entendre directement avec l'imprimeur dès la réception du numéro renfermant leur travail. 20 e Année (4* Série) N° 260 Juin 191 i. BULLETIN DE GEOGRAPHIE BOTANIQUE Organe mensuel de l'Académie internationale de Botanique Que penser du Carex umbrosa Host, par Mgr H. LÉVEILLÉ. Le 8 juin, nous trouvions dans la Mayenne, commune de Laigné, dans une haie, non loin du marais des Hulairies, dans une excursion faite avec M. Desnos, de Château-Gontier, une forme intéressante de Carex, très voisine du C. umbrosa Host et qui correspond à la var. umbrosœformis Fleischer du C. caryo- phyllea Latourr. {prœcox Jacq.) C'est, pensons-nous, cette forme que Duclaux a dû recueillir, à Laval, sans indication de localité, sous le nom de C. po- lyrrhi\a Wallr. L'étude des formes du C. caryophyllea et du C. umbrosa nous a conduit à nous demander si le C. umbrosa était vérita- blement une espèce. • Nous allons d'abord passer en revue l'opinion de tous les plus éminents caricologues : Schkuhr, Boott, Reichenbach, Husnot, Kukenthal et nous dirons ensuite, à la lumière des faits observés par nous, quelle est notre opinion motivée : Voici d'abord ce qu'en dit Schkuhr : G. spica mascula solitaria obovata, femineis subternis appro- ximatis, binis inferioribus exserte pedunculatis, fructibus com- pressis obovatis pubescentibus rostratis ore bidentatis squamam oblongam subaequantibus. Willd. spec. PI. tome IV, p. 277. Juin 10 142 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE C. spica mascula unica, spicis femineis approximatis, duabus tribusve, squamis femineis carina scabris, capsulis oblongis hirtis. Host gram. p. 52, Tab. 69. Culmus pedalis et ultra cernuus. Il ajoute : J'ai reçu ce Carex avec des racines vivantes, grâce à la bienveillance du professeur Host. Il a déjà fleuri deux années dans mon jardin; d'ailleurs, en dehors des écailles mâles supérieures, il a une grande ressemblance avec le C. prœcox. J'ai reçu sous le nom de C. fimbriata un autre Carex très sem- blable à celui-ci que tout d'aoord je regardai comme identique et que l'illustre Willdenow reconnut comme tel et y réunit dans son Species plantarum, tab. Uuu, rig. i65. Cependant, après qu'avec le temps je pus les comparer atten- tivement, je trouvai qu'ils étaient distincts l'un de l'autre par leurs chaumes, leurs épis, leurs écailles et leurs uiricules. Les feuilles radicales sont présentement longues de plus d'un pied avec le chaume d'égale longueur, scabres aux bords et au dos, et larges d'une ligne; les feuilles caulinaires sont peu nom- breuses, elles ont des gaines vaginantes à leur base, sont à peine longues de 2 à 3 pouces et plusieurs fois plus courtes que le chaume. Le chaume lui-même a jusqu'à un pied de haut et au- dessus, il a les angles très obtus, est trigone, à moitié arrondi, ou tout à fait arrondi à sa base, porte dix sillons profonds Du reste les épis, les écailles mâles supérieures, car les infé- rieures sont obtuses comme dans le prœcox, les utricules le rapprochent du C. fimbriata. La plupart des chaumes portent seulement deux épis femelles, rarement un seul. Je n'ai pas reçu d'utricules entièrement mûrs. Cette dernière remarque a son importance. Un autre carico- logue s'en souviendra et les gravures des C. umbrosaet C. prœ- cox qui représentent l'utricule du C. prœcox en forme de ton- nelet d'où s'échappe le style et celui du C. umbrosa en forme de fuseau à bec court perdent de ce fait de leur importance. Si ce caractère était fondé, la différence spécifique serait certaine. De même si le style était dilaté en disque à sa base chez le C. um- brosa alors qu'il n'est pas figuré tel chez le C. prœcox. De la diagnose précédente, nous retenons que les écailles mâles supé- BULLETIN DE GÉ0GKAPH1E BOTANIQUE 143 Heures sont aiguës mais que les inférieures sont obtuses comme chez le C. prœcox. On remarquera que si la longueur des feuilles a été minutieu- sement notée, il n'a rien été dit des racines qui ne sont pas figu- rées en ce qui concerne le C. umbrosa. Jusqu'ici le C. umbrosa n'était indiqué qu'en Autriche où il fut découvert; Hoppe nous l'indique également dans les forêts numides de la Saxe et près de Ratisbonne et de Salzbourg. II dit ensuite : Laracineest très cespiteuse, d'où le nom de Carex polyrrhi\a Wallr. et forme d'épais gazons. Les feuilles sont planes, débiles, très longues, d'où le nom de C. longifolia Host, couchées à terre, striées, lisses, rudes aux bords. Les chaumes longs d'un pied, deviennent avec l'âge longs de deux pieds et couchés; ils sont trigones, à angles obtus, lisses, scabres au sommet. L'épi mâle est très florifère et se reconnaît à ses écailles jaunâtres. L'épi femelle inférieur est comme chez le C. digitala, enfermé dans une gaîne à pointe épineuse; les fruits sont de forme ovale renversés, hérissés; les écailles sont ovales, de couleur rouille avec une nervure dorsale verte. Les épis inférieurs sont quel- quefois stipités; je possède dans ma collection, des exemplaires chez lesquels les épis inférieurs sont portés par de longs pédon- cules, qui partent du milieu de la souche comme chez le C. gynobasis. Cette fois Hoppe attire notre attention sur la racine. Nous avons donc les deux caractères dominants : racine cespiteuse, autrement dit gazonnante et feuilles très longues. Puisque nous consultons en ce moment les auteurs allemands, voyons ce que nous dira Sturm pour lequel Clarke témoignait la plus haute estime en ce qui concerne les Garex. Eh bien Sturm reproduit la diagnose de Hoppe en la précisant sur quelques points : c'est ainsi qu'il insiste sur la racine gazon- nante très caractéristique et sur les touffes formées par l'ensem- ble des feuilles et des chaumes et sur les débris des anciennes feuilles qui forment un chevelu autour de la plante. Notons que ce caractère ne se retrouve pas ordinairement chez le C. pra'cox, Sturm relève que les feuilles sont presque aussi Ion- 144 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE gues que le chaume. Celui-ci mesure i pied à i pied et demi. Les écailles mâles sont d'un brun châtain avec nervure dorsale jaune. Les écailles femelles sont brunes avec une nervure verte jaunâtre. Voici ce qui est plus intéressant : Cette espèce, dit Sturm a de la ressemblance avec le C. prœ- cox, mais elle est plus robuste, donne d'épais gazons sans rejets et sa racine est fibreuse, non rampante. Nous verrons qu'effectivement Sturm est perspicace. Il fait remarquer que la plante figurée dans le Species plantarum de Willdenow sous le nom de C. umbrosa est le C. fimbriata. C'est ce que nous avait laissé entrevoir Schkuhr. C. umbrosa Hoppe, caespitosa, spica mascula clavata, femi- neis 2, 3 cylindricis approximatis, infima pedunculata, bracteis linearibus; fructibus ovali-trigonis, puberulis rostro brevi emarginato. FL germ. 446 et Add. FI. germ. exsicc. i83i, um- brosa Host } prœcox p. procerior Gaud, polyrrhi\a Wallr., longifolia Hort., prœcox p. longifolia Wahl. Folia carinata demum ultrapedalia. Calamus subanthesi pal- maris, fructifer pedalis, non raro cernuus. Squamae ferrugi- neae, basi albidae. Affinibus mollior et laxior. La diagnosede Reichenbach est brève, concise; la couleur des écailles ne concorde pas avec celle attribuée par les précédents auteurs; la synonymie s'embrouille déjà. La planche est bonne et exacte. On ne reprochera pas la brièveté de la diagnose à M. Hal- lier dans la Flora von Deutschland de MM. Schlechtendal, Langethal et Schenk. Cependant cette diagnose n'oublie aucun des caractères du C. umbrosa. Elle est en outre différentielle à l'égard du C. prœcox. Elle en distingue Yumbrosa par sa racine fibreuse et par les écailles des épis femelles qui seraient obtuses chez Yumbrosa, aiguës chez le C. prœcox. C'est un caractère à retenir. Le C. umbrosa croît dans l'Allemagne du sud, notamment en Thuringe. M. Hallier donne la synonymie suivante : C. poljsrrhiqaWaUv., C. longifolia Host. non C. umbrosa Host. BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 145 Le Prof. D r Thome dans sa Flora von Deutschland, Œster- reich und der Schtveiç distingue le C. umbrosa Host du C. longifolia Host. en attribuant au premier des bractées écail- leuses, les inférieures présentant une lame courte et acuminée, tandis que le deuxième aurait les bractées, au moins les infé- rieures, vertes et foliacées. Il fait des C. polyrrhi\a Wallroth., C. umbrosa Hoppe des synonymes du C. longifolia Host. Il reconnaît d'ailleurs que des auteurs font du C. umbrosa Host une variété du C. longifolia. Si nous consultons l'énorme et magistral travail de Boott, nous y lisons ceci : C.prœcox Jacquin, var. polyrrhi^a Wallroth; spica brevi, e spiculis 2-5 densifloris oblongis approximatis, terminali mas- cula majore femineis subinde apice masculis sessilibus vel infe- rioribus exserte pedunculatis; bracteis vaginatis brevibus; stigmatibus 3 ; perigyniis obovato-pyriformibus triquetris pilosis, rostro longiore cylindrico emarginato bidentato leviter nervatis, squama ovata mucronata longioribus. Koch, Lange, Grenier et Godron adopteraient ce vocable qui correspondrait au C. prœcox var. de Wahl. Gaud. Coss. et Germ., au C. lon- gifolia de Host, Bertol, Steud., au C. umbrosa Hoppe, Kunth, Reich. et Sehkuhr. Cette plante habite d'après Boott, la France, l'Allemagne, la Suisse, l'Italie, le Japon. Il complète ainsi la diagnose : Radix cespitosa fibrosa, fibris pallidis. Culmi pédales, magis acutanguli, scabri, basi reliquiis foliorum fibrillosotritis dense tecti. Folia recta, elongata. Bracteae spicula saepius breviores. Spiculae, ut in C. prœcôci saepe minus contiguae. Perigynium fusiforme, demum obovatum, pyriforme, triquetrum, rostro subelongato, cylindrico, ore emarginato bidentato, pilis longis vestito. Achasnium obovatum, castaneum, angulis magis pro- minentibus, acutis, annulo angustiore, basim styli plus minus incrassatam arcte cingente. Boott ajoute les longues et intéressantes observations sui- vantes : La différence essentielle de cette plante consiste dans sa racine fibreuse et non stolonifère et dans l'anneau étroit de l'akène, car si le C. umbrosa Host est distinct du polyrrhiça, nous ne 146 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE pouvons insister sur le chaume et les feuilles allonge'es. Koch décrit la plante de Host avec une racine rampante et Grenier et Godron remarquent que ce n'est même pas une variété du C. prœcox. Ni Koch, ni'Hoppe, ni Reichenbach pas plus que Lange et Grenier et Godror ne font allusion à l'anneau de l'akène ou base du style, et leur caractère spécifique est princi- palement tiré de la racine fibreuse. Dréjer, Symbol, p. 7 ob- serve : species proximas et habitu simillimœ quos aliis notis œgre distinguntur, saepe caryopsidis forma egregie differunt. Ut exemplum adducam C. prœcocem Jacq. et C. polyrhi\am quae lam inter se appropinquant, ut multi eas ut species distinguere haesitent. Caryopside hae insigniter differunt In C, prœcoce caryopsis est brevis, crassa, lateribus irregulariter convexis, angulis subprominulis apicein annulum apicem truncatum cin- gentem confluentibus, ex cujus annuli spatio medio stylus subae- qualis vel subconicus sese extollit. In C. polyrhi\a autem ca- ryopsis magis elongata, subovata, lateribus irregulariter con- vexo-subgibbis, angulis valde prominentibus, apice in apicu- lum conniventibus ex quo apicuîo stylus egreditur sub basi tumidulo constrictus et cum apiculo articulatus. Notas et foliis et radice desumptae fallaces sunt nisi secundarias. Cette description de l'akène du C. polyrhi^a, remarque Boott, me semble avoir été rédigée non d'après nature, mais d'après la figure de Schkuhr,yzg\ 190, prise sur un utricule non mûr. Dans ce stade primitif, l'anneau n'est pas complètement développé, le sommet de l'akène présentant l'apparence d'une base cylindri- que permanente du style, mais à un stade plus avancé l'anneau est perceptible, mais il est toujours d'un diamètre beaucoup plus petit que celui du C. prœcox. Comme taille et comme forme, à l'exception des angles plus proéminents chez le C. polyrhi^a, il n'y a pas de différence constante. Chez maints utricules du C. polyrhi^a le bec est plus abrupt, ou partant d'une base conique et finissant par une portion supérieure cylindrique, l'orifice de celui-ci est plus distinctement fermé que chez le C. prœcox. Cosson et Germain (obs. PI. critiques, Paris, p. i5) font re- marquer à propos du C. prœcox : Dans les lieux ombragés les BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 147 chaumes deviennent plus e'ievés, les feuilles s'allongent, la plu- part égalent le chaume ou même le dépassent ; c'est à cette modi- fication qu'il faut rapporter le C. umbrosa Host. Cette modifi- cation elle-même dans certains terrains compacts varie en ce que les stolons avortent, en ce que le collet de la racine se cou- ronne des nervures persistantes des feuilles détruites ; à cet état, elle constitue le C. longifolia Host. — Je pense avec Kunth que le C. prœcox, B. de Gaudin (Agrost. 1 3 3) « fructus pilis magis conspicuis hirti » doit se rapporter au C . polyrhi^a. Gaudin s'exprime ainsi : Nullus dubitat quin planta 8 ad C. prœcocem pertineat. Est ejusdem varietas ex solo pinguiori umbrosoque orta; et il cite Heller qui dit : Diversam habuis- sem speciem nisi transplantatio in hortum plantas vulgaris in siccissimis natas me docuisset eam mire mutari. Aussi Boott de conclure : On peut raisonnablement continuer à douter qu'il y ait quelque différence spécifique entre le C. umbrosa et le C. longifolia Host et il est possible que tous deux ne soient que des variétés du C. prœcox. On sait que la mort (et c'est dom- mage) empêcha Boott de figurer ces diverses formes. Host considérait le C. polyrhi^a comme son umbrosa d'après Hoppe, au témoignage de Boott. Koch rapporte le C. umbrosa Host au C. prœcox et le C. umbrosa Hoppe au polyrrhi^a. Lloyd, Flore de V Ouest de la France, s'exprime ainsi : Diffère du C. prœcox par la racine sans stolons, produisant des touffes épaisses garnies à la base de nombreuses fibres roussâtres, par les feuilles radicales égalant environ les chaumes et par le fruit plus long ainsi que le bec tubuleux brun. . M. Husnot dans ses Cypéracées de France, Suisse et Belgi- que, 1905- 1906, dit : le C. umbrosa Host n'est qu'une forme du C. prœcox Jacq, à tige plus longue et à feuilles atteignant le sommet de la tige ou le dépassant. Toutefois, il distingue spécifiquement du C. prœcox le C. polyrrhi^a Wallr., C. longifolia Host, C. umbrosa Hoppe, à souche cespiteuse, sans stolons, à utricules elliptiques, contrac- tés en un bec assez long. Parlant du C. polyrrhi\a il dit : ressemble au C. prœcox dont il diffère par sa souche cespiteuse et son utricule con- tracté en un bec plus long. 148 BULLETIN L>E GÉOGRAPHIE BOTANIQUE Dans la Flore de France de M. le chanoine Coste, la souche gazonnante sans stolons et le bec assez long différencient seuls le C. polyrrhi\a du prœcox. Avant d'ouvrir la monographie des Carex du globe de M. G. Kukenthal, récapitulons les principaux caractères attribués au C. polyrrhi\a : Nous le caractériserons ainsi : racine fibreuse, très gazon- nante, sans stolons; souche entourée des fibrilles persistantes des anciennes feuilles; chaume d'environ i pied, égalé par les feuilles radicales; bec de l'utricule assez long; écailles mâles supérieures acuminées; les femelles obtuses à nervure jaunâtre. Et maintenant que dit notre éminent collègue, M. Kuken- thal ? Voici d'abord en abrégé sa synonymie : C. umbrosa Host, Schkuhr, Kunth, Reichenbach, Aschers. et Graebn., C. longi- folia Host, Bœck., C. prœcox [5 procerior Gaud., C. prœcox (3 longifolia Wahlenb., C. polyrrhi^a Wallr., C. stolonifera Ehrh., C. prœcox var. polyrhi\a Boott. Donc, toutes les formes dont il a e'té question précédemment se rapportent bien à une seule et même plante. Si, maintenant, nous recherchons les caractères de la petite diagnose que nous venons de formuler, nous les retrouvons, sauf pour le bec de l'utricule qualifié de « brève sed distinctum ». Des écailles supé- rieures mâles acuminées il n'est pas question et la nervure dor- sale des écailles est donnée comme verte et non plus comme jaunâtre. Si maintenant nous comparons attentivement membre à membre les deux diagnoses du C. umbrosa Host et de l'ancien prœcox Jacq. auquel l'existence antérieure d'un autre prœcox a obligé d'attribuer le nom de C. caryophylîea Latourrette, nous constaterons que seuls demeurent debout au profit du C. um- brosa, les caractères suivants : rhizome formant d'épais gazons; tiges de 3o-45 cm.; gaines inférieures déchirées entourant d'un chevelu la base du chaume; feuilles stériles accrescentes et très longues. Notons que chez les deux Carex, l'akène porte un anneau à son sommet et que la base du style est e'paissie. BULLETIN DE GÉOGKAPHIE BOTANIQUE 149 Le C. umbrosa est donc distinct. Mais il existe chez le caryo- phyllea (pra'cox Jacq.) une forme umbrosœformis Fleischer, celle que nous venons précisément de trouver dans la Mayenne, qui a pour synonyme : C. umbrosa Koch et ainsi caractérisée : Culmus 30-45 cm. altus;folia angusta, longa, erecta; vaginae inferiores sœpius fissae. Spiculce femineoe longiores paullo re- motae. Cette forme est moins touffue, c'est vrai. Il n'en reste pas moins une seule différence spécifique entre C. umbrosa et C. caryophyllea, la racine fibreuse du premier. Est-ce bien un caractère spécifique chez les Carex. Les Carex muricata et lepo- rina ont les racines tantôt traçantes, tantôt fibreuses. Alors Boott n'aurait-il pas raison? La parole est aux herborisants. Epilobium Arechavaletae Lévl. nov. sp. Par Mgr H. LÉ VEILLÉ Dans sa Flore de l'Uruguay, M. le P r Arechavalata citait comme unique Epilobe existant dans ce pays Pif. tetragonumL. La présence de notre E. tetragonum, autrement qu'adventice en cette région, m'intriguait fortement. Sur ma demande, M. Are- chavalata voulut bien me procurer deux échantillons de l'Epi- lobe de son pays. Je reconnus immédiatement que j'étais en présence d'une espèce nouvelle, voisine de ÏE. Brasiliense mais bien distincte de celle-ci par la villosité de toutes ses par- ties et par la présence de lignes bien marquées sur la tige. Voici la diagnose de cette intéressante espèce qui appartient au groupe des E. brasiliense Hausskn., pseudo lineare Hausskn., ramosum Philippi. Radix fibrosa ; caulis erectus, ramosus, pubescens, lineis glabris notatus; folia lanceolata, sessilia, flavide viridia, sat profunde denticulata, obtusiuscula; flores parvi ; stigmate indi- viso; capsulas pubescentes, breviter pedunculatae; semina brun- nea obovata apice rotundata, minute papillosa. Uruguay, avril-mai 191 1. [J, Arechavaleta). 150 BULLETIN UE GÉOGKAPHIE BOTANIQUE Notes ptéridologiques Par M. R. de LITARDIÈRE. Athyrium filix-femina (L.) Roth var. latipes Moore Hérault : Saint-Laurent-des-Nières, terrain houiller, 340 m. (E. Pages; sept. igio). Variété non encore signalée en France. Phyllitis Hemionitis (Lag.) O. Ktze. Gard : Dans un puits à Courbesac, près Nîmes (E. Bellot, in herb. de Pommaret; mars 1867). Nouvelle localité française de cette intéressante espèce, signa- lée seulement sur le littoral des Rouches-du-Rhône, du Var, des Alpes-Maritimes et de la Corse. Se rencontre surtout dans les îles et promontoires de la Médi- terranée, depuis Gibraltar jusqu'en Palestine, en Tunisie et en Algérie, où elle s'avance à l'intérieur des terres jusqu'aux envi- rons de Constantine et de Blida; est aussi indiquée sur la côte atlantique, dans les Asturies. X Aspleniuin Costei R. Lit., nov. hybr. = A foresiacum X septentrionale R. Lit. Rhizomate casspitoso squamis linearibus acutis vestito. Pe- tiolo 3-9 cm. alto, antice viridi et posteriore plerumque ad médium castaneo, parce usque in rachim pilis fuscis articulatis obsito. Lamina 3-5 cm. alta, 1, 5-2,5 cm. lata, vix subcoriacea, lanceolato-deltoidea, basi bipinnatisecta, a secunda pinna ad apicem simpliciter pinnata. Pinnis 6-10, alternis plus minusve petiolatis; infimis subdeltoideis, pinnatisectis, o,5-i cm. latis, i-i,5 cm. longis, pinnulis 2-3 subsessilibus, ovatis, basin versus cuneatis, ad apicem 5-6 dentibus prseditis, infima o,3-o,4 cm. BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 151 longa, o,2-o,3 cm. lata, terminali obtusa lobataque; pinnis mediis ovatis, plerumque trilobatis; pinnis summis ovalibus plus minusve dentatis ; apice laminae lanceolato subobtuso, grosse pinnatifido, margine pinnarum dentibus brevibus prae- dita. Soris ovalibus 1-4 in singulis pinnis. Indusia integerrima. Petiolo basi stela solitaria. Hab. Gallia : Aveyron, Balaguier-de-Saim-Sernin, in rupi- bus schistosis vallis rivi Rance, 35o m. s. m., cum Aspl. sep- tentrionali et foresiaco (H. Coste; 16 Jun. 19 10); He'rault, in rupibus schistosis nemoris Quercus Ilex in loco dicto « Les Vignes» propre Saint-Laurent-des-Nières, 3oo-3io m. s. m., cum Aspl. septentrional!, foresiaco, trichomane et germanico (E. Pages; 1 Jan. 191 1). Ce remarquable Aspleninm, que j'ai l'honneur de dédier au savant auteur de la « Flore de France », M. le chanoine Coste, qui le premier a découvert cette plante et me la communiquée, a un peu l'aspect de l'X A. Souchei R. Lit. = A. adiantum- nigrum X septentrionale, mais il en diffère par ses pinnules plus ovales^ moins allongées, plus obtuses ainsi que les seg- ments, par le tissu de la fronde moins coriace et par les poils pluricellulaires bruns dont sont munis le pétiole et le rachis, poils toutefois assez caducs; il s'en distingue aussi anatomique- ment par la présence, à la base du pétiole, d'une seule stèle au lieu de deux. Il diffère de VA. germanicum, qui possède comme lui une seule stèle, par un port tout à fait distinct, par sa fronde bien plus divisée, à tissu moins coriace, à lobes plus larges, plus ovales et plus dentés, par ses segments supérieurs non recour- bés vers le rachis. Les exemplaires jeunes ressemblent assez à l'X A. Baum- gartneri, par leurs segments inférieurs trilobés, mais dans les échantillons adultes, les moyens présentent seuls cette disposi- tion. Cependant on les distinguera nettement de l'X A. Baum- gartneri par leur pétiole plus épais, presque entièrement vert et surtout par la texture de la fronde, qui n'est pas la « texture trichomanes » de l'X A. Baumgartneri. La présence d'une stèle unique à la base du pétiole est un 152 BULLETIN I>K GÉOGRAPHIE ROTANIQUE caractère évidemment dû à l'influence de 1' A. septentrionale. M. Pages m'a envoyé dernièrement, des environs de Saint- Laurent-des-Nières Hérault), un Asplenium qu'il considérait comme un hybride également des A. foresiacum et septentrio- nale. Les deux petites touffes que j'ai reçues ne présentaient que quelques jeunes frondes et des bases de pétioles adultes. C'est sur ces derniers que j'ai pratiqué des coupes, qui m'ont montré deux stèles à la base. Il est probable que nous sommes en présence d'un hybride de formule per foresiacum X septen- trionale, mais il serait téméraire de se prononcer d'une façon définitive sur ces échantillons malheureusement incomplets. X Asplenium Heufleri Reich. == A. germanicum X pertrichomanes Christ Cet hybride qui n'était encore connu que d'une seule localité française (Vallée de Magnerolles, commune de Nanteuil, Deux- Sèvres, leg. D r Sauzé) (i) vient d'être trouvé dans l'Hérault par M. Pages. Ce zélé confrère, auquel on doit plusieurs décou- vertes des plus intéressantes, a récolté cet Asplenium dans des rochers schisteux à Castanet-le-Bas, près Saint-Laurent-des- Nières, ait. 35o m. env. (29 janv. 191 1). Il croissait là au milieu des Asplenium germanicum, trichomanes, septentrionale et foresiacum. Asplenium septentrionale « status » depauperatum D'après de nombreux exemplaires que m'a envoyés M. Pages et aussi grâce aux judicieuses observations de ce botaniste, j'ai pu me convaincre que la var. depauperatum de Y Asplenium sep- tentrionale, décrite par le D r Christ dans ses « Farnkrauter der Schweiz », p. 104 (1900) et que j'avais admise comme telle dans mes « Fougères des Deux-Sèvres » (19 10), n'est en réalité qu'un état juvénile persistant du type. Aux frondes primordiales stériles, triangulaires élargies, succèdent des frondes normales fertiles, alors que les premières subsistent encore. Ce « status » (1) Cf. R. de Litardière. — Les fougères des Deux-Sèvres in Bull. Soc. bot. Deux-Sèvres, 98 (1910). BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 153 hétérophylle peut durer assez longtemps, mais les premières frondes finissent tôt ou tard par disparaître. Bien souvent j'ai observé le même tait chezl\4. rut a-mur aria; cet état a été décrit par Heufler sous le nom de var. hetero- phyllum. La figure A de la planche LXXXdes« Nat. print. brit. ferns », vol. II, de Moore, représente également un Aspl. germanicum avec une de ces frondes primordiales stériles. Asplenium ruta-muraria L. var. zoliense subvar. stenophyllum Christ Isère : Allevard, rochers de la gorge de l'usine (J. Hervier; juillet 1889). Loire : Veauche, vieux murs (J. Hervier; août 1900). Curieuse forme, non encore signalée en France. Asplenium lepidum Presl Grèce : Phocide : Mt Ghiona, rochers calcaires dits « Platy- lithos », ait. 1,400 m. (Maire et Petitmengin, Mission bot. en Orient, N° 1,426, sub. Aspl. ruta-muraria, in herb. Univers. Nancy) (1). (1) Cette découverte que j'avais signalée au D r Christ, vient d'être indi- quée par lui dans les addenda et comgenda a son magistral ouvrage la « Géographie der b'arn » (p. 4). Dans ce même supplément se trouvent mentionnés deux hybrides : un Asplenium septentrionale X laticeolatum et un Asp lemum trichomanes X/o«- tanum. Des deux plantes que l'auteur a eu en vue sous ces vocables, la pre- mière, qui constitue l'X A. Souchei R. Lu., avait en erlet été soupçonnée primitivement par M. bouché, d être un hybride des A . septentrionale tt lanceolatum, mais il a été reconnu que celle nypoihèse n'était pas tondée et qu'il s'agissait d'un hybride entre VA . sej. tentrionale i-t l'A. adiuntum-mgrum (cf. R. de Litardière, Les bougères des Deux-Lèvres, in Bull. Soc. bot. Deux-Sèvres, p. 100 (1910;. Quant à la seconde ce n'est pas un hybride de VA. trichomanes et de VA. fontanum, mais bien une espèce distincte l'A. majoricum R. Lit. ^Contribution à l'étude de la Jlore ptendologique de la péninsule ibérique, in Bull, géogr. bot., p. 2b (janv. 191 1), les parents sup- poses un instant ne se rencontiant ni l'un ni l'autre dans la localité, d'apris les renseignements fournis au F. Sennen par le collecteur lui-même, le F. Bianor. Ceci n'infirme en aucune iaçon la judicieuse observation du D r Christ concernant la facilité d'hybridation des A. trichomanes et septentrtoncle % 154 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE J'ai reconnu cette remarquable et rare espèce parmi des Aspl. ruta-muraria que m'avait obligeamment communiqués M. le Prof. Le Monnier de Nancy, ainsi que plusieursautres fougères provenant des récoltes de M. Maire et de Petitmengin. Nouvelle pour la flore grecque, elle n'était encore connue dans la pénin- sule des Balkans qu'en Bosnie, Serbie et Monténégro. Son aire de dispersion présente une grande analogie avec celle de VA. fissum Kit., qui lui aussi, du Tirol, arrive, en lais- sant une lacune intermédiaire considérable, jusque dans les Alpes occidentales méridionales A. fissum : Alpes maritimes italiennes; A. lepidum : Drôme et Isère (i). VA. lepidum se retrouve, mais toujours en stations éparses dans le nord de l'Istrie, dans les Apennins des Abruzzes, du Napolitain et de la Lucanie et jusque dans les Madonies de Sicile, puis dans les Carpathes (Bukovine, Banat, comitats de Bihar et de Ko- lozs) et, comme je le disais plus haut, en Bosnie, Serbie et Mon- ténégro. yi) La plante du Royanais constitue la subspec. pulverulentum Christ et Chaten., caractérisée surtout par son stipe plus raide et son tissu presque coriace. BULLETIN DE GÉOGRAPHIE DoTAMQUE 155 Les Plantes des terrains salés [suite] Par M. A. FERET SlNAPIS NIGRA L. ; SlNAPIS 1NCANA L. Sisymbrium nano'm L. ; S. pygneeum Traut. ; S. SUPINUM L. Ce dernier se rencontre encore là où la marée se fait encore sentir, par exemple à Mantes et Rouen. Samolus Valerandi L. Cette espèce n'est pas exclusivement maritime. SONNERATIA. Spartina alterniflora Lois. ; S. stricta Roth ; S. versicolor Fabre. Les Spartines sont très précieuses pour arrêter les sables et fixer les dunes. En Afrique nos chevaux ont été heureux de trouver la première là où manquait le fourrage. Spergularia lingua Pomel ; S. marginata Bor.; S. marina Roth.; S.media, S. rupestris Lebel; S. salina Presl.; S. si- NUATA L. Statice. Toutes les espèces de ce genre affectionnent les ter- rains maritimes. Stravadium. Section du genre Barringionia de la famille des Myrtacées. Suriana maritima. Les rameaux de cet arbrisseau servent à faire des balais pour les navires. Les cendres peuvent suppléer le sel de soude en les saturant de tartre pour fabriquer des sa- vons et du sel végétal. Tamarix. Les diverses espèces de ce genre réussissent dans les sables des bords de la mer. Trigonella ornithopodioides DC. Triticum. Le froment ne réussit et ne donne un rendement suffisant au bord de la mer que dans les années humides où la sécheresse ne surprend pas la plante en pleine végétation. Plu- sieurs espèces de Triticum aiment les terres salées. Tels : T. re« 156 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE pens, T. acutum, T. glaucum, T. pungens, T. campestre, T. ma> crostachyum, T. unilatérale. Typha latifolia L. Vulpia bromoides Rchb.; V. Michelii Rchb. Yucca filamentosa; Y. gloriosa. Le Zingiber roseum Le gingembre rose a la fleur d'un blanc-jaune. Il est cultivé au Kouy-Tchéou, sous le nom de Yang-Ho. Le P. Bodinier dit dans une note qu'il est préparé au vinaigre et mangé en guise de condiment. Cette plante est, en effet, cultivée partout, mais elle est aussi commune dans les bois, car la tige devient beau- coup plus haute tout en donnant moins de bourgeons. Julien Cavalerie. Curieuse variation de l'Orchis conopsea Par Mgr H. LÉVEILLÉ Herborisant dans le nord de la Sarthe au début de juin 191 1, j'y ai observé sur les friches calcaires de Louvigny derrière Valbray (Livet), plusieurs pieds d'Orchis conopsea prétentant la variation suivante : le labelle au lieu d'être trilobé était abso- lument indivis et allongé. L'odeur était plus taible que chez les échantillons croissant sur les friches calcaires sèches de Livet. Cette forme bizarre du labelle ne serait-elle pas attribuable à la station humide de la plante, les triches de Louvigny étant par- semées de plusieurs marécages d'ailleurs très petits ? Le Secrétaire perpétuel, Gérant du «Bulletin»: H. LÉVEILLÉ. Imprimerie Monnoyer. — 1911. M LACADÉMIE Internationale de Géographie Botanique Sous ce litre, paraissent à des époques indéterminées un ou deux fascicules par an, renfermant les travaux de longue haleine : les articles du Bulletin étant limités chacun au maximum de 52 pages. A paru le i er avril la suite du Catalogue raisonné des plantes du bassin de la Haute Ariège, par feu H. Marcailhoi: d'Aymeric. Souscription annuelle : lO fr. Pour les souscripteurs au Bulletin : 5> fr. AVIS .A.TX RELIEUR Le fascicule bUu d'août 1909, bien que portant la mention de 18* année et la date de 1909, doit être relié ou avec le tome XX (1910), ou seul comme suite à ce tome. CONSTITUTIONS DE L ! EXTRAIT DES STATUT»| I. — Il est formé, sous le nom d'Académie internationale de Géographie botanique, une Société composée de 3oo membres, dont 20 portent seuls le titre d'Académiciens; les autres se divisent en Associés libres et en Membres Auxiliaires. IL — Les Académiciens se divisent en membres titulaires, membres d'hon- neur et membres correspondants. Les premiers sont au nombre de 12, les seconds au nombre de 4, et les troisièmes également au nombre de 4. III. — Les membres sont élus à la majorité des suffrages des membres titu- laires. Il appartient toutefois au Directeur nommé pour l'année, de choisir les Membres d'Honneur. IV. — Les membres de l'Académie sont élus à vie. Il en est de même du Secrétaire qui prend le nom de Secrétaire perpétuel de la Société. VI. — L'Académie de Géographie botanique, présidée par chacun de ses membres titulaires ou d'honneur, élu Directeur à tour de rôle, admet les botanistes de toute nation et reçoit volontiers les dons et offrandes. Elle a son siège là où se trouve le Directeur en fonction. Le Siège Jégal est Le Mans. La seule cotisation exigée de ses membres est le montant du prix du Bulletin. Ils peuvent aussi contribuer par des dons volontaires à la publica- tion des travaux de l'Académie. Le versement d'une somme de 25o francs effectué en une ou plusieurs fois, en dehors de la cotisation annuelle, dispense son auteur du versement ultérieur de toute cotisation et lui assure l'abonnement à vie à l'organe de l'Académie. Le donateur d'un capital de 5oo francs est non seulement dispensé du versement de la cotisation, mais a droit, en outre, au titre de Membre perpétuel et à la reproduction à perpétuité de son nom sur la liste des membres de l'Académie. Extrait du Règlemeut Art. I. — L'Académie internationale de géographie botanique publie un Bul- letin mensuel. Art. II. — Le Directeur de l'Académie est élu pour un an, par tous les mem- bres de lAcadémie. sur la présentation d'une liste de 3 noms choisis par les seuls Académiciens; il est rééligible. Art. V. — Il sera tenu, s'il est nécessaire, des réunions à des temps et à des lieux désignés par le Directeur, d'après le vote des membres de la Société. Art. VI. — L'Académie a son herbier et sa bibliothèque qui lui sont propres. Distinctions Honorifiques. I. — Un Conseil composé du Bureau et des Membres d" honneur de l'Académie confère gratuitement et par décision motivée des médailles d'or (vermeil), d'ar- gent ou de bronze réservées aux hommes de science, plus particulièrement aux botanistes, qui se sont distingués, soit par des travaux scientifiques remarqua- bles, soit par des institutions utiles à l'avancement des sciences. IL — Ces médailles, dont la distribution a lieu le i" janvier et le i«r juillet de chaque année, donnent à leurs titulaires droit au titre de Lauréat 4e V Académie. I. eMins, — Imp. Monnoyer. — i9i i 20 e Année (4 e Série) N° 261 Juillet 1911. BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE ORGANE MENSUEL de l'Académie Internationale de Botanique FONDÉE LE i er DÉCEMBRE 1891 Jouissant de la Personnalité Civile depuis le n Octobre iqoi TOME XXI ^zr Bon à tirer donné le 22 septembre 1911 LE MANS (sarthe) AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ 78, RUE DE FLORE, 78 19 11 Académie internationale de Géographie Botanique Directeur : M. l'Abbé H. COSTE, St-Paul-des-Fonts, par Tournemire (Aveyron). Secrétaire perpétuel-Trésorier : M& T H. LEVEILLÉ. f|, 78, rue de Flore, Le Mans ^Sarthe). Conseil de l'Académie : MM. A. Engler, Jh. Héribaud, J.-D. Hooker, D. Prain. On peut se procurer au Secrétariat le diplôme spécialement gravé pour V Académie au prix de 3 francs Souscription annuelle : 10 francs L'Académie laisse aux auteurs la responsabilité de leurs opinions. Adresser mandats et communications au Secrétariat. SOMMAIRE du n 261 : Etude synoptique et géographique des Lécidés de la Flore d'Europe, par M. l'abbé H. Olivier. Les Auriantacées du Kouy Tchéou, par M. .1. Cavalerie. Salix alba populiforme, par Mgr H. Léveillé. L'Académie ofl're aux Auteurs des Tirages à part, à 2o exemplaires, sans réimposition ni changement de folios* Le port est à la charge des auteurs. TARIF DES TIRAGES A PART avec changement de pagination, nouvelle mise sous presse, couvertures non imprimées sur papier de couleur, pliage et couture : Les remaniements dans le texte sont comptés à raison de o fr. 65 l'heure. NOMBRE DE PAGES 25 Ex. 50 Ex. ToEx. 100 Ex . 150 Ex. 200 Ex. 1 ji de feuille — 4 pages 1/2 feuille — 8 pages 4fr. 6 fr. 9 fr. 75 5 fr. 7fr. 1 1 fr. 50 6 ir. 8 fr. 13 fr. 25 7fr. 9 fr. 15 fr. 8 fr. 50 10 fr. 50 17 fr. 50 10 fr. 50 12 fr. 20 fr. Couverture imprimée : 5o ex., 4 fr.; 100 ex., 4 fr. 5o ; i5oex., 5 fr. 25; 200 ex., 6 fr. Les auteurs doivent faire figurer sur leur manuscrit la mention « tirage à part, avec ou sans pagination spéciale », et le « chiffre » du tirage ainsi que la demande d'une couverture imprimée ou non, et ensuite s'entendre directement avec l'imprimeur dès la réception du numéro renfermant leur travail. 20 e Année (4 e Série) N" 261 Juillet 191 i. BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE Organe mensuel de l' Académie internationale de Botanique Etude synoptique et géographique des Lécidés de la Flore d'Europe Par M. l'Abbé H. OLIVIER 1 TABLEAU DES GENRES Spores très nombreuses par thè- que UIATORELLA (il). Spores ne dépassant pas 16 par thèque ; simples 2 . Spores ne dépassant pas 16 par \ thèque; cloisonnées 3. Spores larges de 20, 3o et plus., megalospora (7). Spores larges de moins de 20; 2 < stipitées bœomyces ( 1 ). Spores larges de moins de 20; sessiles lecidea (10). Spores vermiformes, longues de 1 60 à 200 gomphilus (2). , Spores longues de 100 et moins; chrysogonidies 4. Spores longues de 100 et moins ; haphlogonidies 5. Juillet «i 158 BULLETIN DE GÉ "GltAl'HIE BOTANIQUE / Apothécies noires, planes ou con- \ vexes lecanactis (8). 4 j Apothécies urce'olées; ou planes, [ mais colorées gyalecta (9). Thalle squameux ou buleosqua- meux toninia (3). Thalle crustacé ; spores hyalines, uniseptées catillaria ( 1 2). Thalle crustacé, spores poly- septées ou brunies 6. Spores brunes ou murales.. . . buellia(i3). Spores hyalines, non murales; 6^ aciculaires bacidia (4). Spores hyalines, non murales; fusiformes ou oblongues 7 . Spores larges de 25-35 megalospora (7). Spores larges de 20 au plus, di- 7 ) versement contournées arthrospora (5). Spores larges de 20 au plus, ré- gulières bilimbia (6). I. — Bœomyces Pers. Thalle K-|- jaune > rouge. Sur la terre nue. France, Alle- magne, Moravie, Carélie boréale, carneus Flk. Thalle K -f jaune ou — ; apo- 1 i thécies creuses. Sur la terre des bois, bruyères, fossés; par toute l'Europe roseus Pers. Thalle K -f jaune ou—; apo- thécies pleines 2 • / Apothécies pruineuses. Sur la terre argileuse en Italie, c.csiopruinosus (Anz.). Apothécies nues; thalle à squa- mes lobées. 2 \ Sur la terre nue des plus hautes montagnes par toute l'Europe. . . placophyllus (Wnbg.). Apothécies nues; thalle granulé \ ou à squames simples , 3, BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 159 Spores polyseptées. Sur des roches granitiques om- bragées en Finlande gomphilaceus (Nyl.). Spores simples; apothécies soli- taires, ordinairement stipitées. Sur la terre et les rochers par toute l'Europe rufus (Huds.). Spores simples; apothécies con- Suentes, sessiles. Sur la terre, France, Cévennes, Dauphiné, Pyre'ne'es prostii Duf . II. — Gomphilus Nyl. Sur les mousses et les junger- manes. France, dans la Manche. Angleterre, Irlande, Suisse, Italie, calicioides (Del.). III. — Toninia Mass. Spores uniseptées; thalle K -f- rouge. Sur les rochers dans les monts Garpathes en Roumanie i.oitlesbergeri Zahlbr. Spores uniseptées; thalle K -f- jaune ou — 2 . Spores de 3 à 7 cloisons i3. Thalle blanc, cendré ou gri- sâtre 3. Thalle brun, olive ou foncé. ... 7. Apothécies pruineuses 4 . Apothécies nues; thalle K -f- jaune. Sur la terre nue et sablon- neuse. Suède, Norvège, Laponie. cumulata (Smrflt). Apothécies nues; thalle — 6. 160 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE Apothécies foncées en dedans. Sur la terre, les pierres ou les mortiers calcaires. Peu commun pour l'Europe. Non signalé en Suède, Norvège, Russie mamillare (Gouan). Apothécies pâles en dedans; 4 . squames couvertes de verrues blanches. Sur des roches calcaires en Lombardie verrucosa (Mass.). Apothécies pâles en dedans ; squames non verruqueuses . . . Thalle à superficie chagrinée. Sur la terre et les roches cal- caires. France, Suisse, Italie, Ba- vière, Autriche, Roumanie cœsiocandida (Nyl.). Thalle non chagriné; squames discrètes. Sur les roches désagrégées et les mousses. Italie, Bavière. ..... diffracta (Mass. ). Thalle non chagriné; squames agglomérées, imbriquées. Sur les pierres et les roches calcaires par toute l'Europe candida (Web.). Thalle pruineux. Sur des roches calcaires dans le Nordland en Norvège nordlandica Th. Fr. Thalle nu; squames applanies, imbriquées. Sur la terre nue et les roches calcaires. Suisse, Hongrie theobaldi (Krb.). Thalle nu; squames convexes, huileuses, verruqueuses. Sur les roches granitiques des régions montagneuses. Angle- terre, Italie, Allemagne, Bosnie, Suède, Norvège, Russie squalens (Nyl ). Thalle bulleux-vésiculeux. Sur les pierres, les murs, la terre calcaire par toute l'Europe, vesicularis (Hffm.). BULLETIN DE GÉ0GKAPH1E BOTANIQUE 161 Thalle à squames dressées ou ramuleuses. Sur la terre parmi les mousses, en Sardaigne lurida (Moris). Thalle ni bulleux, ni ramuleux . 8. (Thalle adné, en rosettes. Sur les roches calcaires en Suisse, Lombardie, Tyrol rossulata (Anz). j Thalle non en rosettes ; sur les mousses et les jungermanes. Sur les pentes du mont Sivaara en Laponie subaromatica (Wain . ) . Thalle non en rosettes ; sur laterre ou les rochers 9 . [ Squames bordées de blanc 10. Squames non bordées, fortement pruineuses. " \ Sur la terre dans les steppes de de la Russie Orientale kelleri (Elenk.). Squames non bordées, nues .... 11. Sur les pierres et les rochers. Alpes italiennes; sur les roches même les plus élevées nigrescens (Anz). Sur la terre nue. Sur la terre, dans les fissures des rochers. France méridionale, Suisse, Espagne, Italie, Portu- \ gai, Norvège albilabra (Duf.) . Thalle roux-ferrugineux. Sur la terre et dans les fissures 4 des rochers schiste et calcaire, un peu par toute l'Europe subtabacina (Nyl. ). Thalle gris glauque ou bruni; \ saxicole. Sur les roches basaltiques du Riensegebirge en Allemagne lamprophora (Krb.). Thalle gris glauque ou bruni; terricole 12. 162 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 13 / Spores 8,1 3 X 3,4- l Sur la terre nue en Corse glaucomela (Nyl.). to < Spores i5,20 X 5,7- (Sur les roches terreuses des montagnes d'Italie lecanorina (Anz). Spores de 3 à 7 cloisons ; sur les écorces. Sur des écorces desséche'es en Ecosse roLYSiTA (Strt.). Spores de 3 à 7 cloisons; sur la terre, les mousses ou les ro- chers 14. Spores à 3 cloisons seulement . . 18, Squames bordées de blanc. Sur les rochers en Ecosse et et dans le Jemtland en Suède . .. leucophœopsis (Nyl.). Squames non bordées; apothé- cies pruineuses. Sur la terre et les rochers. France, Suisse, Lombardie, rare, multiseptata Anz. Squames non bordées; apothé- cies nues i5. Thalle stipité. Sur les rochers. P'rance, Suisse, Italie, Alpes du Tyrol caulescens Anz. i5 . Thalle non stipité; pulvérulent. Sur les roches granitiques. Suisse, Italie, Tyrol alutacea (Anz). Thalle non stipité; nu ... . 16. Apothécies pâles en dedans, pla- nes ou planiuscules. Sur les roches calcaires ou si- liceuses d'Europe. Manque en Angleterre et en Suède cinereoyirens (Sch . ) . 16 ( Apothécies pâles en dedans, con- vexes, subglobuleuses. Sur la terre et les mousses de hautes montagnes par toute l'Eu- rope SQUARROSA (Ach.). Apothécies foncées en dedans. . . 17. .s 18 BULLETIN DE GÉ0G11APHIE BOTANIQUE 163 Spores courbées. Sur les mousses des montagnes en Angleterre et en Irlande pulvinata (Tayl.). \n / Spores droites. France, sur la terre et les mousses des rochers dans les montagnes acervulans (Nyl.). Sur le bois ou les écorces. Thalle blanchâtre, C — . Province de Vérone, en Italie; sur les troncs porodesa Mass . Sur le bois ou les écorces. Thalle gris olive foncé, C -f- rouge. Fréquent en Angleterre; non signalé ailleurs caradocensis ( Leight.). Sur la terre, les mousses ou sur les rochers 19. Apothécies rouge sang en de- dans, jo 1 Italie, sur un mur en Ligurie.. sanguinaria Bagl. Apothécies non rouge sang en dedans 20. Apothécies pâles ou brun roux en dedans 24. Apothécies noires ou brun noir en dedans; thalle K-|- jaune. Irlande, sur les jungermanes des montagnes à Kylemore thiospora (Nyl.). Apothécies noires ou brun noir en dedans; thalle K— 21. Thalle farineux. Sur les mortiers des murs en Angleterre et en Irlande turneri (Leight.). Thalle non farineux; spores lon- 21 ^ gués de i3, 16. Irlande, sur des roches cal- caires près Kylemore subimbricata (Nyl.). Thalle non farineux; spores lon- gues de i3, 25 22. 20 164 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE Apothécies convexes à la fin ; thalle cendré blanchâtre, un peu pruineux. Sur la terre, les pierres et les mortiers par toute l'Europe aromatica (Sm.). Apothécies convexes à la fin; thalle brun nu. Sur les rochers en Haute-Sa- voie et en Bavière boissieri (Mull ). Apothécies planiuscules 23 , 22 Thalle cendré. Sur les pierres et les mortiers calcaires par toute l'Europe acervulata (Nyl.) . 2 j Thalle noir, sale. Sur la terre des rochers. France : Loire-Inférieure, Corse, heterophora (Nyl .). Apothécies pruineuses; spores courbées. Italie, sur les roches calcaires 24 / de la province de Vérone fallasca Mass. Apothécies pruineuses; spores droites 25 Apothécies nues 27, l Thalle farineux ; spores longues de 16, 20. Sur les rochers et la terre mous- sue. Tyrol, Suède, Norvège intermedia (Mass.). 25 <( Thalle farineux; spores longues de 27, 42. France, sur un rocher dans l'Aveyron subcandida(B.-D. Lesd.). Thalle non farineux 26, Sur la terre. Voir le n° 10 albilabra (Duf.). 1 Sur les pierres et les rochers. Voir le n° 10 nigrescens Anz. BULLETIN DE GÉ0GHAPH1E BOTANIQUE 165 t Apothécies subgyriformes. Italie, sur les rochers dans l'île d'Ischia dekormans Jatt. 27 / Apothécies régulières ; thalle bruni 28. Apothécies régulières ; thalle cen- dré 29. Spores longues de 12, 14. Sur les roches volcaniques de 28 ( l'île d'Ischia en Italie sulutescens Jatt. Spores longues de 1 5, 22 ; thalle K-j- jaune. Sur les pierres et les murs. Fon- tainebleau. Angleterre, Ecosse, Irlande squamulosa (DeaU.). 28^ Spores longues de i5, 22; thalle K— . Sur les roches calcaires. Ecosse, Irlande, Italie carbonacea Anz. Spores 16x6. Sur des débris de mousses au Mont-Blanc claudeliana (Harm.). Spores longues de 16, 25; squa- mes planes, à bord relevé. Sur la terre, les mousses, les 2 9\ rochers. Suisse, Suède, Norvège. FusisPORA(Hepp.). Spores longues de 16, 25; squa- mes en croûte contigue, con- nees. Sur la terre et les mortiers cal- caires par toute l'Europe syncomista (Flk.). IV. — Bacidia Th. Fr. ( Spores droites ou simplement \ courbées 1 i Spores vermiformes; apothécies subpodicillés. 166 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE ( Sur des rochers granitiques en la province d'Œrebro en Suède, ophiospora (Hellb.). Spores vermiformes; apothécies sessiles Thalle K -f- jaune; apothécies pruineuses. Sur des troncs de sapins dans les montagnes des Vosges kiefferi (Harm. ). Thalle K -j- jaune; apothécies nues. Sur le bouleau près du lac La- goda en Suède leucobœa (Nyl.). Thalle K- Spores longues de 14,20 ; thalle brun sale, tartareux-lépreux. Sur l'écorce des noyers en Italie holophœa Anz. Spores longues de 14, 3o; thalle cendré ou verdâtre, granulé. Sur les écorces. Suisse, Alle- magne, Suède, Russie centrale. . perpusilla (Lahm.). Spores longues de 20, 80 i Spores longues de 5o, 80. Sur les écorces. Assez répandu en F"rance. Suisse, Bavière,Tyrol, Suède, Norvège, Finlande, Rus- sie centrale acerina (Pers.). Spores longues de 20,40; sur la terre. Sur la terre dans le Gothland en Suède tenera (Loenr.) , Spores longues de 20, 40; sur le bois, les écorces ou les ro- chers Sommet des paraphyses K -\- violet. Sur les bois et les écorces. Assez répandu en Europe, mais généralement rare vermifera (Nyl.). RULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 167 Paraphyses K — ; corticicole. Sur les vieux bois et les écor- 5 ces. France, Italie, Suisse, Tyrol. corticola Anz. Paraphyses K — ; saxicole Paraphyses pâles ou obscures. Sur les pierres et les rochers par toute l'Europe umbrina (Ach.). 6 { Paraphyses bleuies ou violacées naturellement. Sur les rochers ou les vieux bois; avec le précédent compacta (Krb.). / Saxicole ou terricole; apothé- cies noires ou brun noir 8. Saxicole ou terricole; apothé- 7 1 cies pâles rougeâtres ou brun roux o. Sur les bois, écorces, mousses, \ champignons, etc 23. Spores longues de 6o, 8o; 4 par thèque. Sur les mousses et les rochers humides en Laponie fuscoreagens (Wain). Spores longues de 60, 80; 8 par thèque. Sur ies écorces et les rochers. France, Suisse, Italie, Finlande, patellarioides (Nyl.). Spores longues de 19, 60 9. Spores longues de 25, 60; apo- thécies à bord pruineux. Suède, Norvège, Finlande; sur q /' les mousses et la terre calcaire. . illudens (Nyl.). Spores longues de 25, 60; apo- thécies à bord nu 12. Spores longues de 2 5 au plus. .. 10. 168 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE Thalle roux clair. Sur la terre et les rochers; peu répandu. France, Suisse, Angle- terre, Italie, Tyrol, Bavière cupreorosella (Stiz). 10^ Thalle brun noir. Sur des roches calcaires en Finlande orientale austerula (Nyl.). Thalle blanc cendré, ou un peu jaunâtre 1 1 \ i Saxicole. Sur les rochers à Korpilhati en Finlande sororians (Nyl.). Sur la terre nue ; thalle mince, fendillé. Comté de Glare en Irlande.. . . circumrallens (Nyl.). Sur la terre nue ou les écorces; i i { thalle aréole verruqueux. En Islande et au Spitsberg frigida Th. Fr. Thalle bleuâtre ou foncé i3. Thalle blanc cendré ou verdâtre; spores longues de 20, 3o. Sur les troncs et les rochers. 12 \ France, Suède, Finlande; très I rare egenula (Nyl.). ' Thalle blanc cendré ou verdâtre ; spores longues de 2b, 5o 14- Spores larges de 1, 2. Sur les rochers maritimes des îles Anglo-normandes caligans (Nyl.). Spores larges de 3, 5 ; saxicole. 1 3 { Sur les roches calcaires ombra- gées; France, Suisse, Italie cjesitia (Nyl.). Spores larges de 3, 5; terricole. Sur la terre du Ben Lawers en Ecosse oribata (Nyl.). BULLETIN Ufc. GÉOGRAPHIE BOTAMQUK 169 H 1 Apothécies convexes; immargi- nées. Sur les e'corces, vieux bois, ou parfois les rochers. Assez ré- pandu en Europe, mais générale- ment rare arceutina (Ach.) . Apothécies planiuscules; spores droites. Sur les mousses, terre, détri- tus de végétaux ; fréquent en Eu- rope muscorum (Sw.). Apothécies planiuscules; spores arquées. Sur les pierres humides à Lough Feagh en Irlande leigthoniana (Larb.) Sur la terre; spores larges de 4, 5. Sur la terre nue au nord du Por- tugal vexabilis (Nyl.). Sur la terre; spores larges de 1, 2. Sur la terre, les mousses, dé- tritus de végétaux par toute l'Eu- rope ' HERBARUM (Hepp.) . Sur les rochers 1 6 . Spores longues de] 20 au plus; hypothecium violacé. Sur des roches calcaires à Ky- j (5 7 lemore en Irlande chlorotropoides (Nyl.). Spores longues de 20 au plus ; hypothecium pâle 17. Spores longues de plus de 20.. . 18. i5 ID f Apothécies carné jaunâtre ou \ rougeàtre. *7 i Sur des roches calcaires enlr- f lande et en Suède alborubella (Nyl.). 170 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 18 Apothécies pâle carné; spores fusiformes. Sur le calcaire et le silex en France et en Irlande prasinoides (Nyl.) . ' \ Apothécies pâle carné; spores cylindriques. Sur des rochers près Kylemore en Irlande albovirella (Nyl.). Thalle bordé de blanc. Sur des rochers humides. France; Jersey carneoglauca (Nyl.). Thalle non bordé ; K + jaune. Sur les rochers inondés. Kel- lery Bay, Connemara en Ir- lande CARNEOALBENS (Nyl.). Thalle non bordé; K — 19. Spores larges de 3, 5; atténuées à une extrémité. I exemplaires, sans réimposition ni changement de folios. Le port est à la charge des auteurs. TARIF DES TIRAGES A PART avec changement de pagination, nouvelle mise sous presse, couvertures non imprimées sur papier de couleur, pliage et couture : Les remaniements dans le texte sont comptés à raison de o fr. 65 l'heure. NOMBRE DE PAGES 1 /4 de feuille — 4 pages . . . 1/2 feuille — 8 pages 1 feuille entière — 16 pages. 25 Ex. 4fr. 6 fr. 9 fr. 75 50 Ex. 75 Ex. 100 Ex. 150 Ex. 5fr. 7fr. 1 1 fr. 50 6tr. 8 fr. 13 fr. 25 7fr. 9 îr. 15 fr. 8 fr. 50 10 fr. 50 17 fr. 50 200 Ex. 10 fr. 50 12 fr. 20 fr. Couverture imprimée : 5o ex., 4 fr. ; 100 ex., 4 fr. 5o ; i5oex., 5 fr. 25; 200 ex., 6 fr. Les auteurs doivent faire figurer sur leur manuscrit la mention « tirage à part, avec ou sans pagination spéciale », et le « chiffre » du tirage ainsi que la demande d'une couverture imprimée ou non, et ensuite s'entendre directement avec l'imprimeur dès la réception du numéro renfermant leur travail. 20 e Année (4 e Série) N° 263 Octobre 1911, BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE Organe mensuel de l'Académie internationale de Botanique Sur 2 Pediculaires hybrides de la Flore européenne i° X Pedicularis Sennenii Bonati = X P. rhœtica Kern X P. pyrenaïca Gay. Plante naine à port de P. rhœtica Kern. Tiges longues de 4 à 7 cent., ascendantes, munies de deux lignes de poils paral- lèles, glabres ailleurs. Racine charnue, pourvue de fibres épais- sies, linéaires. Diffère du P. rhœtica Kern par ses pédoncules très courts, par les dents du calice velues-blanchâtres sur les bords, par le bec plus large et insensiblement atténué. Diffère du P. pyrenaïca Gay par le port et surtout par le tube de la corolle complètement glabre intérieurement. Habit. Pyrénées espagnoles — Rosas de Peguera 2100 m., pelouses alpines inclinées vers l'ouest (Frère Sennen, août 1191). Cette plante intermédiaire entre les P. rhœtica Kern, et pyrenaïca Gay se rapproche surtout de cette dernière espèce. — Son hybridité reste douteuse, puisque le frère Sennen m'écrit : « c'est la seule plante que j'aie pu voir sur ces pelouses alpines. » Toutefois une assertion de ce genre ne saurait avoir qu'une valeur relative pour la raison bien simple que ce n'est qu'après un examen attentif que la plante du frère Sennen peut être distinguée du P. rhœtica Kern et surtout du P. pyrenaïca Gay. Ce n'est que sur le terrain que l'on pourrait résoudre la question. J'ai décrit autrefois un X P. rhœtica X pyrenaïca dont Octobre \n 238 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE M. Rouy a fait depuis le X -P. Monnieri de la flore de France. La plante du Frère Sennen diffère de celle de Monnier par son port : ses tiges sont plus courtes, plus grêles et ascendantes; par ses pédoncules très courts, par son bec plus large et insensible- ment atténué et, enfin, par le tube de la corolle complètement glabre intérieurement. Si la plante du frère Sennen est réelle- ment un produit d'hybridation, comme ses caractères le laissent supposer, nous pourrons faire du X P. Sennenii M. le X P. rhœtica <^ P. Pyrenaïca et du A P. Monnieri Rouy le X P. rhœ- tica ^ P. pyrenaïca. 2° X P- Martellii Bonati = X P. rhœtica Kern X P. cenisia Gaud. Plante naine. Port du P. rhœtica Kern. Tiges glabres ou peu velues, lougues de 4 à 5 cent, ascendantes. Feuilles velues, par- fois un peu laineuses semblables à celles du P. cenisia Gaud. Pédoncules longs et grêles du P. rhœtica Kern. Calice très velu, souvent laineux, à lobes blancs laineux sur la marge et à la base; tube de la corolle deux fois plus longs que le calice ; cas- que brusquement contracté en bec linéaire; lèvre inférieure glabre. Ditfère du P. rhœtica Kern par son calice et ses feuilles très velues, et du P. cenisia Gaud, par son port, ses longs pédon- cules, ses tiges grêles et peu velues. Habit: versant italien du mont Cenis (Martelli, août 1884). Plante extrêmement voisine du P. Letourneuxii Personat, qui d'après M. Rouy correspond à l'hybride des P. cenisia et rhœtica ; elle n'en diffère que par son calice laineux. Ce carac- tère indique sa parenté avec le P. cenisia et permet de la dis- tinguer à première vue de la plante du Brévent que M. Rouy m'a tort obligeamment communiquée autrefois. Mais la plante de l'aiguille de Charmoz et du Brévent peut elle être considérée comme hybride ? L'absence à peu près certaine du P. cenisia Gaud, dans ces régions ne permet pas d'admettre cette hypothèse et nous supposons avec M. Rouy que le P. Letourneuxii est une race du P. rhœtica. BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 239 La Flore du Maine il y a 2.000 ans Par Mgr LÉVEILLÉ. La capitale a perdu depuis quelque temps son nom de Suindi- num (habitants du pays des porcs) qui rappelait l'abondance des porcs dans la région et dont la race porcine actuelle du Craonnais est un souvenir, et a échangé ce nom contre celui de Cénomanum capitale des Cénomans (habitants de la fange). Ce nom est d'ailleurs pleinement justifié car le Maine est alors un pays de bois et d'étangs. Toute la région nord à l'exception des sommets calcaires est boisée et coupée de larges étangs et d'in- nombrables marécages surtout dans l'arrondissement actuel de Mayenne. C'est une immense forêt qui s'avance vers Lutèce, par la forêt de Chartres et dont les forêts de Bercé et de Persei- gne représentent les restes. Cependant toute une vaste plaine d'alluvion sablonneuse, correspondant à la région actuellement plantée de pins entoure le vieux Cénomanum dont les hauteurs sont au nord et à l'est couronnées de bois. A travers le pays des Aulerques Cénomans, les villages s'espacent dans les clairières et à l'ombre des bois surtout près des cours d'eau plus larges et plus impétueux qu'aujourd'hui. Voilà un tableau succinct de ce qu'était le Maine actuel avant l'arrivée de César dans les Gaules. On n'y distinguait guère que trois fiorules : celle des forêts, celle des marécages et étangs et celle des hauts sommets dénudés du Saosnois. La flore était beaucoup plus pauvre qu'aujourd'hui, cependant que des espèces aujourd'hui très rares vivaient alors très com- munes dans les bois au sein des marécages. Les genres suivants n'existaient pas dans la Flore : Delphini- um, Berberis, Cheiranthus, Berteroa, Camelina, Myagrum, Neslia, Reseda, Saponaria, Oxalis, Vitis, Spartium, Cytisus, Melilotus, Lupinus, Robinia, Coronilla, Onobrychis, Onothera, Trapa, Portulaca, Illecebrum, Sempervivum, Pastinaca,Falcaria, 240 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE Fœniculum, Centranthus,Erigeron, Chrysanthemum, Matrica- ria, Calendula, Petasites, Artemisia,Tanacetum, Lappa, Onopor- don, Silybum Carduus, Centrophyllum Chondrilla, Helmin- thia, Picris, Tragopogon, Podospermum, Cichorium, Specularia Lilac,Vinca, Borrago, Cynoglossum, Anchusa, Echinospermum, Heliotropium, Anthirrinum, Melissa Nepeta, Amarantus, Polycnemum, Thesium, Aristolochia, Acorus. Les genres suivants comptaient peu de représemants : Helle- borus, Fumaria, Sisymbrium, Lepidium, Thlaspi, Dianthus, Silène, Lychnis, Malva, Géranium, Trifolium, Ervum, Vicia, Orobus, Lathyrus, Prunus, Agrimonia, Sedum, Ribes, Anthris- cus, Lonicera, Rubia, Valerianella, Dipsacus, Senecio, Inula, Anthémis, Filago, Gnaphalium, Lactuca, Barkhausia, Crépis, Taraxacum, Cuscuta, Verbascum, Linaria, Ghenopodium, Euphorbia, Salix, Populus, Iris. La famille des Borraginacées ne comptait guère comme genres que le Lycopsis alors fort rare, les Myosotis dont les espèces aquatiques étaient alors fort répandues, les genres Symphytum, Echium, Pulmonaria, ce dernier fort commun et Lithospermum probablement réduit à une espèce. Le Solamum dulcamara et l'Atropa Belladona étaient les seuls représentants des Solanacées dans nos parages. Les Labiées comptaient à peu près autant d'espèces qu'actuel- lement. Manquaient : les genres Melissa et Hyssopus tandis que les Menthes aquatiques, les Scutellaires foisonnaient dans les lieux humides alors partout existant et le Melittis dans les bois. L'anagallis tenella était fort commun alors que ses congé- nères phœnicea et casrulea formes de l'arvensis étaient rares. Les Plantains étaient peu répandus sauf le Plantago arenaria cantonné sur les alluvions sablonneuses du Mans et de Challes. Les Narcissées ne comptaient qu'une espèce le N. pseudo- narcissus L. De même les Hydrocharitacées n'avaient qu'un représentant : l'Hydrocharis morsus-ranae L. On ne peut préciser l'époque d'introduction successive des espèces composant actuellement notre flore. L'Hyssope habite les ruines du château de Ballon depuis les Croisades. Vers la même époque on peut placer l'introduction BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 24l du Jasmin et peut-être de la Bourrache. L'Erigeron cana- dense L. et THelodea canadensis Rich sont d'introduction con- temporaine. Le Veronica persica ne remonte guère dans le Maine au-delà du milieu du xix e siècle tout au moins en ce qui concerne la Mayenne; le Lepidium Virginicum L. et le Berteroa incana DC. viennent à peine d'obtenir leurs lettres de naturalisation. Le Matricaria discoidea DC. fait actuellement son entrée dans notre Flore avec l'Artemisia selengensis Turcz. En somme en deux mille ans la flore du Maine a doublé passant d'environ 700 espèces à environ 1200. Il y a 2000 ans on aurait rencontré sur les collines, calcaires dénudées et inhabitées du nord de la Sarthe actuelle : Anémone Pulsatilla, Helleborus fœtidus, Helianthemum vulgare, Poly gala calcarea, Anthyllis, Ornithopus, Hippocrepis, Potentilla, Scabiosa, Centaurea, Campanula, Chlora, Gentiana, Erythraea, Euphrasia, Orobanche, Globularia, Stellera, Poterium, Aceras, Ophrys, Carex Halleriana, Botrychium. Dans les tourbières sans cesse en voie de diminution on trou- vait communément : Ranunculus, Drosera, Parnassia, Coma- rum, Pinguicula, Narthecium, Malaxis, Liparis, alors com- muns aussi bien que l'Oxycoccos palustris, Triglochin, Spar- ganium, Juncus, Cyperus, Schoenus, Scirpus, Heleocharis, Eriophorum formant des nappes blanches sur les marais, et toute une quantité de Carex entre autres C. dioica, Davalliana, teretiuscula, canescens, punctata, elongata, lasiocarpa, limosa et Buxbaumii, Osmunda, Lycopodium, Pilularia, Marsilea. Elatine, Spiraea, Epilobium, Ludwigia, Myriophyllum, Lythrum, Montia, Hydrocotyle, Galium, Valeriana, Achillea, Bidens, Eupatorium, Cirsium, Scorzonera, Lobelia, Wahlen- bergia,Menyanthes, Scrophularia, Pedicularis, Gratiola, Limo- sella, Veronica, Lathraea, Utricularia, Hottonia, Centunculus, Samolus, Littorella, Polygonum, Rumex, Humulus, Sangui- sorba, Hippuris, Ceratophyllum, Callitriche, Myrica, Sagitta- ria, Alisma. Butomus, Epipactis, Spiranthes, Potamées, Nayas, Lemna, Typha, Sparganium, Cladium, Glyceria, Equisetum, peuplaient les eaux et les lieux humides. 242 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE Les landes sablonneuses étaient tapissées d'Helianthemum umbellatum, H. alyssoides, H. guttatum, Astrocarpus Clusii, Polygala,Erodium, Hypericum, Ulex, Genista, Corrigiola, Scle- ranthus, Herniaria, Sedum, Crassula, Tillasa, Saxifraga, Carlina Hypochceris, Jasione, Erica, Asclepias, Digitalis,Veronica,Arme- ria, Mibora, Agrostis, Aira, Festuca. Les forêts, dont la flore est toujours plus pauvre, présentaient: Anémone nemorosa, Isopyrum thalictroides, Tilia silvestris, Acer campestre, Euonymus, Ilex, Orobus tuberosus, Mespilus, Pirus, Sorbus, Rubus, Circaea, Umbilicus, Chrysosplenium, Cornus, Viscum,Viburnum, Sambucus, Adoxa, Asperula, Doro- nicum, Hieracium, Phyteuma, Erica, Pirola, Monotropa, Fraxi- nus, Gentiana, Cicendia, Melampyrum, Bartsia, Veronica, Lysi- machia, Primula, Daphne, Ulmus, Fagus, Quercus y compris le Q. ilex alors abondant, Carpinus, Betula, Alnus, Asphode- lus, Paris, Polygonatum, Convallaria, Maianthemum, Ruscus, Orchis, Cephalanthera, Epipactis, Listera, Neottia, Arum, Luzula, Carex depauperata, strigosa etc. Aira, Ceterach, Poly- podium, Aspidium, Asplenium. Tel est le tableau que nous nous faisons de la flore cénomane au moment où notre pays va entrer dans l'histoire. Il se peut qu'il y ait à ce tableau quelques retouches à faire mais nous en garantissons l'exactitude dans son ensemble car ce n'est pas sans de lonçnes réflexions et de nombreuses et attentives com- paraisons que nous en avons tracé le dessin général. BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 243 Les Liliacées du Kouy-Tchéou L 1 'Asparagus filicinus est commun à l'entrée des grottes; il fleurit et fructifie peu. Il existe aussi un autre Asparagus [Aspa- ragus sarmentaceus Lévl.) à longue tige lianeuse et épineuse de 2 à 3 mètres, qui se voit çà et là dans les haies des hautes mon- tagnes et dont les fleurs sont verdâtres et très petites. Le Polygonatum giganteum, très commun dans les bois, remplace ici le Sceau de Salomon si commun en France. Les Chinois rappellent Pa-Gai-Kiang, gingembre des rochers. Ils donnent encore ce même nom au Drynaria Fortunei à cause d'une certaine ressemblance dans la racine. On rencontre aussi le Polygonatum Cavaleriei et trois autres espèces de i à 2 mètres de hauteur, à feuilles longues et étroites plus ou moins verticillées et enroulées; le P. Bodinieri,le P. ensifolium et deux autres espèces assez semblables de taille et de port mais qui se distinguent bien qu'assez difficilement par les fleurs et les feuilles. Les Polygonatum Cavaleriei et formes affines viennent par touffes; leur racine jaune est très employée dans la médecine populaire. L'un d'entre eux à fleurs blanches petites est cultivé dans beaucoup de jardins. UHemero callis minor est commun dans la plaine au bord des rivières, des petits ruisseaux. Elle est assez semblable à Y H. fulva sauf la taille et la dimension réduite de toutes ses parties. La fleur est moins ouverte. Bien que moins élevée en altitude, cette espèce s'épanouit plus tard. Le Funkia ovata croît ça et là sur les pentes humides des montagnes ; elle est aussi cultivée pour sa longue grappe de fleurs d'un bleu violet à étamines curieusement dressées. Un autre Funkia, qui fleurit au mois d'août, a les fleurs blanches et odorantes. On le cultive non pas tant pour la beauté de ses fleurs d'un blanc très pur que pour l'usage privé qu'en font lesjeunes épouses. Elles lui attribuent lespropriétésde guérir 244 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE de la stérilité et d'adoucir d'autres maladies particulières à leur sexe. Au premier printemps, cette plante émet au-dessus du sol des racines vermiformes. Certains lettrés chinois superficiels y voient une preuve du changement de certaines plantes en ani- maux. Le transformisme n'est donc pas une invention euro- péenne. Si nous passons au genre Allium, nous constaterons que le Kouy-Tchéou a au moins 4 ou 5 espèses d'Ognons, dont deux se trouvent employés en grande abondance dans la cuisine populaire. La bulbe de l'un, Allium chinense ressemble assez par sa forme et sa grosseur à une grande noisette; il abonde sur tous les marchés une grande partie de Tannée. On peut s'en procurer à raison de un centime la livre. La cueillette de cet ognon sauvage est faite par les femmes et les enfants des diver- ses tribus Miao qui pullulent dans tout le sud du Kouy-Tchéou. C'est un plaisir de voir des bandes de jeunes filles, un panier sur le dos ou passé au bras, courir les cultures, bondir sur les tertres, pour se disputer les touffes de ces ognons sauvages qui se multiplient avec une incroyable rapidité. C'est avec des éclats de rires fréquents que marche la joyeuse troupe les bras nus jusqu'aux coudes, une faucille à la main, cherchant partout de l'œil la verte chevelure de ces petits oignons appétissants. Un autre ognon, A. Bodinieri, un peu plus gros, arrondi aussi, est plus rare. Une troisième espèce plus estimée est d'une forme allongée et aplatie, ce qui lui a valu le nom de cuisse de poulet. Une quatrième espèce pousse sur les rochers et ne paraît jamais sur la table pour la bonne raison que son bulbe s'est changé en une multitude de racines filiformes. La fleur de ce dernier ail, à peu près blanche est relativement assez grande et assez ornementale parmi les [rochers dénudés. Une cinquième espèce, que les Chinois appellent Kiou-Tchai est cultivée dans les jardins : on mange ses feuilles qui ressem- blent un peu à celles du poireau, mais sont plus courtes et très abondantes. Serait-ce Y Allium tenuissimum qui a ce nom dans le nord de la Chine d'après Armand David? Le Lilium \Brownii le plus grand lis blanc du Kouy-Tchéou BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 245 est commun près de Kouy-Yang. Ses fleurs de i à i5 mesurent de o m i 5 à o m 20 de long; sa tige, bulbifère chez les jeunes sujets qui n'ont pas de fleurs, atteint 2 mètres dans les endroits riches de la montagne et 3 mètres dans les jardins, la 5 e ou la 6 e année. Les filets des étamines sont papilleux; le pistil est d'un rose violet au sommet et à la base; les feuilles sont serrées, ensi- formes, s'élargissent et se raccourcissent brusquement au som- met. D'ailleurs la forme des feuilles, la couleur de la tige varient beaucoup dans cette espèce. La fleur blanche et odorante est d'un rouge violet extérieurement surtout sur les côtés; dans l'in- térieur la teinte est d'un beau jaune d'œuf. Le L. longiflorum est assez semblable au précédent. Le bulbe est blanc, plus petit, à pièces plus nombreuses que celui du L. Brownii qui est d'un rouge violet. Les bulbes de ces lis sont cuits sous la cendre et recherchés surtout en temps de disette. La fleur un peu plus petite, plus ouverte, à divisions plus min- ces est intérieurement blanche et extérieurement d'un violet très variable bien que le blanc domine. Ce lis fleurit deux mois plus tôt que le L. Brovvnii; il est commun au sud de Pin-Fa. Le L. majoense est petit, à une ou deux fleurs blanches avec plaque pourpre à l'intérieur. Sa fleur est odorante. Ce lis, dont le bulbe est blanc et tout petit, est très rare sur les hautes mon- tagnes de Ma-Jo. Le L. callosum est commun partout près des ruisseaux et des rivières au pied des montagnes. Ses fleurs sont d'un rouge pâle totalement retroussées. Le canal nectarifère est bordé de deux crêtes frangées. La tige est basse, rameuse, porte deux fleurs par rameau. Les feuilles sont nombreuses, relativement longues et larges. Le bulbe est gros et de couleur jaune paille. Le L. giganteum se trouve çà et là dans les gorges, sur les pentes et toujours sous bois ou protégé par d'autres arbustes, car il redoute la lumière directe du soleil qui brûle ses feuilles et arrête le développement de ses fleurs comme on peut le voir dans les jardins. On ne le rencontre pas aux faibles altitudes. Il est plus robuste à 1,600 mètres qu'à 1,200. A Lou-Mong- Touan les grandes feuilles de ce lis couvrent d'assez grandes dépressions tout en ne donnant que de rares tiges florifères; il 246 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE en est de même ailleurs. La tige a l'épaisseur d'une bonne canne; elle est creuse et porte une quinzaine de fleurs dans les bons spécimens. Les fleurs n'ont point de bractées; elles sont d'un blanc pur, élégantes; elles portent à l'intérieur de larges bandes d'un rouge pourpre, disposées dans le sens de la longueur. Ce lis très droit, avec ses fleurs nombreuses, ses vastes feuilles d'un beau vert luisant est le plus ornemental des montagnes du Kouy-Tchéou. Contrairement aux autres espèces qui s'accommo- dent de tous les terrains, il ne peut être cultivé que dans des endroits spéciaux. Son bulbe à pièces épaisses, écartées, appa- raissant souvent à fleur de terre, fournit une poudre blanche nourrissante et légère surtout pour les vieillards et les malades qui passent parfois plusieurs jours sans prendre d'autre nourri- ture. Cette poudre entre aussi dans la liste des cadeaux qu'on se fait en Chine. Elle se vend dans toutes les pharmacies. Ce lis est appelé Pe-Ho, du nom de l'échassier d'un beau blanc qu'on appelle Aigrette. Sa fleur s'appelle Pe-Ho-Houa et sa fécule Pe-Ho-Fen. Tous les lis blancs sont en général appelés Pe-Ho; tous sont odorants et ont un bulbe comestible. Le L. giganteum est le seul qui se tienne bien droit : les autres ont la tige trop longue, les fleurs trop lourdes et trop serrées au som- met de la tige pour ne pas baisser la tête sous l'action du vent ou de la pluie. Ypsilandra tibetica et J. Cavaleriei. Cette plante varie beau- coup de taille, suivant l'altitude probablement, mais manifeste- ment aussi suivant la station. Dans les fourrés arrosés par les chutes d'eau, elle devient splendide en compagnie des sphaignes et trois fois plus grande que sur les pentes humides des hauts plateaux tourbeux où elle croît en abondance et aussi parmi les sphaignes : mais là tout est rabougri et son rhizome y devient parfois monstrueux, de 5 à 40 centimètres. Sa tige prend toutes les dimensions. Je vois varier aussi d'une manière éton- nante trois autres plantes d'après les stations et les localités. V Anémone begoniifolia devient énorme près des cascades des hautes montagnes; Y Anémone rivularis est deux fois plus grande à Kai-Tchéou qu'à Pin-Fa; ici elle est assez rare; à Kai-Tchéou, elle borde tous les chemins. L'Isopyrum peltatumet VI. Cavale- ACADÉMIE OE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 247 riei qui pourrait bien être le même, sont beaucoup plus robustes et varient beaucoup plus dans la taille des fleurs et la forme des feuilles dans les endroits plus élevés. Le genre Paris est représenté au Kouy-Tchéou par une grande variété de formes et une même espèce semble y varier beaucoup. Une espèce rare des endroits fortement privés de lumière (P. Fargesii ? P. Christii ? P. gigas ?) se distingue nettement de toutes les autres par ses étamines : elles sont serrées contre l'ovaire dont elles égalent à peine la longueur en vieillissant et la moitié quand elles sont jeunes; elles sont comme écrasées par un bourrelet couleur de poix; les plus petits sujets ont de 20 à 3o cent, et j'ai mesuré quatre sujets de 1 m. 80 à 2 m. 10. Le Paris polyphylla se subdivise en deux formes ou deux espèces. La var. stcnophylla Franch. est remarquable entre toutes les autres par la longueur des pétales. Je l'ai trouvée en 1908 sur des hauteurs de 1,600 à 1,700 mètres, à Ma-Jo, Kai- Tchéou, Lou-Mong-Touan. Les sujets très bien fleuris ne dépas- sent pas 20 cent.; les plus grands ont de 60 à 80 cent. Pour ces deux surtout le nombre des feuilles, des sépales, des pétales, des étamines, des pistils augmente avec la vigueur du sujet : aussi à moins d'être sûr de posséder des sujets parfaitement dévelop- pés, chez lesquels il n'y a pas eu de bonne heure avortement d'une partie des pièces florales, on ne peut guère se baser sur le nombre de ces pièces pour distinguer une espèce d'une manière sûre et définitive. Cette variabilité dans le nombre des pièces, je l'ai encore très bien remarquée pour une autre espèce P. chinensis, très à l'ombre dans un endroit d'une dizaine de mè- tres carrés où une vingtaine de sujets très ressemblants pour tout le reste, sauf pour la taille et le nombre des parties, se trouvaient rassemblés. Les espèces de Paris, qui croissent le long des haies bordant les pâturages ou sur la lisière des bois; reçoivent une abondante lumière, puisent dans le sol une nourriture assez uniforme et partant varient assez peu de sujet à sujet. Dans ce cas se trouve une espèce des pâturages dont je n'ai que quatre ou cinq exem- plaires. Elle offre de particulier que les feuilles sont tout à fait rapprochées de la fleur; une autre espèce, et c'est peut-être la 248 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE même, aux feuilles un peu plus écarte'es et plus coriaces, croît dans les bois assez éclairés. Il est aussi à remarquer que les espèces des fourrés en des endroits très sombres ont très longue la partie de la tige séparant les feuilles des fleurs. A l'ombre humide les graines tombent et germent facilement; mais la lutte pour le plein développement des forces naturelles devient impossible sur bien des points. Ici la graine a germé entre deux grosses pierres; la jeune plante, incapable de les écarter, ne peut développer suffisamment sa racine, ni trouver assez de terre pour s'alimenter. Là la plante a trouvé un humus abondant, mais d'épais buissons la font coucher; elle reste petite et fleurit sans pouvoir donner des graines; seuls les sujets ro- bustes mûrissent leurs fruits et ceux-là sont très rares. Je n'ai pas rencontré de Paris au dessous de 900 mètres, mais entre 1,100 et 1,600 mètres, les représentants de ce genre abondent surtout dans les montagnes du sud-est de Kouy-Yang. Là se trouvera peut-être le centre du genre ou du moins un des en- droits les plus riches; j'y ai trouvé je crois six ou sept bonnes espèces. Les médecins des campagnes donnent indistinctement à toutes les espèces de Paris le nom de Tou-Kio-Lien (Lien-mot appli- qué à de nombreuses plantes médicinales; Fou-unique; Kio- pied, racine) et se servent de la racine comme vulnéraire; ils l'appliquent, mêlée à du vinaigre, sur les abcès. La tige aérienne écrasée entre les doigts, laisse couler un suc abondant qui mord sensiblement la main (1). Julien Cavalerie. (1) Sur quatre caisses expédiées, deux dont celle renfermant de nom- breux Paris ont fait naufrage et ne nous sont pas parvenues. H. L. BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 2 49 Florule de Livet (Sarthe). par Mgr LÉVEILLÉ. Si nous appelons l'attention des botanistes sur ce petit village de 120 habitants, perché sur une colline jurassique de 3oo m. d'altitude environ et mesurant tant en largeur qu'en longueur environ deux kilomètres soit une superficie de 400 hectares au maximum, c'est pour montrer d'une part la richesse du ter- rain jurassique et d'autre part faire remarquer que l'on peut tou- jours trouver matière à découverte si restreinte que soit une localité. Ajoutons que la flore de Livet fournira certainement de nouvelles découvertes. Quoiqu'il en soit à l'heure présente, la florule de Livet com- prend 680 espèces sur un total d'environ 1200 que compte le département et un nombre respectable de raretés et de plantes peu communes qui se répartissent comme suit : Dans le bourg même: Thalictrum minus L. Saponaria officinalis L. Sempervivum montanum L. naturalisé. Lappa pubens Bor. Atropa Belladona L. Hyoscyamus nigerL. Salvia sclarea L. Nepeta cataria L. Anagallis arvensis var. malvicolor. Chenopodium hybridum L. Le long des routes ei des chemins: Reseda lutea L. Cytisus Laburnum L. Prunus Mahaleb L, 250 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE Agrimonia odorata L. Campanula glomerata L. Festuca arundinacea Schreb. Près de la ferme de Saint-Martin : Epilobium roseum Schreb. Chrysanthemum segetum L. Au bord de l'e'tang de Valbray ou dans les eaux: Myriophyllum spicatum L. Gnaphalium uliginosum L. var, Samolus Valerandi L. Chenopodium rubrum L. Cyperus fuscus L. Dans les marécages : Dans les friches Parnassia palustris L. Peucedanum carvifolium Vill. Selinum carvifolia L. Epipactis palustris Crantz. Spiranthes aestivalis Rich. Triglochin palustre L. Juncus anceps La Harpe. — Valbrayi Lévl. X — Murbecki Sag. Cyperus fuscus L. — flavescens L. Rynchospora alba Vahl. Carex elongata L. — laevigata Sm. Alopecurus fulvus Sm. Anémone Pulsatilla L. Helleborus fcetidus L. Polygala calcarea Sch, Helianthemum vulgare Gasrtn. Hippocrepis comosa L. Anthyllis vulneraria L. BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 251 Seseli montanum L. Asperula cynanchica L. Campanula glomerata L. — — var. subacaulis Lévl. Thymus humifusus Bernh. Stachys annua L. — recta L. Aj'uga chamaepitys Schreb. — genevensis L. Teucrium Botrys L. Gentiana amarella L. Chlora perfoliata L. Thesium humifusum DC. Cephalantheragrandiflora Bab. Orchis bifolia L. Ophrys apifera Huds. — muscifera Huds. — aranifera Huds. Spiranthes autumnalis Rich. Festuca myuros L. Signalons dans les champs : Thalictrum minus L. Reseda lutea L. Spergula nodosa L. Chrysanthemun segetum L. Verbascum thapsiforme Schrad. Chenopodium hybridum L. Orchis viridis Crantz. — simia Lamk. — purpurea Huds. Dans les prés :] Tout près des limites de la commune sur la route d'Ancinnes à Louvigny on trouve dans les tourbières : Pinguicula vulgaris L, 252 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE Et à moins de 5oo mètres, la forêt de Perseigne offre : Androsaemum officinale Ail. Epilobium spicatum Lamk. — montanum L. var. Genti- lianum Lévl. — roseum Schreb. — palustre L. Rubus idaeus L. Chrysosplenium oppositifolium L. Asperula odorata L. Pirola minor L. Monotropa hypopitis L. Atropa Belladona L. Veronica montana L. Scutellaria hastifolia L. Lysimachia nemorum L. Epipactis latifolia AIL — — var. violacea Dur. Duq. Carex strigosa Huds. Milium effusum L. Aira caespitosa L. Aspidium fragile Sw. On voit l'excursion de Livet ne manque pas de charmes et l'If millénaire situé en plein bourg près l'Eglise et qu'une sub- vention du Touring-Club a permis de dégager suffirait à lui seul à attirer les visiteurs. Le Secrétaire perpétuel, Gérant du «Bulletin»: H. LÉ VEILLÉ. Imprimerie Monnoyer. — 1911. MÉMOIRES DE LAMDÉMIE Internationale de Géographie Botanique Sous ce dire, paraissent à des époques indéterminées un ou deux fascicules par an, renfermant les travaux de longue haleine ; les articles du Bulletin étant limités chacun au maximum de 82 payes. A paru Je i er avril la suite du Catalogue raisonné des plantes du bassin de la Haute Ariège, par feu H. Marcailhoi' d'Aymeric. Souscription annuelle : lO fr. Pour les souscripteurs au Bulletin : S fr. JLE loin des pLiini REVUE BIMESTRIELLE De Bibliographie, d'Informations & d'Echanges H. LÉVEILLÉ, Directeur 18, Rue de Flore, 18 — LE IIIAN8 (Marthe) ABONNEMENT : S fr. ÎSO PAR AN CONSTITUTIONS DE L ! i; inriwniiîirr... y nuMinmu EXTRAIT DES STATUT» I. — Il est formé, sous le nom d'Académie internationale de Géographie botanique, une Société composée de 3oo membres, dont 20 portent seuls le titre d'Académiciens; les autres se divisent en Associés libres et en Membres Auxiliaires. II. — Les Académiciens se divisent en membres titulaires, membres d'hon- neur et membres correspondants. Les premiers sont au nombre de 12, les seconds au nombre de 4, et les troisièmes également au nombre de 4. III. — Les membres sont élus à la majorité des suffrages des membres titu- laires. Il appartient toutefois au Directeur nommé pour l'année, de choisir les Membres d'Honneur. IV. — Les membres de l'Académie sont élus à vie. Il en est de même du Secrétaire qui prend le nom de Secrétaire perpétuel de la Société. VI. — L'Académie de Géographie botanique, présidée par chacun de ses membres titulaires ou d'honneur, élu Directeur à tour de rôle, admet les botanistes de toute nation et reçoit volontiers les dons et offrandes. Elle a son siège là où se trouve le Directeur en fonction. Le Siège léga' est Le Mans. La seule cotisation exigée de ses membres est le montant du prix du Bulletin. Ils peuvent aussi contribuer par des dons volontaires à la publica- tion des travaux de l'Académie. Le versement d'une somme de 25o francs effectué en une ou plusieurs fois, en dehors de la cotisation annuelle, dispense son auteur du versement ultérieur de toute cotisation et lui assure l'abonnement à vie à l'organe de l'Académie. Le donateur d'un capital de 5oo francs est non seulement dispensé du versement de la cotisation, mais a droit, en outre, au titre de Membre perpétuel et à la reproduction à perpétuité de son nom sur la liste des membres de l'Académie. Extrait du Règlement Art. I. — L'Académie internationale de géographie botanique publie un Bul- letin mensuel. Art. II. — Le Directeur de l'Académie est élu pour un an, par tous les mem- bres de lAcadémie. sur la présentation d'une liste de 3 noms choisis par les seuls Académiciens; il est rééligible. Art. V. — Il sera tenu, s'il est nécessaire, des réunions à des temps et à des lieux désignés par le Directeur, d'après le vote des membres de la Société. Art. VI. — L'Académie a son herbier et sa bibliothèque qui lui sont propres. Distinctions Honorifiques. I. — Un Conseil composé du Bureau et des Membres d'honneur de l'Académie confère gratuitement et par décision motivée des médailles d'or (vermeil), d'ar- gent ou de bronze réservées aux hommes de science, plus particulièrement aux botanistes, qui se sont distingués, soit par des travaux scientifiques remarqua- bles, soit par des institutions utiles à l'avancement des sciences. II. — Ces médailles, dont la distribution a lieu le I er janvier et le 1er juillet de chaque année, dohnent à leurs titulaires droit au titre de Lauréat de l'Académie. \a Mï\is, — Imp. Monnoyer. — i9ii 20 e Année (4* Série) N" 264 Novembre 191 i BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE ORGANE MENSUEL de l'Académie Internationale de Botanique FONDÉE LE i er DÉCEMBRE 1891 Jouissant de la Personnalité Civile depuis le 11 Octobre iqol TOME XXI i^zr- Bon à tirer donné le 3 novembre 1911 LE MANS (sarthe) AU SIÈGE DE LAllSOCIÉTÉ 78, RUE DE FLORE, ,7 8 19 11 Académie internationale de Géographie Botanique Directe™ : M. l'Abbé H. COSTE, St-Paul-des-Fonts, par Tournemire (Aveyron). Secrétaire perpétuel-Trésorier : Me r H. LEVEILLÉ, $£, 78, rue de Flore, Le Mans (Sarthe). Conseil de l'Académie : MM. A. Engler, Jh. Héribaud, J.-D. Hooker, D. Prain. On peut se procurer au Secrétariat le diplcme spécialement gravé pour l'Académie au prix de 3 francs Souscription annuelle : 10 francs L'Académie laisse aux auteurs la responsabilité de leurs opinions. Adresser mandats et communications au Secrétariat. SOMMAIRE du rr 264 Session d'Hyères du 18 au 26 avril 191 1. Contribution à l'étude des Carex du Berry, par M. Lambert. Diagnoses d'espèces nouvelles de Mousses, par M. I. Thériot. Sur quelques fougères françaises, par M. R. de Litardière. i li i i i i i m w mm ii i i ii iiii imi iiiii iii i i iiiiiii iiii niiini mm iii iii m n nii i ii w iiiiini mHH wii L'Académie offre aux Auteurs des Tirages à part, à %ï2> exemplaires, sans réimposition ni changement de folios. Le port est à la charge des auteurs. TARIF DES TIRAGES A PART avec changement de pagination, nouvelle mise sous presse, couvertures non imprimées sur papier de couleur, pliage et couture : Les remaniements dans le texte sont comptés à raison de o fr. 65 l'heure. NOMBRE DE PAGES 25 Ex. 50 Ex. 75 Ex. 100 Ex. 150 Ex. -200 Ex. i /4 de feuille — A pages i /9 fpuillp 8 Dases 4fr. 6 fr. 9 fr. 75 5fr. 7fr. \ 1 fr. 50 6 Ir. 8 fr. 13 fr. 25 7fr. 9ir. 15 fr. 8 fr. 50 10 fr. 50 17 fr. 50 10 fr. 50 12 fr 20 fr. Couverture imprimée : 5o ex., 4 fr.; 100 ex., 4 fr. 5o ; i5oex., 5 fr. 25; 200 ex., 6fr. Les auteurs doivent faire figurer sur leur manuscrit la mention « tirage à part, avec ou sans pagination spéciale », et le « chiffre » du tirage ainsi que la demande d'une couverture imprimée ou non, et ensuite s'entendre directement avec l'imprimeur dès la réception du numéro renfermant leur travail. 2O Année (4 e Série) N° 264 Novembre 191 i BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE Organe mensuel de l'Académie internationale de Botanique SESSION d'HYERES ZD-ul ±8 a-u. 26 a-vràl ±S±± Ont pris part à la session : Membres Mgr Léveillé. MM. J. Arbost. L'abbé Benoist. L'abbé Gharbonnel. J. Chevalier. L'abbé Coudert. Coufourier. L'abbé Delmas. Dumée. D r Gauran. D r Gerber. de V Académie : MM. Goybet. L'abbé Guichard. Em. Jahandiez. L'abbé Jourdan. Lhomme. Des Ligneris. Mader. Madiot. Raine. Vialon. De la Villarmois. Etrangers d Y Académie : MM. D r Abelin, médecin en chef de la marine en retraite, à Toulon. Berg, professeur de minéralogie à l'École de Médecine Marseille. Blanc, chef de gare à Berre (Bouches-du-Rhône). D r Bonnescuelle de Lespinois, médecin de l'armée colo- niale en retraite, à Toulon. Novembre 18 254 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE D r Bravais, à Tamaris-sur-Mer (Var). E. Charlon, ingénieur des Mines, à Marseille. A. Charlon, ingénieur des mines, à Tamaris-sur-Mer (Varj. E. Coraze, aide-pharmacien, à Hyères (Var). F. Goste, chef jardinier, parc Borély, Marseille. Guiol, étudiant en médecine, à Hyères (Var). Hannezo, à Mâcon (Saône-et-Loire). A. Jahandiez, à Carqueiranne (Var). H. Kcenig, commandant au 22 e régiment colonial, à Hyères (Var). L'abbé Lacroix, ancien aumônier de la marine, à Toulon . Laure, lieutenant d'infanterie, à Nîmes (Gardj. A. Mollandin de Boissy, vice-président de la Société d'Histoire naturelle, Toulon. Délégation de la Société d'Histoire naturelle de Toulon à la séance d'ouverture : M. Madon, président; M. Mollandin de Boissy, vice-prési- dent; M. E. Jahandiez, vice-président; M. Pourcel, secrétaire- général; MM. D' ABELIN, d'AGNEL d'AciGNÉ, D r Bonnescuelle de Lespinois, E. Charlon, Coufourier, Coraze, Foussat, A. Ja- handiez, C l Kœnig, sous-lieutenant Mourot, Raine. Séance d'ouverture du mardi 18 avril La séance est ouverte dans le grand salon du Musée-Biblio- thèque de la ville d'Hyères, gracieusement mis à la disposition de l'Académie par la municipalité, en présence d'un nombreux public. M. le Secrétaire perpétuel, après avoir regretté l'absence de l'éminent Directeur, M. l'abbé Coste, adresse un salut de bien- venue aux délégués des Sociétés de Toulon et de Marseille, qui ont eu l'aimable pensée de venir saluer notre Académie, et de- mande que la science soit encouragée non seulement par des paroles, mais par des actes. Il invite MM. Gerber et Dumée à prendre place au Bureau comme Président et Vice-Président. M. Madon, président de la Société d'Histoire naturelle de BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 255 Toulon, prononce une allocution et adresse en même temps ses souhaits de bienvenue aux sessionistes. Des remerciements sont adressés à la municipalité et aux compagnies du chemin de fer qui par les réductions consenties favorisent grandement les assises et excursions si favorables à l'avancement des sciences. M. le Président fait l'éloge de MM. Jahandiez et leur adresse des remerciements mérités auxquels s'associe l'Assemblée. Sont excusés : MM. l'abbé Coste, Corbière, Démange, Du- rand, J. Garnier, Guenivet, de Hédouville, l'abbé Hervier, Lagny, Mantz, Porter, Pougnet, A. Reynier, Roux, Schinz, Squivet de Carondelet. M. Gerber cède la présidence à M. Dumée et donne lecture d'une très intéressante Notice bibliographique de M. Caillol sur Abeille de Perrin, un des fondateurs du Musée d'Hyères. Après la lecture du programme détaillé de la session, qui est accepté, la séance est levée vers 6 h. 1/2. Mont-des-Oiseaux. — Carqueiranne. — L'Almanarre. Nous partons d'Hyères le matin par la gare des chemins de fer du Sud, à 7 h. 40. A 7 h. 55, nous descendions à San-Salva- dour. Bientôt nous nous échelonnions pour faire l'ascen- sion du Mont-des-Oiseaux. Quel contraste entre cette flore et celle du Nord de la France ! On eût dit que nous herborisions dans un jardin. Nous suivîmes le vallon de Vertaubane. Par- venus au sommet du mont, nous jouîmes d'une suberbe vue sur la mer et sur Porquerolles où nous devions nous rendre le len- demain. La descente eut lieu par le val de l'Eolienne et nous arrivâmes dans le riche vallon de la Sabatière où, près de deux heures durant, nous sommes restés à herboriser libre- ment. L'heure du déjeuner approchant, M. E. Jahandiez, nous rap- pela aux réalités de la vie et, sous sa conduite, nous descen- dîmes par la Valérane et vers midi nous étions face à la mer, attablés à l'hôtel Beau-Rivage. Au cours de cette excursion et l'après-midi sur la plage de Giens, furent récoltées les espèces suivantes : 256 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE Fumana laevipes Spach. — viscida Spach v. vulgaris G. G. Arabis muralis Bert. Biscutella mediterranea Jord. Matthiola tricuspidata Br. Reseda alba L. Tamarix africana Poir. Linum campanulatum L. " — narbonense L. Erodium ciconium Willd. — Botrys Bert. Lavatera cretica L. Cytisus argenteus L. Anthyllis tetraphylla L. Trigonella gladiata Stev. — monspeliaca L. Medicago orbicularis Ail. — agrestis Ten. — murex v. sphaerocarpa. — marina L. Melilotus sulcatus Desf. Lotus ornithopodioides L. — edulis L. Astragalus pentaglottis L. Lathyrus setifolius L. Coronilla juncea L, — scorpioidesKoch. Hippocrepis unisiliquosa L. Caucalis daucoides L. Galium saccharatum Ail. Viburnum Tinus L. Valerianella discoidea Lois. Calendula arvensis L. Evax pygmasa Pers. Crupina vulgaris Pers. Carduus australis Jord. Hyoseris radiata L. Tragopogon australis Jord. Anchusa italica Retz. Cynoglossum cheirifolium L. Linaria simplex DC. Scrofularia provincialis Rouy. Rosmarinus officinalis L. Globularia Alypum L. Theligonum cynocrambe L. Osyris alba L. Aristolochia longa L. — Pistolochia L. Triglochon Barrelieri Lois. Orchis longibracteata Riv. Ophrys bombylifera Link. — fusca Link. — Bertolonii Moreti. — scolopax Gav. Carex chaetophylla Steud. Vulpia ligustica Link. Bromus madritensis L. Après le déjeuner nous allâmes, en longeant la mer, à Car- queiranne, visiter le jardin et les collections botaniques et artis- tisques de MM. Jahandiez. En arrivant, nous dûmes affronter les objectifs des photo- graphes de la session, puis nous visitâmes le jardin botanique, fort remarquable par ses collections de Labiées, de Mimosées et de plantes grasses. La maison est divisée en deux parties : à BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 257 gauche en entrant, les collections botaniques dont M. Emile Jahandiez fit les honneurs et parmi celles-ci des plantes nom- breuses des Canaries, cependant que son frère, M. Albert Jahandiez, dans l'appartement de droite, montrait les vues des mêmes îles. Les deux frères se complètent: l'artiste peintre et photographe applique ses arts à la science aimée de son frère, et l'histoire naturelle bénéficie de cette association de deux frères étroite- ment unis. Il fallut cependant regagner Hyères. Tandis que les plus in- trépides exploraient les sables maritimes de l'Almanarre et y récoltaient les espèces mentionnées dans la liste précédente, le plus grand nombre rentrait, à 5 h. 18, dans la ville d'Hyères, centre heureusement choisi des excursions. Ile de Porquerolles. Le matin à 6 h. 1/2, la voiture d'excursion nous emportait vers la Tour-Fondue au bout de la presqu'île de Giens, et, à 7 h. 3o, nous embarquions dans une chaloupe à vapeur dont le moteur ne se mit pas en branle sans résistance. On eût dit qu'il prévoyait que l'excursion serait à remettre. Effectivement, le temps se gâtait visiblement et nous eûmes toute la journée à affronter une pluie continue, mais modérée, qui n'empêcha pas de réaliser la plus grande partie du programme, mais nous priva de l'admirable vue dont on jouit ordinairement de cette île délicieuse. Nous accostâmes presque en même temps que le bateau de Toulon faisant le service de la poste, après avoir en mer aperçu maints torpilleurs se dirigeant vers le cap des Mèdes et Yléna immergé. Nous nous dirigeâmes vers le Grand-Langoustier et fîmes malgré la pluie d'intéressantes cueillettes. En faisant le tour de cette partie de l'île, dont' les photographes purent prendre quel- ques sites, nous regagnâmes le village vers midi avec un ap- pétit de botaniste. Nous trouvâmes à l'hôtel de quoi l'apaiser et du feu pour nous sécher. 258 BULLETIN DE GEOGRAPHIE BOTANIQUE Renonçant dans la soirée à explorer le cap des Mèdes, nous remplaçâmes cette excursion par la visite du sud de l'île, com- plétant ainsi nos récoltes : — scoparia L. Asterolinum stellatum Hffg. Delphinium Requienii DC. Bunias Erucago L. Erodium Botrys Bert. Oxalis Lybica Viv. Genista linifolia L. Lotus edulis L. Vicia atropurpurea Dest. — pseudo-cracca Bert. — angustifolia Roth v. unci nata? — heterophylla Presl. ? — bithynica L. Lathyrus Ochrus DC. — cicera L. Paronychia argentea Lam. et Link. Anchusa arvensis Bieb. Alkanna lutea DC. Veronica arvensis L. Orobanche minor Sutt. sur Crépis bulbosa Cass. Orobanche minor Sutt. sur Euphorbia pithyusa L. Rumex bucephalophorus L. Passerina hirsuta L. Euphorbia pithyusa L. Urtica pilulifera L. Narcissus patulus Lois. Mesembryanthemum acinaci- Serapias longipetala Pall. forme L. Galium murale Ail. Vaillantia muralis L. Senecio lividus L. Conyza ambigua DC. Crépis bulbosa Tausch. Sonchus maritimus L. Arbutus unedo L. Erica arborea L. Orchis intacta Link. — olbiensis Reut. Arisarum vulgare Reich. Juncus capitatus Weig. Kœleria Michelii Coss. Aira Cupaniana Guss. Festuca sciuroides Roth. Asplenium obovatum Viv. A 4 h. 3o, heure fixée pour l'embarquement, le vent fraîchissait et sur l'invitation pressante du patron de la barque, nous prîmes place à bord et après roulis et tangage, dont personne d'ailleurs ne fut sérieusement incommodé, nous regagnâmes notre voiture qui nous attendait à la Tour-Fondue et repassant devant les Salins des Pesquiers, nous, rentrâmes à Hyères un peu avant 7 heures. BULLETIN DE GÉOGKAPHIE BOTANIQUE 259 Les Salins d'Hyères. Une matinée entière permit de reposer les corps et de pré- parer les plantes. Après le déjeuner, nous quittâmes l'hôtel des Etrangers et par le chemin de fer du Sud quittant Hyères à midi 3q, nous descendions à midi 49 à Saint-Nicolas et de suite nous herborisions autour des vieux Salins. Nous allâmes d'abord lentement, savourant nos cueillettes et récoltant des raretés, sans pouvoir cependant mettre la main sur YOphrys spéculum. Le retour fut hàtit. Nous dûmes forcer le pas pour ne pas manquer le train. D'ailleurs nous avions recueilli toutes les espèces intéressantes inscrites au programme : Ranunculus Drouetii Sch. Vicia Bithynica L. — Baudotii Godr. Valerianella membranacea Malcolmia parvifiora DC. Lois. Matthiola sinuata. Hedypnois polymorpha DC. Hutchinsia diffusa Jord. Bartsia latifolia Sm. Cerastium siculum Guss. Serapias occultata Gay. — quaternellum Fenzl. — — v.anomala Malva parvifiora L. Alb Erodium laciniatum Cav. Ophrys atrata Lindl. Lupinus angustifolius Ait. — luteaCav. Medicago littoralis Rhode. Lagurus ovatus L. — rugosaDesr. Sphœnopus Gouani Trin. Trifolium maritimum Huds. Vulpia sciuroides Gmel. Vers 4 h. 3/4, nous étions de retour à Hyères. La Londe. — Forêt du Dom. — Bormes. Tout le monde est sur pied à 4 heures, même plus tôt. A 5 heures, nous partons dans notre grande voiture pour la Ver- rerie et le col de Gratteloup. Chemin faisant, sur les indications de M. Jahandiez ou sur celles de M. Raine, nous recueillons maintes espèces rares. Nous voici, vers 7 h. 1/2, au col de 260 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE Gratteloup et nous commençons la traversée de la forêt du Dom. Aux espèces méridionales se mêlent les espèces de l'Ouest de la France dont quelques-unes sont rares dans le Midi. Nous suivons la route forestière des crêtes. Au sommet nous jouissons d'une jolie vue. Mais la faim se fait sentir et nous redescendons par un raccourci vers la cantine du Dom où nous attire le plus plantureux déjeuner de la session, dont les restes suffirent à rassasier des touristes automobilistes, dont notre table en plein air a réveillé l'appétit. Après le déjeuner, les uns s'attardent parmi les rochers voi- sins offrant une flore riche et variée; les plus ingambes explo- rent le vallon des Caounes et descendent la rivière jusqu'à la grande route. Là, la voiture les recueille et, vers 4 heures, reprend à la can- tine les explorateurs des rochers. Tous ensemble nous nous di- rigeons vers Bormes. Un arrêt a été prévu au programme. On se rafraîchit, car il fait chaud, mais nous sommes botanistes. Aussi explorons-nous les rochers et le vieux château de cette localité, dont la flore naturalisée rappelle certains coins mexi- cains ou tropicaux. A 8 heures, après un arrêt pour recueillir les Aristolochia, non sans briser des piochons, nous étions de retour à Hyères. L'inventaire des récoltes donna le résultat suivant : Ranunculus saxatilis Balb. Adenocarpus grandifiorus. Anémone palmata L. Boiss. (non fleuri). Barbarea praecox Br. Trifolium subterraneum L. Biscutella cichoriifolia Lois. — nigrescens Viv. Teesdalea Lepidium DC Geum salvaticum Pourr. HelianthemumTuberariaMill. Saxifraga granulata L. — guttatum Mill. — hypnoides L. — pilosum Pers. Senecio lividus L. Viola Kitaibeliana R. S. v. Doronicum plantagineum L. parviflora. Echium macranthum R. S. Géranium lucidum L. Symphytum tuberosum L. Genista Jordani Shutl. . Euphorbia terracina L. Lupinus hirsutus L. — segetalis. BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 261 Aristolochia pallida W. K. Tulipa gallica Lois. Fritillaria involucrata Ail. Allium triquetrum L. Asphodelus cerasifer J. Gay. Narcissus poeticus L. — Tazetta L. Iris olbiensis Hémon. Serapias neglecta De Not. Orchis intacta Link. — picta Lois. — lactea Poir. — provincialis Balb. Luzula Forsteri DC. Carex chaetophylla Steud. — longiseta Brot. Lamarckia aurea Mœnch. Notochlaena Maranta: Br. Osmunda regalis L. Cheilanthes odora Sw. Grammitis leptophylla Sw. Isoetes Durieui Bory. Hyères. La journée du dimanche fut tout entière consacrée au repos. On put préparer les plantes. Le soir à 2 heures, sous la conduite de M. Coufourier, on visita les deux jardins botaniques d'Hyères riches en palmiers et en espèces exotiques rares. Citons entre autres : Persea gratissima Gaertn., Pittosporum Mayi Hiigel, P. coriaceum Vahl., Pinus longifolia Raxb., P. canariensis Chr. Sm., Araucaria Cunninghamii Ait, A. Bid- willii Hook., Wellingtonia gigantea Lindl., Podocarpus ma- crophylla Don., P. neriifolia R. Br., Laurus CamphoraL., Arbutus Andrachne L., A. canariensis Veill., Evonymus Jim- briatus Wall., Inga alba Willd., Jubaea spectabilis H. B. et F., Livistona chinensis R. Br., Cocos campestris Mart., Brahea Roe^lii Wendl., Pritchardia filifera Lindl., Phœnix canariensis Chab., etc., etc. On visita également le jardin privé de M me Clerc. Quelques uns se rendirent au Musée où la collection d'His- toire naturelle, précisément parce que surtout locale, ne manque pas d'intérêt. Pourquoi faut-il que les jardins d'Hyères qui pourraient être si riches et attirer tant de monde manquent de ressources comme la plupart des établissements scientifiques ? 262 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE Le Mont Faron. Le lundi 24 avril à 6 h. 3o du matin, nous voici partis avec deux voitures, Tune convoyant les vivres, pour la Valette jus- qu'au carrefour du vieux chemin de Touris. Là, nous trouvons de nombreux confrères de Toulon et de Marseille et nous com- mençons à gravir lentement un sentier pierreux qui nous con- duit à la route stratégique. Nous ne tardons pas à "rencontrer M. Dumée, notre vice-président, venu par le chemin de fer. Nous voici au fort de la Croix-de-Faron dont nous jouissons d'une superbe vue dans la direction d'Hyères et de la Farlède. Nous nous dirigeons vers la batterie du Pas de la Masque, et trouvons non loin des pierres extraites d'une petite carrière et sous des rochers une source d'eau fraîche qui sera fort appréciée au moment du repas champêtre terminé par plusieurs toasts portés respectivement à l'Académie, aux Sociétés de Toulon et de Marseille et aux frères Jahandiez. Après déjeuner, tout en herborisant, nous admirons près de la Tour de Beaumont et du Fort Rouge et en descendant vers le faubourg Saint-Roch, l'admirable panorama de la rade entière de Toulon et de la presqu'île de Saint-Mandrier qui se déroule sous nos yeux. Les photographes s'en donnent à cœur joie et nous fixent à nouveau sur leurs plaques. Nous voici à Toulon. Au moment de prendre le train, nous sommes péniblement impressionnés par la mort d'une jeune institutrice de Marseille qui se fait écraser presque sous nos yeux en voulant monter dans le train avant l'arrêt complet de celui-ci. Enfin, laissant Toulon à 4 h. 22, nous arrivons à Hyères à 5 h. 5. Nos boîtes renferment : Anémone stellata Lamk. Lepidium hirtum DC. Arabis muralis Bert. Fumana viscida Spach v. vulga- Brassica Robertiana Gay. ris. Alyssum spinosum L. • Silène saxifraga L. BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 263 Althaea hirsuta L. fleuri). Erodium romanum L'Hérit. Urospermum Dalechampii Desf. Pistacia Terebinthus L. Tragopogon australis Jord. Genista Lobelii DC. Hyoseris radiata L. Cytisus sessilifolius L. Veronica cymbalaria Bodard. Melilotus sulcatus Desf. Orobanche cruenta Bert. Astragalus pentaglottis L. — V. citrina Coss. et Vicia bithynica L. Germ. — amphicarpa Dorth. Thymus vulgarisL. v. capitatus. Lens esculenta Mœnch. PhlomisfruticosaL. (non fleuri). Coronilla juncea L. Globularia Alypum L. Amelanchier vulgaris Mœnch. Aphyllanthes monspeliensis L. Saxifraga tradactylites L. Tulipa gallica Lois. — ■ hypnoïdes L. Ophrys aranifera Huds. Orlaya platycarpa Koch. Orchis longibracteata Biv. Bupleurum fruticosum L. (non Avena barbata Brot. fleuri). Melica minuta L. Valerianella discoidea Lois. Festuca arundinacea v. mediter- Phagnalon saxatile Cass. ranea. Centaureaintybacea Lam. (non Asplenium Petrarchae DC. Tamaris. — Les Sablettes. — Fabrégas. — Saint-Mandrier . A 5 h. 5j, nous sommes tous réunis à la gare des chemins de fer du sud, sauf MM. Jahandiez que nous trouvons à Carquei ranne et à 7 h. io, nous sommes à Toulon. Nous y rejoignons les confrères de Toulon et nous embarquons. A 7 h. 25, nous partons en traversant la rade de Toulon dans sa longueur, nous débarquons à 7 h. 55 aux Sablettes. Nous suivons la côte par par Mar-Vivo et Fabrégas, jusqu'au dessous du Baoux-Rouge. Les cistes sont en pleine fleuraison. M. Alb. Jahandiez en pro- fite pour prendre des photographies en couleurs. A travers bois nous revenons prendre le bateau et traversant cette fois la rade dans sa largeur, passant devant plusieurs vaisseaux de guerre, nous allons de Tamaris à Saint-Mandrier, où un copieux déjeu- ner attend les congressistes à midi et demi au restaurant du 264 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE Château Vert. Dans la soire'e, les uns vont visiter Toulon, les autres sous la conduite des confrères de Toulon font le tour du cap Cepet, admirant les vues qui se présentent à leurs yeux et recueillant quelques espèces intéressantes. De Saint-Mandrier, le bateau nous ramène à Toulon et le soir à 7 h. 1/4, nous som- mes à Hyères, très satisfaits de cette belle excursion qui termine la session d'Hyères et nous a procurés : Ranunculus muricatus L. Vicia disperma DC. Lathyrus clymenum L. Hippocrepis ciliata Willd. Medicago praecox DC. — littoralis Rhode. — lappacea Dur. Evax pygmaea Pers. Convolvulus tricolor L. Echium plantagineum L. Linaria triphylla Mill. Plantago Bellardi Ail. — subulata L. Simethis bîcolor Kunth. Astragalus massiliensis Lamk. Romulea ramiflora Ten. Paronychiaechinata Lamk. Juncus capitatus Weig. Viburnum Tinus L. Centranthus calcitrapa DC. Valerianella microcarpa Lois. Chrysanthemum segetum L. — coronarium Scleropoa rigida Gris. L. adventice ? Vulpia ciliata Link. Asteriscus littoralis Jord. Bromus madritensis L, Carex divisa Huds. — basilaris Jord. — ambigua Link. Poa bulbosa L. Séance de clôture au Musée bibliothèque. Présidence de Mgr H. Léveillé. En l'absence des président et vice-président, M. le Secrétaire perpétuel remercie MM. les membres des Sociétés de Toulon et de Marseille de leur aimable accueil et en particulier M. Abelin présent à la séance, qui tout à l'heure voudra bien nous exprimer sa sympathie et ses remerciements. Il remercie chaleureusement MM. Jahandiez et MM. Gerber et Dumée qui ont bien voulu présider nos séances et dont le der- nier vient de prendre place au Bureau. BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQDE 26n Il proclame membres de l'Académie : MM. D r Gerber (Ch. Eug. Ad.), professeur de matière médi- cale, à l'Ecole de Médecine et de Pharmacie de Marseille, pré- senté par M. Dumée et Mgr Léveillé. Des Ligneris (Michel), ingénieur agronome à Bressolles par Moulins (Allier), présenté par Mgr Léveillé et Eni. Jahandie^. On émet un vœu en faveur d'une session aux Pyrénées en 1912 et en Corse en 191 3. En fin de séance M. Raine, distribue aux membres présents les espèces suivantes : Scabiosa maritima L. v. atropurpurea GG. Orobanche fuliginosa Reut. Leucoium pulchellum Salisb. Ranunculus sardous Crantz v. mediterranea Gris. Calendula arvensis L. v. bicolor DC. Pulicaria sicula Moris. Carduus Sanctas-Balmae Lois. Delphinium Requienii DC. Geraninm tuberosum L. X Fumaria Burnati L. Verguin. Ranunculus millefoliatus Vahl. Anémone palmata. — rosea Hanry. — coccinea Jord. M. Dumée, vice-président remercie M. Raine et déclare close la session de 191 1 . 266 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE Contribution k l'étude des Carex du Berry Par M. L. LAMBERT Depuis que Mgr. Léveillé a lancé aux Membres de l'A. I. G. B. son appel pour l'étude des Carex de la Flore française (i), d'in- téressantes communications ont été faites, décrivant des varié- tés inédites, des hybrides nouveaux, signalant de nouvelles sta- tions d'espèces rares ; ou, telle la récente étude de notre savant secrétaire, délimitant avec décision des formes jusqu'ici ambi- guës. Mais la matière est loin d'être épuisée, pendant longtemps encore elle fournira un aliment certain à l'activité des cher- cheurs. Gomme les années précédentes, je viens apporter ma modeste contribution à l'œuvre commune et faire connaître aux lecteurs du Bulletin les nouveautés que mes herborisations de 191 1 m'ont rapportées. Carex Hudsonii Benn. lusus verticillata Lévl. et Lambert. Epis mâles portant à leur base un verticille de 5- 10 épis mâles plus ou moins développés. Hab. Cher: Raymond, à l'étang. Lusus leucorhyncha Lévl. et Lambert. Utricules à bec blanc. Hab. même localité. X Carex Felixii Lambert. Bull. Acad. Géog. bot. n°2o5, p. VII C. acutiformis X Hudsonii. Ce rare hybride trouvé tout d'abord le long des fossés qui avoisincnt le pont du ruisseau l'Yèvre entre le camp d'Avord et la ferme de Terrieux, est assez fréquent dans le pré attenant à cette ferme ; il existe en outre sur la lisière nord de l'étang de Raymond où il atteint de grandes dimensions. X C. stagnalis Lambert Bull. Acad. Géog. bot. n° 255, p. 10 C. gracilis X Hudsonii Kuk. Je signalais, dans le Bulletin de Janvier 191 1 la découverte à Raymond de la forme super -Hudsonii Kuk. ; la forme inverse est assez abondante au bord du ruisseau près de la machine élévatoire du camp d'Avord, et çà et là dans le pré voisin. Ce carex doit sûrement exister à de nombreuses localités car les parents sont généralement répandus. (1) Bulletin de l'A. I. G. B., n« 206, p. 164. BULLETIN^DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 2G7 Forme : super-Hudsonii Kûk. Hab. Cher : Raymond à l'étang. Forme : super- gracilis Lamb. Hab. Cher : Avord. X C. pseudo-turf osa Lévl. et Lambert. C. Hudsonii X vulgaris, forme super-Hudsonii Kùk. Trois touffes de cet hybride, que j'avais pris d'abord pour X C. turfosa Fries, existent avec les parents dans le ruisseau tourbeux qui descend de l'étang de Raymond, au lieu dit : Les Prés Taurs, commune de Bengy-sur-Craon. Ses caractères sont intermédiaires à ceux de ses ascendants, avec prédominance de V Hudsonii. L'une des touffes était pourvue de longs rhizomes noirâtres : forme rhi^ostolon Lévl. et Lambert. X C. auroniensis Lambert. Bull. Acad. Géog. bot., n oS 225-226, p. 33q. C. acutiformis X gracilis. C'est à cet hybride que doit être rapporté le C. acutiformis Ehrh. var. brachylepis Lambert, in Bull. Acad. Géog. bot. n° 125, p. 7. Mgr Leveillé a confirmé le bien fondé de ce rap- prochement. Les individus existant à Raymond appartiennent à la forme super-acutiformis Lambert. X C. Bengyana Lévl. et Lambert (hyb. nov). C. acutiformis X vulgaris. Tige assez grêle ne se déchirant pas en filaments ; feuilles plus courtes que la tige, de 2-3 mill. de large ; épis cylindriques de 3-4 cm. de long, les mâles, habituellement 2., de couleur fauve, les femelles dressés à écailles lancéolées, 2 lois plus longues que le fruit, subobtuses ou aiguës. Utricules petits très distinctement nervés sur les deux faces dans toute leur longueur, en majorité stériles et alors d'un blanc jaunâtre, à bec court, mais très nette- ment formé. Deux stigmates. Obs. Ressemble beaucoup au X C. Felixi ; en diffère par son port bien plus grêle, ses gaines non filamenteuses, ses utricules plus longtemps persistants. Hab. Cher: Bengy-sur Craon, à la mêmestation que C. pseu- do-turf osa. C. glanca Murr. var. flavescens Kiik. Utricules jaunâtres, elliptiques-oblongs, deux fois plus longs que les écailles. Hab. Cher : Raymond, rives de l'étang, 268 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE var. aristolepis Kiïk. Ecailles plus longues que les utricules, aristées ; denticu- lées. Hab. Cher : Raymond, pelouses de la Chaume d'en Bas. var. gracillima Lévl. et Lamb. Plante basse, 1-2 dm., à épis très grêles, filiformes, à utricu- les très petits. Hab. Cher: Raymond, parc de Saint-Antoine. C.panicea L. lusus ramosa Lévl. et Lambert. Epis femelles divisés en plusieurs branches. Hab. Cher : Camp d'Avord. C. distans L. lusus ramosa Lévl. et Lambert. Epis femelles rameux. Hab. Cher ; Raymond. var. neglecta Corb. Plus grêle que le type, feuilles plus étroites. Hab. Cher : Raymond, aux Prés Taurs. C. acutiformis Ehrh. forma minor Péterm. Hab. Cher : Raymond à St-Antoine. lusus ramosa Lévl. et Lambert. Même station. X C. Lambertiana Lévl. (hyb. nov.). C. riparia X acutiformis. Plante à inflorescence de C. riparia Curt. Comme ce der- nier il a les épis mâles bruns, cylindriques-ellipsoïdes, à écail- les aiguës ; des utricules arrondis à parois coriaces, à bec bifide ; des écailles cuspidées. Il en diffère surtout par la forme des utri- cules qui sont plus élancés, à la fois plus étroits et plus longs (6 mill. sur 1-1 1/2), par ses bractées et ses feuilles moins larges, son port plus grêle. Hab. Cher : Baugy, près de la Garenne, fossé près de l'ancien routoir, sous les aulnes. C. alsatica Zahn. {C.flava X Œderi). Est plutôt un métis qu'un hybride, car les parents ne peuvent être distingués spécifiquement l'un de l'autre. Hab. Cher: Raymond, à l'étang. X C. xanthocarpa Degland. {C.flava X Hornschuchiana). Hab. Cher : Bengy-sur-Craon, aux Près Taurs. Déjà signalé en Berry sous le nom de X C. fulva Hoppe, qui est postérieur à celui de C. xanthocarpa. BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 269 Diagnoses d'espèces et de variétés nouvelles de mousses 9 e article Par.M. I. THERIOT Les plantes décrites dans ce 9 e article proviennent de différen- tes régions du globe ; mais le plus grand nombre d'entre elles ont été récoltées en Chine, dans la province de Kouy-Tcheou, par les soins des R. P. Cavalerie, Esquirol et Fortunat. Cette même Revue a déjà publié en 1908 et 1909, et le Monde des Plantes en 1 907, un certain nombre de nouveautés bryologi- ques du Kouy-Tcheou trouvées dans les récoltes des R. P. Ca- valerie et Esquirol. Les unes et les autres récoltes nous ont été confiées par le distingué Secrétaire perpétuel de l'Académie in- ternationale de géographie botanique, Mgr. Léveillé ; nous lui en exprimons ici toute notre gratitude. Dicranodontium porodictyon C. T. — Species D. nitido (D. et M.) FI. comparanda, sed auriculis pulchre limitatis et valde coloratis, retisque suprabasilaris parietibus crassioribus porosisque distinctissima. Folia plerumque apicem versus dis- tincte denticulata. Hab. — Chine, prov. Kouy Tcheou : Pin-fa, chutes d'eau ; leg. Fortunat, 1904. Leucobryum Ghevalieri C. T. — L. afroglauco C. Mtill. camerunensi proximum, foliis autem latioribus, chlorocystis apicem versus magis hypocentralibus et leucocystis ventralibus ibidem plus minus bistratosis diversum. Hab. — Côte d'Ivoire, leg. Chevalier; comm. Muséum Paris. Fissidens Lacouturei Thér. — Species F. exasperato R. C. comparanda, sed foliis laxioribus, lamina vera longiore, cellulis papillosis, cellulisque marginalibus parum prominentibus dis- tinctissima. Hab. — Madagascar, Imamo ; leg. P. Camboué (comm. La- couture). Calymperesloucoubense Besch. var minus C. T. — Statura minore, caule minus dense folioso, reti minus obscuro. Hab. — Mayotte, Grande Terre, domaine de Combani ; leg. Geo. Thierry, 1907. Anoectangium Fortunati C.T.— Ab. A. laxo C. M. proxi- motoliis facilius emolliendis, cellulis superioribus majoribus et minus papillosis, retique basilari laxiore diversum. Novembre 19 270 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE Hab. — Chine, prov. Kouy-Tcheou : Pin-fa, rochers humides, leg. Fortunat, 1903, n° 1544. Splachnobryum siamense G. T. — S. Oorschoti (Lac.)C. M. javanico affine sed foliis iatioribus et longioribus, marginibus interne saepe refiexis vel subrevolutis, costa pro folii latitudine angustiore et reti latiore, cellulis Iatioribus, parietibus tenuiori- bus composito sat distinctum videtur. Hab. — Siam, Bangkok; ^leg. Topend (comm. Tourret.) Webera graciliformis C.T.— W.gracili De Not.affinis, fo- liis autem valde concavis, integris, costa angustiore, percurrente, propagulisque magis numerosis et in axillis foliorum glomera- tis dignoscenda. Hab. — Chine, prov. Kouy-Tcheou : Pin-fa, sur grosses pierres dans un ruisseau; leg. Cavalerie, 1904. Webera Cavaleriei C. T. — Dioica. Folia lanceolato- acuminata, marginibus plerumque tota longitudine revolutis, costa percurrente, cellulis parietibus incrassatis. Capsula angus- te cylindrica, suberecta. W. compactulœ C. M. proxima, sed foliis saltem uno latere valde revolutis, cellulisque magis colo- ratis distincta. Hab. — Chine; Pin-fa, leg Cavalerie 1905., n° 1941. Brachymenium sinense C. T. — A. B. sikkimensi Ren. et Card. proximo dirfert : costa minus vaiida, cellulisque chloro- phyllosis, parietibus tenuissimis et perflaccidis. Foliis breviori- bus, costa excurrente magis abrupte cuspidatis, et inllorescentia ut videtur dioica aB. indico Br. jav. diversum. Hab. — Chine, Kouy-Tcheou, sur des tuiles en compagnie de Bryum argenteum ; leg. Esquirol, 1904, n° 317 pp. Bryum flaccidissiinum C. T. — Stérile. Caules graciles, 2-3 centim. alti, laxe foliosi. Folia mollia, e basi longe et anguste decurrente ovato-lanceolata, breviter et obtuse acuminata, per- conva, 2,5 millim. longa, 1, 5 lata, marginibus planis, integris vel apicem versus sinuato-subdenticulatis, costa Hexuosa, sub apice evanida, basi 100 \i lata, reti laxo, cellulis hexagonis vel rhomboideis, mediis 60 (x longis, 3o \i latis, inlerioribus lon- gioribus, 90 (x longis, marginalibus sat distinctis, angustioribus et longioribus. — Bryo fiuvalii Voit, sat simile, loliis autem mollioribus, minus longe et minus late decurrentibus, margini- bus superne saepe sinuatis, reti quidem latiore, cellulisque mar- ginalibus magis distinctis, longioribus, médium versus 3-5 se- riatis. Hab. — Ile Kerguelen ; leg. Em. Bossière, 1909. Mnium yunnanense Thér. — Mn. Maximoipiciii Lindb. et Mn. coriaceo Griti. capsula suberecta, reti densiore et chloro- phyllos (celluliso med. long. i5-i8fi, lat. 12 f/,, cell. superior. 10 \x); a Mn. Maximowic\ii praeterea cellulis marginalibus pa- rietibus paru m crassiorib us, a JVf 72. corz'tfceo cellulis marginalibus longioribus et angustioribus distinguitur. BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 271 Hab. — Environs de Yunnan-Sen, leg. Ducloux, 1 906 ; comm. Muséum Paris. PhilonotisplumulosaC.T. — AP/î. nitida Mitt. ramismagis plumosis, costa minus longe excurrente, cuspida breviore et crassiore, retique laxiore, cellulis latioribuset brevioribus com- posito facile dignoscitur. Hab. — Chine, prov. Kouy-Tchéou : Pin-fa, bois humides, leg. Cavalerie, n° 1/52, avril 1904. Pterobryum panamense C. T. — A P. denso foliis valde concavis jum diversum. Hab. — Panama, leg. f re Hélion. Neckera perpinnata C.T.— N. brachycladae Besch. peraf- finis et forsan tantum hujus varietas, ramificatione autem den- siore, foliis acuminatis, acutis vel subacutis et costa validiore diversa. Hab. — Chine, prov. Kouy-Tchéou : Pin-fa; leg. Cavalerie 1905, n° 161 1 pp. Symphyodon weymouthioides C.T. — Species habitu pe- culiari, Weymouthiae molli (Hdvv.) Broth. subsimilis, S. erinaceo (mitt.) Jgr. affinis, sed caulibus ramisque gracilioribus, foliis Minoribus, superne minus denticulatis, nervisque tenuioribus et brevioribus statim discernenda. Hab. — Chine, prov. Kouy-Tchéou; leg. Cavalerie. Pseudoleskeopsis serrulata C. T. — P. decurvatae (Mitt.) Broth. proxima, a qua differt loliis madore magis undique patulis, magis acuminatis, marginibus toto ambitu distinctius et superne magis serrulatis, cellulisque longioribus et angustio- ribus. Hab. — Chine, prov. Kouy-Tchéou : Pin-fa, chutes d'eau ; leg. Fortunat, 1904. Duthiella pellucens C.T. —AD. Walliçhii (Hook.) Broth. et/Iaccida (Card.) Broth. reti multo magis pellucido jam diversa; D. flaccida praeterea caulibus robustioribus, ramis haud com- pressis, siccitate rigidis, foliis magis denticulatis, etc., distin- guitur. Hab. — Chine, prov. Kouy-Tchéou: Pin-fa, leg. Cavalerie. Isopterygium Textori (Lac.) Mitt. var latifolium C. et T. — Forma robusta, insigniter purpureo-variegata, a forma ge- nuina habitu validiore. foliis majoribus, late breviterque acu- minatis et apice valde denticulatis diversa. Hab. — Japon : Oshima, leg Ferrie, 1899. Nous avons du Maduré (Inde orientale) une forme qui tient le milieu entre cette variété et le type. Homalotheciella sinensis C. T. — Ab. H. subcapillata (Hedw.) Card. foliis longioribus, ar.guste lanceolatis acumine latiore, et praesertim pedicello omnino lasvi prima scrutatione discernenda. 272 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE Hab. — Chine, prov. Kouy-Tchéou : Pin-fa, bois; leg. For- tunat, 1904, n° 1 636. Rhynchostegium Esquiroli C T. — Habitu R. cataractili C. M. sat simile, sed foliorum forma valde diversum, et R. lon- girameo C. M. magis affine, foliis autem latioribus, minus con- cavis, in acumen angustius magis abrupte constrictis, costabre- viore, longius ab apice evanida, cellulisque angustioribus et longioribus. Hab. — Chine, prov. Kouy-Tchéou, Chang-Yeou-May ; leg. Esquirol, 1904, n° 339 PP- Rh. patulifolium C. T. — A R. rusciformi B. E. caule gra- cili, sat regulariter pinnato, ramis patulis, foliis patentissimis, minoribus brevioribus et latius ovatis differt. Hab. — Chine, prov. Kouy-Tchéou :Tou-chan, route Houan- Tien; plante complètement submergée; leg. Fortunat, 1904, n° i655. Havre, i e ' octobre 1 91 1 . Sur quelques fougères françaises. Par M. R. de LITARDIERE. Cystopteris fragilis (L.) Bernh. var. dentata (Dicks.) Hook. subvar.Woodsioides Christ, Farnkr. derSchw., 1 58(1900). Je viens de recueillir cette intéressante petite forme, connue seulement des gorges de l'Inn (Haute-Engadine), dans les fentes des rochers schisteux dévoniens en montant de l'Hospice de France au Port de Benasque (Haute-Garonne), vers 2.400 m , où elle croissait en compagnie du Cystopteris regia var. alpina. Elle ressemble vraiment à s'y méprendre à un Woodsia. Cystopteris fragilis (L.) Bernh. var. acutidentata Doll Basses-Alpes : Saint-André-les-Alpes, rochersdeSaint-Julien ; rochers d'Allous; Castellane (L. Lambert; août 191 1). Cette variété, caractéristique d_ j s chaînes jurassiennes, n'avait encore, à ma connaissance, été rencontrée en France que dans le Jura et la Haute-Savoie.. BULLETIN DE GÉOGHAPHIE BOTANIQUE 273 X Dryopteris Borbasii R. Lit., Fougères des Deux-Sèvres, in Bull. Soc. bot. Deux-Sèvres, 85 (1910). = D. dilatata X filix-mas R. Lit. Aspidium remotum var. subalpinum Borbas, in Verh. zool. bot. Ges. zu Wien, XXV, 791 (1876). A. Filix-mas X dilatatum Christ, Farnkr. der Schw., i 38 (1900). A. remotum'A. Br, Betr.ùb. Ersch. Verj. inNat., 329, 33o(i85 1 ). (p.p.) A. Filix-mas X spinulosum A. Br., in Dôll, Gefasskrypt. Bad. 3o (1825) (p.p.). ? A. cristatum var. umbrosum Procop.-Procop., in Verh. zool.- bot. Ges. zu Wien, 792 (1887) [Sec. Vladescu) (1). C'est aux environs de Luchon, près de la cascade d'Enfer au fond de la vallée du Lys, non loin du Chalet des Cascades, que j'ai eu le plaisir de découvrir une unique touffe de ce rare hybride le 12 août dernier. Dans cette station (1 100 m.) crois- saient Dryopteris filix-mas var. incisa et var. Borreri, D. dila- tata var. oblonga, D. oreopteris, ainsi que Polystichum lobatum et P. Braunii (2). Le X D. Borbasii, nouveau pour la région pyrénéenne, n'é- tait encore connu en France que dans les Vosges. (E. Walter). On l'a aussi signalé en Ecosse, près du Loch Lomond (3), dans trois localités suisses- des cantons de Lucerne, Zurich et Berne, en Alsace et dans la Forêt-Noire, en Tirol, Croatie, Bukovine et Transylvanie. Asplenium fontanum (L.) Bernh. subspec. Jahandiezii R. Lit., nov. subspec. M. Jahandiez vient de me communiquer un très curieux Asple- nium que je n'hésite point à rattacher VA. fontanum dont il (1) M. Vladescu, Crypt. vase, din România, in Bul. Erb. institut, bot. din Bucuresti, n" 2, 80 (1902I. (2) Polystichum Braunii (Spenn.) Fée, signalé pour la première fois en France dans cette localité et près du lac d'Oo, par M. Zeiller (Bull. soc. bot. Fr., 440, 1888) y est très abondant. J'ai cherché en vain son hybride avec le lobatum (X P- Luerssenii) que M. Zeiller y aurait également rencontré. J'ai observé aussi cette intéressante fougère, mais bien plus disséminée, jusqu'au Gouffre d'Knfer. (3) Cf. Boyd, Notes on Lastrea remota, in Trans. Edinburgh Field nat. micr. soc, VI, 1 1, 85 (1909;. 274 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE constitue une sous espèce des plus tranchées ; je me fais un sen- sible plaisir de la dédier au savant collaborateur du regretté Albert. En voici la description : Rhizomatecaespitoso, paleisatrofuscis angustis vestito. Petiolo brevi (0,4-2,5 cm. longo), viridi, inferne ebeneo-fusco, anguste marginato. Lamina 6,5-9 cm - a ^ xa i i7' 2 ^ cm. lata, rigida, coriacea, atroviridi, glabra, lineari-lanceolata, simpliciter pin- nata; rachi viridi crasso alato. Pinnis 10-12 utroque racheos latere, inferioribus rhombeo-rotundatis basi paulo cuneatis, mediis et supeiioribus ovatis, 1 , 6 cm. longis, 1 cm. latis, basi late adnatis, inrachim decurrentibus, omnibus grosse sinuato-den- tatis, dentibus mucronatis; apice laminae obtusiusculo triangu- lari lobato. Soris ovatis, 5-io in singulis pinnis, denique con- fluentibus; indusia subintegerrima, subarcuata, elongata. Petiolo basi duabus stelis, summo stela unica fascibus lignosis non coalescentibus. Hab. Gallia : Var in faucibus calcareis rivi Verdon prope Aiguines, 523-700 m. s. m. et prope Fontaine-l'Evêque, 400 m. cire. s. m., cum Asplenio trichomane, leg. E. Jahandiez, 1909 et jul. 191 1; eadem planta, sec. Jahandiez, in herbario clar. Albert, sub nomine Aspl. viridi, apud Mus. Telon. • Diffère de Y Asplenium fontanum par sa fronde à tissu plus coriace, simplement pinnée, à rachisailé et surtout par ses seg- ments largement adnés à la base, décurrents sur le rachis, gros- sièrement sinués-dentés, aussi par ses indusies plus allongées; il s'en éloigne en outre par la présence, au sommet du pétiole, d'une stèle unique à faisceaux ligneux séparés. Ressemble un peu à l'x Aspl. Gastoni-Gautieri R. Lit., nov. nom. (X A Gautieri Christ, 1900, non Hook., 1860) = A. fon- tanum X viride Christ, mais en diffère surtout par sa texture, qui n'est point tenui herbacea, mais bien coriace, ses segments tous sessiles, les moyens et les supérieurs largement adnés à la base, décurrents sur le rachis, à dents nombreuses (1). (1) Je n'ai pu malheureusement étudier la structure de cet hybride, ainsi que celui de formule perfontanum X viride, ces deux plantes étant repré- sentées dans mon herbier seulement par quelques frondes que le regretté Gaston Gautier avait bien voulu m'adresser. r? lit; 1. Asplenium fontanum subspec. Jahandie\ii R. Lit, fronde (grandeur naturelle). 2. Une pinnule moyenne (grossie). 3. Schéma de la partie intérieure du pétiole montrant les deux stèles. 4. Schéma de la stèle à la partie supérieure du pétiole. 5. Schéma de la stèle dans le rachis. 6. Asplenium fontanum (L.) Bernh. var. pedicu- larifolium (Koch) Asch. : schéma de la partie supérieure du pétiole. 7. Soudure des stèles dans le rachis. 276 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE Anatomiquement, cette nouvelle sous-espèce diffère bien du fontanum type. Alors que dans ce dernier, comme chez VA. foresiacum, même dans les exemplaires les plus réduits et les moins divisés, le pétiole présente toujours deux stèles à la base et au sommet, dans le Jahandie\ii, on n'en trouve qu'une seule au sommet avec faisceaux ligneux séparés ; ces deux faisceaux ne tardent point du reste à se souder dans le rachis en une seule masse présentant tout d'abord à peu près la forme d'un T ren- versé. Chez le fontanum, les deux stèles pétiolaires se soudent à une hauteur variable dans le rachis et généralement d'autant plus haut que le pétiole est plus court et la partie foliacée plus développée, à peu près au tiers de cette dernière. M. Jahandiez me donne au sujet de la remarquable fougère des gorges du Verdon les renseignements suivants : Elle croit dans les grottes des gorges (calcaire portlandien), toujours à l'ubac. Ces grottes sont généralement peu profondes, souvent de simples rochers humides en surplomb. L'altitude de la station de Fontaine-l'Evêque est de 400 m. environ, et pour les différentes grottes des escarpements de Marges à Aiguines, elle peut varier de 520 à 700 m. Les pentes, très abruptes, sont en grande partie couvertes de buis ; dans la région supérieure, entre 900 et 1577 m. (sommet de Marges) se trouve, une forêt où dominent les hêtres. Ces gorges offrent une flore des plus spéciales et l'on ne devra point s'étonner de trouver là une fougère endémique. Elle a pour compagnons les Mœhringia dasyphylla Bruno, Alsine Villarsii Mert. et Koch, Potentilla caulescens var. petiolulata (Gaud,), Géranium nodosum L., Androsace Chaixii DC, Myo- sotis Alberti Huet et Burnat, M. silvatica Hoffm., Teucrium lucidum L., Galium tenerum Schleich., Phyteuma Villarsii Schultz. Le Secrétaire perpétuel, Gérant du «Bulletin»; H. LE VEILLÉ. Imprimerie Monnoyer. MÉMOIRES DE L ACADÉMIE Internationale de Géographie Botanique Sous ce titre, paraissent à des époques indéterminées un ou deux fascicules par an, renfermant les travaux de longue haleine ; les articles du Bulletin étant limités chacun au maximum de 82 pat j es. A paru le i Cr avril la suite du Catalogue raisonné des plantes du bassin de la Haute Ariège, par feu H. Marcailhou d'Aymeric. Souscription annuelle : ÎO fr. Pour les souscripteurs au Bulletin : S fr. LE IM1I DES Plllïll REVUE BIMESTRIELLE De Bibliographie, d'Informations & d'Echanges H. LÉVEILLÉ, Directeur ?8, Rue de Flore, 78 — LE MANS (Marthe) ABONNEMENT : « fr. îîO PAR AN CONSTITUTIONS DE .'ACAUÉMIK IKTKRJVATIOXALB DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE EXTRAIT DES STATUT»] I. — II est formé, sous le nom d'Académie internationale de Géographie botanique, une Société composée de 3oo membres, dont 20 portent seuls le titre d'Académiciens; les autres se divisent en Associés libres et en Membres Auxiliaires. II. — Les Académiciens se divisent en membres titulaires, membres d'hon- neur et membres correspondants. Les premiers sont au nombre de 12, les seconds au nombre de 4, et les troisièmes également au nombre de 4. III. — Les membres sont élus à la majorité des suffrages des membres titu- laires. Il appartient toutefois au Directeur nommé pour Tannée, de choisir les Membres d'Honneur. IV. — Les membres de l'Académie sont élus à vie. Il en est de même du Secrétaire qui prend le nom de Secrétaire perpétuel de la Société. VI. — L'Académie de Géographie botanique, présidée par chacun de ses membres titulaires ou d'honneur, élu Directeur à tour de rôle, admet les botanistes de toute nation et reçoit volontiers les dons et offrandes. Elle a son siège là où se trouve le Directeur en fonction. Le Siège légal est Le Mans. La seule cotisation exigée de ses membres est le montant du prix du Bulletin. Ils peuvent aussi contribuer par des dons volontaires à la publica- tion des travaux de l'Académie. Le versement d'une somme de 25o francs effectué en une ou plusieurs fois, en dehors de la cotisation annuelle, dispense son auteur du versement ultérieur de toute cotisation et lui assure l'abonnement à vie à l'organe de l'Académie. Le donateur d'un capital de 5oo francs est non seulement dispensé du versement de la cotisation, mais a droit, en outre, au titre de Membre perpétuel et à la reproduction à perpétuité de son nom sur la liste des membres de l'Académie. Extrait du Règlement Art. I. — L'Académie internationale de géographie botanique publie un Bul- letin mensuel. Art. IL — Le Directeur de l'Académie est élu pour un an, par tous les mem- bres de l'Académie, sur la présentation d'une liste de 3 noms choisis par les seuls Académiciens; il est réeligible. Art. V. — Il sera tenu, s'il est nécessaire, des réunions à des temps et à des lieux désignés par le Directeur, d'après le vote des membres de la Société. Art. VI. — L'Académie a son herbier et sa bibliothèque qui lui sont propres. Distinctions Honorifiques. I. — Un Conseil composé du Bureau et des Membres d'honneur de l'Académie confère gratuitement et par décision motivée des médailles d'or (vermeil), d'ar- gent ou de bronze réservées aux hommes de science, plus particulièrement aux botanistes, qui se sont distingués, soit par des travaux scientifiques remarqua- bles, soit par des institutions utiles à l'avancement des sciences. IL — Ces médailles, dont la distribution a lieu le I er janvier et le 1er juillet de chaque année, donnent à leurs titulaires droit au titre de Lauréat 4e V Académie. Ijt Mïws, — Imp. Monnoyer. — ^ i9i i I0 a Année (4 e Série) N° 265 Décembre 191 i BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE ORGANE MENSUEL de l'Académie Internationale de Botanique FONDÉE LE i er DÉCEMBRE 1891 Jouissant de la Personnalité Civile depuis le i[ Octobre iqoi TOME XXI T$zr Bon à tirer donné le 20 novembre 1911 LE MANS (sarthe) AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ 78, RUE DE FLORE, 78 19 11 Académie internationale de Géographie Botanique Directeur : M. l'Abbé H. COSTE, St-Paul-des-Foms, par Tournemire (Aveyron). Secrétaire perpétuel-Trésorier : Mê' H. LEVEILLÉ, 0» 78, rue de Flore, Le Mans ^Sarthe). Conseil de l'Académie : MM. A. Engler, Jh. Héiubaud, J.-D. Hookeb, D. Prain. On peut se procurer au Secrétariat le diplôme spécialement gravé pour l'Académie au prix de 3 francs Souscription annuelle : 10 francs L'Académie laisse aux auteurs la responsabilité de leurs opinions. Adresser mandats et communications au Secrétariat. SOMMAIRE du n 265 : Nominations. — Promotions. — Nécrologie. Séances d'Académie. Section conventionnelle et variétés du Clypeola Jonthlaspi L., par M. Alfred Reynier. Plante nouvelle pour la Flore, par M. C. Bertramd. Liste des travaux de M. l'abbe Coste, directeur sortant. iniiiniii M iiniii mi wi m ii i i i ii ii iiii i iii w i i i iiii iiiii ii iii v ii wini i ii i iH iii iii ii HH i H iii m ini nm iii iMiHniw i ii ii iiiw ii i L'Académie offre aux Auteurs des Tirnges à part, à »» exemplaires, sans réimposition ni changement de folios. Le port est à la charge des auteurs. TARIF DES TIRAGES A PART avec changement de pagination, nouvelle mise sous presse, couvertures non imprimées sur papier de couleur, pliage et couture : Les remaniements dans le texte sont comptés à raison de o fr. 65 l'heure. NOMliRE DE PAGES 25 Ex. 50 Ex. 75 Ex. 100 Ex. 150 Ex. 200 Ex. 1 H de feuille — 4 pages 1 /'â fpiiille — 8 nacres 4fr. 6 fr. 9 fr. 75 5fr. 7fr. ] 1 fr. 50 6tr. 8 fr. 13 fr. 25 7fr. 9 Ir. 15 fr. 8 fr. 50 10 fr. 50 17 fr. 50 10 fr. 50 1-2 fr. 20 fr. Couverture imprimée : 5o ex., 4fr.; 100 ex., 4 fr. 5o ; i5oex., 5 fr. 25; 200 ex., 6 fr. Les auteurs doivent faire figurer sur leur manuscrit la mention « tirage à part, avec ou sans pagination spéciale », et le « chiffre » du tirage ainsi que la demande d'une couverture imprimée ou non, et ensuite s'entendre directement avec l'imprimeur dès la réception du numéro renfermant leur travail. 20 e Année (4 e Série) N° 265 Dncembre 19 11 BULLETIN DE GEOGRAPHIE BOTANIQUE Organe mensuel de l'Académie internationale de Botanique Nominations. MM. De Larminat (l'abbé P.), professeur au Grand-Séminaire, 8, rue Matigny, Soissons (Aisne), présenté par Mgr Léveillé et M. le chanoine Coste. Chaudouard (J.), boulevard Chave, 11, à Marseille, présenté par Mgr Léveillé et M. le chanoine Coste. Gusman y Valle (Enrique), docteur es sciences, professeur à la Faculté des Sciences de Lima, présenté par MM. les Prof. Napunga Aguëro et Porter. Velenowsky (D r J.), professeur de Botanique systématique à l'Université impériale et royale de Bohême, directeur du Jardin botanique et de l'Institut botanique, II, Slupy, 433, Prague (Bohême), présenté par MM. les' Prof. Domin et Vandas. Bizon (Victor), libraire, i3, rue de l'Ecole-de-Médecine, Paris VI e , présenté par Mgr Léveillé et M. Gentil. Jamen (A.), Farnay, par Grand'Croix (Loire), présenté par Mgr Léveillé et M. le chanoine Coste. Perret (Horace), propriétaire à Saint-Genis* 1 -~:val (Rrivne), présenté par Mgr Léveillé et M. le chanoine Coste. V te de Hédouville, juge au Tribunal civil de Neufchï eau (Vosges), présenté par MM. J. Garnier et E. Jahandie\ (i)f Dinsmore (John Edward), The American Colony, Jérusalem (Palestine), présenté par Mgr Léveillé et M. Britton. Raine (Frédéric), 5, avenue Riondet, Hyères (Var), présenté par M. Jahandie\ et Mgr Léveillé . [1) Les nomirictions de MM. Gerber et des Ligneris figurent au compte- rendu de la session (Hyères). Décembre 20 278 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE Hosseus (D r C. C), Villa Luitpold, Reichenhall (Allemagne), présenté par M. K. Domin et Mgr Léveillé. Delaittre (Paul), rue de Paris, Le Mans, présenté par Mgr Léveillé et M. Em. Labbé Richard (L'abbé), professeur à l'Institution Lamartine à Bel- ley (Ain), présenté par Mgr Léveillé et M. le chanoine Coste Promotions. M. David Prain a été élu membre d'honneur en remplace- ment de M . Treub, décédé. M. Georg Kukenthal a été élu membre titulaire en rempla- cement de M. le D r Gillot, décédé. M. Carl Domin a été nommé membre correspondant en rem- placement de M. Malinvaud, élu membre titulaire. M. Domin remercie de sa nomination de membre correspon- dant. Notre savant confrère a été nommé membre correspon- dant honoraire des Royal Society of Queensland et Royal Geo- graphical Society of Australasia. Nécrologie. M. Treub, membre d'honneur, ancien directeur du Jardin botanique de Buitenzorg. M. Serrano, professeur au Collège national de Corrientes (Argentine). M. Bru, commis-greffier au Tribunal de Commerce de Nar- bonne. M. Jos. Daniel, percepteur honoraire à Chemeré-le-Roi (Mayenne), à 60 ans. M. Pehr Olsson Seffer, professeur à l'Université de Mexico, dans un déraillement en Californie. Séance du 6 décembre 19 10. MM. Charbonneau, Gerbaut et Porter sont excusés. Les nouveaux membres remercient de leur admission et MM. Le Gendre, Lauby et Reynier remercient de leur promo- tion à la Médaille scientifique. M. Le Gendre écrit qu'il n'a pas planté moins de 100.000 ar- bres sur le plateau de Millevaches, qu'il espère transformer. M. le Chanoine H. COSTE UJTEUR DE LA FLORE : I FRANCE Directeur de l'Académie internationale de Géographie botanique en 1911. BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 279 M. le Secrétaire rappelle la session que l'Académie doit tenir à Hyères aux vacances de Pâques, et annonce que la Société botanique de France doit tenir, aux vacances de la Pentecôte, une session sur le littoral et dans les îles de la Vendée, session organisée par notre confrère, M. G. Durand. La photographie de notre nouveau Directeur, M. le chanoine Coste est présentée, puis lecture est donnée d'une note de M. R. de Litardière sur le Dryopteris af ricana et sa dispersion, faisant partie du travail du même auteur sur la Flore ptéridolo- gique de la péninsule ibérique. On examine ensuite les Hypericum de l'Herbier de l'Aca- démie. Enfin, une distribution de plantes envoyées par M. de Vichet, est faite aux membres présents. La séance est levée à 10 heures. Séance du 3 janvier 1 9 1 1 . Sont présents : MM. Abot, Blin, Benderitter, Delaunay, Gentil, Gerbaut, Léveillé, Maingait, Porter, de Santiago, et Vaniot. M. le Secrétaire annonce les récentes promotions à l'Aca- démie. M.Prain remercie de sa nomination comme membre d'hon- neur, et M. Kukenthal de celle de membre titulaire. MM. Chaudouard et La Puente remercient de leur admission à l'Académie, et MM. Marnac et Rocher de la Médaille scienti- fique. M. Rojas-Acosta fait part de la mort de M. B. Serrano, nou- vellement admis à l'Académie, décédé à Corrientes (Argentine), le 1 5 novembre, à 44 ans. MM. Château et Conill envoient chacun d'intéressantes in- terprétations de l'anomalie florale du Trifolium repens signalée à la dernière séance. M. Ern. Rocher a observé, dans l'enceinte du Val-de-Grâce, la cohabitation des Galinsoga parviflora L. et Artemisia annua L. excessivement abondants sur les toits, au pied des murs et dans les jardins où elles remplaçaient le Mercurialis et les autres hôtes habituels des terrains cultivés. Lecture est donnée des travaux suivants : Reliquiae Proge- lianae ou Revision des Rubus récoltés en Bavière par A . Progel, par M. H. Sudre, mémoire qui donne occasion à M. Gentil de 280 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE faire passer, sous les yeux, des planches batologiques du même auteur; Bibliographie des Urédinées, par M. I. Maranne. M. Porter indique quelques additions utiles à faire à cette note relativement aux travaux de M. Spegazzini. Enfin, Mgr Léveillé annonce que M. Potier de la Varde a encore enrichi l'herbier bryologique de l'Académie par un bel et nouvel envoi. La séance est levée à 10 heures. Séance du 7 février. La séance est ouverte par Mgr Léveillé, secrétaire perpétuel qui, sur l'initiative de M. C. Porter, notre savant collègue du Chili, vient d'être nommé membre honoraire de la Faculté des Sciences de Lima et correspondant de la Société scientifique du - Chili. Il annonce le décès de M. Jos. Daniel, dont il fait l'éloge ; il rappelle ses importantes recherches dans la Mayenne, qui ont enrichi ce département de plusieurs espèces. L'admission de MM. Gusman y Valle, Velenovsky etV. Bizon est proclamée. M. Reynier écrit que M. Frédéric Raine, hivernant à Hyères, a découvert non loin de cette ville, plusieurs sujets des Lino- syris vulgaris à capitules radiés. Ce sera la variété Rainei Rey- nier et Jahandiez. M. Corfec a fait une belle découverte, le 8 janvier dernier, dans une mine d'anthracite du Genest. Il a trouvé un Tricho- derma inconnu, que M. le Prof. Saccardo a tenu à lui dédier sous le nom de Trichoderma Corjecianum. M. V. Démange, de Hanoï, au cours d'un voyage aux Indes, a pu constater l'extraordinaire et rapide extension de ÏEichhor- nia crassipes. Son voyage s'est terminé par un naufrage auquel il a heureusement échappé. MM. Alvarado et Blas Lazaro e Ibiza remercient de leur admission, et MM. Napanga Aguero et Vandas de la collation de la Médaille scientifique. M. Lambert a trouvé deux hybrides d'Epilobes, dont l'un X E- Beckhausii Hauss. [montanum X tetragonum), est nou- veau pour la France. M. Gabriel Vulon a obtenu à l'Exposition de Bruxelles un grand prix pour son herbier de la Principauté de Monaco. BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 281 M. Belisario Diaz Romero recueille des Carex et Epilobium pour l'Herbier de l'Académie. M. Jahandiez envoie les photographies de curieux Dracœna et Euphorbia des Canaries. Les travaux suivants sont ensuite lus ou analysés : Deux hybrides nouveaux en Berry, par M. Lambert; Carex subumbellata Meinsh., par M. Kukenthal; Pteridophyta in insuîa Quelpaert a cl. P. Taquet, anno 19 10, lecta par M. Carl Christensen. M. le Secrétaire présente les remarquables exsiccatadu Valais et des Alpes Lémaniennes de M. L. M arrêt, qui permettent de réaliser une excursion en montagne appuyée sur des données précieuses de géographie botanique. Mgr Léveillé a reçu de M. Coraze un Capparis spinosa var. inermts fascié ; de M. de Vichet, un Erodium à calice blanchâtre, qu'il appelle E. cicutarium var. Vichetii et du F re Sennen, un Epilobium parvi/lorum Schreb. à rameaux rappelant les stolons de YHieracium pilosella. Après s'être assuré que le cas n'était pas isolé, il l'a dénommé : Ep. parviflorumj. flagelliforme. Séance du 7 mars. M. le Secrétaire proclame membres de l'Académie MM. A. Jamen et H. Perret. Il annonce que notre collègue, M. Ch. de Touzalin a été nommé chevalier de la Légion d'honneur. MM. Diaz Romero, D. J. Guzman, Hayata et Nakai remer- cient, soit de leur admission, soit de la collation de la Médaille scientifique. M. Hayata rentré au Japon, exprime ses regrets de n'avoir pu se rendre au Mans, mais espère y faire une apparition lors de son prochain voyage en Europe. M. E. Château s'occupe du classement de l'herbier de la Société d'Histoire naturelle d'Autun, qui ne renferme pas moins de 3o.ooo espèces en 200.000 parts. M. Amb. Gentil lit une très intéressante et très complète biographie du botaniste manceau Narcisse Desportes. Après présentation du fascicule de la Cénomane, la séance est levée à 10 h. 1/4. '■ISi BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE Séance du 1 1 avril. M. Marquis, de Panama, remercie de son admission à l'Aca- de'mie. M. Villareal, de Lima, remercie de la collation de la Mé- daille scientifique. M. Labbé, président de Mayenne-Sciences, a récolté en com- pagnie de M. Goupil, à Louverné (Mayenne), à l'entrée du châ- teau du Ronceray, le Corydallis solida, dont un pied présentait un aspect lâche et une coloration mauve très particulière et VIsopyrum thalictroides, ce dernier excessivement abondant. Le dépouillement delà correspondance comprenant beaucoup d'ouvrages de valeur, est des plus intéressant. M le Secrétaire annonce ensuite l'apparition d'une magnifique et nouvelle publication de M. Marret : Icônes florae alpinae plantarum. Il communique un nouvel Epilobe du Mexique : VEpiloblium Ostenfeldii Lévl. On présente le second fascicule du Hieraciotheca arvernica, offert par M. l'abbé Charbonnel; M. Gentil en prend occasion pour montrer les Hieracium de la Sarthe. La séance est levée à 10 h. 1/2. Séance du 16 mai. Après le dépouillement de la correspondance, M. le Secrétaire perpétuel donne un compte rendu succint delà Session d'Hyères, et présente quelques raretés. M. P. Corfec envoie ÏAnchusa sempervirens trouvé par lui à Montigné-le-Brillant, près le château de Vauraimbault (Mayenne). On parcourt les Cerastium de l'Herbier de l'Académie. La séance est levée à 10 h. 1/4. Séance du i3 juin. M. le Secrétaire salue la présence de M. le Prof. Porter, venu pour la troisième fois à nos séances, et à la veille de re- tourner au Chili. Il proclame les admissions de MM.de Hé- douville, de Neufchâteau; Dinsmore, de Jérusalem ; et Raine, d'Hyères. M. Gallardo remercie l'Académie de lui avoir conféré sa Médaille. BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 283 MM. Barré et Labbé, annoncent la découverte, par M me Le- vrat, du Botrychium Lunaria sur la butte du Rochard, com- mune de Saint-Gemmes-le-Robert (Mayenne). M. le chanoine Benoist a découvert à Malesherbes (Loiret), le Veronica verna. M.Doucet envoie, d'Indre-et-Loire, le Veronica anagalloides Guss. M. Ormezzano envoie la photographie du tilleul géant du Port d'Artaix, près Marcigny (Saône-et-Loire). On procède au dépouillement du courrier. Remarqués les Icônes des Plantes alpines du Globe, de M. Léon Marret, su- perbe travail publié par fascicules. Mgr Léveillé présente un Epilobe nouveau de l'Uruguay [E. Arechavaletae Lévl); puis les plantes rares de la Sarthe, entre autre le Carex elongata qu'il vient de découvrir à Livet, dans les marais de Valbray. Il fait circuler ensuite les princi- pales raretés recueillies à la session d'Hyères. Enfin, l'herbier des formes et hybrides de YHordeum sativum, de M. le Prof. Zawodny, œuvre de patience et de recherches, est soumis à l'Assemblée et clôture la séance qui est levée à 9 h. 3/4. Séance du 4 juillet. MM. Dinsmore, de Hédouville et Raine remercient de leur nomination de membres de l'Académie. M. Otto Stapf a bien voulu identifier Y Erigeron mucronatus trouvé par M., Robert Potier de la Varde, à Quintin (Côtes- du-Nord), sur les murs du vieux château, le 22 mai 191 1. Cette espèce, ainsi que l'écrit l'inventeur, est déjà établie en Bretagne sur de vieux murs : Quimperlé et Quimper. Il avait noté, en 19 10, la présence du Claytonia perfoliata. Cette année, il a trouvé une nouvelle station d' ' Hymenophyllum Wilsoni. M. Boudier a déterminé des Champignons qui lui ont été soumis : Lycoperdon saccatum recueilli sous des pins à Lue (Maine-et-Loire), par M. de la Perraudière, Scleroderma vulgare des environs du Mans (Yvré et Changé), et YAleuria cerea, jolie Pézizée croissant sur des bois humides au premier étage de l'imprimerie de M. Monnoyer. Les travaux suivants sont ensuite lus ou analvsés : 284 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE Notes ptéridologiques, par M. R. de Litardière, et A propos du Veronica anagalloides, par Mgr Léveillé. MM. Doucet et Lambert ont fourni de nombreux matériaux pour la rédaction de cette note. Mgr Léveillé montre ensuite de nouveaux Symplocos de Chine. La séance est levée à 10 h. 45. Séance du 3 octobre M. le D r C. Hosseus remercie de son admission dans l'Aca- démie et envoie plusieurs de ses travaux. M. J. Garnier envoie les photographies d'un Aceras hircina ordinaire et d'un Aceras hircina (Loroglossum hircinum) var. platyglossum Galle, recueilli sur les coteaux calcaires de Gris- court (Meurthe-et-Moselle), le 25 mai 191 1. M me Levrat adresse un Plantain monstrueux (PL major), à épis rameux, provenant de la Mayenne, route de Saint-Pierre- la-Cour, à la Brécinière. MM. Barré, Corfec, Desnos, Ern. Rocher ont trouvé dans la'Mayenne, sur des points différents, le Centaurea solstitialis, qu'ils envoient simultanément. M. Kukenthal a retrouvé à l'île Lésine en Dalmatie, le Carex illegitima, qui n'avait pas été retrouvé depuis 1862. La Société des Antiquaires de l'Ouest à Poitiers, fait part de son projet d'élever un monument au célèbre archéologue, R. P. de la Croix, en face de l'hypogée martyrium des Dunes, par lui découvert Le R. P. Faurie nous a adressé quatre colis postaux de plantes des îles Sandwich (Phanérogames). M. Bonati a découvert le Pedicularis Allionii sur le versant français du Mont Viso. Mgr Léveillé soumet un Bellis perennis prolifère recueilli à Nonant-le-Pin (Orne), par M. de Cordoue, et annonce qu'il a vu à Ancinnes, près de Livet, un Populus virginiana, dont toutes les feuilles ont cinq fois la dimension des feuilles ordi- naires. Il l'attribue à la décapitation accidentelle et déjà an- cienne de l'arbre. Les travaux suivants sont ensuite lus ou analysés : Sur deux Pédiculaires hybrides de la flore européenne, par M. G. Bonati; Sur quelques Fougères françaises, par M. R. de BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 285 Litardière ; Relevé annuel des herborisations mayennaises, par Mgr Léveillé. La séance est levée à 10 h. 5. Séance du 7 novembre. M . le Secrétaire proclame l'admission de M . l'abbé A. Richard, l'héroïque sauveteur de l'autobus tombé dans la Seine. M. Thiébaut adresse : i° un Trifolium elegans anormal, analogue à celui que citait M. P. de la Varde et sur lequel a paru une longue note au Monde des Plantes; 2 YEpilobium Hugueninii (E. montano X trigonum), trouvé par lui à Pontar- lier et nouveau pour la France. Il a également récolté, aux en- virons de cette même ville, le X Carduus deflorato X nutans, jusqu'ici inconnu en France. M. le chanoine Benoist, de Pithiviers, a recueilli près de cette ville, sur la commune d'Estouy, dans le bois de Bouville, et sur l'indication de M. de Bouville, professeur à l'Ecole fo- restière de Nancy, le Gentiana cruciata et le Rhus toxico- dendron. Lecture est donnée des travaux suivants : Plante nouvelle pour la Flore : X Galactites Ludovicae Bertrand [Galactites tomentosa X Carduus pycnocephalus), par M. Bertrand; Sec- tion conventionnelle et variétés du Clypeola Jonthlaspi L., par M. Alf. Reynier. Un lot de plantes fort intéressantes [Carex, Plantago major vivipare, etc.), envoyé par M. Lambert, passe sous les yeux des assistants. Mgr Léveillé présente le Reineckia carnea que M. Gentil a trouvé abondamment fleuri au Jardin des Plantes du Mans, grâce au climat exceptionnel de cette année, et des gousses de Soja provenant de cultures de M. Lavoipière. M. Leclere rappelle que la culture de cette plante réussit aux environs de Paris et donne même lieu à la fabrication d'un fro- mage. M. Monziès dit que le Soja fructifie en Tunisie, mais donne peu de tourrage. M. Velenovsky remercie l'Académie de lui avoir conféré sa médaille. M. Jamin envoie la liste de ses observations botaniques pour 191 1. 286 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE Section conventionnelle et Variétés du Clypeola Jonthlaspi L. (suivant une base de Systématique éclectique) Par M. Alfred REYNIER De nos jours, Ylberis umbellata est appelé, par les jardiniers, improprement : Thlaspi violet, faute pardonnable du moment que les fleurs de cette plante (non Thlaspi puisque Iberis) sont violettes. Mais on se demande pourquoi jadis Fabius Columna, créateur du vocable Lithonthlaspi donné à un autre Iberis, appliqua (Ecphrasis, 1616, pp. 210-21 1) le nom de Jonthlaspi — étymologie de la première syllabe : Ion ou Jon = Violette, en grec : "Iov — à deux crucifères : i° « Jonthlaspi luteo flore, inca- num, montanum » (un Alyssum); 2 « Jonthlaspi minimum, spi- catum, lunatum » (le Clypeola dont je vais traiter), desquels les fleurs sont jaunes, jamais violettes ! On s'étonne aussi de ce que Tournefort, Institutiones Rei herbariœ, conserva le vocable Jon- thlaspi, alors qu'il avait le droit, sinon le devoir, d'établir un genre onomastiquement irréprochable. Linné, Gênera Planta- rum, fit bien de proposer Clypeola, néanmoins n'eût-il pas été mieux inspiré en écartant ensuite Jonthlaspi comme qualificatif spécifique (1) ? Corollaire de ces critiques : Caruel, Flora Italiana, 8, p. io5i, a eu tort modernement de ressusciter le genre Jonthlaspi ; n'avait-il pas à sa disposition Fosselinia, d'Allioni ? Du reste, Caruel exagéra la nécessité de distinguer spécifiquement la variété à petits fruits du Clypeola de Linné. Il n'est pas même néces- saire d'introduire une sous-espece au profit du C. microcarpa que Moris est blâmable d'avoir érigé en concurrent spécifique des variétés à grosses silicules. Afin de permettre de classer, en (1) Lamarck, Flore Française, a préféré « Clypeola monosperma » à C. Jonthlaspi. Ne le désapprouvons pas trop, malgré la loi de priorité. BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 287 pratique, les diverses formes de fruits du C. Jonthlaspi, un sim- ple sectionnement conventionnel est licite, car Loret, Flore de Montpellier, eut pour lui le bon sens, lorsqu'en présence de l'émiettement cher aux novateurs il opina : « 11 serait peut-être plus exact de considérer toutes les formes du C. Jonthlaspi comme des variations de la même espèce. » Ce rang intime de « variations » exaspère, il est vrai, les parti- sans de micromorphes tenus pour des entités inattaquables dont les caractères, prétendent-ils, sont fixement transmissibles! L'un d'eux émettait naguère, dans un Bulletin de société d'échange d'exsiccata, l'appréciation spécieuse que voici : « A tel endroit « du Languedoc croissent trois Clypeola : un à silicules assez « grandes, C.petrsea Jord. et Fourr., et deux à petits fruits, qui « m'ont paru être : C. ambigua J. et F. et C. hispida Presl var. « spathulifolia (J . et F.). Ces Clypéoles, qui son; bikn distinc- « tes, ne présentent pas de pieds embarrassants ». Le collecteur en question, heureux de l'homogénéité locale de ses trois récol- tes, mais oubliant que le C. hispida varie puisqu'il comporte une « variété », passait sous silence : i° qu'entre les pieds de C. Jonthlaspi munis des plus grandes silicules et les variétés à petits fruits, il existe, dans le Languedoc, de nombreux indivi- dus intermédiaires, c'est-à-dire trop « embarrassants » pour per- mettre de reconnaître « bien distinctes » de pures variations extrêmes ; 2 qu'entre les fruits les plus hispides et ceux qui sont tout à faitglabres on rencontre, mêmes lieux, une succession d'in- dividus accusant divers degrés de pilosisme ou de scabréité. Sur le terrain de la trichologie, notre confrère a finalement mal vu (cf. ma Note, Bulletin de l'Association Pyrénéenne, année 1907- 1908) en déterminant « C. hispida » sa plante dénuée du moin- dre poil, même rudimentaire, à l'aile de la silicule (cette aile devait se montrer hispideou, au moins, scabre, pour que nous eussions devant nous, à défaut de l'espèce de Presl, le proche voisin C. hispidula de Jordan et Fourreau). Du coup, la Cly- péole distribuée par La Rochelaise, n° 3872, sous le nom de « variété spathulifolia », se trouva n'être d'aucune manière le Clypeola annoncé comme subordonné au C. hispida (surpre- nante réduction de la part d'un multiplicateur outrancier !). 288 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE Pareille double méprise rappelle le perpéuel, hélas! Errare humanum est. La désirable classification (pour l'oeil nu ou armé d'une loupe) des variétés du C. Jonthlaspi ne peut être fondée que sur les fruits, car, en supposant chez la fleur de chacune d'elles l'exis- tence de quelque détail qui lui serait propre, ces minimes carac- tères distinctifs dans le calice, la corolle, les étamines et le pis- til exigeraient, lors de chaque détermination poursavoir le nom variétal, une analyse au microscope sortant de la pratique de Systématique courante. En fait de menues particularités carpologiques chez le C. Jon- thlaspi, l'expérience démontre que toutes sont loin d'avoir une identique valeur utilisable ; par exemple plusieurs Aoristes ont cherché à tirer parti de la longueur ou de la brièveté du style marcescent mais peu visible sur la silicule ; ou bien de l'échan- crure prétendue être tantôt large, tantôt étroite, tantôt superfi- cielle, tantôt profonde ; enfin de la relation de grandeur entre la semence et la loge qui la contient. Pour ce qui regarde la saillie presque imperceptible du style, le pilosisme empêche, les trois quarts du temps, l'examen par le déterminateur ; et, sur un pied portant (cas habituel) des fruits les uns mûrs, les autres adultes, les autres jeunes, on est dérouté par les nuances, en plus ou en moins, de largeur et de profondeur de l'échancrure. Quant à la semence, Loret fit observer sagacement ceci : La même grosseur de la graine existant sur les sujets à grandes silicules comme sur ceux à petits fruits, il tombe sous le sens que la graine occupera soit le quart de la loge, soit la moitié ou davantage, par suite d'une capacité loculaire invariablement proportionnée aux dimensions grande, moyenne ou exiguë, de la silicule. En dehors des caractères fournis par le fruit, on a parlé de l'élongation ou du raccourcissement des grappes fructifères. Aucune constance ne se manifeste non plus è. cet égard, puisqu'il faut prendre en considération la luxuriance ou le rabougrisse- ment accidentels de l'individu sur lequel le floriste raisonne. Un moment, à l'occasion du Cspathulifolia J. ei F., forma que cer- tains avaient à cœur de sauver de l'oubli en essayant de la rat- tacher, à titre de « variété »,àla « race » hispida — comme si, ortho- BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 289 doxement, une sous-Race pouvait prendre le nom de « Varié- té »l(i) — les feuilles parurent fournir des indices de valable distinction ; par malheur les observateurs sérieux eurent tout de suite la conviction que le feuillage est modifiable à l'excès par les conditions du milieu (2). Etant donnée l'impossibilité de tenir compte des caractères empruntés aux deux derniers organes en dehors de ceux carpo- logiques, je ne m'appesantirai donc point sur d'autres multiples variations d'ordre végétatif du C. Jonthlaspi et vais simplement faire les botanistes sans parti pris juges de la curieuse plasticité qui régit cette espèce, au moyen de la Clé suivante établie d'après les particularités morphologiques les moins fugaces chez le fruit : Clé Silicule orbiculaire (i)ou suborbiculaire, exceptionnellement obovée- pyriforme, d'un diamètre toujours supérieur à 2 millimètres. Disque (assez aplati) et aile, plus ou moins poilus selon les pieds que l'on examine, tantôt (tous les deux ou l'un seulement) soit hispides, soit scabres; tantôt (tous les deux) tout à fait glabres. Section conventionnelle Fosselinia (Allioni, pro génère) .... A Silicule toujours obovée-pyriforme, jamais orbiculaire, remarquable par sa petitesse : d'une largeur au maximum de 2 millimètres, avec un quart de millimètre de plus dans le sens de la longueur. Disque (convexe) hispide ; aile glabre. Section conventionnelle micro- carpa (Moris) {Jonthlaspi microcarpum Caruel) H A. Disque et aile : ou bien scabres, ou bien poilus-hispides B Disque et aile : jamais à la fois soit scabres, soit poilus D Disque et aile : entièrement glabres G (1) Cf. ma Note Questions de Nomenclature, Bulletin de la Société Lin- néenne de Provence, tome II, 1910, pp. 65-68. (2) Le C. spathulifolia J. et F. n'est qu'une forme insignifiante de la var;été hispida ou encore de la variété hispidula, de laquelle forme les feuil- les sont plus ou moins brièvement atténuées, à la base. Sans nier qu'on ne puisse, au moyen d'un triage, réunir un certain nomore d'échantillons (ma collection de Clypéoles contient de tels spécimens instructifs), il est mani- feste que, chez la majorité des pieds d'hispida ou d hispidula, se montrent à la fois des feuilles normales et d'autres de l'espèce jordanienne spatulée. Semblable hétérophyllie se retrouve dans presque toutes les variétés du C. Jonthlaspi : le C. pyrenaica a été, ainsi, a tort distribué, nous l'avons vu, comme étant le spathulifolia de Jordan et Fourreau. 290 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE B (Nota : Pour toutes les Variétés le nombre de millimètres et des fractions de millimètre est forcément approximatif , sans garantie d'une précision micrométrique.) Silicule de 2 i/2millim. de diamètre, scabre sur le disque, poilue-his- pide sur l'aile. Clypeola Jonthlaspi variété hispidula(J. et F.) (2). Silicule de 2 1/2 à 5 millim. de diamètre, poilue-hispide sur le disque et sur l'aile G c Silicule de 2 1/2 millim. de diamètre.... CM. var. hispida (Presl pro specie). Silicule de 2 1/2 à 3 1/2 millim. de diamètre... C. J. var. petr^a (J. et F.). Silicule de 3 1/2 à 5 millim. de diamètre... G. J. var. suffru- tescens (Deb. et Neyr. pro specie) (3). D Disque glabre ; aile poilue E Disque poilu ; aile glabre F E Silicule de 2 1/2 à 3 millim. de diamètre... C. J var. ambigua (J. et F.). Silicule de 3 à 4 millim. de diamètre... G. J. var. lapidicola (J. et F.). Silicule obovée-pyrifoi me. de 2 1/2 millim. de large sur 2 3/4 mil- lim. de long C. J. var. Gaudini (Trachs. pro specie) (4). Silicule suborbiculaire, de 2 1/2 millim. au plus de diamètre (lar- geur ou longueur) . . G. J. var. pyrenaica (Bord, et Dur. pro specie) (5). G Silicule de 2 1/2 millim. de diamètre.. G. J. var. glabra Boiss. (C. lœvigata J. et F.) (6). Silicule de 3 à 4 millim. de diamètre... G. J. var. leiocarpa Vis. (C. psilocarpa J. et F.) (7). H Plante assez petite dans toutes ses parties (elles sont toutefois un peu plus développées que chez la variété suivante). Tiges de i5 cen- tim. environ de hauteur. Silicule, en moyenne, de 2 millim. de large sur 2 1/4 millim. de long. Aile assez marquée. Racine in- durée. — (MM. Rouy et Foucaud ont décrit négligemment leur f forme C . microcarpa Mor. sensu stricto » en écrivant : « Silicule de 2 millim. de diamètre, scabre sur le disque » . La vérité est que « 2 millim. » expriment uniquement la largeur; mais l'atténuation à la base, très perceptible par l'œil, toujours existante, se traduit BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 291 par au moins un quart de millimètre de plus en longueur; en outre, au lieu de disque « scabre », il fallait dire : hispide 1} — Fort rare en France : jusqu'ici non signalée qu'en Provence, où je connais seulement deux stations, peu riches en exemplaires : Marseille, au vallon sablonneux d'Enjarro près de Mazargues et, non loin de là, sur un point circonscrit de la sablière Double. C. J. var. Mori- siana Reyn. (C. microcarpa Mor. sensu stricto) (8). Plante plus réduite, dans toutes ses parties, que la var. Morisiana. Tiges de io centim. au maximum. Silicule, en moyenne, de i 3/4 millim. de large sur 2 millim. de long. Aile presque nulle. Racine grêle , non indurée. — Stations non rares, souvent avec pieds nombreux, en Provence. Existe aussi dans l'Aveyron et, on ne peut plus vraisemblablement, ailleurs sur le territoire français, où on l'a prise pour la variété pyrenaxca parce que le C. microcarpa Moris a été dit erronément, par quelques auteurs mal informés, manquer à la France. C. J. var. Rouxiana Reyn. \C. Sarrati De Larembergue, prospecté, nomen solum.) (9) . Notes de» renvois de la Clé (1) Quand il n'est pas obové-pyri forme, le fruit des diverses variétés du Clypeola Jonthlaspi est soit orbiculaire, soit suborbiculaire. Il y a diffi- culté, j'en conviens, à saisir tout d'abord la différence existant entre les deux termes orbtculaire et suborbiculaire. Si l'on nous dit qu'un fruit subor- biculaire offre, par exemple, un écart de 2 millièmes de millimètre entre la largeur et la longueur, l'esprit ne se représente pas aisément urre dif- férence si lilliputienne. Force, alors, est de s'adresser à l'œil, comme le conseillait Planchon à propos des dimensions des silicules c;e sa species nova « gracihs » : « Le regard, dit-il, saisit dès l'abord que la silicule de « ma plante n'est jamais vraiment orbiculaire, qu'elle a une forme plus ou « moins elliptique. » Les. auteurs qui ont parlé de la forme géométrique orbiculai're du C. Jonthlaspi sont, du reste, parfois assez obscurs. Ainsi Jordan et Fourreau aitribuent au C. spathulifolia une silicule « rotundo-orbiculata »; n'est-ce pas là un pléonasme? Car, si la silicule est < rotunda », elle ne saurait être, semble-t-il, qu' « orbiculata » et vice-versà ! En réalité, la vue ne per- çoit aucune dissemblance entre la silicule du spathulifolia et celle du C. lapidicola dont les mêmes auteurs qualifient le fruit de « rotundata s. J'ai rencontré des pieds de C. hispida desquels la silicule paraissait non suborbiculaire, mais très arrondie : peut-être était-ce à ces pieds que Jordan et Fourreau avaient eu l'intention première de donner le nom de « C. cy- clocarpa »; l'absence de diagnose de cette dernière Clypéole (vaguement in- diquée « dans le Midi » et annulée ensuite) ne permet guère ia certitude sur l'identité que je présume; toutefois le C. cyclocaipa ne fut pas un mythe, M. Viviand-Morel assurant qu'en 1876, dans le jardin de Jordan, croissait un Clypeola étiqueté de la sorte par le Maître. (2) Le C. hispidula de Jordan et Fourreau a été fusionné, par plusieurs auteurs, avec le C. hispida de Presl. D'après ce que l'on aperçoit tricholo- giquement sur le frais et sur le sec, il paraît préférable de présenter à part deux Clypéoles, au lieu d'une. La variété hispida ne saurait être « scabre sur le disque et à la marge », comme le disent MM. Rouy et Foucaud : elle 292 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE est poilue-hispide (ainsi qu'en témoigne le qualificatif hispida) au disque et à l'aile; seule la variété hispidula est scabre. (3) La plante de MM. Debeaux et Neyraut n'est, au fond, constituée que par quelques spécimens luxuriants de la variété petrcea, remarquables par la grandeur des silicules, la taille plus développée, la racine indurée, etc. Elle est absolument parallèle aux variétés petrcea par rapport à V hispida ou à Y hispidula, leiocarpa par 1 apport au glabra, lapidicola par rapport à Yambigua, Gaudini par rapport aux Mcnisiana et Rouxiana. Un tioriste réducteur qui supprimerait la variété suffruiescens serait logiquement tenu de supprimer les variétés petrœa, leiocarpa, lapidicola et Gaudini. (4) Je dois faire remarquer ceci : uniquement à cause des dimensions de la silicule tant soit peu plus grande que chez la section microcarpa, le C. Gaudini fait partie de la section Fosselinia dont je n'ai pas caché la simple valeur conventionnelle; par tous ses autres détails carpologiques, la Cly- péole de Gaudin est affine des variétés Morisiana et Rouxiana. — M. Burnat a indiqué « çà et là » dans les Alpes-Maritimes le C. Gaudini qui jusqu'à aujourd'hui n'a pas été vu dans le reste de la basse Provence. — Loret, Flore de Montpellier, assure que la Clypéole en question « reproduit exac- tement» le C. gracilis. Si, par le mot « reproduit », Loret a voulu parler du résultat de l'ensemencement en terre de jardin, il me paraît invraisem- blable que ladite culture puisse transformer des silicules assez grandes (2 1/2 millim. de large sur 2 3/4 millim. de long chez le Gaudini), en silicules très réduites comme celles du gracilis, auquel Planchon donne pour dimensions : 1 millim. 8 de large sur 2 millim. de long. A moins d'un sol tout à fait infertile, le C gracilis, cultivé, aurait plutôt chance de se transformer en C. Gaudini. Peut-être Loret a-t-il voulu dire tout bon- nement que, dans son état de croissance spontanée, la Clypéole de Gaudin est l'image très ressemblante du C. gracilis. (5) Je ne suis nullement d'avis d'identifier, comme l'ont fait Loret et Barrandon, Flore de Montpellier, à la variété pyrenaica le C. gracilis Planch., car, d'après Boissier, Flora Orientalis, et selon Jordan et Four- reau, Brevianum, c'est au véritable C. microcarpa Mor. qu'il -faut rapporter la Clypéole gracile de Planchon. L'identification, d'ailleurs, n'eut pas lieu sans que Loret hésitât un instant : t Le C. pyrenaica de Gavarnie m'a paru « d'abord identique avec le C. Gaudini, mais il se rapproche peut-être un « peu plus du C. Jontlilaspi type à grandes silicules. » — Le pyrenaica, pour quiconque a vu des spécimens provenant de la localité de Pena de Secugnat prés de Gavarnie, ne répond point à la description princeps du C. gracilis qui figure au Compte rendu de la session de la Société Bota- nique de France à Strasbourg, en juillet i858. Durieu, en 1866, ne fut donc pas tenté de réunir la Clypéole. de Bordère à celle de Planchon. M. l'abbé Coste m'a fait cadeau du Clypeola de Saint-Paul-des-Fonts muni d'une étiquette où il formule sa catégorique opinion : « C. microcarpa Mor. forme gracilis » : subordination certes plus acceptable que l'identifi- cation, par Loret et ceux qui l'ont servilement suivi, de la variété pyrenaica avec le C. gracilis. Chose curieuse, le professeur de Montpellier n'a jamais connu, oculaire- ment, d'une manière imperturbable, son « espèce » ! Loret lui ayant mis sous les yeux des échantillons du véritable C. microcarpa de Moris, Planchon « crut y reconnaître » le gracilis. Honoré Roux, lors d'une herborisation à Marseille-Saint-Antoine, à laquelle je pris part, le 4 mai 1879, ayant mon- tré à notre président temporaire (Planchon en personne) durant cette pro- menade, la variété hispida, obtint pour réponse irréfléchie que cette Cly- péole ne faisait qu'une avec son C. gracilis ! ! Il paraîtrait que les exem- BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 293 plaires authentiques du Clypeola ayant servi à la description publiée par l'auteur étaient rares, PUnchon affirmant qu'il en a récolté, au Capouladou (Hérault), seulement une trentaine en deux ans. Depuis i858, la Clypéole distribuée moins parcimonieusement sous le notr.de C. gracilis n'est que la variété pyrenaica nullement spéciale aux Pyrénées : elle se rencontre en de nombreux endroits des Bouches-du-Rhône, à une faible altitude, de même que dans l'Aveyron (Soulié legit, flancs du Gausse noir, au-dessus de Monna; n° 4029 de la Société Rochelaise) ; toutefois certaines parts prove- nant du même département d'Auvergne sont bel et bien le C. microcarpa Mor. var. Rouxiana, comme je le ferai remarquer tout à l'heure. (6) Sur l'identité de la variété glabra Boiss., Planta? Aucheriana? orientales enumeratœ, Annales des Sciences Naturelles, 1842,2 e série, tome 17, et du C . lœvigata J. et F., cf. ma Note du Bulletin de l'Association Pyrénéenne, année 1904-1905. Godron, Flore de France par Grenier et Godron, à propos des silicules « tout à fait glabres » du C. Jonthlaspi, les identifie à celles de 1' « Alyssum minimum Vi 11. non Linné ». Rien de moins sûr que pareille synonymie, car Mutel, Flore Française , affirme ['Alyssum minimum de Villars « Dauph. et herbier » être une variété de Y Alyssum maritimum L. Godron est peu croya- ble en cette occurrence, puisqu'il ajoute, après Alyssum minimum, au même degré synonymique : « C. Gaudini Trachs. », or la Clypéole de Gaudin n'a sûrement jamais eu des silicules « tout à fait glabres » ! (7) Le C. psilocarpa J . et F. (dont MM. Rouy et Foucaud, op. cit., indi- quent le fruit comme « glabre sur le disque ou entièrement glabre ») ne peut, quoi que laissent inférer ces auteurs, avoir l'aile de la silicule soit poilue, soit scabre. Visiani a nommé cette Clypéole : « variété leiocarpa », voulant dire que l'aile et le disque sont, sans distinction, uniformément glabres; c'est de la sorte que Jordan et Fourreau l'entendent quand ils écrivent : « C. psilocarpa. ... siliculis penitus glabris ». (8) Au lieu de variété Morisiana, il y aurait lieu de se servir de la dési- gnation, antérieure, de « variété microcarpa (Mor.) Cosson », si l'on était sûr que le Compendium Flora? Atlanticœ a visé sans erreur la vraie Clypéole de Moris ; mais la détermination de la plante d'Afrique est un peu dou- teuse comme exactitude, Choulette ayant distribué, dans les Frag. Flora? Algeriensis exsicc, un Clypeola motivant cette observation de Loret : « mi- crocarpa Choul. an Moris?» L' « espèce» de Sardaigne est donnée, par Moris, comme vivace. Evi- demment l'auteur se trompait ; mais il est certain que la variété Morisiana montre, à Marseille, une racine indurée, quoique annuelle. Quant aux sili- cules, elles sont visiblement moins petites que celles du Rouxiana. Dans leur Breviarium, Jordan et Fourreau disent : « Plantam habemus è semini- « bus ab horto botanico burdigalensi missis enatam, quaea vero C. micro- « carpd Mor. siliculis subduplo minoribus discrepat. » Il faut, en conséquence, reconnaître que le C. microcarpa Mor. typique possède des silicules grandes comparativement à la Clypéole à fruits presque du double plus petits dont parlent Jordan et Fourreau, laquelle devait être purement et simplement la variété Rouxiana. (9) La Clypéole distribuée par M. Puech, avec l'étiquette a C. gracilis Planch. Terrains abruptes sur Saint-Paul-des-Fonts (Aveyron), 28 mai 1906 », n'est autre que la variété Rouxiana (lui étant en tout point iden- tique) à moins de vouloir pulvériser à leur tour les micromorphes I En 1899 M. l'abbé Coste m'avait; donné une autre part absolument semblable à celle de M. Puech, sous le nom de « C. gracilis Planch. » : cette Clypéole de M. Coste est non moins manifestement la variété Rouxiana ! Les exsiccata en Décembre 21 294 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE question de MM. Puech et Coste ne sont pas davantage, comme quelqu'un pourrait le supposer à tort, la variété pyrenaica identifiée, nous l'avons vu, au C. gracilis par certains Aoristes. Observ. — En quoi consistait le « C. semiglabra » dont Jordan et Four- reau n'ont jamais publié la description ? Il est à croire que c'était une Cly- pénle affine du C. lapidicola, puisque Fourreau, a ?rès avoir indiqué. Cata îoguedes Plantes des bords du Rhône, à Saint-Did er (Vaucluse) et à Saint- Remy (Bouches-du-Rhône) le « C. semiglabra », a corrigé et dit que, dans ces localités, il s'agissait du C. lapidicola. Qu'était aussi le « C. lomatotricha » J. et F. ? Ce devait être une Cly- péole affine du C. ambigua, par la raison similaire qu'après avoir cité « dans le Midi » ledit lomatotricha, Fourreau, op. cit., prie de lire en remplace- ment : C. ambigua. J'ai constaté l'existence, dans les Bouches (lu-Rhône, d'un Clypeolak fruits un peu plus grands que ceux de V ambigua; cet inter- médiaire (inter ambiguam et lapidicolam ambigens) constituait, c'est à croire, le « C. lomatotricha ». M. Viviand-Morel assura à la Société Botanique de France qu'en 1876, dans le jardin de Jordan, croissaient les susdi's C. semiglabra et C. lomatotricha. Ne regrettons pas trop que ces mo-t-nés soient perdus pour la Science, puisque, à en juger par les autres espèces jordaniennes incluses dans ma Clé, c'eût été, en somme, deux vocables à peu près superflus de variations morphologiquement négligeables. Quant à moi je m'abstiens de donner des noms nouveaux aux intermédiaires, qu: j'ai observés et possède en herbier, établissant la transition de la variété pyi enaica aux variétés Mori- siana etRouxiana ainsi qu'à la variété glabra ; mon étonnement ne serait pas extrême si, quelque jour, un hybridomane voyait des produits adulté- rins, autrement dit des métis, dans ces formes de passage : il faut s'attendre à tout! Plante nouvelle pour la Flore Par M. C. BERTRAND. Retournant d'une herborisation, en compagnie du distingué botaniste, le commandant Saint- Yves, mon attention fut attirée par une carduacée d'un curieux faciès. Aucun souvenir ne me rappelait cette plante. Après un sommaire examen je crus re- connaître qu'elle possédait des caractères intermédiaires entre certains parents qui croissaient là pêle-m«le. Je n'hésitai pas à supposer que j'avais sous mes yeux un hybride issu de deux genres. Je fis part de mon opinion à mon expert compagnon qui approuva mes vues. Rentrant en hâte chez moi je me livrai fé- brilement à l'étude de ma découverte et me conviction fut faite. BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE 295 J'entrevis en elle une union curieuse entre Galactites tomentosa et Carduus pycnocephalus. Mais doutant toujours de moi- même, j'eus recours aux lumières de l'aimable et éminent auteur de la Flore de France, M. l'abbé H. Coste. Notre savant con- frère a bien voulu confirmer ma détermination. C'est donc avec un vif plaisir que je me fais un devoir de signaler aux confrères le résultat d'une analyse contrôlée. Voici les caractères distinc- tifs de l'hybride bigénérique. X Galactites Ludovic^:. C. Bertrand Galactites tomentosa > Carduus pycnocephalus Plante de o m 45, touffue, rameuse dès la base, moins coton- neuse que dans Galactites sa proche parente ; feuilles de la page supérieure à nervures blanches, les inférieures d'un blanc sale; segments des feuilles épineux, beaucoup plus nombreux, plus larges; entre-nœuds des tiges assez fortement ailés, à ailes on- dulées, longuement et abondamment épineuses. — L'influence du Carduns pycnocephalus se manifeste dans les capitules rap- prochés, plus petits, dans les fleurs caduques assez brièvement pédonculées, d'un rose pâle; les extérieures non rayonnantes. Achaines stériles autant que j'ai pu en juger. Découverte sur le bord de la route de la Corniche le i er juin 1 9 1 1 , entre Agay et le Trayas (Var) A rechercher ailleurs. Dédiée à ma compagne à titre d'encouragement. Liste des Travaux de M. l'abbé COSTE, Directeur sortant. 1886. — Un ciste hybride nouveau pour la science et environ 40 plantes nouvelles pour l'Aveyron. — Mes herborisations dans le bassin de la Rance. 1887. — Herborisations sur le Causse central. 1888. — Mes herborisations dans le bassin du Dourdon. 1891. — Note sur le Silène nemoralis W. et Kit. nouveau pour la flore de France. — Note sur i5o plantes nouvelles pour l'Aveyron. 296 BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE — Note sur le Gentaurea Calcitrapo X pectinata, hybride nou- veau, découvert dans l'Aveyron. 1893. — Florule du Larzac, du Causse-Noir et du Causse du Saint-Affrique. — Un bouquet de 40 plantes nouvelles pour la Flore de 'l'Hé- rault. 1894. — Plantes adventices de la vallée de l'Orb. — Diagnoses de quelques nouveaux Centaurea et Teucrium, hybrides, découverts dans l'Hérault et dans l'Aveyron. 1894 à 1899. — Herbareum Rosarum, 5 fascicules en collabor. avec M. le D r S. Pons. 1897. — Cinq plantes nouvelles dans l'Aveyron. — Observations sur quelques plantes de la vallée de l'Ubaye (Basses-Alpes). — Note sur 200 plantes nouvelles pour l'Aveyron. 1900. — Essai de la Flore du Sud-Ouest de la France, en col- labor. avec M. l'abbé Revel. 1900 à 1906. — Flore descriptive et illustrée de la France. 3 vol. in-8°. 1901. — Rapports sur les herborisations de la Société bota- nique de France en Corse. 1902. — Carduus Puechii, hydride nouveau, découvert dans l'Aveyron. 1904. — Rapport sur l'herborisation au Plomb du Cantal. 1905. — Saxifraga Souliei; hybride nouveau, découvert dans l'Aveyron. — Odontites cebennensis, espèce nouvelle, découverte dans l'Aveyron. 1908. — Cistus Souliei et C. Verguini, hybrides nouveaux, dé- couverts aux environs de Saint-Chiniard (Hérault). — Trois plantes rares ou nouvelles pour la flore française. 191 1. — Note sur le Cochlearia aragonensis Coste et Soulié. — Plantes nouvelles, rares ou critiques. Le Secrétaire perpétuel, Gérant du « Bulletin » : H. LÉ VEILLÉ. Le Mans. — Imprimerie Monnoyer. BULLETIN DE GÉOGRAPHIE BOTANIQUE ^97 Un nouveau Diuranthera Par Mgr H. LÉVEILLÉ. On connaissait jusqu'à présent en Chine deux espèces de ce genre de Liliacées : D. major Hemsl. de la Chine occidentale et le D. minor Wright du Yunnan, les deux plantes sont notées comme ayant les fleurs blanches sans autre indication. Or il n'est pas possible que collecteurs et auteurs n'aient pas remar- qué les très belles raies d'un jaune d'or qui sillonnent les divi- sions du périanthe des échantillons que possède l'herbier de Y Académie internationale de Botanique. Nous possédons ce Diuranthera à fleurs ainsi rayées d'or du Kouy-Tchéou : Sin Tchen, sept. 1898 (Jos. Esquirol, 1 53); de la même province: Gan Chouen Fou (Jul. Cavalerie) et du Yunnan (Maire, 167 et 463). Si, comme ona bien voulu nous le confirmer à Kew, les fleurs des D. major et minor sont purement blanches, la plante à pé- rianthe rayé de jaune d'or devrait porter le nom de D. chryso- phora. Lobi perianthii aureo 3-vittati ; antherag luteae, cylindri- cae, ad apicem truuncatas. Cetera generis. L'Acer campestre a fruit triailé. M. L. Lambert, l'infatigable chercheur, instituteur à Ray- mond, par Bengy-sur-Craon (Cher), a trouvé dans sa commune VAcer campestre à pétioles de deux feuilles ailés et mieux en- core à fruits à trois ailes. C'est le pendant du Capsella à 4 val- ves. Il y a encore de beaux jours pour la mutation, car il est hors de doute que l'on pourrait par la culture, obtenir des sujets à fruits triailés ! Ce ne sera plus une samare et par conséquent on aura du même coup un nouveau genre, voire une nouvelle famille affine aux Sapindacées. Quels horizons ! Disons que ce phénomène est un accident et que l'Erable sera Erable après comme devant. Ce sera moins pompeux mais plus scientifique. H. L. TABLE DES MATIERES (Année 191 i). Académie 278 Acer campestre (Y) à fruit triailé, H. Léveîllé 297 Aurantiacées du Kouy-Tchéou fies), J. Cavalerie 210, 236 Bibliographie des Urédine'es, J. Maranne 81 G Carex elongata dans la Sarthe, H. Léveillé 229 Carex subumbellata Meinsh., G. Kukenthal j3, 140 Carex umbrosa Host (que penser du), H. Léveillé 141 Contribution à l'étude de la Flore ptéridologique de la Pénin- sule ibérique, R. de Litardière 12 Contribution à l'étude des Carex du Berry, Lambert 266 Curieuse variation de YOrchis conopsea, H. Léveillé 1 56 3Z> Diagnoses d'espèces nouvelles de mousses, I. Thériot 269 Epilobium Arechavaletae Lévl., H. Léveillé 149 Eriocaulon novum japonicum, T. Nakai 1 3g Étude synoptique et géographique des Lécidés de la Flore d'Europe, abbé H. Olivier \Sj JF 1 Flore de Gan-Chouen-Fou (Kouy-Tchéou), J. Cavalerie 23 1 Flore du Maine il y a 2000 ans, H . Léveillé 239 Florule de Livet (Sarthe), H . Léveillé 249 Fougères françaises (sur quelques), R. de Litardière 272 Frères d'Ardenay (Sarthe) (les onze), H . Léveillé 32 Hybrides nouveaux en Berry (deux), Lambert 78 Liliacées du Kouy-Tchéou (les), J. Cavalerie 243 Liste des travaux de M. l'abbé Coste 295 TV Notes ptéridologiques. R. de Litardière i 5o Note sur la distribution géographique des espèces du genre Pe- peromia R. et Pav., G. de Candolle 3 Note sur le Cochlearia aragunensis (espèce nouvelle), abbés Coste et Soulié 7 Note sur quelques plantes vivaces ou frutescentes subsponta- nées ou naturalisées sur le littoral de la Provence et en Corse, A. Thellung 21 3 Nouveau Diuranthera, (uni, H. Léveillé 297 Nouvel hybride des Asplenium foresiacum et trichomanes : X A . Guichardii (un), R. de Litardière jb Nouvelles localités de quelques plantes rares du Berry, Lam- bert 10 Pédiculaires hybrides ae la Flore européenne, G. Bonati 237 Plante nouvelle pour la Flore : X Galactites ludovicae. C. Ber- trand 294 Plantes adventices de l'Hérault (quelques), H. Léveillé 3 1 Plantes d'Espagne : notes et diagnoses, Fre Sennen 101 Plante des terrains salés (les) [suite], A. Féret 1 55 Pteridophyta in insula Quelpaert, C. Christensen 69 Relevé annuel des herborisations mayennaises en 191 1, H. Lé- veillé , 232 Reliquiae Progelianae, ou revision des Rubus récoltés en Ba- vière par A. Progel, H. Sudre 33 Salix alba populiforme, H. Léveillé 212 Scirpus compressas Pers., H. Léveillé 2i3 Section conventionnelle et variétés du Clypeola Jonthlaspi L., Alf. Revnier 286 Session de l'Académie à Hyéres 253 T Terrains d'après les plantes (les), H. Léveillé 216 -V Veronica anagallis et de ses variétés (à propos du), H. Lé- veillé 235 Zingiber roseum (le), J. Cavalerie. i56 ERRATA Page 123, lire aux numéros 621 et 733 : Amarantus muricatus, au lieu de A. mucronatus. Page 1 3g, lire au titre Eriocaulon, au lieu de Ericaulon. Page 237, suppléer le nom omis de l'auteur : G. Bonati. Page 267, remplacer dans les noms d'hybrides, le vocable vulgaris par celui de Goodenoughii. MÉMOIRES DE [/ACADÉMIE Internationale de Géographie Botanique Sous ce titre, paraissent à des époques indéterminées un ou deux fascicules par an, renfermant les travaux de longue haleine ; les articles du Bulletin étant limités chacun au maximum de &2 pages. Ont paru : le i er avril la suite du Catalogue raisonné des plantes du bassin de la Haute Ariège, par feu H. Marcailhou d'Aymeric; le i er octobre, la suite du Novus Conspectus Florae Europae, par M . Gandoger. Souscription annuelle : £0 fr. Pour les souscripteurs au Bulletin : 5 fr. le MIDI m Plllf II REVUE BIMESTRIELLE De Bibliographie, d'Informations & d'Echanges H. LÉVEILLÉ, Directeur ?& 9 Rue de Flore, 7» — LE MANS (Sarthe) ABONNEMENT : « fr. £50 PAR AN Le 4 m e fascicule de La FLORE COMPLÈTE Illustrée en Couleurs DE LA FRANCE, SUISSE et BELGIQUE par Gaston BONNIER vient de paraître Ce fascicule contient la fin de la famille des Renonculacées (genres Delphinium, Aconitum, Actœci, Pœonia\ la famille des Berbéridées (Berberis, Epimedium), la famille das Nymphéacées {Nymphœa, Nuphar) et le commencement de la famille des Papavéracées (Papaver). Outre le texte, il comprend 6 planches 32 X ^3 en couleurs 1/2 grandeur naturelle. Publié sous les auspices du Ministère de l'Instruction Pu- blique, ce bel ouvrage réalise l'idéal de ce que peut souhaiter toute personne s'intéressant aux plantes, si variées de forme et d'aspect, si décoratives ou si curieuses, qu'on trouve dans nos contrées, depuis le bord de la mer, jusqu'au sommet des mon- tagnes. Librairie générale de l'Enseignement. — E. 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