WHITNEY LIBRARY, HARVARD UNIVERSITY. mm THE GIFT OF .1. I). WHITNEY, Sfuri/h ffunper Professai' MUSEUM or COMPARATIVE Z0ÔL06Y ^\ ^,^«1- my/ ^iWw ^^ COMPTES RENDUS HEBDOMADAIRES DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIfi:NCES PARIS. — IMPHIMERIK DE GAUTHIER-VILLARS, RUR DE SEINE SA1,NT-GERMAI\ , lo, PRÉS LINSTITUT. COMPTES RENDUS HEBDOMADAIRES DES SÉANCES DE L ACADÉMIE DES SCIENCES CONFORMEMENT A UNE DECISION DE L'ACADEMIE PAR MM. LES SECRÉTAIRES PERPÉTUELS TOME CINQUANTE-NEUVIÈME. JUILLET — DÉCEMBRE 1864. f&&@* PARIS^ GAUTHIER- VILLARS , IMPRIMEUR -LIBRAIRE DES COMPTES RENDUS DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES, SUCCESSEUR DE MALLET-BACHELIER, Quai des Augustins, 55. 3^ 1864 COMPTE REJNDU DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES. SÉANCE DU LUNDI 4 JUILLET 1864. PRÉSIDENCE DE M. MORIN. MEMOIRES ET COMMUNICATIONS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. M. LE Ministre de l'Instruction publique transmet une ampliation du décret impérial qui confirme la nomination de M. Vohler à la place d'Associé étranger vacante par le décès de M. Mitscherlicli. Il est donné lecture de ce décret. M. Élie de Beacmont présente au nom de l'auteur, M. Poncelet, en ce moment absent, le IP et dernier volume des •• applications d Analyse et de Géométrie^ qui ont servi de principal fondement au Traité des Propriétés projectives desfic/urcs « . » L'Académie, dit M. le Secrétaire perpétuel, sent combien il est peu nécessaire de venir louer devant elle l'ouvrage si connu de notre illustre confrère, mais je crois qu'elle entendra avec plaisir quelques fragments de la courte préface qu'il a mise en tète de ce volume. « Lorsqu'en juin i8i4, à la notification de la paix générale, je dus, dit » M. Poncelet, quitter inopinément Saratoff, ce fut avec une joie bien » vive que je pensai au bonheur de revoir ma patrie, ma ville natale, mes » parents, mes amis. Et cependant , quand je dus abandonner cette ville «> renaissante, à longues files de maisons isolées, en bois, les steppes incultes. COMPTE REISDU DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES. SÉANCE DU LUNDI 4 JUILLET 1864. PRÉSIDENCE DE M. MORIN. MEMOIRES ET COMMUNICATIONS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. M. LE Ministre de l'Instruction publique transmet une ampliation du décret impérial qui confirme la nomination de M. Vohler à la place d'Associé étranger vacante par le décès de M. Mitscherlich. Il est donné lecture de ce décret. M. Élie de BeauiMOnt présente au nom de l'auteur, M. Poncelet, en ce moment absent, le IP et dernier volume des « Applications d'Analyse et de Géométrie, qui ont servi de principal fondement au Traité des Propriétés projectives des figures » . » L'Académie, dit M. le Secrétaire perpétuel, sent combien il est peu nécessaire de venir louer devant elle l'ouvrage si connu de notre illustre confrère, mais je crois qu'elle entendra avec plaisir quelques fragments de la courte préface qu'il a mise en tète de ce volume. « Lorsqu'en juin i8i4, à la notification de la paix générale, je dus, dit » M. Poncelet, quitter inopinément Saratoff, ce fut avec une joie bien » vive que je pensai au bonheur de revoir ma patrie, ma ville natale, mes » parents, mes amis. Et cependant, quand je dus abandonner cette ville »> renaissante, à longues files de maisons isolées, en bois, les steppes incultes, (6) » mais non pas stériles, qui lentoureiit, je ne pus me détendre d'une >' émotion profonde et d'un vifsentiment d'appréhension, en me demandant " si, au milieu de la vie active qui m'attendait, je pourrais poursuivre, » comme dans le silence et la solitude de l'exil, les études qui en avaient » adouci l'amertume et m'étaient par là devenues si chères. ') Rentré en France en septembre i8i4, attaché à la place de Metz, " mais obligé bientôt de prendre une part plus ou moins directe à une )' série d'événements politiques, en dehors d'autres devoirs imposés par ). mon service d'ingénieur militaire, ce ne fut qu'après la fatale catastrophe 1) de i8i5 et la conclusion d'un second traité de paix que je pus enfin » mettre à profit quelques loisirs forcés, à certains égards peu différents » de ceux des prisons de Russie » La démonstration purement géométrique des propositions et des théo- » ries diverses que j'avais précédemment établies en m'appuyant sur le )i calcul; V analyse des transversales, en prenant pour principal point de » départ les ouvrages de Carnot et de Maclaurin ; l'étude approfondie du » principe de continuité et de la loi des signes de position qui s'y appuie; la M théorie des polygones fixes ou mobiles, des polaires réciproques, etc. ; un grand » nombre d'autres résultats ou conséquences, d'articles de correspondance, » de philosophie mathématique, de polémique ou de critique relatifs à la )) Géométrie de iinfmi et aux imaginaires, tous d'une date antérieure à la » publication du Traité des Propriétés projectives , mais résumés et accom- » pagnes de notes, de réflexions et d'explications nouvelles; tel est le » coutenu de ce second volume des applications d'Analyse et de Géo- » métrie. » J'ose espérer que la variété, l'importance et la nouveauté des aperçus » qui s'y trouvent, en excitant l'intérêt des lecteurs instruits, répondront » au bienveillant accueil qui a été fait au premier volume, et que les efforts » persévérants par lesquels, depuis taut d'aunées, j'ai essayé d'éclairer » la métaphysique de la Géométrie et d'en bannir les obscurités et les » doutes, auront servi à répandre un jour plus grand sur des matières qui, » dans ces derniers temps, ont excité la vive curiosité des Professeurs et de » tous ceux qui, dans des sens divers, cherchent à ouvrir de nouvelles » routes à l'esprit humain. » { 7) GÉOMÉTRIE. — Exemples des procédés de déinonslrnlion annoncés dans la séance précédente ; par M. Chasles. « XXXVIII. Dans un système de coniques (fx, v), les diamètres qui aboutis- sent aux points oii une droite \j coupe les coniques, enveloppent une courbe de la classe (p. + 2v), qui a la droite \j pour tangente multiple d'ordre av. » Plus généralement : Dans un système de coniques (p., v), coujées par une droite L, les droites menées de chaque point a de L aux pôles d'une droite D rela- tifs aux coniques qui passent par a, enveloppent une courbe de la classe (/7. + 2 v':, quia une tangente multiple d'' ordre 2v, coïncidante avec L. » Prouvons que par un point I quelconque, passent (f;. H- 2 v) droites joignant chacune un point a de L au pôle d'une conique passant par a. i> Une droite menée par I coupe L en un point x; sur cette droite Ix se trouvent v pôles (C R., i. L"VIII, p. 29g, théor. I) ; les coniques auxquelles ils appartiennent coupent L en 2V points u. Par un point u passent p, coniques : les droites menées du point I aux pôles de ces coniques coupent L en {j. points X. Donc, en vertu du lemme I, il existe sur Lfp. + 2y) points x.qni coïncident, chacun, avec un point correspondant ?<. Donc la courbe enve- loppe est de la classe (p. + 2v). )) Elle a une tangente multiple d'ordre 2v coïncidante avec D, parce que D a V pôles sur L, et que les droites menées de ces pôles aux av jjoints d'intersection de L et des coniques auxquelles ces pôles appartiennent sont 2V tangentes de la courbe. Le théorème est donc démontré. D Observation. Après avoir reconnu que la courbe a une tangente mul- tiple d'ordre 2 v coïncidante avec L, il suffît de remarquer que par chaque point a de cette tangente passent |jl autres tangentes, qui sont les droites menées aux pôles de D relatifs aux v coniques qui passent parle point rt; d'où l'on conclut immédiatement que la courbe est de la classe (f. + 2v"). » COROLLAiRiî. Si la droite L est à l'infini, il s'ensuit que : » Dons un système de coniques [p., v), les parallèles aux asymptotes de chaque conique, menées par le pôle d'une droite D relatif à la conique, enveloppent une courbe de Inclasse [p. + 2v), quia une tangente multiple d ordre 2V, à l'infini. » XXXVIII a. On conclut du théorème que : » Si d'un point I on mène des droites aux pôles des coniques d'un système {[J., v), relatifs à une droite D, les points dans lesquels ces droites rencontrent les coniques sont sur une courbe de l'ordre (/j. + av). » Par conséquent : ( 8 ) » Les (liamctres des coniques d'un sjstènie (fjt., v), qui passent par un point Jixe, ont leurs extrémités sur une courbe de l'ordre (fJi -f- 2v). » XXXIK. Lorsque les diamètres des coniques (/Ji, v) passent jxn- un point fixe, leurs conjugués enveloppent une courbe de Inclusse {p. -\- v), qui a une tan- gente multiple d'ordre v à l'infini. » Plus généralement : Si par les pôles p d'une droite D, relatifs aux coni- ques d'un système [p., v ), on mène des couples de droites conjuguées p x, p a', dont les unes, p«, passent par un point fixe P: les autres. \)C/.', enveloppent une courbe de la classe {(j. ■+- v), qui a une tangente multiple d'ordre v coïncidante avec D. V II fant prouver que (p. + v) droites pa.' passent par un point quel- conque I. )) Sur une droite la,, qui coupe D en a,, se trouvent v pôles p de D (théor. ï) : ou mène par ces pôles les droites pa passant par P, et leurs con- juguées, qui coupent D en v points «'. Ces v points a' correspondent au pointa,. Un point a' étant pris arbitrairement, ses polaires dans les coniques enveloppent une courbe de la classe p. (ibéor. XII); p. polaires passent donc par P. Les droites menées des pôles des fi coniques au point I coupent D en p. points a,. Ainsi, à une droite la, correspondent v droites la'; et à une droite la' correspondent p. droites la,. Donc, en vertu du lemme II, il existe (|u. -t- v) droites Ta, qui coïncident avec des droites correspon- dantes la'; c'est-à-dire qu'il existe (p + v) coniques dans lesquelles les droites pa passant par P ont pour conjuguées des droites passant par I. Ainsi la courbe chercbée est de la classe [p. -h v). » Elle a une tangente multiple d'ordre v coïncidante avec D, parce que V coniques sont tangentes à D, et que dans chacune d'elles la conjuguée de la droite pa est la droite D. » Corollaire. Dans un système {p., v), il existe {[x -h v) coniques dont deux diamètres conjugués passent par deux points donnés (*). » XL. Dans un système de coniques (p., v), les diamètres qui partent des points oii les coniques coupent une droite D ont leurs extrémités sur une courbe de l'ordre [p. + 2v), qui a un point multiple de l'ordre p à l'infini surD. » Plus généralement : Si par chaque point a d'une droite D on mène des droites aux pôles d'une droite D' relatijs aux coniques qui passent par a : les points oii ces droites rencontrent les coniques sont sur une courbe de l'ordre (*) Le théorème a été bien énonce (C. A'., p. 3o2, théor. XXIV); et la note de la p. 43i est due à une erreur qui ne s'explique que par un moment de grande fatigue et d'inat- tention. (9) {[j. + 2 v), qui Cl lin point multiple cfordre [j. au point de concours de D et D'. » Prouvons que la courbe cherchée a(|u,+ 2v) points sur une droite quelconque L. » Par un point jt de L passent jul coniques, qui coupent D en 2 fx points a; les droites menées de ces points aux pôles de D', daus les p. coniques, ren- contrent L en 2 rj. points 11. Par un point 11 passent [p. 4- a v) droites menées des points de D aux pôles de D' (théor. XXXVIII). Ces droites appartiennent à (|x+2y) coniques, qui rencontrent L en 2 (f/. -+- av) points j?. Il existe donc sur L, 2fx + 2 (p, -1- 2v) ^ l^[p.-\-v) points x qui coïncident avec des points correspondants u. Mais 2 ( 2 p. — v) de ces points sont sur les [ip. — v) coniques infiniment aplaties qui existent dans le système proposé ; et 2 (av — /j.) surles (2 v — p.) coniques représentées par deux droites. Il reste i{p +v) points. Il faut observer encore que p coniques passent par le point d'intersection de L et D, et que pour chacune d'elles ce point fait partie de ces 2{p. +v); de sorte qu'il compte pour p.. Ce point multiple d'ordre p. est étranger à la question, parce qu'il est toujours sur D quelle que soit la droite L, Les autres points sont en nombre {p. H- av); la courbe cher- chée est donc de l'ordre (/-'.+ 2v). » Elle a un point multiple d'ordre p. au point de rencontre de D et D', parce que p. coniques passent par ce point. ') XLI. Si d'un point 011 mène des tangentes aux coniques d^un système (p, v), les diamètres qui passent par les points de contact enveloppent une courbe de la classe ( 2 p + v ) . » Plus généralement : Si d'un point P on mène des tangentes aux coniques (p., v), les droites qui vont des points de contact aux pôles d'une droite D enve- loppent une courb.e de la classe ( 2p, + v). » Prouvons que (2p,-|- v) droites passent par un point I. » Une droite x étant menée par I, il y a ( p. + v) coniques dont une tan- gente en vm point situé sur cette droite passe par le point P [C. R., p. 3oo, théor.V); appelons «les droites menées du point I aux pôles de ces coniques, de sorte qu'à la droite ce correspondent (p. + v) droites u. Une droite u renferme les pôles de y coniques; du point P passent 2V tangentes de ces coniques, et de I 2V droites x passant par les points de contact. Il existe donc p. 4- 3 y droites x qui coïncident avec des droites correspondantes u. Mais il existe (2y — p,) coniques représentées par deux droites. Une tan- gente menée par P a son point de contact au point d'intersection des deux droites, et les deux droites x et u coïncident; de sorte que le c R., i86i, 2"" Semestre. (T. LIX, N» 1.) 2 C lo ) point d'intersection des deux droites qui représentent une conique fait partie de la courbe enveloppe cherchée; et conséquemment cette courbe, abstraction faite des (av — p.) points semblables, est delà classe (p. -+- 3y) — (2v — a) = 2/JH- V. Donc, etc. » XLI a. On conclut du théorème, que : » Si (Cun point fixe I on mène des droites aii.x pôles d'une droite D, dans les coniques d'un système [ii, v), les tangentes aux points ou ces droites rencontrent les coniques, enveloppent une courbe de la classe (2 p. + v ). » Démonstration directe. La courbe a une tangente multiple d'ordre v coïncidante avec D, parce que v coniques ont leurs pôles sur D, et sont tan- gentes à cette droite en ces points. Il suffit de prouver que par un point quelconque ii de cette tangente multiple D passent 2/xautres tangentes. Or les polaires de «enveloppent une courbe delà classe f;. (théor. XII); donc a polaires passent par I. Ces polaires passent par les pôles de D; et les tan- gentes aux points où elles rencontrent les coniques passent par x. Donc, etc. » Corollaire. Les tangentes aux extrémités des diamètres qui passent par un point fixe, enveloppent une courbe de la classe [ip.-h v), qui a une tamjente nmlliple d'ordre -J, à l'infini. » XLII. Lorsque des diamètres des coniques d'un sjstème{p., v) passent par un point fixe, tes diamètres qui leur sont inclinés sous un angle de grandeur donnée, compté dans un sens de rotation déterminé, enveloppent ime courbe de ta classe 2v, qui a trois tangentes multiples d'ordre v, dont deux imaginait^s sont les asymptotes d'un cercle, et ta troisième est située à l'infini. )» Plus généralement : Si par le pôle p d'une droite D, dans chaque conique d'un système {[j., v), on mène deux droites pa, pot.' dont la première passe par un point fixe!*, et qui divisent un segment ef c/e D dans un rapport anliarmonique donné, les droites pa.' enveloppent une courbe de la classe 2V, qui a trois tan- gentes multiples d'ordre V, savoir Pe, Pf ei D. » On doit avoir a.c 'j! c . » Prouvons qu'il passe par un point I quelconque av droites /j a'. Une droite menée arbitrairement par I coupe D en un point a,. Cette droite renferme V pôles de D (C i?., t. LVIII, théor. 1). Les droites menées de ces pôles au point P rencontrent D en v points a, auxquels correspondent V points «' déterminés par l'équation ci-dessus. Nous dirons qu'au point a, ( " ) correspondent CCS V points u! . A un point a' pris arbitrairemcnl sur D cci- respond un point a déterminé par l'équation. La droite Va renferme v pôles. Les droites menées de ces pôles au point I coupent D en v points a,. De sorte qu'à un point a' correspondent y points a,. Il existe donc (lemme I) 2v points a, coïncidant avec des points correspondants a'. Donc 2v droites la' satisfont à la question. Donc la courbe est de la classe iv. » La droite Pe renferme v pôles; pour chacun de ces pôles la droite/) a' passe par le point e, de même que pu.. Donc la droite Pe est une tangente multiple d'ordre v delà courbe. De même la droite Vj. » Enfin V coniques touchent la droite D : pour chacune d'elles le pôle de D est le point de contact, et la droite /)«' coïncide avec D. Donc cette droite est aussi une tangente multiple d'ordre V. c. Q. F. D. » Observation. Le lieu des centres des coniques étant une courbe d'ordre v (théor. I), l'énoncé relatif aux diamètres rectangulaires n'est autre qu'un théorème déjà connu; et l'on peut ajouter que la courbe de la classe av est de V ordre v [v + i). (Voir Comptes rendus, t. LI, p. 8Gi, année 1860) (*). » ConOLLAlRE. Il existe, dans un système {(x, v), iv coniques dans lesquelles les deux diamètres menés par deux points donnés P, V,font entre eux un angle de grandeur donnée, compté dans un sens de rotation déterminé. » XLTIL Si dans ctinque conique d'un système {p., v), on mène deux dia- mètres conjugués faisant un angle de grandeur donnée, dans un sens de rotation déterminé : ces diamètres enveloppent deux courbes de la classe (f/, + v), qui oui chacune une tangente multiple d'ordre v à l'infini. » Plus généralement : Si dans chaque conique d'un système [p., v) on mène, par le pôle p d'une droite D, deux droites conjuguées p«, pa', qui divisent wi segment e( de D, dans un rapport anliarmonique donné, c" est-à-dire de manière que l'on ait la relation xe a' e . les droites pa et les droites pa' enveloppent deux courbes delà classe (p. -h v), qui ont chacune une tangente multiple d'ordre v, coïncidante avec la droite D. » Prouvons que par un point L >' passe {p.-h v) droites /)a. » Une droite la, renferme v pôles; les conjuguées de cette droite dans les V coniques coupent D en v points a', auxquels correspondent v points a. Il faudrait que a coïncidât avec a,. Un point a détermine un point a' par l'équation; il existe p, coniques par rapport auxquelles les deux droites pa, . I- — — - — -^^— _^_^^^^__^.^__— -^__-^^.^— ^^— ^^_^^— ^^^^— ^^_. (*) On voit qu'il faut dans l'énoncé du théorème XXIII (C. R., p. Son.) ni, au lieu dr (fi-t-v). a.. ( 12) /?«', menées des pôles p de D aux deux points a, a', sont conjuguées (C. R., t. LVIII, p.3o3, théor. XXVIII). Lesdioites inenées du point I aux pôles /j, relatifs à ces coniques, coupent D en p. points a,. Donc, il existe (fi-hv) points a, qui coïncident avec des points correspondants a (lemme I). Donc, etc. » La courbe a une tangente multiple d'ordre v coïncidante avec D. Car V coniques sont tangentes à D ; leurs pôles p sont les points de contact : qu'on les prenne pour les points a', les droites pa seront les droites a' a, coïnci- cidantes avec D. )) Observalion. On voit immédiatement qtie, par un point a de D passent p. droites/)». Car a détermine a' par l'équation de condition; et il existe fx coniques par rapport auxquelles les deux points a et a' sont con- jugués (théor. XXVIII). Cette seule remarque suffit pour prouver que la courbe enveloppe est de la classe [p. + v). M Corollaire I. Si les deux points e, f sont à l'infini siu' un cercle, on en conclut l'énoncé primitif, relatif aux diamètres des coniques. El si l'angle de grandeur donnée est droite on dira que : » Les axes des coniques d'un système {jx, v) enveloppent une courbe de la classe (fjt. + v), qui a une tangente multiple d'ordre v à l'infini. )) Par conséquent : Il existe dans un système [p., v), p coniques dont les axes sont parallèles èi deux droites rectangulaires données. » COROLLAiRi: II. Si les deux points f,^ sont réels, à l'infini, sur deux droites rectangulaires, le théorème s'exprime ainsi : » Si l'on prend dans chaque conique d'un système (p., v) deux droites con- juguées D, D', dont l'angle (D, D'), compté dans un sens déterminé, ait sa bis- sectrice parallèle à ime droite fixe : ces diamètres enveloppent deux courbes de la classe (p., v), (pii ont chacune une tangente multiple d'ordre v, « l'infini. » XLIV. Si dans chaque conique d'un système (p., v,), on mène deux dia- mètres conjugués, faisant un angle de grandeur donnée, dans im sens de rotation déterminé, les tangentes aux extrémités de ces diamètres enveloppent deux courbes de la classe (2p. -I- v), qui ont chacune une tangente multiple d'ordre v à l'infini. )) Plus généralement : Si par les pôles p d'une droite D, relatifs aux coni- ques d'un système (p., v), on mène des couples de droites conjuguées pa, })«', qui divisent tin segment ef de D, dans u>i rapport anharmonique donné : les tangentes aux points où ces droites rencontrent les coniques, enveloppent deux courbes de la classe (ap -+- v), qui ont chacune une tangente multiple d'ordre v coincidantc avec D. » a, a' sont les points où les deux droites pa, pc/.' , relatives à une co' ( i3) nique, rencontrent D; ces points sont conjugués par rapport à laconique, de sorte que les tangentes aux points où pa. rencontre la conique passent par a', et réciproquement les tangentes aux points où pa' rencontre la co- nique passent par a. Ces points a, a' satisfont, en outre, à l'équation ac a' t' . n Cela posé, un point a étant pris arbitrairement sur D, soit a, le point déterminé par l'équation Il existe fJL coniques qui divisent harnioniquement le segment aa, [C. R., t. LVIII, p. 3o3, tliéor. XXVIII); les 2[j. tangentes de ces coniques, menées par les points où les droites pales rencontrent, passentpar le point a,, parce qu'il est conjugué de a, par rapport à chacune des [x coniques. Ainsi 21^ tangentes de la courbe cherchée passent par chaque point de D. Mais v co- niques touchent cette droite, et chacune de ces coniques donne lieu à une tangente de la courbe cherchée, qui coïncide avec D. Donc la courbe a une tangente multiple d'ordre v coïncidante avec D, et par suite est de la classe ip. -h V. C. Q. F. D. ■< Corollaire I. Si e, y sont imaginaires, à l'infini sur un cercle, on ob- tient le premier énoncé ci-dessus; et si l'angle donné est droit, on en con- clut que : » Les tangentes aux extrémités des axes des coniques d'un syslcine {p., v) en- veloppent une courbe d'ordre (ip.-h v), qui a une tangente multiple d'ordre v, à l'infmi. » Corollaire II. Si les deux points e,y^sont à l'infini sur deux droites rectangulaires, le théorème prend cet énoncé : )) Les tangentes aux coniques [p., v), qui font avec les diamètres qui aboutissent aux points de contact des angles ayant une bissectrice parallèle à une droite fixe, enveloppent une courbe de la classe (ap, + v), qui a une tangente uudliple d'ordre v, à l'infini. » XLV. Le lieu des sommets des coniques d'un système {p., v) est une courbe de l'ordre (af/. + 3v ). » Plus généralement : Si par le pôle d'une droite D, dans chaque conique d'un système (p., v), on mène deux droites conjuguées p a, pa', qui divisent un seg^ ment ef de D, dans un rapport anharmonique donné : les droites pa, p«', rencofi' trenl tes coniques en des points situés sur deux courbes de l'ordre (2 fx + 3 v) . ( i4 ) » On doit avoir a.c a! e . )' Prouvons que sur une droite L il se trouve (apt. + 3v) points de ren- contre des coniques et des droites pa.. B Qu'on prenne sur D un pointa' arbitrairement, auquel correspond un point a déterminé par l'équation, et que par a on mène des tangentes aux coniques; (p.4-v) points de contact sont situes sur L (C. /»., p. 3oo, théor. V), et les droites menées de ces points aux pôles des (p. -f- v) coniques rencontrent D en (ju, 4- v) points a". Par un point a" pris arbitrairement passent (,u, + iv) droites qui joignent les pùles de {fj. -+- av) coniques à l'un des points où chaqueconique coupeL(théor. XXXVIII). Les(fJL + av) tangentes en ces points coupent D en (p. + 2v) points «a auxquels corres- pondent (|u.-f-2v) points a.' déterminés par l'équation. Donc il existe (2fJ!.-+-3y) points a' qui coïncident avec des points correspondants à a" (lemme I). c. Q. F. D. » Il est clair que ce qui est démontré des droites pa s'applique aux droites pa'; c'est-à-dire que ces droites rencontrent les coniques en des points qui sont aussi sur une courbe d'ordre (ajtx -f-3v). » /autrement. Les tangentes aux points où les droites pa rencontrent les coniques respectives enveloppent une courbe de la classe (ajx + v) (théor. XLIV). Ainsi (ap. -f-v) tangentes passent par iin point jc de L. Les droites ysa coupent L en (a/ji -h v) points u. Par un point n quelconque de L passent (fji. -\- v) droites px satisfaisant à la question (théor. XLIIl). Les tangentes aux points où ces droites rencontrent les coniques auxquelles elles appartiennent, coupent L en (afiH-v) points œ. Donc, 4p- + 3v points X coïncident avec des points correspondants n. Mais, de ce nombre de points, il faut en retrancher 2p. qui ne satisfont pas à la question. En effet, par le point e passent p. coniques. Pour chacune d'elles la tangente au point e coïncide avec la droite pxet donne des points x et u coïncidants. De même pour les p coniques qui passent par le point/! Il reste (ap, -h 3v) points. Ce qui démontre le théorème. 1) Autrement. Par un point x d'une droite L passent p. coniques; pour chacune d'elles il existe deux systèmes de droites conjuguées pa, pu' qui divisent e/dans le rapport anharmonique doiuié; il y a donc 2p. droites pa, qui rencontrent L en ap. points u. Par un point u passent (p. + v) droites /; a (théor. XLIII), appartenant à (p. + v) coniques, qui coupent L en 2(p-f- v) points X. Il existe donc (lemme 1) (/Jp. + iv) points o" qui coïn- ( «5) cident avec des points u correspondants. Mais il en fant distraire (ap. — v) pointsqui appartiennent aux (ap. — v) droites qni représentent des coniques infiniment aplaties. Le nombre des points cherchés se réduit donc à i[}. + 3v. Ce qui démontre le théorème. >> Corollaire I. Si le segment e/est la corde imaginaire interceptée par un cercle sur la droite située à l'infini, le théorème prend cet énoncé : » Le lieu des points des coniques (fi, v), en chacun desquels la tangente J ml avec le diamètre qui aboutit à ce point un angle de qrandeur donnée, compté dans un sens de rotation déterminé, est une courbe de iordie ip. + 3v. » Conséquenmient : Le lieu des soniiuets des coniques est une courbe de l'ordre {■2 p + 'iv){'). )i Corollaire II. Lorsque le segment e/ est réel^ à l'infini, et compris entre deux droites rectangulaires, le théorème s'énonce ainsi : » Le lieu des points des coniques [p., v), en chacun desquels la tangente fait avec le diamètre un angle dont la bissectrice est parallèle à une droite fixe, est une courbe de i ordre (a/Jt, + 3v). » ÉLECTRO-CHIMIE. — Mémoire sur la consenation du cuivre et du fer dans la mer; par M. Becqueuel. (Extrait.) « La conservation des métaux à la mer, notamment du cuivre et du fer, est aujourd'hui luie question capitale, à raison de la transformation de la marine de tous les peuples, transformation qui peut changer leurs rapports réciproques. Cette question étant de la compétence des sciences physico-chimiques, j'ai cru devoir m'en occuper dans l'espoir d'ajouter par mes efforts quelques données nouvelles à celles que nous possédons déjà pour aider à sa solution. » Cette question présente de grandes difficultés, par suite des causes nombreuses qui concourent à l'altération des métaux. Ces causes, qui sont mécaniques, physiques ou chimiques, influent toutes sur les actions chimiques, et, par suite, sur la production de l'électricité qui donne nais- sance à des couples voltaïques isolés. On ne peut les combattre qu'en les recherchant toutes, et luttant, pour ainsi dire, avec chacune d'elles en particulier. » Dans l'impossibilité où je suis de faire connaître en entier mon travail à l'Académie, je me bornerai à lui donner un précis des principaux résul- (') C'est par erreur que l'on a écrit 2(2^1 H-v), au lieu rfe(2fi. + 3v), p. 3oo, ihéor. X, ( «6) tats de mes recherches, afin qu'elle prenne une idée de son ensemble ; mais auparavant, je rapporterai ceux qui ont été obtenus par Davy sur le même sujet, afin qu'elle connaisse quel a été mon point de départ. Davy, dans luie lecture faite à la Société Royale, le 22 janvier 1824 [Annales de Chimie et de Physique, t. XXVI, p. 84), annonçait que la rapide altération du doublage en cuivre des vaisseaux de guerre et l'incertitude du temps de leur durée avaient attiré particulièrement l'attention des lords de l'Anîiraulé, qui l'engagèrent à s'occuper des moyens de préservation de ce doublage; il entreprit aussitôt une série de recherches qui le con- duisirent à la découverte d'un principe important, d'après lequel, en ren- dant électro-négatif un métal qui est électro-positif dans l'eau de la mer, on le préserve de toute altération, entre certaines limites toutefois. )) Davy admettait la théorie du contact, c"est-à-dire la production de l'électricité au contact de deux métaux par suite d'une action réciproque. L'action chimique, suivant lui, ne servait (pi'à la transmission de l'élec- tricité dans les corps voisins. Cette manière de voir l'empêcha de déduire de sa découverte les conséquences qui en découlaient naturellement. Il annonça d'abord qu'un morceau de zinc gros comme un pois ou la pointe d'un petit clou de fer était tout à fait suffisant pour conserver 40 ou 5o pouces carrés anglais de cuivre, en quelque endroit qu'il fût placé; et qu'un petit morceau de zinc ayant été fixé au haut d'un morceau de cuivre et un morceau de fer beaucoup plus gros au bas, le tout mis dans l'eau de mer, le cuivre non-seulement fut préservé des deux côtés, mais encore le fer, qui, après une quinzaine de jours, avait conservé son brillant, ainsi que l'autre métal. Il en conclut aussitôt que de jietites quantités de zinc, de fer ou de fonte placées en contact avec le doublage en cuivre des vaisseaux empêchaient sa corrosion. Il ajouta, en outre, que l'électricité négative ne pouvant pas être supposée favorable à la vie des animaux et des végétaux, puisqu'elle occasionnait la précipitation sur le cuivre de la magnésie, substance très-nuisible aux végétaux terrestres, cette électricité devait contribuera rendre propre la surface des vaisseaux. » Les lords de l'Amirauté lui ayant fourni les moyens d'expérimenter sur une très-grande échelle son procédé de conservation du doublage en cuivre des vaisseaux, àChatham et à Portsmoulh, il constata alors les faits suivants ( i ) : (() Tran.ractinns /}ftilosojJiir/iic.<:, I^S^4; Aiimitcs (h Cliiinie et tic P/iysii/itc, t. X\IX , p. 187. ( ■? ) » Des feuilles de cuivre en contact sur -^ ou -j-j'ûq de leur surface avec du zinc, du fer ou de la fonte ayant été exposées, pendant plusieurs semaines, au mouvement de la marée, dans le port de Portsmouth, et leurs poids déterminés av;uit et après l'expérience, Davy trouva que lorsque le protecteur métallique avait une surface de-^ k —7 de celle du cuivre, il n'y avait ni corrosion ni diminution de ce dernier métal; quand le rapport était de ^j^ à jj^, le cuivre éprouvait une perte de poids qui était plus forte à mesure que le protecteur devenait plus petit. Il considérait avec raison la fonte, substance la plus facile à trouver en tout lieu et à bon marché, comme celle qui était la plus propre à la protection du cuivre et devant durer autant que le fer et le zinc. >) Les feuilles de cuivre de deux petits bâtiments protégés se conservèrent parfaitement propres pemiant plusieurs semaines tant que la surface métal- lique du cuivre était restée à découvert ; mais aussitôt que ce métal fut recouvert de carbonate de chaux et de magnésie, des plantes et des insectes s'y rassemblèrent. » Dans les Transactions philosophiques de Londres pour iSaS, p. 328, nous trouvons encore les faits suivants : » Le Sammarancj, de 28 canons, avait été doublé dans l'Inde en 1 821, et quand il arriva à Portsmouth en 1824 il était tout couvert d'une croûte épaisse de carbonate et d'oxychlorure de cuivre avec de longues végétations sur toutesa surface et des dépôts d'une certaine quantité dezoophytes. Davy, à raison de cette profonde altération, employa, pour préserver le reste, une proportion de fonte plus considérable que pour le cuivre neuf et la porta à -^ de la surface du cuivre. Après un voyage à la Nouvelle-Ecosse, on reconnut, en janvier 1820, que la surface élait bien préservée. L'arma- ture avait été placée deux à l'arrière et deux à l'avant. On reconnut que, vers le milieu du fond, il y avait une couche de vert-de-gris très-iégère et pulvérulente, et à l'arrière autour du fer une sorte de rouille dont la surface inégale semblait avoir arrêté quelques zoophytes tels que patelles et bala- nites, observation qui a son importance, attendu que le dépôt se trouvait sur le protecteur et noTi sur le métal protégé. » Le yacht l'Elisabeth, protégé par -pj-5 ^'^ f"^'' disposé en deux portions à l'arrière, a été employé tantôt à la mer, tantôt arrêté au port pendant six mois; le cuivre n'a pas été altéré et il ne s'y est déposé ni zoophytes, ni coquilles : seulement on a observé sur la rouille de fer quelques patelles qui étaient peu adhérentes. G. R., 1864, 3™' Semestre. (T. LIX, >« 1.) 3 ( '«) » Le Caniehria-Castte, protégé par ^h ^^^ fer, a fait le voyage de Calcutta. A son retour on a trouvé que la surface du cuivre était parfaitement con- servée et qu'il ne s'y était formé aucun dépôt. )) Il résulte de ce qui précède que, soit dans les eaux du port, soit au laboratoire, des feuilles de cuivre qui sont en repos dans l'eau de mer augmentent de poids en se couvrant de dépôts terreux et alcalins quand elles sont protégées par une proportion de fer qui est au-dessous de -~, et si cette proportion est comprise entre -^ et j^^-^, la surface paraît se con- server sans recevoir ni dépôts, ni zoopliytes, ni coquilles. » On voit que Davy s'est attaché à déterminer les limites en surface entre lesquelles la protection a lieu^ et nullement en épaisseur. 11 ne tient pas compte également de la couche d'oxychlorure de zinc, ou d'oxy- chlorure de cuivre, mêlée de parcelles de l'un de ces deux métaux, laquelle, s'opposant à la réaction de l'eau salée, arrête la protection. Toute la question est là : cela tenait à ce qu'il n'avait égard qu'à la théorie du contact. » Bien que plusieurs des expériences précédentes aient donné des résul- tats favorables, cependant le procédé de protection n'a pas été adopté; on en a donné pour motif l'état négatif du cuivre, qui favorisait tellement le dépôt des corps marins, que la marche du navire en était retardée. Nous verrons dans un instant que le dépôt des corps marins n'est pas dû à cette cause, puisque la plupart des protecteurs avaient disparu. On avait ce- pendant remarqué que, pour préserver le cuivre, il fallait oxyder le métal protecteur. 11 croyait tellement à cette théorie, qu'il avait avancé qu'un morceau de la grosseur d'un pois ou de la pointe d'un petit clou de fer suffisait pour garantir des lames de cuivre de ^56 à 32o centimètres carrés de surface immergées dans l'eau de mer; cette préservation ne devait avoir lieu que pendant un temps très-court, le morceau de zinc ou la pointe d'un petit clou de fer étant promptement détruit. Rien n'annonce, du reste, que, dans les moyens de préservation employés sur mer, on ait songé aux inconvénients résultant de la destruction du métal oxydable ; il n'est pas étonnant alors que le doublage en cuivre se soit sali, poiu- me servir des expressions des marins, et se soit recouvert de corps organisés. Il en est, au surplus, de la i)roduction de l'électricité pour la conservation du cuivre et du fer en mer comme de celle de la chalein-; pour celle-ci il faut four- nir constamment du combustible, et pour l'antre il faut pourvoir au rem- placement du métal oxydable à mesure qu'il est détruit; c'est là une pré- caution indispensable à prendre pour assurer la conservation. ( 19) » Les causes d'altération des métaux sont nombreuses. Nous citerons particidièrement l'hétérogénéité des parties, la différence dans le mode d'agrégation des molécules, la présence sur la surface des métaux de corps quelconques, de grains de sable ou taches de rouille; des coups de marteau appliqués çà et là, la pression, un simple plissement, etc., etc., sont autant de causes qui font naître des couples voltaïques sur les surfaces et que dé- truit un protecteur convenablement choisi. 11 faut encore ajouter le frotte- ment de l'eau, comme M. Ed. Becquerel l'a constaté dans des expériences intéressantes qu'il a répétées à Toulon en m'aidant dans mes recherches. » On voit par bà comment il se fait que les métaux comme le fer, qui sont forgés, travaillés, martelés, présentent tant de causes d'altération que l'on fait disparaître au moyen des protecteurs disposés conformément aux principes électro-chimiques. Il résuite de là, et l'expérience l'a prouvé, pourquoi l'état électrique du métal protégé ne suit pas toujours ime loi régulière. » J'ai été guidé dans mes recherches par une considération importante dont je dois parler ici : on a trouvé que, pour décomposer i milligramme d'eau, il fallait employer, sous forme de courant, une quantité d'électri- cité libre égale à celle de 20 000 batteries de i mètre carré chacune de sur- face et chargée de manière à donner des étincelles à plus de i centimètre de distance. Cette quantité est celle que l'on suppose être unie à la matière, et qui devient libre quand on décompose i milligramme d'eau, ou du moins qui éprouve une transformation quelconque, soit qu'elle devienne chaleur, soit qu'elle se change en une force vive dont j'ai essayé de déterminer les effets dans les cas dont nous nous occupons; ce qu'il y a de certain, c'est qu'on ne recueille qu'une portion excessivement minime de cette quantité énorme d'électricité capable de produire les effets de la foudre; mais avant de faire celte détermination, j'ai cherché, avec le plus d'exactitude pos- sible, à l'aide de la boussole des sinus et d'appareils convenablemeut dis- posés, la force électromotrice du zinc ainsi que celle du fer, du cuivre, du plomb et de leurs alliages plongés dans l'eau de mer, forces qui sont en rapport avec les affinités mises en jeu et qui servent naturellement de points de départ pour trouver le métal ou l'alliage protecteur, ce dernier n'agis- sant efficacement que lorsque l'état négatif du métal protégé, qui est d'em- prunt, est supérieur à celui qu'il prend quand il est attaqué par l'eau salée. )) J'ai déterminé ensuite l'état électrique de toutes les parties d'un métal protégé, afin de voir ce que devenait la force vive dont je viens de parler, 3.. ( 20 ) et de trouver les lois sur lesquelles il faudra s'appuyer pour assurer la pro- tectiou ; voici comuieiit ou y parvieut : » Lorsqu'on plonge dans l'eau de mer une lame de cuivre de 5 mètres de longueur et de 6 centimètres de largeur, ayant par conséquent une surface de 3ooo centimètres carrés, et armée à l'une de ses extrémités d'une très-petite bande de zinc de i centimètre carré, et pourvue de dis- tance en distance de tiges verticales de même métal et de divers acces- soires, on trouve que depuis le zinc, jusqu'à l'autre exirémilé de la lame, l'état électrique de chaque point de celle-ci va en diminuant, et que si l'on trace la courbe des intensités en prenant pour axe des abscisses une ligne qui représente la force électromotrice du cuivre, pour abscisses les dis- tances au zinc et pour ordonnées les états électriques correspondants, cette courbe se comporte comme si elle était asympfotique, à l'égard de l'axe des abscisses ; on ne sait donc pas jusqu'où s'étend la protection. Toute la sur- face du cuivre reste brillante, à l'exception de la partie du côté du zinc jus- qu'à I mètre ou i -k mètre de distance, laquelle se recouvre de dépôts ferreux métalliques quand l'eau salée n'est pas pure. Dans une autre expé- rience faite à la mer, la loi a été vérifiée jusqu'à i4 mètres. On voit donc que dans l'oxydation du zinc, l'électricité qui cesse d'être unie à la matière et qui est énorme, agit commeforce vive, quand elle est transmise au cuivre à des distances dont on ne connaît pas la limite. » N'oublions pas de faire remarquer que sur toute la surface métallique il circule, par l'intermédiaire du liquide qui la mouille, des courants déri- vés produisant des décompositions électro-chimiques et qui se forment aux dépens de l'électricité dégagée dans l'oxydation du zinc. i> On conçoit, d'après cela, que si l'on veut préserver une surface de cuivre de manière à éviter les dépôts électro-chimiques, il faut armer la S'-U'face d'un prolecteur métallique ayant une force électromotrice égale à celle du point où ces dépôts commencent à être insensibles ; c'est là une condition importante à remplir pour éviter les dépôts des coquilles et autres corps marins qui paraissent se former sur les parties recouvertes déjà de calcaire, de magnésie et autres substances. » Les lames de cuivre armées de fer et celles de fer protégées par le zinc présentent des effets semblables, avec cette différence près que la sphère d'activité électrique est moindre, vu que son étendue dépend de la diffé- rence entre les forces électromotrices du métal protecteur et du métal protégé. ( -' ) » Oïl ne peut pas se faire une idée de la faible étendue qu'il suffit de donner au zinc et au fer pour produire sur les métaux qu'ils protègent les effets dont on vient de parler; ainsi la quantité de métal nécessaire pour préserver le fer d'un bâtiment blindé est insignifiante. » Les alliages protecteurs de zinc et de cuivre, de zinc et de plomb, etc.. agissent en raison du métal le plus oxydable qui entre dans leur composi- tion, avec certaines conditions de dureté auxquelles il faut avoir égard. Avec un alliage de cuivre et de zinc , à mesure que ce dernier métal est oxydé et enlevé, la faculté protectrice diminue; il ne reste plus à la fin qu'une éponge en cuivre, qui ne tarde pas à se changer en oxychlorine : plus l'alliage a de dureté, plus les effets dont on parle sont lents à se pro- duire. » Les expériences dont on vient de rapporter les principaux résultats avaient besoin d'être répétées à la mer; M. le Ministre de la Marine, en appréciant leur importance, a bien voulu mettre à ma disposition, dans le port de Toulon, tous les moyens qui m'étaient nécessaires pour cela. Je ne saurais donc trop lui en témoigner ma reconnaissance, ainsi qu'à M. Dupuy de Lôme en particulier, pour les conseils si utiles qu'il a bien voulu me donner en ce qui concerne les applications. Je remercie également MM. les ingénieurs maritimes de leur concours, et M. de Mouy, sous-ingénieur, qui, ayant suivi mes expériences avec soin, sera à même de les répéter. » Les expériences ont été faites sur ime grande échelle et n'ont laissé aucun doute sur l'exactitude des résultats obtenus dans le laboratoire, et m'ont mis à même, en outre, de faire de nouvelles observations qui inté- ressent les applications. Je dois rapporter encore quelques observations qui doivent être prises en considération. i> Toutes les fois que le fer des blindages est recouvert de plusieurs couches de peinture au minium, il est préservé tant que cette peinture est adhérente; mais, une fois qu'elle est enlevée partiellement, soit par le frot- tement, soit par l'action dissolvante de la mer, qui est lente, le métal com- mence à être attaqué çà et là, les parties qui ont perdu de la peinture sont négatives par rapport à celles qui en conservent moins ou pas du tout; de sorte que ces dernières sont plus attaquées que les autres. De là ces alté- rations locales disséminées quelquefois sur la siuface des blindages, que l'on évitera facilement en employant des protecteurs disposés suivant les principes qui ont été exposés précédemment, protecteurs qui ne serviront que lorsque la peinture sera enlevée. » Le doublage en cuivre de la carène, qui ne reçoit pas de peinture, se (,2 ) trouvant dans les mêmes conditions que celui des anciens navires, sera exposé aux mêmes inconvénients, à moins qu'on ne le protège non-seule- ment en vue de sa conservation, mais encore afin d'éviter les dépôts des matières terreuses et autres qui paraissent favoriser les dépôts des coquilles, mollusques et plantes marines, lesquels n'ont pas lieu, dit-on, lorsque les surfaces restent brillantes. » Toutes les parties qui constituent le doublage et la cuirasse ont été tellement bien coordonnées par I\I. Dupuy de Lôme, qu'il sera bien facile, sans rien déranger, d'appliquer les protecteurs de manière à les nettoyer ou à les changer au besoin. » Il sera possible même, quand le bâtiment sera sur le point de sortir du bassin pour entrer dans le port, à l'aide des appareils qui ont été con- struits à cet effet, de voir si toutes les parties métalliques qui recouvrent leur surface seront complètement protégées, ou bien, si elles ne le sont pas, quel sera leur degré d'altération. » Tels sont les résultats généraux obtenus dans de longues recherches faites, soit dans le laboratoire, soit à la mer, sur les moyens à employer pour la conservation des métaux qui servent au doublage et au blindage des vaisseaux cuirassés, et pour empêcher les dépôts des coquilles et autres corps marins. » Il m'est impossible, dans cet extrait, d'entrer dans les détails de dispo- sitions à prendre pour réaliser la préservation des métaux et qui se trouvent exposés dans le Mémoire; il me suffit de dire que les principes généraux m'en paraissent bien établis, et qu'il ne reste plus à résoudre que des ques- tions de détails relatives aux apphcalions. « CHIMIE APPLIQUÉE. — Sur la saponification des corps gras par tes sulfures alcaHns; pnr^l. J. Pelol'ze. « A l'époque déjà éloignée où j'ai trouvé que la saponification des huiles et des graisses pouvait être effectuée par certains oxydes métalliques, sans l'intervention de l'eau, j'avais remarqué que les sulfures alcalins, placés dans les mêmes conditions que la soude et la potasse, jouissaient, comme elles, de la propriété de produire des savons avec les mêmes corps gras; mais j'avais abandonné ces recherches, je les ai reprises, et comme la réac- tion dont il s'agit est très-remarquable par sa simplicité et que, d'une autre part, elle peut être mise à profit par une des industries les plus im- portantes et les plus considérables, celle des savons, je demande à l'Aca- ( 23 ) demie la permission de lui présenter le résumé des expériences auxquelles je me suis livré. » J'ai préparé du monosulfure de sodium par l'aclion de l'hydrogène sulfuré sur la soude caustique concentrée (lessive des savonniers), et j'ai eu soin de le purifier par plusieurs cristallisations successives. » Les cristaux obtenus par ce moyen sont débarrassés de tonte trace de soude libre; c'est du inonosulfurc de sodium contenant 67 pour 100 d'eau et représenté par la formule NaSj9HO. » Si on le mêle avec les corps gras neutres, U les saponifie complète- ment, à la température ordinaire, au bout d'un temps généralement très- court. . » Ainsi, un mélange de parties égales de monosulfure de sodium cris- tallisé, dhuile d'olive et d'eau, a présenté, au bout de dix jours, quelque- fois même au bout de cinq à six jours, une matière entièrement saponifiée. Cette matière est formée : » 1° De savon; » a" Ue glycérine; » 3" De sulfhydrate de sulfure de sodium ; » 4° De monosulfure de sodium employé en excès. » Si on la mêle avec une quantité d'eau insuffisante pour la dissoudre, on constate nettement, dans le liquide au-dessus duquel surnage le savon, • là présence d'un sulfhydrate de sulfure au moyen d'un sel neutre de man- ganèse, qui y produit, en même temps qu'un précipité abondant de sulfure de manganèse, un vif dégagement d'hydrogène sulfuré, caractère essentiel de la classe des sels dont il est question. » L'ébullition seule dégage immédiatement du même liquide de l'acide sulfhydrique, et, après qu'elle a été prolongée, on ne reti'ouve plus dans celui-ci que du monosulfure de sodium. » En analysant les produits de la réaction faite à froid, on voit que I équivalent de sulfure de sodium, en décomposant l'eau, donne i équiva- lent de soude qui saponifie le corps gras et i équivalent d'hydrogène sul- furé qui s'unit à un second équivalent de sulfure non altéré, ou, pour plus de simplicité et d'après une autre interprétation, on constate que 2 équi- valents de sulfhydrate de soude neutre donnent i équivalent de bisulf- hydrate de soude et i équivalent de savon. » Quand on effectue la saponification à chaud, l'hydrogène sulfuré se dégage et il se forme simplement du savon. Dans ce dernier cas, x équi- ( ^4 ) valent de sulfure produit la même quantité do savon que i équivalent d'oxyde de sodium ou soude anhydre. » Je me suis assuré que l'ébullition prolongée d'un sulfure alcalin avec un excès de matière giasse neutre ne laisse subsister aucune trace de sul- fure dans l'eau mère du savon, car celle-ci ne noircit pas avec les sels de plomb. )• Ces saponifications m'ont paru s'effectuer aussi nettement et aussi ra- pidement, si ce n'est même en moins de temps, surtout à froid, qu'avec les lessives de soude caustique, et d un autre côté les savons sont aussi beaux qu'avec les procédés ordinaires. » Si le sulfure de sodium pur et eu cristaux devait seul être employé à la préparation du savon, il est évident qu'il n'y aurait aucun fait industriel à attendre de la curieuse expérience dont je viens de parler, et qu'elle ne sortirait pas du domaine de la théorie ; mais je suis loin de croire que les choses en restent là, et suis au contraire convaincu que le sulfure obtenu par la décomposition du sulfate au moyeu du charbon se prêtera à la fabrication industrielle du savon. >) En effet, le produit de la calcination, à luie haute température, d'un mélange de sulfate de soude et de poussier de coke, est du monosulfure mêlé à quelques centièmes seulement de polysulfure de sodium et à de la soude caustique qui concourt à la saponification. » J'ai saponifié du suif et des huiles avec ce dernier sulfure et j'ai con- staté que les eaux mères du savon retiennent la plus grande partie des ma- tières colorantes. » Les fabricants de sel de soude savent tous avec quelle facilité on peut réduire le sulfate en sulfure, et déjà une industrie importante créée par MM. Gélis et Dusart consomme de grandes quantités de sulfure de sodium ; les habiles chimistes que je cite n'éprouvent aucune difficulté dans la fabri- cation de ce sel. » Je crois être dans la vérité en disant que le sulfure de sodium peut être obtenu à des prix deux ou trois fois moins élevés que le carbonate, et l'on sait que ce dernier sel, pour être propre à la saponification, doit encore subir une opération qui consiste à lui enlever l'acide carbonique au moyen de la chaux. Le sulfate de sodium, je l'ai déjà dit, a une énergie de saponification, si l'on peut s'exprimer ainsi, qui ne le cède pas aux alcalis caustiques, et les difficultés qu'auront à vaincre les fabricants ne viendront pas de ce côté-là. Elles consistent plutôt dans la nécessité d'ob- ( ^5 \. tenir des savons sans couleur et de leur enlever les dernières traces de sulfure. » Je me suis assuré que leur composition est la même que celle qui a été assignée aux savons de soude par notre illustre confrère IM. Chevreul. Comme les savons du commerce avec lesquels ils sont identiques, les pro- duits dont il est question peuvent être purifiés par l'emploi habilement conduit des lessives alcalines pures ou salées. Ce genre de purification se pratique d'ailleurs depuis longtemps pour certains savons, pour ceux de Marseille par exemple, qui sont faits avec des lessives toujours sulfureuses, parce qu'elles proviennent directement du traitement des soudes brutes par la chaux. » Il est évident que l'hydrogène sulfuré ne se dégage pas tout entier et que la plus grande partie, si ce n'est la totalité, est retenue dans l'eau mère du savon par l'excès d'alcali caustique employé à la saponification. » Les différences de prix entre le sulfure de sodium et la soude caus- tique permettront, je l'espère, à l'industrie de faire les frais de purification nécessaires pour douer les nouveaux savons de toutes les qualités requises pour leur emploi. » Remarques deM. Chevreul pa/- siiUe de la précédente communication. « Après avoir entendu la lecture de la Note deM. Pelouze, M. Chevreul demande la parole, non pour traiter la question industrielle, mais pour exposer quelques réflexions théoriques que lui suggère cette communi- cation. . » La saponification d'un corps gras neutre (acide gras -h glycérine) par une solution aqueuse d'un sulfure alcalin 2(SSo)ala plus grande analogie avec la saponification du même corps opérée par du sous-carbonate de potasse 1 (C po), ainsi que le montrent les tableaux suivants : ■2 aumies de sulfure de sodium. i atoitoe d'eau. / I .iicnie do corps gras neutre. , , , ' / n\ "•'"" I^'^^m"""' ~ Soufre. Sodium. 2 hvilroi'ène. ( Glycrnne + acide gras. . ' , Soufre. Sodium. i o.Nygène. » Ces corps, en présence de l'eau, donnent lieu, si j'ai bien compris P) Dans la réaction du sidfiue de sodium et du corps gras, une moitié du sodium en présence de l'eau doiuie lieu à tuie décomposition d'eau en • 27 ) même temps que l'acide gras abandonne la glycérine, de sorte qu'il en ré- sulte simultanément de la soude + de l'acide gras et de l'acide suifliydrique qui s'unit à l'autre moitié du sodium restée sulfure. » Les chimistes n'ont guère examiné la neutraUté que relativement à l'aci- dité et l'alcalinité; "cependant, telle que nous l'avons définie, elle présente lin vif intérêt, par exemple, si on l'envisage sous le rapport de certaines propriétés orqanolepliques. Ainsi l'acide picrique, si remarquable par son amertume, en s'unissant à la potasse forme un se! neutre; mais la combinai- son conservanl l'amertume de l'acide à un haut degré, on a là un exemple d'une propriété organoleptique, la saveur amère, qui n'est point neutralisée par nn alcali qui neutralise l'acidité. » L'étude des propriétés organoleptiques envisagées à ce point de vue conduira, je n'en doute pas, à des résultats précieux pour la physiologie et la thérapeutique, par la raison que du fait incontestable qu'ont les corps d'éprouver de profondes modifications par leurs réactions chimiques, on peut en déduire la conséquence que dans la plupart des cas où un corps appelé poison, miasme, venin, porte le trouble dans la vie d'un corps animal où il est introduit, on peut espérer de trouver quelque jour un corps qui en neutralisera l'action organoleptique, ou , pour me servir de l'expression vulgaire, en sera le contre-poison. » Bientôt je présenterai à l'Académie un exemple concernant l'aptitude que la laine reçoit d'une certaine préparation chimique à s'unir à des corps colorants, qui viendra à l'appui des réflexions que je viens de présenter à l'occasion de la communication de M. Pelouze. » MÉMOIRES PRÉSE]\TÉS. L'Académie a reçu depuis sa dernière séance, mais avant le i'^'' juillet, plusieurs Mémoires destinés à des concours dont la clôture est fixée au 3o juin, savoir : Un Mémoire adressé au concours pour le grand prix de Mathématiques (question concernant la théorie de la stabilité de l'équilibre des corps flottants), Mémoire qui a été inscrit sous le n° 4- (Renvoi à la Commission nommée dans la séance du 4 avril.) Deux Mémoires destinés au concours poiu- le prix Bordin (question au choix des concurrents, relative à la théorie des phénomènes optiques). Un de ces Mémoires, ayant pour titre : « Recherches sur la réfraction », a 4.. (a8) élé inscrit sous le n° 3; l'antre, qui a été inscrit sous le n" 4, se compose de deux pièces distinctes portant la même épigraphe et intitulées : l'une, « Note sur la direction de l'axe optique dans le cristal de roche » ; l'autre, 900 Sel aniiiioniacal 0,00 1 Sel de triméthylamine 0,001 » PiivsiQCE. — Note sur la mesure des longueurs donde des raies du sfjeitre solaire; par M. F. Berxard. Cette Note est accompagnée d'une Lettre d'envoi dans laquelle l'auteur fait connaître les motifs qui l'ont déterminé à appeler une seconde fois l'attention de l'Académie sur ses recherches : « Lorsque j'ai eu l'honneur, dit M. Bernard, d'adresser à l'Académie un Mémoire sur la mesure des longueurs d'onde des raies du spectre solaire, Mémoire dont uu extrait a été donné dans les Comptes rendus (séance du 20 juin 1 864), je n'avais pas connaissance d'un travail de M. Mascart sur le même sujet, et ce n'est que quelques jours après que j'en ai lu le résnmé flans le Compte rendu de la séance du i3 juin. » L'identité presque complète des résultats auxquels nous sommes par- venus exige, pour être acceptée, que lindépendance de nos recherches soit parfaitement constatée ; j'ai rédigé pour l'établir la Note ci-jointe. » La nouvelle Note de M. F. Bernard est renvoyée à l'examen de la Com- mission nommée dans la séance du 20 juin dernier. Commission qui est invitée à prendre également connaissance du travail de M. Mascart. M. Pagliari, qui, dans la séance du 1" février dernier, avait présenté une Note sur la conservation des substances animales , conservation qu'il obtient au moyen de lotions pratiquées avec une liqueur composée d'alun, de benjoin et d'eau, annonce aujourd'hui qu'il est parvenu à conserver les substances de cette nature seulement en les renfermant clans des sacs en papier ou tissus préalablement imbibés du liquide antiseptique. M. Pagliari prie l'Académie de vouloir bien comprendre son invention parmi celles qu'aura à examiner la Commission du prix dit des Arts insalubres. (Renvoi à la Commission, qui jugera si la découverte annoncée rentre dans la classe de celles qu'a voulu récompenser le fondateur tlu |)rix, M. de Montyon.) ( 33 ) M. BocGAEFF soumet au jugement de l'Académie un Mémoire sur h ronvergeuce des séries décroissantes et positives. (Renvoi à l'examen d'une Commission composée ^de MM. Bertrand et Serret.) M. DE Lacroix adresse un Mémoire accompagné de figures sur l'emploi pour l'exécution de travaux à de grandes profondeurs sous l'eau , de Vappareil pour bai/is par immersion dont il avait entretenu l'Académie dans une commuiucation du mois de novembre dernier. Ce Mémoire est renvoyé, comme l'avait été celui auquel il se rattache, à l'examen de la Commission du prix dit des Arts insalubres. M. Tréhaux soumet au jugement de l'Académie un Mémoire intitulé : « Transformation des êtres ". (Renvoi à l'examen de la Commission nommée pour les précédentes communications de l'auteur. Commission qui se compose de MM. Serres, Flourens et de Quatrefages.) M. PoLAiLLON envoie de Lyon la description d'un « système de prismes tubulaires applicable au drainage des voies macadamisées dans les grandes villes, à l'assainissement des habitations et à la culture des plantes tro- picales ». (Renvoi à l'examen des Commissaires précédemment nommés: MM.Chevreul, Morin, Combes.) CORRESPONDANCE. M. LE Ministre de l'Instruction publique autorise l'Académie à appli- quer à l'impression du XXIX^ volume de ses Mémoires une somme restée disponible sur l'ensemble des crédits de l'Institut pour l'exercice de i863. M. Flourens remarque qu'a la dernière séance il n'a pas cru nécessaire de faire mention d'une Note qui lui avait été envoyée par 3iM. Pouchet, Jolj et Musset, cette Note s'adressant non à l'Académie, mais à la Commis- sion chargée de s'occuper de la question des générations dites spontanées. Cette Note a été depuis reproduite dans plusieurs journaux quotidiens et a reçu toute la publicité que les auteurs pouvaient désirer. C. R., i864, 2"" Semestre. (T. UX N" I.) 5 (34) M. LE Secrétaire perpétuel présente, au nom de M. G. Ville, la pre- miei'e livraison des « Conférences agricoles faites au champ d'expériences de Vincennes dans la saison de 18G4 » ; Et au nom de M. Biancone, professeur de zoologie à l'Université de Bologne, un Mémoire écrit en italien et ayant pour titre : « la Théorie de l'Homme-Singe examinée sous le rapport de l'organisation ». « L'auteur, dit M. Flourens, s'attache à faire voir qu'une comparaison rigoureuse entre l'organisation de l'homme et celle des grands Singes an- thropomorphes ne permet pas de s'arrêter à l'hypothèse qui représente l'homme comme un singe perfectionné. M. Biancone s'est principalement attaché à l'étude du système osseux et même presque exclusivement de la tète et des extrémités: partout il trouve des différences capitales; ainsi, dans les mâchoires d'un Orang-Outang ou d'un Gorille, tandis que les mo- laires sont celles d'un Frugivore, analogues jusqu'à un certain point à celles de l'homme, les canines sont d'un Carnivore, comparables à celles du Lion et du Tigre et mues par un appareil musculaire non moins puissant. » M. le Secrétaire perpétuel signale encore parmi les pièces imprimées de la Correspondance : Le programme d'un Congrès médical qui doit s'ouvrir à Lyon le 26 sep- tembre i864; Un Mémoire de M. Lobatto u sur une méthode d'approximation pour le calcul des rentes viagères » ; Un opuscule de M. Morel « sur le goitre et le crétinisme », et un autre (i sur la formation du type dans les variétés dégénérées » ; Enfin le premier volume du « Nouveau Dictionnaire de Médecine et de Chirurgie pratiques », que publient MM. J.-B. Baillière et fils. L'Académie royale des Sciences d'Amsterdam remercie l'Académie poin- l'envoi d'un nouveau volume des Mémoires, et lui envoie ses plus récentes pidilications i^voir au Bulletin bihlioc/rapliique). L'Institut royal Météorologique des Pays-Bas adresse un exemplaire des Annales inéléoroloc/iques des Pays-Bas pour l'année 1862. (35 ) CHIMIE ORGANIQUE. — Sur quelques dérivés phéniques des aldéhydes; par M. IICGO ScHIFF. « A la Note sur les produits de l'action de l'aldéhyde acétique sur l'ani- line, nous nous permettons d'ajouter quelques détails sur les phénaniides provenant d'autres aldéhydes. Pendant que l'aldéhyde acétique nous a fourni les deux composés nO 2€«H' et NN G^H» Éthylidène-diphénaniine. Diéthylidène-diphénaniine. les autres aldéhydes ne nous ont fourni qu'un seul composé, exempt de propriétés basiques et analogue dans la composition à la combinaison dié- thylidénique. » Un mélange d'équivalents égaux d'aniline et d'aldéhyde valérique se chauffe, et pendant que de l'eau s'élimine on obtient une masse trés-dense. Cette dernière est traitée par l'acide acétique dilué, pour enlever un excès d'aniline, puis elle est lavée avec de l'eau et séchée au bain-marie. Le résidu dense jaunâtre et amer est la diamylidène-dipliénamide N' l G^W { uC'W formée selon l'équation 2G=H'N+2G''H'°a=2H''0 + -G"H='>N'. La combinaison est insoluble dans l'eau, mais elle se dissotit facilement dans l'alcool et dans l'éther ; elle ne se combine pas avec les acides, et la solution alcoolique, acidulée avec de l'acide chlorhydrique, ne précipite pas avec le bichlorure de platine. L'amide se combine directement avec les éthers iod et bromhydrique. » L'action de l'aldéhyde œnanthique sur l'aniline est entièrement ana- logue à celle de l'aldéhyde valérique. La ! G'W diœnanlhylidène-dipliénamide N^ < CH'* ( 2€«H= purifiée de la même manière que le composé précédent, se comporte comme ce dernier, et a à peu près les mêmes propriétés physiques. 5.. ( 3G ) » Si l'atnide est chauffée en tube scellé avec de l'iodure d'amyle, elle se combine avec ce dernier. Le produit de la réaction est distillé avec de l'eau, pour éliminer un excès d'iodure d'amyle, et ensuite il est séché à loo de- grés. On obtient un liquide jaune, dense comme la térébenthine, insolubln dans l'eau, soluble dans l'alcool et dans l'élher. La formule est La combinaison n'a pu être obtenue à l'élat cristallin. » L'action de l'aldéhyde benzoïqiie sur l'aniline commence à la tempé- rature ordinaire ; pour compléter la réaction on chauffe pendant quelques heures jusqu'à 120 degrés^ Le produit sirupeux, traité par l'acide chlorhy- drique dilué et ensuite par l'eau, devient solide. La solution alcoolique, abandonnée à une évaporation lente, donne une masse indistinctement cristalline qui est la / G 'H» ditoluène-^diphénamide N^ | €'H' Cette combinaison a déjà été observée par Laurent. Elle ne se dissout pas dans les acides. I^es acides concentrés transforment le composé en une masse résineuse; si l'on ajoute de l'eau, l'odeur d'essence d'amandes amères démontre une décomposition partielle. » La benzoïne G'*H''Ô% traitée à 180 degrés avec de l'aniline en tube scellé, se dédouble et foiine lui composé qui semble être identicpie à la pré- cédente. Les phénamides cinnamique et cinninique s'obtiennent et se com- portent de la même manière que la combinaison benzoïque. » Il est très-remarquable que la fluidité de ces composés rtHj/men(e avec l'équivalent. Tandis que l'aldéhyde benzoïque forme un coniposé solide, le composé cinnamique est résineux et le composé ciuuinique est huileux. La même singularité se montre dans l'autre série. L'aldéhyde acétique forme une combinaison avec )4 et une autre avec 16 équivalents de carbone: la première est solide et la seconde sirupeuse; le composé valérique, avec 22 équivalents de carbone, est beaucoup moins dense, et le composé œnan- thique avec 2(j équivalents est encore plus fluide; toutefois ce dernier ne peut pas être distillé à la pression ordinaire sans se décomposer. » Nous avons déjà fait observer que l'aniline peut servir pour recon- naître la fonction d'aldéhyde. Selon la manière de se comporter avec l'ani- line, l'essence de rue, d'accord avec d'autres observations, ne serait pas un aldéhyde. Le camphre, selon M. Berlhelot un aldéhyde, même à 200 de- ( 3; 1 grés n';)git pas sur l'aniline; il se dissout facilement et en grande quantité dans la base, mais les acides dilués, satui-ant l'aniline, séparent le cam|)hre inaltéré. Ajoutons que le camphre ne se combine non plus avec les bisul- fites alcalins. On sait que ces dernières combinaisons, examinées dans notre Université de Pise par Bertagnini, se forment selon M. Linipricht aussi avec les acétones. Nous avons ajouté de l'aniline à plusieurs acétones, sans apei'cevoir luie élimination d'eau qui se produit momentanément seule- ment avec les aldéhydes. Nous faisons remarquer qu'une partie de nos recherches sont exécutées avec les mêmes préparations, qui il y a huit ans ont servi aux recherches de Bertagnini. » CHIMIE APPLIQUÉE. — Analyse chimique de la piètre météorique d'Orgueil. Note de M. S. Cloez, présentée par M. Datibrée. « L'examen approfondi de la nature des substances qui entrent dans la composition de l'aérolithe d'Orgueil a confirmé les premiers résultats que M. Daubrée a eu l'obligeance de commiuiiquer en mon nom à l'Académie. » J'ai cherché d'abord à reconnaître sous quel état l'eau est engagée dans cette curieuse météorite, et j'ai constaté facilement qu'une portion s'y trouve retenue à l'état hygroscopique. Il suffit en effet de soumettre la matière à la température ordinaire, dans le vide, au-dessus de l'acide sulfurique, ou de la chauffer dans une étuve à air à la température de iio degrés, pour dégager cette eau qui n'appartient j)as essentiellement au produit; sa quan- tité a varié de 5,2 à 6,9 pour 100. » Outre l'eau hygroscopique, la pierre contient aussi de 8 à 10 pour 100 d'eau de combinaison, qui ne se dégage qu'à une température supérieure à 200 degrés. Enfin on obtient encore un peu d'eau en brûlant dans un tube, à l'aide d'un corps oxydant, la matière préalablement chauffée à 3oo degrés; l'eau fournie dans ce dernier cas provient princi|>alement de la combustion d'une partie de l'hydrogène contenu dans une substance humique d'ori- gine organique. » Il importait beaucoup de déterminer chimiquement la nature du com- posé charbonneux qui contribue à colorer la pierre en noir. On pouvait se demander à priori si le carbone s'y trouve à l'état libre, cristallisé ou amorphe, ou à l'état d'un composé bitumineux hydrocarboné, ou enfin sous la forme d'un produit plus complexe, contenant à la fois du carbone, de l'hydrogène, de l'oxygène, etc. » Pour résoudre cette question, j'ai eu recours d'abord à l'action des dissolvants neutres, tels que l'éther, l'alcool et l'eau; mais je n'ai obtenu de cette manière aucun résultat satisfaisant. J'ai été plus heureux en exa- ( 38 ) minant la partie de la pierre insoluble dans l'acide chlorhydrique bouillant; ce résidu est un mélange de silice gélatineuse soluble dans une lessive faible de potasse, et du composé charbonneux qui ne paraît pas avoir subi d'al- téralion sensible. » L'examen microscopique montre que ce produit est homogène : il est complètement amorphe et il ressemble à s'y méprendre à la matière humique de certains combustibles terreux; sa composition d'ailleurs confirme cette ressemblance; elle est en effet analogue à celle de la partie organique de plusieurs variétés de tourbes et de lignites. » Après sa dessiccation à iio degrés, la substance humique de l'aéro- lithe d'Orgueil renferme, pour loo parties, Carbone 63,45 Hydrogène 5,g8 Oxygène 30,5^ 100,00 » Voici, comme point de comparaison, l'analyse de divers produits d'origine terrestre : Tourbe Lignite Matière noire de Long, de Ringkulil, séparée vallée de la Somme, près de Cassel. du sable des Landes. Carbone 6o,o6 66, 5o 6o,4o Hydrogène 6,2i 5,33 5,65 Oxygène 33,73 28,17 33,65 100,00 100,00 100,00 » Tl y a donc une grande analogie entre la composition de ces substances huraiques et celle de la partie charbonneuse de l'aérolithe d'Orgueil. » D'après les analyses classiques de M. Wohler, les parties charbon- neuses des météorites de Raba et de Cold-Bokkeveld ont une nature diffé- rente : elles consistent en un mélange de carbone amorphe et de substances bitumineuses solubles dans l'alcool, et semblables à la scliéerérite ou à l'ozo- kérite. L'aérolithe d'Alais contient comme les précédentes un composé charbonneux que Berzélius suppose pouvoir bien être de l'humus, ce qui semblerait indiquer l'existence de substances organiques dans les corps célestes. » Le fer se trouve en général, dans les météorites, à l'état de protoxyde; dans la pierre d'Orgueil, il existe en partie à l'état d'oxyde magnétique FeO + Fe^O'; il est à noter seulement que la quantité absolue de cet oxyde est difficile à évaluer, parce que la pierre contient en même temps du sul- fure de fer qui fournit, par l'action de l'acide chlorhydrique, de l'hydrogène (39) àiilfuré dont l'action réductrice peut s'exercer sur le sel de peroxyde de fer déjà formé. i> Il n'y a pas de fer ni de nickel à l'état de métal dans l'aérolithe d'Orgueil, il ne se dégage pas la moindre bulle d'hydrogène pendant l'attaque par l'acide clilorhydrique. » On y trouve des traces de phosphore, ainsi qu'une très-faible proportion de cobalt et de chrome. Ce dernier métal ne paraît pas exister à l'état de fer chromé, car il se trouve dissous par l'acide chlorhydrique quand l'ac- tion de cet acide a été prolongée. » En traitant la pierre par l'alcool rectifié à la température de l'ébullition, on obtient une dissolution qui contient du chlorhydrate d'ammoniaque, des chlorures alcalins, et de plus une très-petite quantité d'une matière molle incristallisable et insoluble dans l'eau. M L'eau enlève à la pierre supposée sèche 6,4i4 pour loo de son poids de sels solubles formés de chlorures, de sulfates et de sulfures; ces derniers se changent rapidement au contact de l'air en hyposulfites. » Voici les résultats directs de l'analyse de la pierre dans son état natu- rel et à l'état de dessiccation à i lo degrés : Météorite Météorite à fétat naturel. desséchée à 1 10°. Eau hygroscopique ^jgijS » Acide silicique 24, 4?^ 26,o3io Acide sulfurique SjIqS 2,3345 Soufre 4 ) 3% 4 ,6466 Chlore 0,073 0,0776 Phosphore traces traces Ahimine i j 1 7^ i , 2498 Oxyde de chrome o,225 0,2392 Peroxyde de fer i3,324 i4)236o Protoxyde de fer 17 ,924 19,0630 Oxyde de nickel 2,45o 2,6057 Oxyde de cobalt o,o85 o,ogo4 Oxyde de manganèse i,8i5 i ,9302 Magnésie 8,i63 8,6711 Chaux 2 , i83 2 ,3220 Soude 1 , 244 1 , 323o Potasse 0,307 0,3265 Ammoniaque o , 098 o , 1 042 Substance humique 6,027 6,4ioo Eau combinée 7)345 7,8120 96)442 99>472 ( /io ) " On peut admettre .que la partie insoluble est constituée île la manière suivante : Oxyde de fer magnétique Fe'O' 20 ,627 Sulfure de fer magnétique ^ )9'74 Sulfure de nickel 3 , 169 Silicates multiples 45>'27 Substance humique 6,4io Eau combinée 7 ,812 La partie soluble s'élève à 6,4i4 » Dans les silicates nuilliples l'oxygène de l'acide silicique est sensible- ment le double de l'oxygène des bases réunies. Ce rapport de 2 à i semble montrer que l'aérolithe analysé ne contient pas de péridot ; on n'y trouve d'ailleurs aucun globule cristallin semblable à ceux qui ont été signalés dans les météorites de Raba et du Cap. » CHIMIE MIISÉRALE. — Sut la production de quelques phosphates et arséniates cristallisés. Note de M. H. Debuay, |)résenlée par M. H. Sainte-Claire Deville. (i Les phosphates et les arséniates obtenus en précipitant les dissolutions métalliques parle phosphate de soude ou d'ammoniaque sont gélatineux ou tout au moins amorphes. On sait toutefois que les précipités formés dans les sels de magnésie et de cobalt par le phosphate d'ammoniaque se trans- forment rapidement en petits cristaux de composition bien définie. On obtient ainsi le phosphate ammoniaco-magnésien, utilisé si souvent dans le dosage de la magnésie et de l'acide phosphorique, et le phosphate ammo- niaco-cobaltique correspondant, de M. Chancel. Celte transformation des phosphates est bien plus fréquente qu'on ne le suppose, et, de ceux que j'ai étudiés, il eu est fort peu qui ne puissent à la longue, dans des circonstances de température et de milieu bien déterminées, passer entièrement de l'état amorphe à l'état de cristaux parfois remarquables par la beauté de leurs formes et par leurs dimensions. » Il est facile d'assigner la cause de ce phénomène. Les précipités amorphes produits par les phosphates solubles et les dissolutions métal- liques ne sont pas absolument insolubles dans les liqueurs salines, acides ou alcalines dans lesquelles ils sont formels. Si alors, par un abaissement de température, par exemple, leur solubilité vient à diminuer, luie partie de la substance dissoiUc cristallise sur les parois du verre ou même sur la sub- stance amorphe; une élévation de température, au contraire, détermine la SI ( 4i ) dissolution d'une partie de la substance amorphe bien plus facile à dis- soudre que les cristaux, de telle sorte que, par une série de variations, faibles qu'on le voudra, mais continues, dans le pouvoir dissolvant du liquide, la matière amorphe tout entière devra s'agglomérer en cristaux. )) Cette hypothèse rend facilement compte des diverses particularités du phénomène, et notamment de celles qui accompagnent la production du phosphate de manganèse (aMnO, tlO, Ph()^ 7HO). Les cristaux de ce sel se forment sur les parois du vase au milieu de cavités qui se creusent de plus en plus dans la masse gélatineuse jusqu'au moment où celle-ci est complètement résorbée. » Ce transport d'une matière amorphe vers une substance cristallisée par l'intermédiaire d'un dissolvant est l'analogue de celui qui s'effectue dans les remarquables phénomènes observés il y a quelques années par M. H. Sainte-Claire Deville. A une température élevée les oxydes amorphes se transforment en oxyiles cristallisés sous l'influence d'un très-faible cou- rant d'acide clilorhydrique, parce que ce corps, en agissant sur l'oxyde amorphe, donne un chlorure et de l'eau entre lesquels une réaction inverse peut se produire; mais l'oxyde reformé est cristallin et bien plus difficile- ment attaquable par l'acide dont l'action se porte exclusivement sur l'oxyde amorphe jusqu'à complète transformation. Les deux ordres de phénomènes ne diffèrent donc que par le mode de transport de la matière; aussi l'expli- cation donnée par M. H. Sainte-Claire Deville de ses expériences devait naturellement me conduire à l'interprétation des miennes. » Je me bornerai dans cette Note à indiquer quelques-uns des phosphates du groupe magnésien sur lesquels ont particulièrement porté les recherches que je poursuis depuis longtemps déjà au laboratoire de l'Ecole Normale. » 1. Phosphaté en excès et sels ihi groupe magnésien. — A la température ordinaire on oblinnt, au bout de deux ou trois jours au plus et souvent après quelques heures, les phosphates suivants en cristaux très- nets : Pliosphate ammoniaco-magnésien . . . aMgO, AzH'0,PhO^-)- i2B0 (anciennement connu). Phosphate ammoniaco-cobaltiquo. . . 3CoO,AzIi«0, PhO'+ 12HO (obtenu par M. Chance)). Phosphate ammoniaco-nickélique. . . aNiO, AzH*0,PhO*+ 12HO. Phosphate ammoniaco-zincique. . . . ^ZnO, AzH*0,Ph0'-f-2H0. Phosphate ammoniaco-manganique. 2MnO, AzH<0,PhO'+ 2HO. Phosphate ammoniaco-i'erreux 2FeO, AzH'0,PhO*-t-2HO. » A la température de 80 degrés environ, on obtient avec la magnésie, le cobalt, le nickel, le manganèse et le ier un phosphate ammoniacal en C. R., iSG/,, s""» Semestre (T. LIX, N" !.. " (4^ ) cristaux nacrés, dont la composition est représentée par la formule générale 2R0,AzH'0,Ph0= + 2H0; le zinc seul fait exception, il donne un phosphate anhydre 2ZnO,AzH'0,PhO=. a II est essentiel de remarquer que les phosphates de magnésie, de cobalt et de nickel préparés à froid ne diffèrent pas seulement par leur eau d'hydratation de ceux que l'on obtient vers 80 degrés; ils doivent être envisagés comme des sels doubles, et leur composition représentée par la formule générale 2(3RO,PhO=)4-3(AzH'0, PhO=) + 36HO. u En effet, l'eau bouillante, qui est sans action sur les phosphates à 2 équivalents d'eau d'hydratation, les décompose en phosphate métallique tribasique et en phosphate d'ammoniaque. Ce dernier se décompose à son tour en ammoniaque qui se dégage et en phosphate acide (AzH^O, aHOjPhO") stable à cette température. Toutefois, ce dédoublement, observé déjà par M. Chancel pour le phosphate de cobalt, est moins complet que je ne viens de l'indiquer; le phosphate d'ammoniaque transforme, en effet, s'il est en quantité suftisante, les phosphates tribasiques en sels de la forme 2RO, AzH*0,PhO' + Aq; par conséquent, les phosphates tribasiques de magnésie, de cobalt et de nickel, obtenus en décomposant par l'eau bouillante les phosphates à 12 équivalents d'eau, renferment toujours une certaine quantité d'ammo- niaque et n'ont point de composition bien définie. Ce fait a une grande importance pour le dosage de la magnésie et de l'acide phosphorique ; il montre combien il est indispensable de ne point laver à l'eau chaude le phosphate ammoniaco-magnésien . )) Le phosphate d'ammoniaque et de cobalt de M. Chancel subit en outre une profonde modification au contact prolongé d'une dissolution acide et concentrée de phosphate d'ammoniaque (sept à huit jours). Il se trans- forme en cristaux roses assez volumineux d'un phosphate également inso- luble et représenté par la formule CoO, AzH*0, HO, PhO'+4HO. » Le phos[)liate de fer, dans les mêmes conditions, donne un sel cor- respondant. ( 43 ) ') Enfin, dans les liqueurs très-acides, on n'obtient plus de précipité, mais par l'évaporation spontanée il se dépose des cristaux insolubles. Ainsi les sels de zinc donnent alors de magnifiques cristaux d'un phosphate double représenté par la formule (2ZnO,HO, PhO') + (AzH^O, HO, PhO') -t- 2HO. . » 2. Phosphate et arséniale d'ammoniaque et sels du groupe magnésien en excès. — On n'obtient plus de phosphates ammoniacaux et les produits varient avec la température. Ainsi les sels de manganèse et de magnésie donnent des phosphates très-bien cristallisés en octaèdres rhomboïdaiix de composition suivante : aMnO, HO, PhO^-+-GHO et aMgO, HO, PhO' 4-6HO. » A 100 degrés, le manganèse donne un phosphate tribasique (3MnO,PhO= + 3HO) en petits cristaux qui dérivent du prisme oblique de Vhuréaulite. On doit peut-être considérer ce phosphate comme une variété exemple de fer de cette espèce minérale. M L'arséniate d'ammoniaque donne des précipités que je n'ai pu trans- former à la température ordinaire. Mais à la température de 100 degrés longtemps maintenue (quinze à vingt jours pour les sels de zinc) on obtient des produits bien cristallisés. J'indiquerai ceux que donnent le zinc et le manganèse : aMnO, HO, As0' + 2H0 et aZnO, HO, AsO'-f- 2HO. » 5, Phosphate de soude en excès et sels du groupe magnésien. — Les pro- duits varient avec la nature du sel employé. J'indiquerai ici les principaux sans détailler les circonstances de leur production : Phosphate de magnésie aMgO, HOPhO'H- i4H0. Phosphate de zinc 3ZnO, PhO'+ 4HO. Phosphate de fer 3FeO, Ph O' + 8H O. » C'est la vivianite en petits cristaux tout à fait semblables à ceux de Commentry. C'est la première fois que cette espèce minérale est reproduite. Phosphate de nickel et de soude. 2NiO, NaO, Ph 0* + i4H0. Phosphate de cobalt et de soude. (3CoO, Ph O») -f- (îNaO, HO, PhO^) + 8eO. u Ce dernier sel est en petits cristaux d'une couleur blette magnifique. » 6.. (44) Réflexions de M. H. Sainte-Claire Deville à propos de la précédente communication. « Mon savant ami, M. Debrav, a fait ailusion d'une manière très-obli- geante à un travail que j'ai entrepris depuis longtemps et dont les résultats sont incomplètement publiés. Je profiterai de cette occasion pour en faire connaître quelques principes avec un exemple, afin de mieux faire connaître le but vers lequel je tends et où mènent également les élégantes reproduc- tions de M. Debray. " Je suppose deux cristaux de poids P et P' différant seulement par les dimensions et pouvant être considérés à très-peu })rès comme des polyèdres semblables : ils sont placés dans une solution saturée de leur propre sub- stance dont la masse est indéfinie et dont la température s'accroît graduel- lement. Si la solubilité de la matière augmente avec la température, comme je l'admettrai, ces deux cristaux vont, dans un temps très-court, perdre des poids p et // qui ne seront p!us les mêmes lorsqu'ils s'accroîtront au mo- ment où la dissolution reprendra sa température primitive. C'est la loi de décroissement et d'accroissement de ces cristaux qu'il s'agit d'établir. » i" Les proportions de matières dissoutes seront pour les deux cristaux -et — ■• Or les poids de ces cristaux sont proportionnels aux cubes de leurs dimensions homologues (r' et r'^); d'un autre côté, les quantités /j et p' dissoutes seront d'autant plus grandes que la surface des cristaux sera plus grande, par conséquent seront proportionnelles aux carrés des dimensions homologues r° et/-'-; les rapports^ et ^ pourront être remplacés par — et — ou simplement - et — • Les quantités de matières dissoutes dans un temps très-court seront donc inversement proportionnelles aux dimensions linéaires des cristaux, c'est-à-dire que quand deux cristaux se dissoudront, le plus petit perdra de sa substance une fraction d'autant plus grande que ses arêtes deviendront plus petites. » '^° Quand le refroidissement aura lieu, la loi d'accroissement sera pour les mêmes raisons tout à fait inverse et le cristal augmentera d'autant plus vite (pi'il sera plus volumineux. » Il suit de là que toutes les fois que l'on soumettra des cristaux bai- gnaiu dans un liquide saturé à des alternatives de température, les cris- taux tendront à se réduire à un seul en général, pourvu que le mouve- (45) meni: continuel du liquide y maintienne une composition constante dnns toutes ses tranclies. C'est là ce qui explique les expériences de Leblanc et que confirment les observations de tous les jours faites dans nos labora- toires, où les cristaux grossissent en vases fermés. » J'ai pensé que des matières insolubles, ou plutôt considérées comme insolubles, pourraient être transformées en gros cristaux par l'action pro- longée du temps et des changements de température, et j'ai réussi à faire cristalliser ainsi du chlorure d'argent dans une liqueur qui en dissout h joo degrés les o, oo5g de son poids, dans l'acide chlorhydrique faible. 1) Une grande quantité de chlorure d'argent amorphe a été mise depuis deux ans en digestion dans un tube fermé avec de l'acide chlorhydrique privé par l'ébullition de tout le gaz qu'il peut perdre par l'action de la chaleur. On a chauffé à loo degrés et laissé refroidir successivement le petit appareil qui contient l'acide et le chlorure; puis on l'a abandonné à lui- même dans un lieu dont la température est assez variable. D'abord le chlo- rure d'argent est devenu cristallin, puis le nombre des cristaux a diminué en même temps que leurs dimensions ont augmenté, si bien que cette action Continuant dans le même sens, je n'aurai bientôt plus qu'un seul cristal ou un petit nombre de cristaux qui auront tous la même surface. » On conçoit que ce système d'explications puisse s'appliquer dans la nature à faire concevoir le développement des masses cristallisées que dé- posent les eaux minérales ou les émanations diverses servant ou ayant servi au remplissage des filons. Toute variation de température doit, en effet, déter- miner le transport de la matière des petits cristaux ou même de la matière amorphe sur les gros cristaux ou sur les cristaux déjà formés. » C'est la conclusion à laquelle peuvent conduire les résultats si inté- ressants de M. Debray et les miens. Nous nous proposons de continuer ensemble ces recherches en appliquant la méthode que je viens de décrire aux matières les plus insolubles que nous fournissent la nature et nos labo- ratoires. » ÉLECTRO-CHIMIE. — Mesure directe de la chaleur dégagée par la combinaison du cuivre avec le chlore, le hrome, l'iode; par M. F. Raoult. (Extrait par l'auteur.) « Je me suis servi, pour ces recherches, d'un calorimètre à mercure a réservoir de verre, selon le modèle primitif de MM. Favre et Silbermann. (46) Les modifications de détail que j'y ai apportées n'ont eu pour but que d'en faciliter la construction. » Etiiiwalcnl calorifique du dcutobrortmre de cuivre dissous. — L'éprouvette calorimétrique étant chargée d'une dissolution de brome dans l'acide brom- hydrique étendu, on y introduit, avec \me cuiller de platine, un poids déterminé (3 à 4 décigrammes) de cuivre en limaille fine, et on agite. En cinq minutes l'expérience est terminée; tout le cuivre est dissous à l'état de deutobromure CuBr, et la liqueur renferme un grand excès de brome. L'effet calorifique, rapporté à un équivalent de cuivre (Si^^ô) est 19100 ca- lories. » J'ai trouvé, d'un autre côté, que i équivalent de brome (80 grammes) dégage io3o calories, en se dissolvant dans l'acide bromhydrique étendu. » En ajoutant ce nombre au précédent,^ on obtient 2oi3o calories pour l'équivalent calorifique du deutobromure de cuivre dissous. » Equivalent calorifique du deuloiodnre de cuivre dissous. — Un équivalent de cuivre dégage 75oo calories, en se dissolvant dans l'acide iodhydrique fortement iodé ; comme la dissolution de l'iode dans l'acide iodhydrique ne dégage pas de chaleur, on doit considérer ce nombre comme représentant l'équivalent calorifique de Culo dissous. » Equivalent calorifique du deutocidorure de cuivre CuCl dissous. — Pour faire cette détermination, on introduit un poids connu de cuivre en poudre (3 à 4 décigrammes) dans 5 centimètres cubes d'acide chlorhydrique étendu, saturé de chlore, et on y fait passer un courant de chlore sec, jusqu'à ce que le cuivre soit complètement dissous et le liquide de nouveau saturé de chlore. » Tout l'effet calorifique est dû à la combinaison du cuivre avec le chlore gazeux et à la dissolution du deutochlorure formé. Cet effet, rap- porté à I équivalent de cuivre (3i^^6), est agSoo calories. Tel est donc l'équivalent calorifique (à l'état dissous) du deutochlorure de cuivre. )> La chaleur de chloruration du cuivre par le chlore dissous en excès est beaucoup moindre; elle n'est que de 23470 calories. (47 ) » La différence agSoo — 23470 = 6o3o de ces nombres doit être consi- dérée comme représentant la chaleur de dissolution dans l'eau du chlore sec. L'expérience directe m'a donné, pour cette dissolution, 4<300 calories. La chaleur latente de vaporisation du chlore liquide a été trouvée de 4i3o. » Observation. — J'indique dans mon Mémoire comment les expériences, dont je donne ici les moyennes, ont été multipliées et variées, et comment on a écarté les causes d'erreur. Ce qui précède suffit pour inonlrer la sun- plicité des méthodes et l'indépendance des résultats. Si mes nombres viennent à se confirmer, il faudra diminuer les équivalents calorifiques donnés par MM. Fabre et Silbermann, de 1820 pour les iodures, de 2700 pour les bromures, enfin de 5ooo pour les chlorures et l'acide chlorhy- drique; à moins que la loi des modules ne soit pas entièrement ex.icte, ce qui pourrait bien être. » CHIMIE APPLIQUÉE. — Sur un nouveau procédé de purification des huiles lourdes de goudron de houille, et sur tm nouvel hydrocarbure qui existe dans ces huiles. Note de M. A. Béchamp, présentée par M. Balard. « On a[)pelle huiles lourdes de goudron de houille im mélange de plusieurs hydrocarbures dont on a retiré la benzine. Je me suis occupé de cette por- tion de ces huiles qui bout entre 1 10 et 170 degrés. Le procédé qui con- siste à les traiter par l'acide sulfurique et par la potasse étendus ne les amène pas dans un état qui permette de séparer, par distillation fractionnée, les divers hydrocarbures qu'elles contiennent. » Pendant que je m'occupais de la fabrication de l'aniline et des ma- tières colorantes qu'elle peut fournir, j'ai constaté que le bichlorure d'é- tain pouvait se combiner, au sein de la benzine, et de toutes pièces, avec l'aniline et les autres bases du goudron de houille. » Le procédé de traitement qui va être indiqué repose précisément sur la facile formation de ces combinaisons stanniques que j'ai signalées à cette époque (i). Le bichlorure d'étain anhydre est soluble dans les hydrocar- bures de la houille, tandis que ses combinaisons avec les bases cjui peuvent y exister y sont insolubles : si donc on verse de ce bichlorure dans ces huiles, il se formera un précipité qui contiendra les combinaisons stan- niques. » J'ai opéré sur des produits de diverses provenances: ils étaient hmpides, ( 1) Comptes rendus, 3 septembre 1860. ( 48) peu colorés, d'une odeur très-forte et très-désagréable due à plusieurs bases odorantes ou fétides et à divers autres produits qui passent à la distillation dès que la température dépasse i lo à 120 degrés, et qui s'opposent à la pu- rification facile de ces carbures. Cela posé, voici le mode de traitement qui m'a réussi : » Par un essai préliminaire on détermine la quantité de bichlorure d'é- tain fumant qui est nécessaire pour précipiter complètement les composés basiques qui salissent les hydrocarbures; cela fait, ou ajoute une quantité proportionnelle du composé stannique dans la portion que l'on se propose de purifier (selon la nature des échantillons, il eu faut de 60 à 100 grammes pour 5 litres). Le précipité qui se forme aussitôt, pulvérulent ou visqueux, se réunit bientôt au fond des vases ( i ). Le liquide surnageant est soumis à la distillation avant tout autre traitement. Lorsque les carbures ont passé, la cornue retient une plus ou moins grande quantité de produits fétides, goudronneux, qui, chauffés davantage, dégagent beaucoup de naphtaline. » Avant de les soumettre à la distillation fractionnée, on agite les hydro- carbures avec de l'eau alcalinisée par le carbonate de soude, afin d'enlever les traces excédantes du chlorure stainiique. Par ce procédé, qui peut être facilement rendu industriel, lo point d'ébullition du mélange se trouve notablement abaissé, si bien que, par la distillation au bain-marie saturé de chlorure de sodium, ou relire encore beaucoup de benzine (le dixième et même le sixième) des huiles de goudron qui n'en fournissaient plus. En opérant sur le reste par distillation fractionnée, on sépare de nouvelles portions de benzine et l'on arrive facilement à séparer plusieurs hydro- carbures connus et un nouvel hydrocarbure non encore signalé dans le goudron de houdle : La benzine, entre 80 et 86° Le toluène, entre 1 10 et ii4 Le xylcne, entre 1 26 et 1 3o L'hydrocarbure nouveau, entre. . . i38 et i4o Le cumène, entre l/^S et i5i Le cymène, entre 172 et lyS » Hydrocarbure nouveau du goudron de houille. — En rectifiant avec soin les produits compris entre i '3o et i 5o degrés, j'ai plusieurs fois observé que le thermomètre restait longtemps stationnaire aux environs de i4o degrés, ( I ) 11 est inutile de dire que l'on sépare très-facilement les bases organiques qui sont contenues dans ce précipite, et que l'on j)eut en extraire de notables quantités d'aniline. ( 49 ) nombre moyen entre le iioint debuliition ilu xylene et dn cnmènc. J'ai serré de plus prés les fractionnements, et sur environ i5 litres d'hydro- carbures bruts (de divers échantillons), j'ai réussi à isoler un litre d'un hydrogène carboné liquide, bouillant à iZjo degrés. Une nouvelle rec- tification laissa tout passer entre 189 et i4o degrés. Cette constance du point d'ébullition ne me permet pas d'admettre que ce corps fût un mélange de xylèue et de cumene. Pour le purifier davantage, je l'ai agité avec le quart de son volume d'acide sulfurique concentré qui s'est encore légère- ment coloré en jaune ; je l'ai lavé à l'eau alcaline, desséché sur le chlorure de calcium, rectifié sur l'acide phosphoriqne anhydre et enfin sur du sodium. Après ces traitements, le point d'ébullition se fixa entre i38 et iSg degrés. Par un nouveau séjour et rectification sur du sodium, j'ai fina- lement réussi à obtenir environ 900 centimètres cubes d'un produit bouil- lant, du commencement à la fin, entre i39 et i4o degrés. " Dans cet état, l'hydrocarbure très-réfi-ingent est d'une limpidité absolue; son odeur rajîpelle celle de la benzine, ou plutôt celle du toluène, mais plus agréable. Outre la constance de son point d'ébullition, ce corps possède d'autres propriétés qui le distinguent nettement des hydro- carbures homologues de la benzine. Il y a deux ans que j'ai isolé ce composé et que j'ai communiqué ces résultats à l'Académie des Sciences et Lettres de Montpellier; divers autres travaux m'ont empêché d'en pour- suivre l'étude. Je viens de la reprendre en collaboration avec M. iMoitessier, et bientôt nous espérons pouvoir communiquer à l'Académie le résultat de nos recherches. » CHIMIE APPLIQUÉE. — Sur la préparation du tournesol. Note de M. Y. de LuYXEs, présentée par M. Dumas. « On désigne sous le nom de tournesol deux produits différents, le tour- nesol en drapeaux et le tournesol en pains Ce dernier est employé comme réactif: il donne avec l'eau ou l'alcool une liqueur d'un bleu violet qui devient rouge clair au contact des acides. » Les détails de la préparation du tournesol sont imparfaitement connus. Néanmoins il est probable que les procédés qu'on suit aujourd'hui diffèrent peu de ceux qui sont décrits dans les anciens ouvrages de Chimie, et qui consistent à colorer les lichens à orseille, sous l'influence de l'air et de l'am- moniaque, en présence d'un grand excès de carbonate alcalin. M. Gélis a C. R., 1864, 2"" Si-mt-iire. (T. LIX, IS" 1.) 7 (5o) constaté l'exactitude de ces indications et a obtenu du tournesol de très- belle qualité en traitant [)ar rammoniaque les lichens à orseille mélangés avec la moitié de leur poids de carbonate de potasse. Quel que soit le mode de préparation employé, on ajoute à la pâle du tournesol de carbonate ou de sulfate de chaux pour dessécher et conserver la matière colorante qui ne constitue qu'une très-faible fraction du poids total des pains. » M. Dumas a démontré que lorstjue Forcinesc colore sous l'influence de l'air et de 1 ammoniaque, il ne se produit qu'une seule matière colorante qui est l'orcéine. En modifiant les circonstances dans lesquelles a lieu la coloration de l'orcine, je suis parvenu à préparer un produit identique par ses propriétés au touinesol. Comme le toiu'uesol n"a pas encore été obtenu au moyen de l'orcine, et comme quelques chimistes paraissent même douter qu'il eu dérive, je décrirai le mode de préparation que j'ai suivi. J ai mé- langé, dans des matras imparfaitement bouchés, de l'orcine avec vingt-cinq fois son poids de carbonate de soude cristallisé, et cinq fois son poids d'eau additionnée d'un poids d'ammoniaque liquide au plus égal à celui de l'or- cine. Le tout a été chauffé à l'éluve entre 60 et 80 degrés pendant'quatreou cinq jours, en ayant soiti d'agiter de temps en temps. La liqueur, tl'un violet bleu foncé, a été étendue d'eau et saturée par un léger excès d'acide chlor- hydrique qui a précipité la matière colorante. Cette dernière, lavée et dessé- chée, constitue le tournesol pur. )) Ainsi préparé, le tournesol se présente sous la foruie de petites masses irrégulières, possédant ces reflets irisés et métalliques commr.ns à la plupart des matières colorantes. Il est très-peu soluble dans l'eau froide, à laquelle il communique une teinte vineuse qui devient pelure d'oignon au contact des acides, et bleu violet au contact des alcalis. Il est très-soluble dans l'alcool qu'il colore en rouge et dans l'éther qu'il colore en jaune. Il est insoluble dans la benzine, l'essence de térébenthine et le sulfure de carbone. L'acide suifurique concentré le dissout en prenant une coloration bleu- violacé très-riche, qui devient rouge clair par l'addition d'une grande quantité d'eau. » La solution alcoolique étendue d'eau constitue un réactif extrêmement sensible pour reconnaître les moindres traces de substances alcalines. En y ajoutant une très-petite quantité de potasse, on obtient une liqueur bleue qui, au contact des acides, de l'hydrogène sulfuré et des autres composés, se comporte de la même façon que la teinture de tournesol ordinaire. » Les acides arsénieux, vitreux et opaque, l'acide borique, agissent sur ce produit à la manière des acides ordinaires. (5i ) » Le tournesol sec, chauffé dans un tube, donne un dépôt abondant de charbon en dégageant de l'ammoniaque. 1) F.a solution éthérée, mélangée avec une solution d'ammoniaque dans l'éther, donne un précipité qui paraît être une combinaison de tournesol et d'ammoniaque. Cette combinaison est très-soluble dans l'eau et peut être desséchée vers 60 à 80 degrés sans laisser dégager l'ammoniaque. » On sait que la j^réparation de la teinture de tournesol ordinaire exige uncertain temps; qu'elle ne peut se conserver longtemps sans altération, et qu'il est nécessaire pour la rendre suffisamnient sensible de saturer l'excès d'alcali qu'elle renferme. Le produit que j'ai l'honneur de présenter à l'Aca- démie est inaltérable à l'état sec; la solution peut se préparer à froid avec une grande rapidité, et peut être employée immédiatement dans tous les essais au moyen des liqueurs titrées. » Ces expériences ont été faites au laboratoire de recherches et de per- fectionnement de la Faculté des Sciences de Paris. » CHIMIE ORGANIQUlî. — Praduction directe du formamide au moyen du formiale d'ammoniaque. Note de M. Lorin, présentée par M. Bussy. « L'an dernier, M. Tlofmann, appelant l'attention des chimistes sur le formamide dont l'existence avait été niée jusque-là, a obtenu ce corps en faisant réagir rammonia([ue sur l'éther formique ; et il a fait connaître la plupart de ses propriétés caractéristiques. Toutefois, le succès de son expé- rience ne l'a pas porté à essayer de préparer le formamide par le formiate d'ammoniaque. Depuis la Note du célèbre chimiste, M. Bérend a essayé de combler cette lacune; il n'a pas réussi à obtenir directement le formamide, mais il a été plus heureux en se servant de lurée comme auxiliaire, ce corps, par sa tendance à se transformer en carbonate d'ammoniaque, fonc- tionnant pour enlever l'eau au formiate et donner le formamide. Je m'oc- cupais du présent travail lorsque j'ai eu connaissance de la Note de M. Bérend. » J'ai reconnu que l'étude de la distillation du formiate d'ammoniaque permet d'obtenir, directement et sans intermédiaire, le formamide. Ce sel entre en fusion à i 10 degrés, en ébullition à il\o degrés. Vers i5o degrés l'oxyde de carbone apparaît ; il se produit plus abondamment à mesure que la température s'élève, et son dégagement se montre régulier jusqu'à la fin de la distillation. L'analyse a prouvé qu'il est d'une pureté parfaite^ sauf au voisinage de 210 degrés ; il parait alors mélangé d'une très-petite quantité 1- (52) d'hydrogène. QiianI an liquide qui passe jusqu'à i8o degrés, il exhale une forte odeur ammoniacale et ne conîient que peu d'acide cyauliydrique et de formaniide. De i8o à aoo degrt's, la liqueur recueillie est riche en acide cyanhydrique, ainsi que l'a constaté autrefois M. Pelouze ; elle contient aussi du formamide. A ig5 degrés le liquide est encore presque incolore; hientôt il prend une teinte jaune-paille, qui vire au jaune d'or, puis au rouge. La composition de cette liqueur est plus complexe encore, car elle contient en plus du carbonate d'ammoniaque. Enfin le liquide finit par passer sirupeux, et la matière qui reste dans la cornue, et qui a subi les mêmes modifications de couleiu-, apparaît pâteuse, d'un brun sale, avec des points noirs. Cette matière humoïde est analogue à l'acide azulmique, qui se forme, comme on sait, par l'altération du cyauliydrate d'ammoniaque. )i En mélangeant les différents liquides depuis i6o jusqu'à 200 degrés, les laissant séjourner sur l'acide sulfuritjue bouilli jusqu'à ce que d'un jour à l'autre la perte de poids soit insignifiante, j'ai finalement obtenu un liquide dont les propriétés conviennent au formamide : presque incolore, inodore, doué d'une grande avidité pour l'eau, se maintenant en ébullition vers r/|0 degrés dans un vide partiel, bouillant vers 190 degrés sous la pres- sion oi'dinaire, en se scindant en oxyde de carbone et en ammoniaque, et produisant aussi de l'acide cyanhydrique. Il n'est pas indispensable d'opé- rer avec du formiate d'ammoniaque sec : j'ai pu obtenir encore le forma- mide par la distillation de ce sel dissous dans quatre ou cinq fois son poids d'eau. » En résumé, sans insister sur le dégagement de l'oxyde do carbone qui pourrait servir à préparer ce gaz, le formiate d'ammoniaque sec, ou dissous • orcjunuiue en dissoluiion dans l'eau niinérale. Cetle matière organique, I) qui n'existe dans ces eaux qu'en proporlion à peine appréciable, est » cependant le principe d'une série de phénomènes remarquables. Ainsi, » dans leur parcours à l'air libre, les eaux de Vichy donnent naissance à >i des plantes cellulaires de la grande classe des Algues et appartenant aux 11 Oscdlaii-es( Oscillnrin ihermalis). Ce fait ne i)eut être misen doute, non plus » que la cause qui le produit La substance organique dissoute dans » les eaux minérales est bien certainement le point de départ d'une matière glaireuse, amorphe, sans organisation appréciable, laquelle à son tour - sert évidemment d'origine à la plante confervoide. Cette matière, connue 11 sous le nom de barécjine ou de glairinc,... a l'aspect de glaires incolores. ^1 Or, quand on exaiuineau microscope des paquets delà plante confervoide " (Osèillaire), on la trouve entremêlée d'une substance semi-organisée qui » ne présetile pas de cellules arrondies comme l'utricule organique primi- » tive, mais c{ui paraît constituer ime espèce de réseau, à mailles irrégu- » Hères, comme le tissu cellulaire des animaux. Cette forme pseudo-orga- » nisée est bien certainement un passage de la barégine amorphe à la plante M thermale; elle en est le point de départ, \e ferment.... Il est facile de » juger des circonstances qui président à la génération et au développe- )) ment des plante» thermales, d'après ce qu'on en sait déjà. Quatre condi- I) lions sont nécessaires à cette production : i° luie substance organique en w dissolution ; 2° une certaine température; 3° de l'air; 4° de la lumière.... Un » remarque que les sources qui sont à l'abri de la lumière solaire directe ne » produisent pas d'Oscillaire, comme les sources du grand établissement, » par exemple; les eaux de ces sources ne donnent lieu à ces productions » qu'à leur arrivée à la lumière directe, dans le ruisseau qui les conduit à » l'Allier. Pour la source de l'Hôpital, on a pu juger de la puissante 1) influence des rayons solaires par ce que j'en ai dit plus haut, puisqu'il a " fallu recouvrir la source dune toiture caj)able de l'abriter presque com- » plétement de la hunière, pour diininuer de beaucoup la formation de ces » plantes. Je ferai remarquer encore deux choses : i" c'est la production » de l'Oscillaire à la surface de l'eau, dans le bassin de l'Hôpital, après » celle de la couche mucilagincuse, ce qui indique le rôle que joue lair ( 54 ) » dans cette circonstance; 2° c'est la diminution de ces produits confer- » voïdes, par ruffaiblissement d'intensité de la chaleur et de la lumière )i avec la saison d'automne. En effet, ces plantes, qui se montrent en si 1. ^rallde abondance pendant les longs jours dété, disparaissent ensuite « presque complètement avec les beaux jours — Je ne dois pas oublier » de faire remarquer que les plantes thermales semblent varier de nalure » suivant la composition des eaux où elles se développent L'influence )) de certains principes chimiques n'est pas douteuse dans ces circon- » stances. » » D'après ces quelques passages de mon ancien travail, on reconnaîtra facilement, je le crois, qu'il existe une certaine connexité entre les idées émises plus haut et celles que M. Fremy a publiées récemment. Seulement, notre point de départ est essentiellement différent : tandis que cet honorable académicien nie l'hétérogénie, j'affirme d'une manière formelle la géné- ration spontanée. Alors même que l'expérience ne pourrait confirmer l'hypothèse, elle est un besoin légitime pour l'explication de tous les phénomènes qui se sont développés successivement à la surface de notre globe. » J'ai l'honneur de joindre à cette Note le Rapport imprimé que M. le professeur Chevallier a fait à l'Académie de Médecine sur le Mémoire pré- cédent. On trouvera à la page 9 la confirmation de ce que j'avance ici. « MÉDECINE LÉGALK. — Remarques à l'occasion dune communication récente de M. Gaultier de Claubry sur l'emploi de la méthode dial/tique en méde- cine légale. (Extrait d'une Lettre de 31. Taudieit.) • « L'Académie des Sciences a reçu, le 20 juin dernier, de M. Gaultier de Claubry, une Lettre dont j'ai connaissance aujourd'hui seulement, et qui est relative à l'emploi des procédés dialytiques dans la recherche des poi- sons et particulièrement de la digitaline. » Les faits et les principes énoncés dans cette communication sont entière- ment conformes à mes propres observations, mais j'ai le devoir de réclamer contre une erreur de fait qui a échappé à l'auteur de la Lettre. JNL Gaultier de Claubry dit en effet que, dans un procès récent, l'expert appelé par le tribunal n'a pas cherché à tirer parti de cette méthode (la dialyse) et ainsi lui paraît avoir suivi une fausse voie (1). (i) La partie tle la Note à laquelle fait allusion M. Tardieu ne se trouve pas dans l'extrait ( 55 ) » M. Gaultier de Claubry a été mal informé. Les experts, dans l'affaire dont il est question, ont eu recours aux procédés dialytiques, ainsi qu'on peut s'en convaincre par la lecture de leur Rapport qui paraît dans le nu- méro de juillet des Annales d'Hygiène et de Médecine légale. Mais ces pro- cédés ne leur ont fourni aucun résultat satisfaisant, ainsi qu'on pouvait le prévoir par le fait même des objections très-judicieuses que M. Gaultier de Claubry lui-même soumet à 1 Académie. » M. Velpeau présente au nom de M. Sauvo les remarques suivantes sur la question de priorité entre de récents travaux concernant la Tliéorie des mouvements da cœur. « Dans sa séance du 9 mai dernier, l'Académie des Sciences adoptait des conclusions favorables, sur un Rapport fait par M. Delaunay, relati- vement à une nouvelle théorie des battements du cœur, exposée par M. Hiffelsheim, dans une Note du 18 avril, Note qui ne faisait que résumer un Mémoire de i854- Cette théorie consiste à expliquer les mouvements de cet organe par une espèce de recul, résultant du double jet de sang projeté dans les artères aorte et pulmonaire, à chaque systole des ven- tricules. )' Or, j'ai publié, dans ma Thèse inaugurale du i3 août iS^o, j>. 28, une théorie absolument identique. Elle avait même été rendue publique un an auparavant, c'est-à-dire en 1839, par une Lettre écrite au profes- seur de physiologie, A. Bérard, qui eu donna lecture et la commenta, en présence de son nombreux auditoire. » Ainsi j'ai publié, quatorze ou quinze ans avant M. Hiffelsheim, la théorie du recul sur les mouvements du cœur; dès lors, j'ai cru que j'étais en droit d'en réclamer la propriété. » Remarques c/eM. Em. Blanchard à l'occasion de la communication précédente. c Je demande à l'Académie la permission de faire remarquer que la réclamation de M. Sauvo, à l'égard du travail de M. Hiffelsheim, n'est pas fondée. L'idée d'un mouvement de recul du cœur était venue à l'esprit de plusieurs physiologistes et avait été émise par quelques-uns d'entre eux. de la Note de M. Gaultier de Claubry qu'a donné le Compte rendu de la séance du ?,o juin. C'est avec intention, et, coraiDe on le voit, avec raison, que cette assertion n'avait pas ete reproduite. ( 56 ) bieo avant M. Saiivo, notamment par M. Gutbrod, en i835, et ensuite par MM. Skoda, O'Brvan, etc., mais "ï. Hiffelsheim est réellemenl le premier qui ait donné une démonstration du fait, qui ait étudié sérieusement la question, et dans son Mémoire présenté à l'Académie des Sciences en 1 854 son premier soin a été de citer M. Gutbrod. Je ne saurais trop engager M. Sanvo à lire les Leçons de Physiologie et d'Ànaloinie comparée {t. IV) de notre illustre confrère, M. Milne Edwards. Il trouvera dans cet ouvrage rbistorique à peu près cimiplet de toutes les opinions et de toutes les recberches auxquelles ont donné lieu les mouvements du cœur. » M. Pèche annonce avoir commencé des recherches que le temps ne lui a pas encore permis d'achever, concernant l'action de la digit;.iine et de. la mor|ihine sur le perchlorure de fer. M. H. Alfa adresse de Lyons, États-Unis d'Amérique (Clinter County Jowa), un Mémoire iiyant pour titre : « Une révolution médicale ". L'auteur, ancien chirurgien militaire des armées françaises, annonce, dans la Lettre d'envoi, rintention de se rendre à Paris pour faire l'appli- cation de ses méthodes de traitement, si on lui fournit les moyens de faire le voyage. Cette proposition ne peut être prise en considération, et le Mémoire, qui ne contient aucune indication précise sur le mode de traitement ni sur les remèdes employés, ne peut même, d'après les usages constants de l'Aca- démie, être renvoyé à l'examen d'une Commission. On le fera savoir à l'auteur. A 4 heures et demie, l'Académie se forme en comité secret. ( 57 ) COMITÉ SECRET. La Commission chargée de préparer une liste de candidats pour la place d'Associé étranger, vacante par suite du décès de M. Plana, présente la liste suivMnte : En première lujne M. de la Rn^. . . à Genève. / M. Agassiz à Cambrigde (Ét.-Un.) M. AiRY à Greenwich, M. BuxsEN à Heidelberg. M. FoRBEs à Saint-Andrew's. En deuxième ligne et par M. Grauasi à Londres. M. Hamilton. ... à Dublin. M. V. Martids. . . à Munich. M. Ml'rchison ... à Londres. M. Struve à Pulkowa. M. Wheatstoxe. . à Londres. Les titres de ces candidats sont discutés. L'élection aura lieu dans la prochaine séance. La séance est levée à 6 heures et demie. f*. ordre alphabélicjue. BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. L'Académie a reçu dans la séance du 4 juillet i864 les ouvrages dont voici les titres : Applications d^ Analyse et de Géométrie qui ont servi de principal fonde- ment cmTraité des propriétés projeclives des figures ; par J.-V. PoNCELET, avec additions par MM. Mamnheim et Moutard; t. IP et dernier. Paris, 1864 ; vol. in-8". De la régénération des os,- par M. SÉDILLOT. (Extrait de la Gazette médicale de Strasbourg du 3i mai 1864.) Strasbourg, i864; br. in-8''. Nouveau Dictionnaire de Médecine et de Chirurgie pratiques , illustré de figures intercalées dans le texte, rédigé par MM.Bernutz, Bœckel, Buignet, Cusco, Denucé, Desnos, Desormeaux, Devilliers, Alf. Fournier, H. Gin- C. R., 1SG4, 2"" Semestre. (T. LIX, N" 1.) ^ ( 58 ) trac, Giraldès, Gosselin, Alp. Gnérin, A. Hardy, Ilirtz, Jaccoud, Rœberlé, S. I>augier, Liebreich,P. Loraiii, Marcé, A.Nélatoii,Oié,Panas, Y. -A. Racle, Richet, Ph. Ricord, Jules Rocliard, Z. Roiissiii, Cli. Saraziii, G.rmaiii Sée, Jules Simon, Stoltz, A. Tardieu, S. Tarnier, Trousseau. Directeur de la rédaction, le D' Jaccoud. T. !"■, impartie, in-8'. De l'onjanicisme, précédé de réflexions sur l'incrédulité en matière de médecine, et suivi de commentaires et d'aphorismes; par le prof. Rostax; 3*^ édition. Paris, i864; in-8°. Des effets plijsiologiqaes ci de l'emploi thérapeuliqite de la Lobelia in- flata ; par M. leD' A. Rakrallier. Paris, 1864 ; br. in-8°. Rapport sur un Mémoire de M. Ernest Baudrimonl concernant les eaux mi- nérales de Vichy. Rapport fait à l'Académie de Médecine, le 8 juin i852; par M. Chevallier. (Extrait du Bulletin de l'Académie nationale de Méde- cine, t. XVIII.) Br. in-8°. Bulletin de la Société Médicale des hôpitaux de Paris; t. III (années [856. 1857 ^^ i858); t. V, n° 5. Paris; in-8°. Actes de la Société Médicale des hôpitaux de Paris, 6" fascicule. Paris, 1 80/] ; in-8". Travaux de l' Académie hnpériale de Reims; XXXVIP volume, année 1 863- i86'3, 11°' 1 et 2. Reims, 1864 ; in-8". Du cjoilre et du crétinismc; par M. le D'' MOREL. Paris, 1864 ; in-8''. Lettre à M. Flourens {Formation du type des variétés dégénérées); par\v même. In-4°- Traité pratique de larytigoscopie et de rhinoscopie, suivi d'observations; par le D' MoURA. Paris, i864; in-S" avec planches intercalées dans le texte. Rapport à S. A. Mohanmwi'.-Saiil, vice-roi d'Egypte , sur i éclipse totale de soleil observée à Dongolah (Nubie), le 18 juillet 18G0; par Maflmoud- Bey, astronome de S. A. Paris, 1861 ; iu-4°. Conférences agricoles faites au champ d'expériences de Vincennes, dans la saison de i864; par M. G. Ville; i'" conférence. Paris, 1864; br. iii-8°. Eau thermo-minérale de In Rauinc-Chaudc du Lainentin [Guadeloupe]; par G. Cuzent. Poinle-à-Pitre (Guadeloupe), 1864 ; br. iu-8". De la médication curative du choléra asintùpte ; par Frédéric Le Cleiic; 3* édition. Tours, i85g; br. in-8'', accompagnée de la 1" édition publiée en i855. Biogiriphie de Sébastien-Gaétan-Salvador-Maxime , comte des Guidi ; par Jules FOREST. Lyon, i863; br. in- 8°. { 59) Étude sur les eaux de Mari/ elde Versailles; par M. Vallès. Paris, ivS6/i; lii-8°. Dictionnaire hydrographique de la France, comprenant l'étude des eaux douces au point de vue statistique, géographique, géologique, chimique, économique, hygiénique et agricole; par S. Robinet, spécimen. Paris; in-8". Le progrès, ou Des destinées de l' humanité sur ta terre; par M. F. Alliot; 'impartie. Bar-le-Duc, i864; in-S". Verhandelingen... Transactions de l' Académie royale des Sciences d' Am- sterdam, section de Littérature, 2* partie. Amsterdam, i863; in-4°. Verslagen... Rapports et communications de l'Académie royale des Sciences d'Amsterdam, section des Sciences naturelles, vol. XV, XVI et XVTI. Am- sterdam, i863; 3 vol. in-8°. Jaarboek. . . Annuaire de l'Académie royale des Sciences d'Amsterdam pour l'année 1862. Amsterdam; in-8°. Catalogue du cabinet des monnaies et médailles de l'Académie royale dc^ Sciences d'Amsterdam, rédigé par MM. A.-J. ENSCHEDtv et J.-P. Six. Am- sterdam, i863; in-8°. De lebetis materie etjornia, ejusque tutela in machinis vaporis vi agentibus, Carmen didascalicum ; auct. J. GlACOLETTl : certaminis poetici prœmiuni e legato Jacobi Henrici Hoeufft. Amstelodami, i863; in-8°. Mémoire sur une métbode d'approximation pour le calcul des rentes via- gères; parR. LoBATTO, publié par l'Académie royale des Sciences d'Amster- dam. Amsterdam, i864; iii-4"- Meleorologische . . . Observations météorologiques publiées par l 'Institut royal Météorologique des Pays-Bas, année 1862. Utrccht, i863; in-4*'. Redevoering — Discours prononcé à la séance solennelle de l'École supé- rieure de Ley de, le 25 septembre i863; par le D'' Bierens de Haan ; in-8". Risposta... Réponse catégorique du D'' Giov.-D. Nardo à une assertion du prof. Ratïaele Molin, en opposition à celle du D^ Olivieri, sur la structure chi cœur des Reptiles et le mécanisme de leur circulation. Venise, 1867 ' '^''- i"-8"- Nota... Note sur les ombres colorées obtenues avec le seul concours de lu- mières blanches; par le D' Nardo. (Extrait des Alti dell' Islitulo veneto di Scienze, Lettere ed Arti; vol. IV, série 3.) Venise, i858; demi-feuille in-8". Prospetti . . . Distribution systématique des animaux des provinces vénitiennes et de la mer Adriatique; groupement des espèces au point de vue de la géo- graphie physique ou de l'intérêt économique qu'elles présentent; par \v même. (Extrait du même recueil.) Venise, 1860; br. in-S". (6o) Osservazioni. .. Obsetvalions anatomiques en opposition aux assertions de Steensintp dans sa Note sur la différence entre les Poissons osseux el les rarli- iacjineux considérés au point de vue de leuis écailles ; par le D"^ Nardo. (Extrait du inèiiie recueil.) Venise, 1862; quart de feuille in-S". Sulla coltura... Considérations sur la culture des animaux aquatiques dans le domaine vénitien; par le même, i'* partie : Pisciculture et Pèche dans l'eau douce et la lagune de Venise. Venise, 1864 ; in-8°. La teoria... La théorie de i homme-singe examinée sous le rapport de l or- ganisation ; par Gins. BiANCOKi. Bologne, i864; br. in-8". COMPTE RENDU DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES. SEANCE DU LUNDI 11 JUILLET 1864. PRÉSIDENCE DE M. MORIN. MEMOIRES ET COMMUNICATIONS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. ZOOLOGIE. — Observations sur les animaux marins qui s'attachent aux vaisseaux; par M. A. Valenciennes. « Notre confrère M. Becquerel a exposé, dans la séance précédente de l'Académie, les principaux résultats de ses importants travaux sur la con- servation des métaux employés pour protéger les murailles des vaisseaux à flot. En appliquant au doublage et au blindage des navires par des corps métalliques de diverses natures les principes déduits de ses recherches sur l'action des forces électriques, il a fini par résoudre la question d'une ma- nière doublement heureuse, premièrement par la grande économie que la marine devra en retirer, et ensuite par les résultats scientifiques qui ont été obtenus. Ce travail a exigé une persévérance de recherches expérimen- tales de plus d'une année. )) Les premières expériences, faites dans son laboratoire, l'ont conduit à se demander quelle était l'action des plaques métalliques de natures di- verses sur les animaux qui se fixent sur les* surfaces immergées. On sait que ces adhérences altèrent l'équilibre statique du navire en modifiant et en augmentant son poids : l'abondance des animaux entraînés change le frottement du sillage du navire et contrarie le marin pendant sa navigation. » J'ai alors été consulté par M. Becquerel pour examiner l'état de ces animalcules reposant pendant longtemps sur ces plaques, quelquefois en- C. R., 1864, 2me Sf,„„(„. (T. LIXNoS.) 9 ( 62) duites de couches de peinture arsénieuses ou cuivreuses. Les curieuses ex- périences faites à Brest sur les agents préservateurs des blindages des navires nous ont guidé dans nos premiers essais, dont les résultats^ sans être dénués d'intérêt, n'ont pas été aussi saillants et aussi certains que nous le désirions. Telle a été la raison qui a empêché d'en entretenir déjà l'Académie. On conçoit qu'il devait en être ainsi, car nous agissions loin de la mer et sur des animaux déjà fatigués. » Nous avons cependant reconnu que le parenchyme de nos Huîtres, de nos Moules et de plusieurs autres Mollusques contient du fer en quan- tité notable; je crois ce fait nouveau, il nous a paru curieux. » Le Ministre de la Marine, sentant toute l'importance des résultats déjà obtenus à Paris, a prié notre savant confrère de se rendre à Toulon pour suivre en grand ses expériences, en mettant à sa disposition les immenses ressources de ce grand port, où il profiterait aussi des conseils du savant directeur des constructions navales M. Dupuy de Lôme, et de l'habileté des ingénieurs sous ses ordres. » En examinant les différents bois recouverts de blindanges divers, notre savant confrère n'a pas tardé à voir que le navire blindé en fer seul ne se couvre pas des mêmes animaux que le bois recouvert en cuivre seul, que le verre ou le bois à nu donnent adhérence à des animaux divers et diffé- rents des précédents. » Ce premier aperçu, très-curieux, exigeait un examen attentif dans le cabinet, et fait à la suite de comparaisons délicates et de déterminations rigoureuses des divers animaux. M. Becquerel, en conséquence, a rapporté de Toulon des espèces prises sur quatre corps différents immergés depuis longtemps; les exemplaires ont été choisis avec soin et plongés immédia- tement, presque vivants encore, dans l'alcool. Il m'a remis les bocaux à son retour à Paris; j'ai étudié ces nombreux animaux, et je viens aujour- d'hui montrer à l'Académie quelques-uns d'entre eux. Je soumets à son attention les plus extraordinaires qui donneront une idée générale de cette zoologie sous-marine. Ces espèces seront conservées dans les collections du Muséum d'Histoire naturelle avec des étiquettes portant leur origine. Voici la liste des espèces présentées et observées. » Sur des plaques en fer, j'ai trouvé la plus grande variété d'espèces et le plus grand nombre d'animaux : » 1° Des Huîtres; » 2° Des Astéries [Àslcracanlhion rubens, Agas.); w 3° Des Actinies [Aclinia rufa, Cuv.); ( 63 ) » 4° Des Moules [M/tilus gallopronincialis, Lam.); » 5" Des Sabelles (avec leur tube coriace et membraneux et leurs bran- chies en panache) ; » 6" Un Gobiiis niger (un de ces petits poissons était engagé et retenu dans le byssus des Mollusques). » Sur les plaques de cuivre, il n'y avait que : » 1° Quelques Moules {Mylilas galloproviucialis); 11 2° Quelques Huîtres plissées ; » 3° Echinus lividus; » 4° Quelques touffes de Sertulaires. » Il faut remarquer que l'alcool était un peuteintéen vert, ce qui avait fait penser que ces petits animaux avaient laissé échapper, au moment de leur immersion, une liqueur verdàtre due à l'absorption d'une quantité suffisante de cuivre par suite de l'action de l'eau de mer sur le cuivre. Aussi, j'ai eu soin de prier notre confrère et mon ami, M. Fremy, d'examiner cet alcool préservateur, et il a constaté qu'il n'existe dans le liquide aucune trace de cuivre. Ce résultat est conforme à ce que nous savons déjà, que plu- sieurs Mollusques ou Zoophytes sécrètent des liqueurs colorées." » Les plaques en verre, immergées depuis vingt-cinq jours, se sont abon- damment couvertes d'une seule espèce de Polype : c'est le Serlubria spinosa d'Ellis et de Laraarck. Ces touffes, serrées comme des mousses, seront utiles au Muséum d'Histoire naturelle. Les Polypiers de cette famille sont déjà altérés par le temps, car ils n'avaient pas été renouvelés depuis les travaux de Lamarck. » Enfin, la frégate la Provence, mise à l'eau depuis plusieurs mois et restée dans cette partie du port qu'on nomme la petite racle, avant d'avoir reçu son doublage, avait sa carène en bois envahie, sur toute sa longueur, par une innombrable quantité de VJscidia clavata, Cuv. » M. Becquerel n'a pas manqué d'en recueillir des exemplaires bien con- servés et de les rapporter dans sa petite collection; M. Cuvier a donné la figure de cet Ascidiea dans son beau Mémoire sur les Ascidies. V Ces singuliers animaux ont leur masse viscérale réunie en noyau con- tenu dans un sac transparent et comme gélatineux. Connus depuis les temps les plus éloignés de nous, les premiers naturalistes les ont désignés sous les noms de Menlula marina ou de Pudendum marinum. Nos pêcheurs de la Méditerranée, gens ppu décents dans leur langage, donnent encore aujourd'hui aux Ascidies, dans leurs divers patois, un nom à peu près équivalent à ceux que je rappelle. On ne peut trop admirer la merveilleuse 9-- (64) fécondité des formes rendues par la puissance créatrice, eu entermaiit dans un sac gélatineux cette sorte de nucléus composé d'un estomac suivi de son intestin replié sur lui-mémo, et cachant au milieu un cœur et un filet nerveux donné d'ailleurs à un être contractile, mais privé de tout moyeu de locomotion. » Réunis en niasse, ces animaux, serrés et enlacés entre eux, forment sous le bâtiment une sorte de feutre composé de ces tubes gélatineux aussi nombreux qu'il y a de bêtes, et qui, eu se gonflant d'eau absorbée, prennent un poids considérable. » Ces Ascidies prendront rang dans les collections zoologiques du Mu- séum; elles manquent à nos galeries, Cuvier ayant publié dans son Mé- moire les figures qu'il avait faites à Marseille il y a plus de trente ans. » Des exemplaires de ce Mollusque ascidieu manquaient à nos séries zoologiques. Cet accroissement devenait important dans nos collections pour faire comprendre la physiologie de ces êtres. Les individus restent isolés, comme ceux de VAscidia microcosmos, par exemple; mais souvent les sacs de VJscidia clavata, en se greffant entre eux, semblent être le commencement d'une Ascidie composée, qui ont fait le sujet des beaux travaux de notre illustre confrère M. Savigny. » M. Becquerel vient donc de remplir deux lacunes importantes dans ces collections récentes de Mollusques mous, qu'on ne peut former qu'avec des animaux conservés dans l'alcool. » CHIMIE AGRICOLE. — Sur la nature de ta matière noire provenant de /'alios des Landes de Bordeaux. Note de M. Cuevreul. « Le temps n'ayant pas permis à M. Chevreul de prendre la parole dans la dernière séance à l'occasion de la communication faite par M. Daubrée d'une analyse très-intéressante de la météorite d'Orgueil que Ion doil> à M. Cloèz, M. Chevreul expose des remarques relatives à un travail qu'il a entrepris sur le sable et Valiosdes Landes de Bordeaux. » La matière notre, séparée du sable des Laudes, dont M. Cloèz a donné l'analyse élémentaire, a été obtenue en lavant ce sable par l'eau. )) C'est à M. ChambrelentqueM. Chevreul doit les échantillons de sable et (i'alios qu'il a examinés. » L'échantillon iWdios fai.sait partie d une couche de o™, 45 d'épaisseur ; il était couvert d'une couche de sable de o™,5o d'épaisseur dont une partie présentait une couche de o'",2o d'un sable noirâtre mélangé de quelques (65 ) débris ligneux et de parties filamenteuses herbacées de couleur brune. » M. Faye, qui connaît bien les Landes, ayant donné quelques doutes à M. Chevreul sur le gisement de ce sable noirâtre relativement à Valius, M. Chevreul a pris le parti de demander une explication à M. Chambrelent; il ajournera donc sa communication sur ce sable et sur ïalios à un prochain Compte rendu, n ZOOLOGIE. — Recherches analomiques et physiologiques sui les Jiisectes lépidoptères; par M. Léon Dufoub. (Extrait par l'auteur.) n Le plus ancien et sans doute aussi le plus vieux Correspondant de la Section d'Anatomie et de Zoologie a l'honneur de soumettre a la bien- veillante appréciation de l'Académie ses recherches sur l'auatomie et la physiologie des Insectes lépidoptères. » Appelé par une vocation spéciale à l'étude des petits organismes, j'ai, pendant le cours d'un grand demi-siècle, porté le scalpel dans les entrailles des neuf ordres d'Insectes qui composent, dans l'acception la plus large, le vaste domaine de l'entomologie. J'ai déjà publié huit de ces ordres. C'est le neuvième qui est aujourd'hui l'objet d'une oblation académique. Vu mon grand âge, il devient mon testament scientifique, sans renoncer toute- fois à quelque codicille, si Dieu me prête vie. » L'Académie a déjà accueilli avec une faveur inespérée les travaux qui ont précédé celui-ci, en les honorant de l'admission dans ses Mémoires. Si je ne me fais point illusion, mon Anatomie actuelle, par cela seul qu'elle succède aux huit autres, doit être moins imparfaite, ce qui m'enhardit a solliciter de l'illustre compagnie l'insigne honneur accordé à mes précédents labeurs. » Par une coïncidence qui a bien son côté pittoresque, les Papillons ou Lépidoptères sont échus à mon vieux scalpel au terme de ma carrière d'âge et à celui de mes travaux sur une science à laquelle j'ai pu consacrer les loisirs de mes devoirs professionnels. » Dans les quatre campagnes [)apilionicides qui viennent de s'écoulei', mes instruments de dissection ont pu s'exercer activement sur l'anatomie viscérale de cent trente espèces de ces volages aéronautes. Mes yeux seuls eu ont subi les tristes conséquences, mais je ne murmure point de ce sacri- fice, qui a servi ma passion entomotomique, ainsi que la science des Mal- pighi et des Lyonet. » Mes nécropsies des neuf ordres d'Insectes se comptent déjà par milliers. J'ai constamment dirigé et mon scalpel et mon esprit vers les conformités (66) organiques de ces petits êtres avec celles des animaux supérieurs, même de l'homme. La grande idée de Geoffroy Saint-IIilaire, quoique loin de s'éle- ver au titre de loi, a néanmoins des vérités dont je me suis attaché à dé- montrer l'application. J'en offre luie preuve irrécusable dans mon respect à maintenir pour les Insectes la nomenclature consacrée depuis des siècles à l'anatomie des Vertébrés. La lechnorrhée des novateurs, qu'on me passe l'expression, est désespérante pour le naturaliste consciencieux qui, dans l'intérêt de la mémoire et de la bonne instruction, apprécie les traditions du passé conciliables avec les faits du présent. » Après cette profession de foi scientifique, je reviens à mon sujet actuel. » Les Insectes de cette populeuse nation des Lépidoptères, quoique ayant tous une grande conformité de structure buccale qui se réduit à un suçoir tubuleux plus ou moins enroulé, quoique ayant le même genre d'alimentation et une composition identique de l'appareil digestif, ont été partagés par la classification en trois grandes divisions ou familles. Celles- ci sont fondées sur les formes extérieures et les habitudes que le génie créateur a diversifiées à l'infini. Dans mon exposition anatomique, j'ai suivi cette classification, et le scalpel en a confirmé le légitime établissement. » Ces trois familles lépidoptériques sont : » I ° Les DiKHies ou vrais Papillons, qui ne se produisent qu'au grand jour. Ils voltigent de fleurs en fleurs pour en sucer le nectar. Leur volitation incessante est muelle, tant par l'absence de ballons aérostatiques intérieurs ou trachées vésiculaires du système respiratoire, que par l'ampleur de leurs ailes qui font l'office de véritables voiles, et par la gracilité, la légèreté de leur corps. » 2° Les Crépusculaires, moins nombreux que les premiers, justifient leur nom par leur apparition au coucher du soleil. Avec leur corps lourd et des ailes étroites, ils ont une puissance musculaire considérable, et leur vol convulsif est bruyant et sonore. » 3° Enfin les Noclurnes, aussi indomptables pour le classificateur que pour l'anatomiste et les études de mœurs. Ils ne circulent que dans les té- nèbres de la nuit. Ce sont surtout les Nocturnes dont les chenilles voraces désolent nos champs, nos jardins, nos forêts. Par une de ces compensations, par un de ces contrastes où la nature se complaît à faire éclater son omni- potence, c'est une de ces chenilles voi'aces qui fournit la matière première de ces étoffes lustrées et brillantes qui parent le trône comme l'autel, et que l'envahissement du luxe insinue dans tous les étages de la société. » Dans mou /Innlomie des Lépidoptères, j'ai déroulé dans chaque famille les divers appareils organiques. Je me suis attaché à rendre mon texte concis (67 ) sans devenir obscur et à concilier l'économie de l'iconographie avec les strictes exigences de la science. » J'ai donc, dans les cent trente espèces qui ont subi mon scalpel, passé en revue les appareils organiques suivants : a 1° Système nerveux avec cerveau, ganglions rachidiens, paires de nerfs émanés de ces centres nerveux. » 2° Organe de la respiration^ cumulant celui de la circulation et con- sistant en stigmates ou ostioles respiratoires extérieurSj et en trachées ou système vasculaire aérifère ramifié à l'infini. » 3° Appareil fZ/^fes^i/ et ses annexes, glatides salivaires, tube alimentaire, vaisseaux hépatiques ou foie, tissu adipeux splanchnique. w 4° Enfin, organes de la génération dans les deux sexes; dans le mâle, testicules, conduits déférents, vésicules séminales, canal éjaculateur, verge, armure coputatrice; dans la femelle, ovulaires, ovaires, oviducte, œufs, poche copu" latrice et système glandulaire de l'oviducte. » Sans doute, pour le complément de mon œuvre, il eût été désirable que le scalpel interrogeât aussi comparativement les entrailles des chenilles et des chrysalides dans leurs mystérieuses évolutions métamorphosiques. Je n'ai point négligé quelques aperçus essentiels sur ces points, mais ars longa, vita brevis! » M. Flocuess met sous les yeux de l'Académie l'Atlas qui accompagne le travail dont vient de l'entretenir M. Léon Dufour, et fait remarquer que de semblables recherches rentrent tout à fait dans la classe de celles qu'a eu l'intentiou d'encourager le fondateur du prix de Physiologie expéri- mentale. ASTRONOMIE. — Découverte d'une nouvelle comète par M. Tempe!, annoncée par M. Valz. « M. Tempel me charge d'annoncer à l'Académie qu'il a découvert une nouvelle comète dans la constellation du Bélier, le 4 juillet à i5 heures, par 44°o'de^et 1 8° 26' de déclinaison. Le 5 juillet, ^ = 44° 9', â~i8°2g. Cet astre est encore très-faible, et sa nébulosité est de 3' à 4' de diamètre. La faiblesse de son mouvement et de sou inclinaison à l'écliptique, après son passage peu distant par son nœud ascendant, pourrait faire présumei- qu'il est encore assez éloigné de la Terre, et que le plan de son orbite est peu incliné sur celui de l'écliptique. C'est là tout ce qu'il est enconi possible de déduire du peu d'étendue de sa marche. » (68) 31. d'Abbadie fait hommage à l'Académie de deux nouvelles feuilles (n°' 7 et 8) de sa Carte d'Ethiopie. l\0:»lIi\ATIOiVS. L'Académie procède, par la voie dix scrutin, à l'élection d'un Associé étranger, en remplacement de feu M. Plana. An premier tour de scrutin, le nombre des votants étant 47» M. de la Rive obtient 34 suffrages. M. Hamillon 8 M. Airy 3 MM. de Baer et Matteucci chacun i M. DE LA Rive, ayant obtenu la majorité absolue des suffrages, est pro- clamé élu. Sa nomination sera soumise à l'approbation de l'Empereur. MÉMOIRES LLS. ANATOMIE COMPARÉE DES VÉGÉTAUX. — De Vanatomie des Balanophorées considérée dans les caractères qiielle fournit pour la classification de ces plantes; par M. A. Chatin. (Extrait. ) (Commissaires, MM. Brongniart, Gay, Duchartre.) « Les Balanophorées constituent, avec les Cytinées et les Rafflésiacées, une classe singulière de végétaux parasites, désignée par le nom de Rhizan- thées ou Jleurs-racines, dont les fleurs, tantôt petites et groupées, tantôt très-grandes et solitaires, semblent souvent pousser, comme les Champi- gnons, d'une sorte de byssus souterrain. » Leur graine, objet de savants travaux dus à MM. Weddell, J.-D. Hooker, Griffith et Hoffmeister, n'a son embryon constitué que par une masse cellulaire homogène, comme la spore des plantes cryptogames, sim- plicité d'organisation qui a pu faire regarder les Rhizanthées comme des plantes dégradées formant un embranchement spécial entre les Cryptogames et les Phanérogames. Mes recherches portent peu vers cette opinion ; elles tendent plutôt à faire assigner aux Rhizanthées une place entre les Monoco- tylédoncs et les Dicotylédones, plus près, en somme, des premières par leur structure propre, des secondes par leurs affinités avec certains ordres. C'est surtout par la structure de l'étamine, comme aussi par celle, aujourd'hui mieux connue, de l'ovule, que les Rhizanthées s'élèvent dans l'échelle végétale. (69) » De l'ensemble des données fournies par l'anatoniie des genres et des espèces, je tire, pour Tordre des Balanophorées, la diagnose anatoinique suivante : vaisseaux spirales rares et jamais déroulables; \ra\es, fibres corti- cales nulles; cellules du parenchyme à nucléus généralement nombreux; tissus 5c/ereujr fréquents; épiderme (des parties épigées) à cellules granuli- fères et jamais à contours sinueux ou en zigzag; stomates nuls; rhizome (ou du moins la hampe) à faisceaux vasculaires épars; jeuilles- écailles à plusieurs faisceaux vasculaires, que remplacent parfois des colonnettes de cellules scléreuses; péricarpe divisible en plusieurs zones concentriques, dont l'une au moins (?) est de nature scléreuse; anthères ayant la seconde membrane (endothèque des auteurs) de nature fibreuse [Bnlanophora ex- cepté), à une ou deux assises de cellules à filets disposés en spirale ou en griffe, le connectif et les cloisons habituellement non fibreux, et manquant de plancentoïdes. >) Les genres de l'ordre des Balanophorées ont pour caractères anatomi- ques principaux : » Le Cynomorium : tige à faisceaux, les uns externes ou corlicoides, petits, simplement fibreux; les autres plus internes et plus gros, fibro-vasculaires et même pourvus de vaisseaux spirales, à fibres-cellules entremêlées aux vaisseaux et à masse des fibres minces ou cellules allongées formant la moi- tié la plus interne des faisceaux; rachis sans vaisseaux spiraux et à cellules allongées non localisées sur l'un des côtés des faisceaux; anthères à mem- brane externe destructible, à membrane fibreuse formée par une seule assise de cellules spiralées se continuant sur le connectif et la cloison des logettes; pollen elliptique à trois sillons et à surface finement tuberculeuse. )> Le Batanophora : tige non complètement privée de vaisseaux spirales et offrant peu de, développement dans la portion des faisceaux que forment des cellules étroites et allongées; écailles privées de tous vaisseaux ; anthères sans membrane fibreuse et pouvant être réduites à la maturation au seul exothèque; parenchyme à nucléus nombreux (ce qui distingue bien le Balanophora du Phœocordylis), et mêlé de quelques cellules à parois réti- culées ou comme celluleuses. » h'Helosis: rhizome à axe médullaire scléreux et lobé ou étoile à sa cir- conférence, à faisceaux en nombre limité (6-'^), disposés symétriquement sur un cercle, ayant leurs vaisseaux réunis en une masse compacte sur le côté externe de laquelle s'appuie un talon de fibres minces lui-même recouvert à sa pointe par une masse à section transversale, subsemilunaire, G. R., iSC^, î^e Semestre (T. LIX, N" 2.) 'O ( 70 ) de cellules scléreiises semblant tenir la place de fibres corticales; lige à f.iisceaux opars et vaisseaux occupant la portion médiane et Iransverse des faisceaux; rachis à masse vascuiaire formant le côté interne des faisceaux; écailles-bractées à un seul faisceau axile se peltaut en haut; parenchyme à nucléus très-nombreux; vaisseaux jamais spirales. » Le Lamjsdorjia : tige à faisceaux disposés sur un cercle et à moelle non formée de cellules scléreuses; écailles à plusieurs (■7 ordinairement^] faisceaux fibro-vasculaires; nucléus et vaisceaux spiraux nuls ou rares. •> Le Lopliojjliylum : rhizome à couche corticoïde ou externe bien distincte du reste du parenchyme par de nombreux noyaux scléreux, etc., à paren- chyme interne tout formé de cellules à parois celluleuses; tige et axes des capitules floraux eu pariie aussi composés de cellules celluleuses; écailles du rhizome sans vaisseaux, celles de la hampe à pétiole (?)seul vascuiaire (des colojmettes de cellules scléreuses tenant la place des faisceaux vascu- laires sous les petites nervures de la lame); péricarpe à couche sous-épider- mique presque scléreuse; anthères à membrane fibreuse constituée, sur toute l'étendue des valves, par au moins deux assises de cellules dont les filets sont disposés en une sorte de spirale, à cloisons non fibreuses et à connectif variable; vaisseaux spirales faisant complètement défaut. » \J Ombropliflum, genre morphologiquement très-semblable au Loplio- phylum^ avec lequel on l'a confondu longtemps, a deux caractères anatomiques importants ; le manque de cellules à parois celluloides, l'an- thère à membrane fibreuse des valves formée de cellules à filets en griffe (au lieu d'être en spirale) et sur une seule assise vers les extrémités des valves. On remarquera que l'analomie justifie pleinement la séparation de ces deux genres, séparation proposée d abord sur des caractères extérieurs qui pouvaient sembler d'une valeur insuffisante. » Les espèces trouvent, comme l'ordre et les genres, des caractères dans l'anatomie. Je citerai en particulier les Lophophylum mirabile et L. brasi- lianum, que la structure seule des anthères, cet organe qui me paraît appelé à tenir une si grande place dans la diagnose des plantes, distingue nette- ment, le premier ayant seul les tissus du connectif envahis par les cellules à filets de la membrane fibreuse des valves. » Les affinités des Balanophoréesavecd'autresordresde végétaux trouvent dans l'anatomie, suivant qu'ellessont profondes ou superficielles, des carac- tères qui justifient ou infirment les aperçus fondés d'abord sur les attributs extérieurs. Et en même temps que les affinités vraies empruntent à la con- cordance de quelques caractères anatomiques une plus complète démons- ( 7' ) (ration, la nécessité de laisser cependant séparés des ordres voisins ressort de caractères différentiels importants. » C'est ainsi qtie les (^ytinées diffèrent des Balanophorées jiar la dispo- sition et la strnctnre générale des faisceaux de la tige et des écailles, par la natnre des vaisseaux et par la strnctnre des anthères; que les Népenthées et les Aristolochices s'éloignent plus encore par le bois de la tige, par la structure des feuilles, par celle du connectif et des valves de l'anlhère, par la disposition générale des vaisseaux, par les trachées bien déroulables, etc. » Quant aux Rafflésiacées, famille dont les rapports morphologiques avec les Balanophorées sont très-intimes, leur étude comparative sera l'objet d'un travail spécial que j'aurai l'honneur de soumettre prochainement à l'Académie des Sciences. « CHIMIE APPLIQUÉE. — Mémoire sui' le dosage et L'analyse des gaz des eaux potables; par M. RonixET. (Deuxième partie.) (Commissaires précédemment nommés : MM. Chevreul, Pelouze, Regnault.) « M. Robinet communique les résultats de la seconde partie de son tra- vail sur l'aération des eaux douces. Cette partie comprend le dosage et l'ana- lyse des gaz dissous dans l'eau distillée, l'eau de la Seine, l'eau du canal de rOurcq et quelques autres. M. Robinet s'attache à démontrer que ces dosages et ces analyses peuvent être facilement et promptement exécutés avec l'eudiomètre qu'il a imaginé à cet effet. Il tire finalement des expé- riences décrites dans son Mémoire les conclusions suivantes : » 1° L'eudiomètre donne des résultats exacts. Il suffit pour les obtenir d'opérer sur aoo à aSo centimètres cubes d'eau, avec trente minutes d'ébul- lition. » 2° Les différentes compositions des eaux douces examinées n'ont eu aucune influence sur la proportion d'air atmosphérique dissous dans ces eaux. Celte proportion a été constamment celle qu'indiquait la théorie pour l'eau pure, clans les mêmes conditions de température et de pression. » 3° Au moyen de l'eudiomètre et avec l'addition, tantôt de la potasse caustique, tantôt du pyrogallate de potasse, on peut à volonté extraire d'une eàu l'air atmosphérique, ou seulement le gaz azote, et par conséquent faire dans cette eau elle-même l'analyse de l'air qu'elle contient. » [\° Au moyen de l'acide chlorhydrique et de l'ébullition on obtient d:uis l'eudiomètre un mélange de gaz, du volume duquel, par la soustrac- lO,. ( 7^ ) tioii de l'air atmosphérique et du gaz acide carbonique des bicarbonates, ou trouve la proportion du gaz acide carbonique libre primitivement dis- sous dans l'eau mise eu expérience. » M. DiJPfis lit un Mémoire ayant pour titre : « Question de pression atmosphérique relative au baromètre et au siphon ». (Renvoi à l'examen d'une Commission composée de MM. Combes et Edmond Becquerel.) CORRESPONDANCE. M. LE Ministre de l.\ Marine adresse pour la Bibliothèque de l'Institut, avec le numéro de juillet de la Revue maritime et coloniale, un exem- plaire d'une publication intitulée Supplément à l'An naval, dans laquelle M. le contre-amiral Paris a réuni les articles qu'il vient de publier dans cette Revue sur les dernières inventions maritimes. M. LE Ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux purucs envoie un exemplaire du XLVIP volume des Brevets d'invention pris sous l'empire de la loi de i844) et un exemplaire du Catalogue. M. LE Directeur général des Douanes envoie un exemplaire de la nou- velle édition du Tableau des droits en vigueur au i5 juin courant. On y a joint des observations sur le régime auquel sont admis en France les produits des puissances avec lesquelles ont été conclus des traités de com- merce. M. le Secrétaire perpétuel présente, au nom de l'auteur M. Meneghini, la description, accompagnée de figures, d'un Poisson (le Denlex Munsleri) dont les restes fossiles ont été trouvés par M. le D"^ G. Amidei dans l'ar- gile subapennine du Volterrano. M. LE Secrétaire perpétuel présente aussi, au nom de M. Béchamp, un Mémoire sur les générations dites spontanées et sur les ferments. A ce Mémoire est joint un résumé manuscrit que l'auteur avait préparé dans l'espoir qu'il jjourrait trouver place au Compte rendu. Les usages de l'Académie, relativement aux travaux qui ont été rendus publics par la voie de l'impression, ne lui permettenl pas d'accéder au désir manifesté par M. Béchamp. ( 73) Présentation du 17^ numéro du Mémorial de l'OfOcier du Génie, par M. le Général Morix. « Je suis chargé, par le Comité des fortifications, de présenter à l'Aca- démie le 17* numéro du Mémorial de l'Officier du Génie, rédigé par les soins de ce Comité. » Cette publication importante, qui offre un exemple du soin avec lequel les sciences qui se rattachent aux services militaires sont cultivées dans les armes spéciales, avait été interrompue depuis i854. Cette interruption re- grettable, en grande partie motivée par les événements militaires qui se son! succédé depuis cette époque, a cessé, et le Comité se propose de faire reprendre à ce recueil son cours habituel. » Le numéro 17, que je présente à l'Académie, par le nombre et par l'im- portance des sujets qui y sont traités, montre avec quelle activité et avec quelle variété de vues MM. les Officiers du Génie savent en France allier les aptitudes militaires à l'amour de la science. » Les Notices et les Mémoires contenus dans ce volume ont pour objet : » 1° Un appareil à plans inclinés employé au transport vertical des terres, par M. le lieutenant-colonel de la Grèverie ; w 2° Un exposé des lois relatives aux courants électriques, sans nom d'auteur ; » 3° L'application de l'électricité dynamique à l'inflammation des four- neaux de mines, par M. Barisien, capitaine du Génie. » [\° Des expériences sur un barrage à aiguilles verticales, exécuté en 1862 au pont sur la Moselle à Tbionville, sous la direction du capitaine du Génie Michelet. » 5" Des recherches sur les revêtements en décharge par M. le lieutenant- colonel de la Grèverie. » 6° Des expériences sur un ventilateur à force centrifuge, construit en iBSg à l'arsenal du Génie, à Metz, et des considérations théoriques sur les appareils du même genre, par M. Blondeau, lieutenant-colonel du Génie. » 7° Un déblai de roc exécuté au fort du Roule à Cherbourg, en i85i et i852, par M. Martin (Gustave), capitaine du Génie. » 8° Les appareils de chauffage et de ventilation construits à l'hôpital militaire de Viucennes, par M. Benoît, chef de bataillon du Génie. )) 9° L'application de la photographie au levé des plans, par M. Laus- sedat, chef de bataillon du Génie. ( 7'i ) » lo" Des instructions sommairos sur les opérations photographiques, par M. Javary, capitaine chi Génie. » 11° Tj'applicatiou fie l'élecfricilé à l'inflammation des fourneaux de mines, par M. Klein, lieutenant du Génie. » En offrant ce numéro du Mémorial de COfficier du Génie, si riche en recherches de sciences appliquées au service militaire, on ne peut que re- gretter l'interruption trop prolongée de la publication du Mémorial de l'Ar- tillerie que l'illustre maréchal Valée avait fait commencer, et dans lequel a,vaient paru, sur des questions importantes pour cette arme, des travaux auxquels l'Académie elle-même a bien voulu accorder à diverses reprises sa haute approbation, mais on a l'espoir fondé qu'elle sera bientôt reprise et continuée. » La publicité de semblables recueils et les distinctions flatteuses qu'ils procurent aux auteurs entretiennent dans l'armée le feu sacré de l'amour des sciences, sans rien enlever à l'énergie morale et sans diminuer l'aptitude militaire, et nous pensons qu'il est à la fois de l'intérêt bien entendu des corps spéciaux et de celui de l'État d'?M encourager et d'en fiivoriser la pu- blication. M En terminant, je propose à l'Académie d'adresser à M. le Président ùu Comité des fortifications ses remercîments pour l'importante communica- tion qui lui a été faite de ce 17'' numéro du Mémorial de COfficier du Génie. » ASTRONOMIE. — Sur la trajectoire du bolide du i/J mai. Kote de M. Laussedat en réponse à celle de M. Lespiaull. K En indiquant la méthode qui m'a servi pour déterminer la trajectoire du bolide du i4 mai, j'avais eu soin de réunir dans un tableau les obser- vations qui m'ont conduit aux résultats publiés dans le Compte rendu de la séance du 1 3 juin. J'ajoutais que j'avais choisi celles qui étaient le mieux pré- cisées, mais je n'ai eu ni l'intention ni la prétention de contester celles qui ne s'accordaient pas avec le tracé qui m'a paru le plus probable; car, allant au-devant des réclamations, je faisais remarquer qu'un des avantages de la méthode graphique était de permettre à chacun des observateurs « d'ap- » précier le degré d'exactitude de la trajectoire et d'indiquer au besoin les » rectifications qu'il pourrait y avoir lieu de lui faire sidiir. » » Dans une Note insérée dans le Compte rendu de la séance du 27 juin, M. Lespiaulf, qui juge la méthode que j'ai adoptée « excellente pour le ( 75 ) » tracé de la projection horizontale de la trajectoire, » ajoute qu'elle ne Ini paraît pas susceptible de donner avec la même rigueur la projection verti- cale. Il me reproche, en outre, d'avoir attribué une importance trop exclu- sive a l'une des observations, celle de Rieumes, et d'avoir préféré, pour la station de Montauban, celle de M. Pauliet à celle de M. Bagel. En ce qui concerne le degré d'exactitude avec lequel on peut déterminer la trajec- toire, il me paraît hors de doute qu'il peut être le même, qu'il s'agisse de la projection verticale ou de la projection horizontale, pourvu que les stations soient convenablement situées par rapport à la trajectoire. Cr, l'importance que j'ai cru devoir donner aux observations de Rieumes est précisément jus- tifiée par la position de cette station d'où les rayons visuels partis de Nérac et de Montauban étaient recoupés « sous des angles avantageux. » A. la vérité, M. Lajous, qui a transmis ces observations, n'a pas été lui-méuie témoin du phénomène et n'a fait que recueillir les indications de peisonnes digues de foi; mais les deux observations dont il s'agit, très-nettement pré- cisées et relevées avec beaucoup de soin, on n'en saurait douter, se sont trouvées confirmées par celle de M. Jacquot, ingénieur en chef des mines, qui, de l'Isle-Jourdain, station très-voisiue de Rieumes, a constaté que la trajectoire, très-sensiblement horizontale, allait directement de l'est à l'ouest en se relevant seulement un peu vers le nord. M. Lespiault craint qu'il ne se soit établi quelque confusion entre la trajectoire indiquée par M. Pauliet à M. Petit et celle que M. Cruzel a envoyée à la Gironde du i8 mai, comme l'ayant observée à TombebœuF. Je supprimerais les observations de M. Pau- liet, que, à moins de supprimer du même coup celles de Rieumes, de l'Isie- Jourdain et de Toulouse, il me serait impossible d'arriver aux mêmes con- clusions que M., Lespiault. En adoptant, par exemple, l'observation de M. Bagel, mais en maintenant celle de M. Lajous, la hauteur du point d'explosion resterait encore inférieure à 25 kilomètres. Quant à la très- grande inclinaison de la trajectoire, elle me semble peu vraisemblable, au moins dans la partie comprise entre les méridiens de Nérac et de Mon- tauban, d'après les témoignages réunis de MM. Brongniart, Triger, Jacquot et Lajous, dont les stations étaient situées de manière à bien faire apprécier cette circonstance, si elle s'était présentée. » Je ne discuterai pas à mon tour les nombres que M. Lespiault a réunis en tableau. 11 convient lui-même que les évaluations considérables de la hauteur du point d'explosion faites à Bordeaux restent encore difficiles à expliquer. L'observation de Pontlevoy serait au moins aussi embarrassante, et il en serait de même de bien d'autres ; enfin, j'avoue que je ne suis pas ( 76) parvenu à trouver sur la carte un point situé à la fois à la kilomètres de Montauban, à 66 kilomètres d'Astaffort, à 80 kilomètres de Nérac, et dans le sud-ouest ou même dans l'ouest-sud-ouest de Montauban, comme le vou- drait l'observation représentée sur le croquis de M. Bagel, que j'ai eu sous les yeux. Je ne voudrais cependant pas affirmer que l'explosion du bolide n'a pas eu lieu à plus de 20 kilomètres de hauteur, mais je ne trouve pas les probabilités invoquées par M. Lcspiault assez fortes ])our accorder qu'il faille doubler ce nombre. Je reconnais du reste, avec JM. Lespiault, qu'il serait très-désirable de parvenir à déterminer le plus exactement possible non-seulement les hauteurs des points où éclatent les bolides, mais celles des points où ils paraissent s'enflammer. C'est précisément dans ce but que j'ai proposé une méthode au moyen de laquelle il est facile de discuter les différentes observations, et que je persiste à croire suffisamment exacte dans tous les cas analogues à celui qui s'est présenté le i4 mai dernier. » CHIMIE ORGANIQUE. — Sur Cisomérie dans les gtycols. Note de M. Ad. WtRTz, présentée par M. Balard. a J'ai décrit, il y a quelque temps (r), un diiodhydrate et un dihydrate de diallyle, et j'ai émis l'opinion que ce dernier corps offre avec le glycol hexylique des relations d'isomérie analogues à celles que j'ai signalées le premier entre l'hydrate d'amylène et l'alcool amyhque. Comme ce fait de l'isomérie dans les glycols présenterait un haut intérêt, en ce sens qu'il permettrait de prévoir l'existence d'un nombre immense de composés nou- veaux, j'ai voulu l'établir sur des preuves directes et multiples. J'ai donc étudié comparativement le dihydrate de diallyle et le glycol hexylique. L'objcft spécial de cette Note est la description de ce dernier corps. » Glycol hexylique. — Je l'ai obtenu à l'aide du procédé général que j'ai décrit pour la préparation des glycols. De l'hexylène préparé à l'aide de la mannite, selon le procédé de MM. Wanklyn et Erlenmeyer, a été placé dans un mélange réfrigérant et additionné de petites quantités de brome, jusqu'à ce que la liqueur fût devenue rouge. Il s'est formé du dibromure d'hexylène. x Ce corps n'a pas pu être obtenu à l'état de pureté. Lorsqu'on essaye de distiller à la pression ordinaire le liqiude rouge en question, après l'avoir décoloré par la potasse, il commence à bouillir vers 80 degrés , et le (i) Comptes rendus, t. LVIII, p. 460. ( 77 ) thermomètre monte rapidement à i8o degrés. Entre 190 et 200 degrés, il passe un liquide brome, mais en même temps il se dégage des torrents de gaz bromhydrique, et à 300 degrés il reste encore un liquide coloré en noir, assez abondant, et qui constitue sans doute un dérivé brome du bromure d'hexvlène. » J'ai obtenu le même résultat en opérant sur de l'hexylène (i) que M. E. Caventou avait préparé en faisant réagir la potasse alcoolique sur le chlorure d'hexyle €*II"C1, résultant de l'action du chlore sur l'hydrure d'hexyle G'H'*. Ce dernier avait été retiré du pétrole. » Le bromure d'hexylène non distillé, provenant de l'une et de l'autre source, a été versé sur une quantité équivalente d'acétate d'argent, et le tout a été délayé dans l'éther et introduit dans un ballon qu'on a échauffé au bain d'huile. L'éther ayant distillé et ayant été recueilli, on a maintenu la température à 120 degrés pendant deux jours. Après le refroidissement, la masse a été épuisée par l'éther et le liquide éthéré a été distillé. O liquide était coloré en jaune brun. L'éther ayant passé, la température s'est élevée rapidement à 120 degrés; puis le thermomètre a monté graduel- lement jusqu'au-dessus de Sac degrés. » On a retiré du liquide distillé entre ces limites de température deux produits différents : » i" De l'acétate d'hexylglycol bouillant de 200 à aao degrés. » 2° Un liquide bouillant de 3oo à Sao degrés, et qui constituait proba- blement, d'après l'analyse qui en a été faite , un acétate d'hexylglycérine. » On conçoit, en effet, qu'un tel produit puisse se former par l'action du bromure d'hexylène brome G°H"Br' sur l'acétate d'argent. » L'hexylglycol diacétique est un liquide incolore, d'une consistance oléagineuse ; il bout de 2i5 à 220 degrés. » Il est insoluble dans l'eau. Sa densité à o degré est égale à 1,014. » Sa composition est exprimée par la formule ,^5 ^j^,, >0=. » Lorsqu'on le traite par la potasse récemment calcinée et réduite en poudre fine il s'échauffe. Il se forme de l'acétate de potasse et de l'hexyl- glycol est mis en liberté. L'opération doit être faite avec précaution, en ajoutant la potasse par petites portions et en quantité exactement suffisante pour saponifier le diacétate. Il est bon de faire l'opération en deux fois , et (i) Point d'ébuUitlon, 66-69 degrés. C. R., 1864, ame Semeilre. (T. LIX, N» 2.) l I (78 ) de distiller le liquide lorsqu'on a ajouté les f de la potasse nécessaire ; ofi ajoute alors le reste par petites portions au liquide distillé qu'on n soin de chauffer dans un petit ballon, et dont on essaye de temps en temps la réaction à l'aide d'un papier de tournesol rouge. Dès que la liqueur devient tVauchement alcaline, on la distille. L'iiexylglycol pass(? au-dessus de 200 degrés. » C'est un liquide incolore, épais, miscible en toutes proportions à l'eau, à l'alcool et à l'éftier. Il se dissout incomplètement dans l'eau lorsqu'on a employé trop ou trop peu de potasse pour la saponification de l'acétate. » La densité de l'bexylglycol à o degré est égale à 0,9669. >■ J'ai trouvé celle du dihydrate de diallyle égale à 0,9202. » Le glycol bexylénique bout vers 207 degrés. Ce point d'ébullition est inférieur de quelques degrés à celui du dihydrate de diallyle. On remarque qu'il est situé de 20 à aS degrés au-dessus du point d'ébullition de l'amylglycol . Ainsi, l'anomalie que j'avais signalée dans les points d'ébullition des glycols cesse à partir du cinquième terme de la série , résultat facile à comprendre, puisque le point d'ébullition de ces composés ne pouvait pas s'abaisser indé- finiment avec l'augmentation de leur complication moléculaire. )) Le glycol hexylénique se dissout complètement dans l'acide chlorhy- drique très-concentré. Mais la liqueur brunit au bout de quelque temps, et il se sépare une couche d'un liquide noir plus léger que l'acide, et qui augmente lorsqu'on chauffe pendant quelques heures à 100 degrés. Cette substance ne possède pas un point d'ébullition constant. Elle a passé à la distillation de 100 à aSo degrés. On n'a pu en séparer le chlorure G''H"C1'. » On sait, au contraire, que dans les mêmes circonstances le dihydrate de diallyle se convertit entièrement en dichlorhydrate [Comptes rendus, t. LVIII, [). 462). w La liqueur acide d'où la substance noire avait été séparée renfermait une certaine quantité d'hexylglycol chlorhydrique. « Après l'avoir neutralisée par le carbonate de potasse, on a ajouté un excès de potasse de caustique et on a distillé. Il a passé une petite quantité d'un liquide ])lus léger que l'eau^ doué d'une odeur éthérée agréable, bouillant vers 1 15 degrés. L'analyse a montré que ce corps était de l'oxyde d'hexylèuc G^H'-O. 1) L'bexylglycol se mêle, en s'échauffant, avec une solution concentrée d'acide iodhydriquc. Le liquide, exposé pendant quelques heures à la chaleur du baiu-marie, s'est fortement coloré en briui par suite de la ré- duction de l'acide iodhydrique. Le tout ayant été neutralisé et décoloré par ( 79) la potasse, on a distillé. Il a passé avec les vapeurs aqueuses un liquide plus dense que l'eau. Après l'avoir séparé et desséché, on l'a soumis à la distillation. Plus delà moitié a passé de i65 à 170 degrés. Ce produit était de l'iodhydrate d'hexylène. Mise en contact avec du benzoate d'argent sec, une portion de ce liquide a réagi immédiatement et énergiquement sur ce sel, en mettant en liberté une certaine quantité d'hexylène, réaction ca- ractéristique des iodhydrates d'hydrogènes carbonés. )) L'action de l'acide iodhydrique sur l'hexylglycol est donc analogue à celle que cet acide exerce sur le butylglycol et le propylglycol. Il y a réduc- tion et formation d'un iodhydrate, car je suis porté à croire que les deux derniers glycols donnent, non pas les iodures de propyle et de butyle, comme jel'avais d'abord admis, maisleurs isomères, les iodhydrates correspondants. Quoi qu'il en soit, l'équation suivante exprime la réaction de l'acide iodhy- drique sur le glycol hexylénique : ^'^Mo^ + 3HI=2H^O-4-€=H'^HI-t-r- ri' ] » L'isomère de ce dernier corps, le dihydrate de diallyle, se comporte dif- féremment dans les mêmes circonstances. 11 réagit à la température ordi- naire sur l'acide iodhydrique très-concentré. Celui-ci n'est pas réduit, et il se sépare un liquide iodé très-dense qui peut être chauffé à i/jo degrés dans le vide sans s'altérer et sans se volatiliser. Ce liquide est le diiodhydrate de diallyle C«H'« 2H' G = 2HI 4- G' H'% 2HI -H 2H=0. » Ces réactions ne laissent aucun doute, ce me semble, sur le f;ùt de l'isomérie entre le dihydrate de diallyle et le glycol hexylique. On peut appliquer à l'interprétation de cette isomérie le point de vue théorique que j'ai développé récemment en traitant de l'isomérie dans les alcools monoatomiques (1), et on peut représe"nter les corps isomères dont il s'agit par les formules suivantes : Bromure d'hexylène. Diiodliydrale de diallyle. (G«H'=)"2HO [(G4i"')-H^]"2HO Glycol hesylique. Dihvdrate de (liallyle. (f) Comptes rendus, t, LVIII, p. 978. I I .. (8o) CHIMIE ORGANIQUE. — Sur le glycol oct/lique. Note de M. P. de Clermont, présentée par M. Balard. « Lorsqu'on fait réagir l'acétate d'argent sur le bromure d'octylène, on obtient l'acétate d'oxyde d'octylène; pour se placer dans les meilleures con- ditions de réussite, il convient de bien dessécher le bromure d'octylène et l'acétate d'argent, de les mettre en contact dans un matras, en prenant 1 équivalent de bromure pour 2 d'acétate, et d'ajouter une quantité d'acide acétique cristallisable égale environ à la moitié du bromure d'oc- tylène employé ; l'addition d'acide acétique a pour objet de mélanger intime- ment le sel d'argent et le bromure, en produisant luie bouillie assez fluide. Le mélange ainsi préparé est chauffé d'abord au bain-marie ; la réaction ne tarde pas à avoir lieu, et pour être bien sur qu'elle est entièrement accomplie, on peut élever la température des matras jusqu'à 120 degrés. )» Il se forme dans ces circonstances du bromure d'argent et de l'acétate d'oxyde d'octylène, qu'on sépare l'un de l'autre en épuisant le mélange par de l'éther et en filtrant. La solution éthérée, qui renferme l'acétate d'oxyde d'octylène et l'acide acétique en excès, est soumise à la distillation ; l'éther passe d'abord, puis l'acide acétique, avec de l'eau ; on recueille à part les portions de liquide qui passent à une température plus élevée et qui renferment l'acétate. Ce composé, convenablement purifié au moyen de distillations fractionnées, bout de 245 à aSo degrés. Il se présente sous forme d'un liquide épais, oléagineux, incolore; soumis à la saponification par la potasse caustique, il fournil le gl/col ociylique. On ajoute, à cet effet, de la potasse récemment calcinée et finement pulvérisée, par petites por- tions, jusqu'à ce que le papier de tournesol accuse une réaction alcaline. On sépare ensuite l'octylglycol de l'acétate de potasse par la distillation au bain d'huile. Toutefois, une première saponification ne suffisant jamais, on a répété plusieurs fois la même opération. » On purifie l'octylglycol par la distillation fractionnée, et on l'obtient ainsi sous forme d'un liquide huileux, incolore, inodore, d'une saveur brùlanle, aromatique, insoluble dans l'eau, .soluble dans l'alcool et dans l'éther; d'une densité de 0,932 à o degré et de 0,920 à 29 degrés, et bouil- lant de 235 à 240 degrés. Il fournit à l'analyse des nombres s'accordant avec la formule G'H"0'. » Quoique les essais institués à l'effet de préparer le chlorhydrate d'oxyde d'octylène n'aient j)as encore doiuié de résultats bien satisfaisants, je décri- ( 8i ) rai les expériences, qui, répétées sur une plus grande échelle, fourniront ce composé à l'état de pureté. » Pour obtenir la chlorhydrine, on a d'abord fait réagir l'acide chlor- hydrique concentré sur le glycol, dans un tube scellé à la lampe et chauffé au bain-marie pendant plusieurs jours. Le glycol s'était coloré au bout de ce temps sans se mélanger à l'acide chlorhydrique, au-dessus duquel il formait une couche huileuse. Ce liquide ne présentait pas de point d'ébul- lition constant; on l'a fractionné en plusieurs portions-, toutes renfermaient trop peu de chlore. On a pensé qu'il était inutile de continuer des recher- ches dans cette direction, et on a eu recours au procédé publié l'année der- nière par M. Carius et au moyen duquel ce chimiste a préparé plusieurs chlorhydrates à l'état de pureté. Cette méthode consiste, on le sait, à faire réagir une solution aqueuse d'acide hypochloreux sur Ihydrogène carboné qui forme le radical du chlorhydrate. » On a ajouté de l'octylène pur à une solution renfermant de 2 à 3 pour 1 00 d'acide hypochloreux et préparée d'après les indications de M. Carius ; on a obtenu un mélange d'oxychlorure de mercure, d'eau et de chlorhy- drate d'oxyde d'octylène. On a dissous le chlorhydrate dans l'élher, pré- cipité le mercure par l'hydrogène sulfuré et neutralisé l'excès d'acide par du carbonate de soude. On a isolé par la distillation fractionnée un liquide visqueux, d'une teinte jaunâtre, d'une odeur aromatique et bouillant de 2o4 à 208 degrés. L'analyse a donné des nombres rapprochés de ceux qu'exige la formule ^i' II" CIO, avec un léger déficit toutefois en carbone et en hydrogène; ce déficit résulte probablement d'une action oxydante secondaire, ayant donné naissance à un produit accessoire moins riche en carbone et en hydrogène que la chlorhydrine octylique, et qui reste mélangé en faible proportion avec cette dernière. « CFIIMIE ORGANIQUE. — Sur te rôle que joue Cérythrite dans les principes immédiats de certains lichens. Note de M. V. de Luynes, présentée par M. Henri Sainte-Claire Deville. « Les premières idées théoriques sur ce sujet sont dues àM.Berlhelot(i). Après avoir constaté la manière dont l'érythrite se comporte vis-à-vis des acides oxygénés, il en conclut que ce corps jouait dans ces combinaisons le rôle d'un alcool polyatomique. Il fut conduit dès lors à assimiler l'érythrine (i) Chtmie organique fondée sur la synthèse, t. II, p. 22'j,. (8.) ou acide érvthrique à un étlier composé provenant de l'action de l'acide orseliique sur l'érythrine. En effet, l'érythrine peut se représenter par la formule suivante : Q^ojpso^" = C»H"'0« -4- aC'H'O» - 4H0. Érylhrine. Erylhrile. Acide orseliique. Elle constituerait dans cette hypothèse l'érythrite diorseliique. Cette foi- mule exige en centièmes : Carbone 56 , 87 Hydrogène 5, 20 Oxygène 37 ,93 » M. Stenhouse a trouvé: Carbone 5G,85 Hydrogène 5 , 56 Oxygène ^7,59 » Cette manière de voir est donc conforme aux résultats de l'analyse. » En faisant agir sur l'érythrine une solution d'eau de baryte, M. Sten- house a obtenu une substance remarquable par son amertume, qu'il a ap- pelée picroérjllirine, et de l'acide orseliique qui se combine avec la baryte. La picroérythrine peut être considérée comme résultant de l'action de i équi- valent d'érythrite sur i équivalent d'acide orseliique Picroérythrine. Elle représenterait dans cette hypothèse l'érythrite monorsellique. Celte formule exige : Carbone 52 , 94 Hydrogène 5 , 88 Oxygène 4 ' » • 8 'I M. Stenhouse a trouvé: Carbone 53 ,07 Hydrogène 6,08 Oxygène 4° )85 )) Cette manière d'envisager la constitution de l'érythrine permet d'ex- pliquer de la manière la plus simple les réactions qu'elle présente au contact (83 ) des bases. En effet, dans ces circonstances, l'ér} thrine se dédouble en éry- thrite et en acide orselHqueen fixant les éléments de l'eau; elle subit donc un dédoublement comparable à celui qui résulte de la saponification des corps gras. A la vérité, on ne peut pas isoler ainsi l'acide orseliique ; mais cela tient à l'extrême facilité avec laquelle il cède de l'acide carbonique aux bases pour se transformer en orcine : Orcine. )) L'eau seule peut opérer ce dédoublement de l'érythrine, surtout si l'on opère sous pression au moyen de l'appareil dont j'ai déjà entretenu l'Académie (i). >) L'érythrine se dédouble donc à la manière des éthers composés et dans les mêmes circonstances. 1) Dans uu travail publié en 1862 (2) M. Ste'nhouse rappelle qu'il a mon- tré dès 1848 que l'éthylérythrine (ou éther érythrique), soumise à l'ébulli- tion en présence d'une solution aqueuse de potasse ou de baryte, donne de l'alcool, de l'érythrile et de l'orcine. Dans les mêmes circonstances, l'acide lécanorique (le principe colorable de divers lichens des genres Lecanora, Fariolaria, etc.) ne donne que de l'orcine; mais lorsqu'on fait bouillir son éther avecde la chaux ou un alcali, il se forme, suivant M. Stenhouse, in- dépendamment de l'orcine, de l'érylhrite C^H'^O*. Si l'on remplace l'éthyle par du méthyle et si l'on soumet à l'action des alcalis l'éther méthyllécano- rique on n'obtient que de l'orcine et pas trace d'un composé analogue à l'érythrite. M. Stenhouse en conclut que le groupe éthylique de l'éther lécanorique joue un certain rôle dans la production de l'érythrite. » Les résultats des expériences de M. Stenhouse et les conclusions qu'il en tire me semblent en désaccord avec toutes les réactions présentées par les acides érythrique et lécanorique. En effet, les principes immédiats des lichens à orseille peuvent se rapporter à deux types bien distincts : l'un, l'acide érythrique ou érylhrine, et qui se dédouble, sous l'influence prolongée des bases, en orcine, en érytlu'ite et en acide carbonique; l'autre, qui est l'acide lécanorique ou orseliique, et qui dans les mêmes circonstances ne donne que de l'acide carbonique et de l'orcine. )i L'érythrine ou acide érythrique donne, lorsqu'on le traite par les (i) Comptes rendus de l'Académie des Sciences, i863, t. LVI, p. 8o3. (2) Proceedi/igs nj the Royal Society, p. 263, 3 octobre 1862. ( 84) bases en vases clos, de l'orcine et de l'érylhrite qui sont dans des propor- tions constantes et qui se rapprochent beaucoup de celles qu'indique la formule C*°II"0^'' de Férythrine. Déplus, j'ai traité l'érythrine par l'acide iodliydrique concentré, et j'ai obtenu entre autres produits de Tiodhydrate de butylène C'H*. HIo. Or, on sait que dans les réactions auxquelles on soumet les éthers composés, on trouve parmi les produits de décomposition ceux qui proviennent des éléments constitutifs de l'éther composé. Ainsi M.Lautemann (i) a démontré que l'acide iodhydrique concentré transfor- mait l'essence de Wintergreen en acide salycilique et en iodure de uiélliyle. D'autre part, l'acide lécanorique ne donne, lorsqu'on le traite par la cliaux, aucune trace d'érythrile et ne fournit pas d'iodliydrate de butylène lorsqu'on le traite par l'acide iodhydrique concentré. Ces faits me semblent bien prouver que la constitution de l'érythrine ou acide érylhrique est analogue à celle des éthers composés, des corps gras, par exemple, et que l'érythrite y préexiste par ses éléments au même titre que l'alcool méthylique dans l'essence de Wintergreen et que la glycérine dans les corps gras. « CHIMIE ORGANIQUE.— ^((r i ncide bicldoracélicjue. Note de M. E.-J. MauiMené, présentée par M. H. Sainte-Claire Deville. « Ma théorie de l'exercice de l'affinité prise pour guide dans l'étude de l'action du chlore sur l'acide acétique et sur l'acide monochloracétique montre (à l'aide d'une hypothèse très-simple) que la production de l'acide bichloracétique est très-difficile, sinon impossible, avec l'acide acétique, tandis qu'elle est très-facile avec l'acide monochloracétique. Je me suis empressé de soumettre cette indication théorique au contrôle de l'expé- rience, et il serait difficile de mieux réussir. M De l'acide monochloracétique pur a été introduit dans de grands fla- cons de chlore sec dans la proportion de 3 équivalents pour 5 de chlore. Il ne faut |):is vingt-quatre heures pour que l'action soit complète; il ne se forme que de l'acide bichloracétique : le liquide est corrosif au plus haut degré. Je l'ai maintenu une heure au bain-raarie à l'air pour chasser l'acide chlorhydrique, puis je l'ai fait distiller dans un petit appareil (sans liège, qu'il attaque fortement) ; le dernier produit est de l'acide pur. » Il est liquide, cristal Hsable (avec les biMrreries que présentent l'azotate (i) Annakii dcr Clicmic nncl Pharmacie, t. CXXV, p. l3; Bulletin de la Société Chimique de Paris, janvier i8G3, p. 263. ( 85) d'argent, l'acétate de plomb, etc.); les cristaux sont des tables rboniboé- driqiies formant presque des losanges. Sa densité avant la solidification est 1,52 1 6 à + r5 degrés, le point d'ébullition vers igS degrés. » Le bichloracélate d'argent peut être facilement obtenu en faisant agir l'acide sur de l'oxyde d'argent délayé dans l'eau pure. En ne dépassant pas -t- l\o degrés, la liqueur ne montre aucune décomposition, et si on la filtre tiède, elle donne par refroidissement un abondant dépôt cristallin qu'on fait sécher sous une cloche à côté d'acide sulfurique. » Le sel peut être obtenu blanc en cristaux nacrés; la lumière les altère à peu près comme l'acétate ou l'oxalate; ils sont peu solubles dans l'eau, mais donnent une dissolution parfaitement limpide. » La chaleur agit sur le bichloracétate d'argent comme sur le trichlora- cétate; il peut être détruit sur une feuille de papier avant que le papier jau- nisse; il se dégage de l'acide chloracétique, de l'acide chlorhydrique, de l'acide carbonique, de l'eau, de l'oxyde de carbone et du chlorure d'argent. Cet effet se produit même avec la dissolution; quand on la porte à yS ou 8o degrés, un pétillement très-vif s'établit, et il se dégage un mélange à volumes égaux d'acide carbonique et d'oxyde de carbone, résultat facile à comprendre au moyen de la formule CMiCr-AgO^ + 3AgO = C-0^ + C-0-+ aAgCl + 2AgH-HO. La destruction du bichloracétate dans ces conditions est si complète, qu'elle permet de faire son analyse ou au moins de doser le carbone avec exac- titude. » Voici les résultats obtenus par ce moyen et par les moyens ordinaires : » I. o^'', 327 bichloracétate d'argent (séché à froid dans l'air par l'acide sulfurique), mêlés de i de sable et calcinés ont laissé 1 , 198 de résidu con- tenant 0,198 chlorure d'argent. » IL qS'^, 2i4 briiiés avec de l'alcool ont laissé 0,128 chlorure d'argent. » IIL o^"^, 636 bichloracétate dissous dans l'eau, mêlés avec i gramme oxyde d'argent et soumis à l'ébullition, ont donné 126 centimètres cubes d'im mélange à volumes égaux d'acide carbonique et d'oxyde de carbone (température +12 degrés, pression 0,758). L'oxyde contenait après l'opé- ration 0,770 chlorure d'argent. » IV. oS'^,43g bichloracétate ont donné : acide carbonique, 0,164 ; eau, o,oao. C. R., i86/|, 2">« Semestre. (T. LIS, N» 2.) '2 ( 86 ) » Ces analyses donnent : I. II. m. IV. Carbone » » 10,09 10,19 Hydrogène » » » o,5i Chlore » » 3o,oo » Argent 4^,57 45iO> » » nombres qui s'accordent bien avec la formule C*HCPO'.AgO. C" 24 10,16 H I 0,44 Cl' 71 3o,o8 Ag 108 45,76 0' 32 i3,56 336 100,00 » Il ne m'est pas resté assez d'acide libre et pur pour l'analyser et prendie la densité de sa vapeur. J'ai seulement pu faire une détermination de chlore qui s'accorde bien avec la formule ZOOLOGIE. — Mémoire sur les Anlipathaires ^ genre Gerardia (L. D.). Note de M. Lacaze-Dcthieus, présentée par M. de Quatrcfages. « Les animaux qui produisent ces polypiers , auxquels Lamarck avait donné les noms de Gorgonia luberculala, d'Ântipatlies glaberrima, et pour lesquels M. Gray a fait le genre Leiopalhes, n'étaient pas connus. Les éludes que je soumets à l'appréciation de l'Académie ont pour but de combler cette lacune, de définir un genre nouveau et de déterminer nette- ment les objets décrits par les auteurs sous les noms qui viennent d'être indiqués. I) M. Valenciennes m'ayant fait l'honneur de me charger de revoir la collection des Anlipalhes du Muséum, j'ai pu constater, en examinant les étiquettes écrites par Lamarck lui-même, que cet illustre naturaliste avait appelé Aniijndhcs glaberrima le polypier dénudé de l'espèce qu'il avait nom- mée, quand elle avait la couche animale, Gorgonia luberculala; que M. Gray avait créé le genre Leiopalhes pour V Anlipalhes glaberrima (Esper), et qu'enfin Jules Haimo avait désigné cette même espèce par le nom de Leio- palhes Lamarcki. De plus, il m'a été facile de reconnaître que si Lamarck (87) avait séparé sous des noms différents une seule et même chose à des états divers de conservation, il avait, sous le nom d'Jntipathes glaberrima, con- fondu deux choses distinctes. » Sans parler des noms de Zonntlins et de Palythoa, donnés, dans les col- lections, aux échantillons de la Gorgonia luberculata (Lamarck) conservés dans l'alcool et ayant leurs polypes épanouis, il est facile de constater qu'il existe relativement à ces objets une grande confusion. Toutefois, il est juste d'ajouter qu'on est forcément conduit à cette confusion quand on n'a sous les yeux que des échantillons conservés à différents états, mais qu'aussi tout s'explique quand on étudie les animaux vivants et qu'on voit ce qu'ils deviennent par la dessiccation. » 1j Antipathes qlaliernmn d'Esper et de Lamarck est une espèce bien dis- tincte des Anlipathes proprement dits; aussi le genre Leiopalhes de M. Gra_\ peut-il être admis pour elle. Mais il faut bien se garder de considérer comme lui appartenant le polypier dénudé ou couvert de sarcosome des- séché de la Gorgonia tubercidala (Lamarck), ainsi que l'avait fait à tort J. Haime. D'un autre côté, cette Gorgonia tubercidala de Lamarck représente un type très-nettement défini, qu'il faut considérer comme un genre qu'un nom spécial doit désigner ; car elle n'est point un Antipathe, encore moins une Gorgone, et son polypier lisse, très-glabre, examiné isolément , a pu seul la faire prendre pour une espèce du genre Leiopalhes. » Le genre nouveau Geranlia que je propose présente un ensemble de caractères positifs qui le distinguent à la fois des Antipathes, des Leiopalhes et des Gorgones; sa valeur ne me semble pas douteuse. Quant à l'espèce, il convient de lui conserver le nom que lui avait imposé J. Haime. . » A l'origine de son développement, la Gerardia Lamarclxi (L. D.) étend son zoanthodème, formé seulement par du sarcosome, sur des polypiers d'empriuit; alors elle est entièrement parasite. Plus tard, elle recouvre ces corps étrangers de son propre polypier, elle produit des branches, des rameaux, et dès lors elle est indépendante; son parasitisme cesse. Cela explique pourquoi l'on trouve au centre des gros troncs de son polypier les tiges grêles de Muricea placomus, de Gorgonia subtilis, etc. Un Cruslacè qui vit en parasite dans les tissus mous finit quelquefois par avoir sa carapace recouverte par ses dépôts cornés. Les œufs de Squales et de Raies, dont les filaments suspenseurs enlacent ses zoanthodèmes, sont d'abord cou- verts par les expansions de son sarcosome, et puis englobés dans son poly pier. Ce n'est qu'après beancoup de recherches qu'il ma été possible peht une courbe de la classe 3v, qui a une tangente multiple d'ordre V à l'infini. )) On conclut de là que : » XLVII a. Si d'un point on mène des tangentes aux coniques: les diamètres parallèles à ces tangentes enveloppent une courbe de la classe 3y, qui a une tan- gente multiple d'ordre av à l'infini. )) XLVIIL Si d'un point on mène des tangentes cmx coniques : les tangentes, parallèles enveloppent une courbe de la classe 3v, qui a une tangente multiple d'ordre av à l'infini. 1) XLIX. Si d'un point on mène des tangentes aux coniques : les tangentes parallèles ont leurs points de contact sur une courbe de l'ordre {p. -h 3v). 1) XLIX a. Si par les points d'une droite on mène les tangentes des coniques qui passent par ces points : les tangentes parallèles enveloppent une courbe de la classe {p. -+- 3v). ( 05 ) » L. Si d'un point on mène des tangentes aux coniques: les diamètres paral- lèles à ces tangentes ont leurs extrémités sur une courbe de i ordre ^{[J. + 3v). » L a. Lorsque des diamètres aboutissent aux points oii les coniques coupent une droite: les tangentes parallèles à ces diamètres enveloppent une courbe de In classe o-lp. M- 3v). » LI. Si d'un point P on mène des tangentes aux coniques, et d'un autre point fixe Q des droites passant par les points de contact: ces droites rencontrent les coniques eu des points situés sur une courbe de l'ordre ^ip. + v), qui a uii point multiple d'ordre 2p., en Q. » LI a. Si d 'un point P on mène des tangentes aux coniques, et par les points de contact des droites passant par les points oii les coidques rencontrent une droite D : ces droites enveloppent une courbe de la classe (3fjH- v), qui a une tan- gente multiple d'ordre {p. -h v) coïncidante avec D. » LI b. Si d'un point Q on mène des droites aux points où les coniques cou- pent une droite D : les tangentes aux points oii ces droites rencontrent les coniques enveloppent une courbe de la classe (3/7. + v ). » LII. Lorsque des diamètres passent par un point fixe: les diamètres qui leur sont perpendiculaires ont leurs extrémités sur une courbe de l'ordre [p. -+- 4v). « LU a. Lorsque des diamètres aboutissent aux points oii les coniques coupent une droite D : les diamètres qui leur sont perpendiculaires enveloppent une courbe de la classe {p + ^v), qui a une tangente multiple d'ordre 2 v « l'infini. M LUI. Lorsque des diamètres passent par uii point fixe: les tangentes aux extrémités des diamètres perpendiculaires enveloppent une courbe de la classe (3fx + v). u LUI a. Si d'un point fixe on mène des tangentes aux coniques : les diamètres perpendiculaires à ceux qui passent par les points de contact enveloppent une courbe de la clcisse['5p-\- v). » LIV. Lorsque des diamètres passent par un point fixe : les tangentes qui leur sont perpendiculaires enveloppent une courbe de la classe 3v, qui a une tangente multiple d'ordre v à l'infini. n LIV a. Si d'un point on mène des tangentes aux coniques: les diamètres perpendiculaires ci ces tangentes enveloppent une courbe de la classe 3 v, qui a une tangente multiple d'ordre 2v à l'infini. » LV. Lorsque des diamètres aboutissent aux points oii les coniques coupent une droite D : les tangentes perpendiculaires à ces diamètres enveloppent une courbe de la classe cilp. -4- 3v), qui'a une tangente multiple d'ordre 2y à l'infini. » LV a. Si d'un point on mène des tangentes aux coniques : les diamètres i3.. (96) perpendiculaires à ces tancjenies oui leurs exlréinilés sur une courbe d'ordre 2 (p. + 3v). » LVI. Si par les points oii les coniques coupent une droite D, on mène des perpendiculaires aux diamitres qui aboutissent à ces points : ces perpendiculaires enveloppent une courbe de la classe i[iJ. 4- v), qui a imetangente multiple d'ordre [p. -T- 2v) coïncidante avec D, et une tangente multiple d'ordre p., à l'infini. » LVI a. Si l'on prend sur chaque conique d un s/stcme (^p.,'j) un point m tel, que le diamètre qui aboutit à ce point, et la droite menée du même point à un point fixe P, soient rectangulaires : le lieu de ces points m est une courbe île l'ordre 2(p. + v), qui a 3 points nudiiples d'ordre p., l'un en P, et tes 2 autres, inuiginaires, à l'infini, sur un cercle. » I.VII. Les tangentes perpendiculaires aux asymptotes des coniques enve- loppent une courbe de la classe (2 a + v), qui a une tangente multiple d'ordre v à r infini. u LVIII. Si d'un point on mène des tangentes aux coniques: les normales aux points de contact enveloppent une courbe de la classe {[x -h 2 v), qui a une tangente multiple d'ordre [[j. + v) ù l'infini. » LVlll a. Si d'un point on abaisse des normales sur les coniques: les tan- gentes menées par les pieds de ces normales enveloppent une courbe de la classe {(x-i- av). « LIX. Les normales aux points ou les coniques coupent une droite D ren- contrent les coniques en d'autres points, dont le lieu est une courbe de iordrv [5p. -t- 2V). M LIX a. 5/ des points oit les coniques coupent une droite, on abaisse des normales sur les coniques : le lieu des pieds de ces normales est une courbe de l ordre [5p. H- 2 v). » LX. Les normales des coniques, abaissées des points oii ces courbes coupent une drnile 1), enveloppent une Courbe de la classe (/ip-^- v), quia une tangente multiple d'ordre [p. -+- v), coïncidante avec D. M LX a. Si d'un jjoint P on abaisse des normales sur les coniques : les points, autres que leurs pieds, dans lesquels ces normales rencontrent les coniques , sont sur une courbe de l'ordre [l\p. + v), qui a un point multiple d'ordre '5p., en P. Thrnrcmci c/ant lesquels, nu lieu d'un point, nu tt une droite, on considère une roiiibe de liasse ou d'ordre (juclconque. » LXL Lorsque des diamètres des coniques { p, v) sont tangents à une courbe de la classe 11 : les diamètres conjugués enveloppent une courbe de la 1 lasse n (p. -f- v), et ont leurs extrémités sur une courbe d'ordre u (p. -|- 3 v ). n • (97 ) » LXII. Les diamètres tangents à une courbe de In classe n ont leurs extré- mités sur une courbe de l'ordre n {p. + 2 v). » LXIII. Lorsque des diamètres sont tnncjenls à une courbe de la classe n: les tangentes menées par leurs extrémités enveloppent une courbe de la classe Il ( 2 u. -h v) . « LXIV. Lorsque des diamètres sont tangents à une courbe de la classe n : les tangentes qui leur sont parallèles enveloppent une courbe de la classe 3v n. » LXV. Lorsque des diamètres sont tangents à une courbe de la classe n : les diamètres qui leur sont perpendiculaires enveloppent une courbe de la classe 2 vu, jui rt 2 n tangentes multiples d'ordre v ; ces tangentes sont imaginaires et concourent , n ù n, en deux points imaginaires situés à l'infini sur un cercle. » LXVI. Les tangentes cnix points oii les coniques coupent une courbe A,„ d'oindre m, enveloppent une courbe de la classe m(^a + v). » LXVII. Les normales aux points oii les coniques coupent une couibe K„, enveloppent une courbe de la classe m (2p. 4- v), qui a une tangente multiple d'ordre p. m, à l'infini. » LXVIII. Si par les points d'une courbe A,„ on mène les diamètres des coniques qui passent par ces points : les diamètres conjugués enveloppent une courbe de la classe m {p. + '6v). » LXIX. Les normales aux points oit les coniques coupent une courbe A„, rencontrent ces coniques en des points situés sur une courbe de l'ordre m (5 fi -f- 2 v ;. » LXX. Les diamètres qui partent des points oii les coniques coupent une courbe A,,,, ont leurs extrémités sur une courbe d ordre m (p. + 2v). » LXXT. Les diamètres qui partent des points oii les coniques coupent une courbe A,„, enveloppent une tourbe de la classe m ([x + 2v). » LXXII. Le lieu des points dans lesquels les coniques d'un système (/J., v) coupent à angle droit les tangentes d'une courbe A", de la classe n, est une courbe de l 'ordre n ( 2 ij. + v) . » LXXIII. Le lieu des points dans lesquels les coniques touchent les tangentes d'une courbe A", est une courbe d'ordre n [p. -y- v). » LXXIV. Le lieu des points pris sur les coniques, de manière que les dia- mètres qui aboutissent à ces points y coupent à angle droit des tangentes d une courbe donnée de la classe n, est une courbe de ior-dre 2n (ju. -I- v). « (98) • CHIMIE MINÉRALOGIQUE. — Réflexions à propos de deux Mémoires présentés par M. Debray, dans les séances des 27 juin et li juillet; par M. Ch. Sainte- Ci. aire Deville. « Absent de Paris depuis quelques semaines, je viens de lire avec le plus grand intérêt dans les Comptes rendus l'extrait des deux Mémoires que mon frère a présentés à l'Académie, au nom de M. Debray, dans les séances du 1';] juin et du 4 juillet dernier. Leur sujet se rapporte à un groupe de phé- nomènes naturels dont l'étude m'a occupé et m'occupe si vivement encore, qu'on me permettra déconsigner dans ces lignes les réflexions qu'ils m'eus- sent sans doute suggérées, si j'eusse assisté à leur lecture. » Le premier de ces deux Mémoires est cons.icré à l'isodiniorphisme des acides arsénieux et antimonieux. M. Debray, dans des expériences qui ne laissent rien à désirer, ni pour leur précision, ni pour l'esprit qui les a inspi- rées, est parvenu à reproduire artificiellement l'acide arsénieux prismatique, observé pour la première fois par noire illustre Associé, M. Woiiler. C'est un problème qui intéresse le minéralogiste autant que le chimiste, car, tandis que la nature présente l'acide antimonieux sous les deux formes de l'octaèdre régulier et du prisme rhomboïdal droit [Senarmontite et Valenlinile\ on ne tonnait encore l'acide arsénieux naturel que sous la forme de l'octaèdre ré- gulier. Trouvera-t-on un jour l'acide arsénieux prismatique, ou l'acide anti- monieux est-il, comme je le pense, le seul des trois oxydes analogues (d'ar- senic, d'antiroeine, de bismuth) qui soit destiné dans la nature à affecter les deux manières d'être? Je ne veux pas aborder ici cette question, qui se lie intimement aux lois de la philosophie minéralogique que j'ai cherché déjà plusieurs fois à établir devant l'Académie, comme je l'ai fait dans mes leçons au Collège de France, et sur lesquelles je me propose de revenir bientôt avec quelque détail. Je me place aujourd'hui au point de vue de l'auteur des expériences, au point de vue purement chimique, et la haute estime que ]\L Debray sait que je professe pour ses travaux m'autorisera, j'espère, à lui soumettre quelques doutes sur la légitimité absolue des conclusions qu'il tire de ses dernières expériences. » Que « la température ail sur la forme cristalline une influence consi- » dérable et le plus souvent prédominante, » cela ne peut laisser aucun doute après les travaux de M. Mitscherlich sur le soufre liquéfié par la chaleur, après ceux de M. Gustave Rose sur les conditions qui président à la reproduction artificielle de l'aragonite et du spath calcaire et, qu'il me ( 99 ) soit permis d'ajouter, après les expériences clans lesquelles j'ai fait voir qu'une même dissolution peut, par son refroidissement graduel, donner successivement le soufre prismatique et le soufre octaédrique (i). Mais je ne puis admettre avec M. Debray « qu'il existe pour les acides antimonienx » et arsénieux, comme pour le soufre et le carbonate de chaux, denx états » moléculaires particulièrement stables à deux températures différentes et » correspondant à deux formes cristallines incompatibles, » du moins si. comme les développements qui suivent semblent l'impliquer, l'auteur en- tend que ces températures sont déterminées pour chacun des états molécu- laires de chaque substance. » Pour l'acide arsénieux, l'expérience de M. Pasteur, citée par M. Debray lui-même, prouve qu'à une température inférieures loo degrés, l'acide arsé- nieux peut se former et se maintenir à l'état prismatique. Pour le soufre, la chose est plus manifeste encore. En effet, non-seulement M. Pasteur et moi avons obtenu, chacun de notre côté et par des moyens différents, le soufre prismatique à la température ordinaire dans le sulfure de carbone ; mais j'ai montré, depuis lors, que les diverses variétés de soufre, dissoutes dans l'éther, et, par conséquent, à une températiu'e fort peu élevée, donnent, par le refroidissement de la liqueur saturée, de petits prismes très-déliés mais mesurables, tandis que le soufre peut rester octaédrique jusque vers 107 degrés (2). » La température à laquelle la substance a été chauffée, soit direc- tement, soit par l'intermédiaire d'un dissolvant, peut donc jouer un rôle important dans le phénomène, mais ne suffit pas pour le déterminer; et M. Bussy l'avait déjà fait remarquer dans ses intéressantes recherches sur les deux acides arsénieux, vitreux et octaédrique. » La circonstance vraiment capitale (et c'est ce que je cherche patiemment à établir depuis mon travail sur les densités comparatives des minéraux vi- treux et cristallins), ce sont les différentes quantités de chaleur de constitution (i) Je fais cette citation avec d'autant moins de scrupule qu'il m'est agréable de recon- naître que M. Debray, en exposant pour la première fois dans les Comptes rendus l'expé- rience élégante à laquelle il fait allusion dans son Mémoire, a très-obligeamment rappelé mes travaux antérieurs et fait remarquer que cette eNpérience venait à l'appui des idées que j'avais émises à ce sujet. (2) On peut citer encore le fait, en apparence paradoxal, de l'aragonite, qui tend à se for- mer dans les dissolutions chaudes, comme les eaux thermales de Carisbad (tandis que les con- crétions des eaux communes sont à l'état de spath), et qu'une température de 280 degrés ( 'oo ) qui caractérisent les divers équilibres entre les mêmes molécules (i). En un mot, ce qu'il faut, ce me semble^ démontrer, c'est, comme je l'ai dit ailleurs, et ce qui me paraît comme le complément de la loi du dimorphisme , qu'n/ic stihstancc polymorphe , daus ses divers étals d'éqiiilihre moléculaire, peut être considérée, eu quelque sorte, comme équivalente à elle-même, plus ou moins tme certaine quantité de chaleur. » Voilà la voie dans laquelle j'oserais engager M. Debray à poursuivre ses intéressantes recherches : et rien ne serait plus convaincant que de constater, après avoir déterminé les densités compara'.ives des deux acides arsénieux, si dans la transformation de l'acide prismatique en acide octaé- drique il y a dégagement ou absorption de chaleur. n La lecture du second Mémoire de M. Debray (sur la production de quelques phosphates cristallisés) ne m'a pas offert un moindre intérêt. Au point de vue du physicien, cette transformation d'une même substance de l'état amorphe à l'état cristallin, sous l'influence d'un dissolvant soumis à des alternatives de température, est un phénomène remarquable, et je suis d'autant plus heureux de voir ce procédé d'expérimentation devenir fécond, que, dès i84^, fît le premier peut-être, je l'avais signalé en montrant que, grâce à lui, on pouvait, au moyen d'une quantité très-limitée de sulfure de carbone, transformer une quantité en quelque sorte indéfinie de soufre mou en soufre octaédrique. J'ajouterai à ce que j'en ai dit alors que, dans le cas du soufre, il y a vraisemblablement, dans la substance même en voie de modification, une source de chaleur pour le dissolvant, car on ne peut douter que le soufre mou ne cède, à chaque instant de sa transformation, un peu de chaleur latente de surjusion au liquide dans le sein duquel il subit sa métamorphose. » N'y aurait-il pas là encore une question intéressante à éclaircir? Un précipité chimique, en apparence amorphe, comme les carbonates doubles préparés par mon frère ou les phosphates de M. Debray, est-il toujours environ transforme néanmoins en carbonate spathique, en diminuant sa densité et augmea- tant sa chaleur spécifique. (i) Je veux rappeler ici l'expérience de M. Regnault sur la transformation du soufre mou en soufre octaédrique. Bien que cette expérience ne fut pas dans ma pensée quand j'ai entre- pris cette série de redierches, elle est tellement lumineuse qu'elle m'a éclaire dans une foule de cas, et que je considère comme un devoir pour moi de la mentionner chaque fois qne je reviens à un sujet sur lequel je crois avoir le premier appelé, avec tout l'intérêt qu'il mé- rite, l'attention des physiciens et des minéralogistes. ( lO. ) un agrégal de cristaux microscopiques (i), qui, en présence d'un liquide soumis à des varialions de température, se transformeraient en un moindre nombre de cristaux plus volumineux, par la simple action des surfaces re- latives, comme l'a si nettement expliqué mon frère dans sa Note du 4 juil- let? Ou existe-t-il réellement alors un autre état moléculaire, caractérisé par la densité et la chaleur spécifique, comme c'est le cas du soufre, et comme M. Debraj-, dans sa communicaliou, semble l'admettre pour les phosphates précipités? 11 Ce second Mémoire de M. Debray m'a intéressé vivement encore en me donnant la clef des phénomènes si curieux et si inattendus observés par mon frère, soit dans le travail sur les carbonates doubles que je viens de citer, soit dans son Mémoire sur la transfoi maîion des oxydes métalliques amorphes en oxydes cristallins sous l'influence de vapeurs acides. i> Enfin (et c'est par là que je terminerai cette trop longue Note), je ne puis, comme géologue, qu'approuver hautement la pensée que mon frère a émise dans la séance du 4 juillet, à savoir, que «ce système d'explications » pourrait s'appliquer, dans la nature, à faire concevoir le développement » des masses cristallisées que déposent les eaux minérales ou les émanations )> diverses servant ou ayant servi au remplissage des filons. » Je dirai plus, je puis affirmer qu'il en est ainsi, et que j'ai surpris la nature en voie de réaliser ces transformations. En effet, les phénomènes qui produisent les minéraux concrétionnés dans les manifestations volcaniques sont, comme l'a si justement remarqué jM. Élie de Beaumont, les mêmes ou du niéme ordre que ceux qui ont, à d'autres époques, enrichi les filons de substances si variées et toujours cristallines. Or, dans mes études sur la dernière érup- tion du Vésuve, j'ai eu l'occasion de décrire la succession de zones paral- lèles, de couleurs diverses, d'intensité et de températures décroissantes, qu'on observait sur la lave encore incandescente, à mesure qu'on s'éloignait de la zone d'intensité maxima, laquelle réunissait les innombrables petits fours à cristaux, que j'assimilais sur les lieux à de véritables fabriques de fer oligiste et de cuivre oxydé ou îénorite. La zone immédiatement contiguè à cette zone d'intensité maxima était, comme on peut le voii- en relisant les lettres que j'ai adressées alors a l'Académie, la zone colorée en beau rouge par l'oxyde de fer amorphe, et il n'est resté douteux, ni pour moi, ni pour (i) Je me suis assuré que le carbonate de baryte qu'on obtient en e.xposant à l'air l'eau de baryte possède la même densité que le carbonate de baryte naturel. C. R., i864, 2™= Semciire. (T. LIX, K" 5.) '4 ( 102 ) mon ami et collaborateur, M. Ferdinand Fouqué, que les vapeurs chlorhy- driqiies qui traversaient continuellement celte zone colorée ne reprodui- sissent sous nos yeux, sur les oxydes amorphes de fer et do cuivre, la réac- tion que mon frère avait si ingénieusement réalisée dans ses tubes de porcelaine. » Quanta l'action que le sulfnrede carbone, alternativement chauffé et refroidi, exerçait, dans mes expériences, sur le soufre amorphe, ou la liqueur acide sur les phosphates amorphes, dans celles de M. Debray, je ne doute pas plus que mon frère qu'on la retrouve dans la formation des dépôts cris- tallins des eaux minérales, et l'Académie me permettra d'ajouter que la question qu'il vient de poser si heureusement ne pourrait èlrc remise, pour être entièrement élucidée, en de meilleures mains que les siennes et celles de M. Debray. » PHYSIQUE. — Noie sur le passage des gaz au travers des corps solides homogènes ; par M. H. Sainte-Claire Deville. « Depuis que M. Troost et moi nous avons constaté que le fer et le platine fondus pouvaient devenir poreux à des températures élevées (i), j'ai continué avec l'un de ces métaux, le fer, transformé en tube épais par l'action du marteau et de la filière, des études que j'avais commencées il y a quelques années (2) sur des tubes en terre poreuse. » La perméabilité de la matière est d'une nature toute différente dans les corps homogènes, comme le fer et le platine, et dans des pâtes plus ou moins discontinues, resserrées par la cuisson ou la pression, coumie la terre à creuset, la plombagine, dont M. Graham s'est servi dans ses mémo- rables expériences. Dans les métaux, la i)orosité résulte de la dilatation que la chaleur fait éprouver aux espaces intermoléculaires; elle est en relation avec la forme des molécules que l'on peut toujours supposer régulières, et avec leur alignement qui détermine le clivage ou les plans de facile fracture des masses cristallisées. C'est cet intervalle intermoléculaire que le phéno- mène de la porosité des métaux purs et fondus accuse avec une évidence éclatante, et c'est aussi par ce phénomène qu'on peut espérer de calculer la distance des molécules solides aux températures élevées où les gaz peu- vent s'y introduire. (1) Voyez Comptes rendus, t. LVII, |). g(J5. (i) Voyez Comptes tendus, t. I.ll, p. G3.4- ( "o3 ) » Je poursuis en ce moment dans cette voie mes recherches, avec l'aide de mon élève et ami M. Lechartier. En attendant leurs résultats, je crois devoir montrer aux physiciens l'intérêt qu'on trouve à expérimenter sur des matières aussi parfaites que le fer et le platine. Ces corps résistent aux températures élevées; leur faible conductibilité facilite beaucoup la con- struction des appareils ; leur peiméabilité est nulle à la température ordi- naire, elle se développe graduellement au fur et à mesure qu'on les chauffe; enfin, comme ils sont parfaitement homogènes, les phénomènes qu'ils déter- minent sont dégagés des effets d'un grand nombre de causes perturbatrices que la grossièreté des matières poreuses employées jusqu'ici doit introduire dans l'expérience. » Je suis arrivé, en effet, à quelques résultats réellement inattendus, en opérant sur lui tube de fer dans les conditions décrites dans un Métnoire précédemment cité, et je demande à l'Académie la permission de les exposer brièvement. >) Un tube en fer fondu et étiré à froid (ce fer est à peine carburé), de 3 millimètres d'épaisseur environ, est soudé par ses deux extrémités à deux tubes très-fins en cuivre, au moyen desquels il communique d'un côté avec une source d'azote, d'un autre côté avec un manomètre à air com- primé. Deux robinets parfaits et jilongeant (par précaution) dans de l'eau froide sont mastiqués aux extrémités de ces tubes de cuivre : l'un permet d'introduire ou de supprimer le courant d'azote ; l'autre, qui est un robinet a tiois voies, met à volonté l'intérieur du tube de fer en communication Boit avec le manomètre, soit avec l'eau ou le mercure d'une petite cuve, pour recueillir les gaz et les analyser. » Le tube de fer est introduit dans un tube de porcelaine imperméable et dont la longueur excède à peine celle du tube de fer. .Deux bouchons de liège ferment le tube de porcelaine et laissent passer au travers d'ouver- tures convenablement disposées d'abord les deux tubes de cuivre, et en- suite deux tubes de verre qui permettent de faire arriver dans l'espace an- nulaire et cylindrique compris entre le tube de porcelaine et le tube de fer tui courant de gaz quelcon(juc. La partie moyenne de cet appareil est scellée solidement dans un fourneau alimenté par des charbons de cornue et par un ventilateur qui rend l'opérateur entièrement maître des variations de température. » Ainsi l'on peut faire arriver dans le tube de fer et dans l'espace annu- laire qui l'entoure et le sépare du tube de porcelaine deux courants gazeux isolés par une paroi métallique de plusieurs millimètres d'épaisseur. i4 . ( 10/, ) » On fait passer d'abord dans le tube de fer et dans l'espace annulaire de l'azote i)arfaitcment pur; on chauffe et on maintient la température à peu près constante. La constance est indiquée par le manomètre, qui ne doit pas varier sensiblement quauil on ferme le robinet qui amène l'azote dans le tube de fer. A ce moment (le robinet d'azote étant fermé), on intro- duit un courant d'hydrogène dans l'espace annulaire compris entre les deux tubes; les pressions de l'azote et de l'hjdrogène sont égales à la pression extérieure qu'on détermine par une observation barométrique. )) Au tur et à mesure que l'hydrogène remplace l'azote dans l'espace annulaire (ia température restant constante), on voit le mercure monter dans le manomètre et atteindre un niveau tel, que la pression intérieure dans le tube de fer a pu être plus que doublée. C'est l'hydrogène pur qui, pénétrant au travers des parois du fer, a ajouté sa pression à celle de l'azote, sans que celui-ci puisse en sortir en quantité notable, si la température n'est pas trop élevée. » Au bout de quelques heures, la pression atteint un maximum ; la hau- teur du nKMcure déterminée avec un calhétomètre permet de calculer la pression. On manœuvre alors le robinet à trois voies de manière à recueillir le gaz contenu dans l'intérieur du tube de fer, et on l'analyse par la mé- thode si précise et si élégante de M. Peligot. On a ainsi tous les éléments nécessaires pour obtenir la pression de chaque gaz dans l'intérieur du tube de fer. Pendant toute la durée des expériences, l'hydrogène provenant d'un appareil à écoulement constant (i) doit traverser l'espace annulaire. » Après cette expérience, on en peut fiire une ou plusieurs autres en rétablissant dans sa position primitive le robinet à trois voies (2) qui remet le tube de fer en communication avec le manomètre seulement. Cette seconde cliaujje (la température étant supposée invariable dans le four- neau) donne lieu à la production d'une nouvelle pression maximum, moindre cependant que la première, et que l'on détermine. On prend alors le gaz, et on l'analyse de nouveau. On procède enfin à tme troisième, qua- trième expérience (troisième, quatrième clian/J'e), de la même ma- nière et dans le même ordre. C'est en opérant ainsi que j'ai obtenu les résul- tats consignés dans le tableau suivant : (i) Voyez la description de ces appareils dans les Annales de Chimie et de Physique (3° série, t. LVII, p. 257) ou dans le Journal de la Société Chimique de Londres de mai 1864 ( t. II, p. iSa), où ils sont décrits comme nouveaux psr RI. Pliipson. (2) On ne touche pas au robinet d'azote , et par conséquent on n'introduit pas de nou- velles quantités de ce gaz. • ( io5 ) ^0I PRESSION rnEssioN PRESSION CUAUFFES extérieure Inicrieure COMPOSITION DES CAZ des expé- riences. succes- ou de lies gaz dans ctéinents ODSF.r,VATIU.\S. sives. l'hydro- gène. dans le tube de Ter. le tube de fer dans leraélanfco. mm mm mm I irc 755 .47. Hydrogène Oxyde de carbone. 5i,2 2,2 753 32 emppraturc la plus basse, cion étant ainsi enlevé au fer. )a matière en dcTînt moins liomoKcne et par conséquent perdit une panie de sa permealiUiv mn/rrn/nire pour l'hydroiîéne. en acquérant une plus grande porménhililé mc(V(n(////c pour l'azote, a la manière des pAios ar-_'ileuses ou do cra- phila cnm primé On expliqui-rail ainsi loclilf- rreënorme(i85l°") de la pres.siun intérieure. 100,0 i.'pi GS,9 2,3 28,8 835 27 35o Hydrogène Azote Hydrogène Azote ... Hydrogène. O.xyde de carbone. Azote .... 100,0 1 j 1 3 8,-.,. ■4,9 9.8 ■ .G2 100,0 1090 87,5 12,5 85; 123 980 100,0 64,8 .0,/, 25,8 1500 100,0 i83. » Pendant que j'obtenais ces résultats, j'ai fait une singulière remarque : au moment où l'on tMève beaucoup et rapidement la température, la pres- sion baisse dans le manomètre; elle reprend sa valeur primitive ou à peu près quand on laisse descendre la température. En d'autres termes, dans un appareil de ce genre, le mélange gazeux semble se contracter par la cha- leur et se dilater par le refroidissement (i). Cela tient en grande partie à la faculté qu'acquiert le métal de laisser passer l'hydrogène seul à une cer- taine température, et de laisser passer ensuite l'azote lui-même lorsque les pores se dilatent suffisammen t. (i) Ceci montre une fois de pitis c(iio le platine et le fiT, celui-ci surtout qui ne peut-être chauffé qu'en atinospliiiic réductrice, doivent être absolument interdits pour la construction de.î pyromètres à gaz destinés h la mesure des hautes tompciatuics. ( 'o? ) )i On conroil qu'on puisse, par ce moyen, estimer les dimensions relatives des molécules de l'hydrogène et de l'azote, si on connaît la loi de dilatation des espaces intermoléculaires dans le fer homogène. Mais c'est là une question nouvelle que je ne désu-c pas aborder, et sur laquelle je ne pourrais m'étendre qu'à la faveur d'hypothèses dont le moindre inconvé- nient serait d'entraver l'étude de ces faits mystérieux. » Maisjedois insister siu" lesconséquencesimmédintesdemesexpériences, telles qu'elles rcssortent de la simple inspection des tableaux précédents. » L'hydrogène passant dans l'espace annulaire à la pression atmosphé- rique lend à rentrer dans le tube de fer en traversant ses pores. i° Quand la température est peu élevée, l'hydrogène possède à l'intérieur et à l'exté- rieur du tube de fer exactement la même pression, la pression atmosijhé- rique, comme si l'azote n'existait pas à l'intérieur. La loi de la diffusion des gaz, soit dans les liquides, soit dans les gaz eux-mêmes, se trouve ainsi vérifiée. oP Quand la température est très-élevce, la pression de l'hydrogène dans le tube de fer est de beaucoup supérieure à la pression de l'hydrogène à l'extérieur (d'un peu ])lus de moitié dans la dernière ex|)érience). Ces résultats sont en contradiction comi^lèle avec tous les faits connus relatifs à la diffusion des gaz. On n'aperçoit tout d'abord que deux circonstances qui puissent servir à leur explication : » 1° Dans l'intérieur du tube, un mélange d'azote et d'hydrogène agit à la manière d'une matière homogène, appelant à lui l'hydrogène ]iur de l'ex- térieur, comme si une partie des pro|)riétés physiques de l'hydrogène était détruite par la présence de l'azote. Nous admettrions difficilement cette interprétation dans l'état actuel de la science. » 2° Dans l'intérieur, les gaz sont immobiles; à l'extérieur, l'hydrogène est en mouvement. Si c'était à cette seule différence qu'il fallût attribuer le phénomène observé, j'en pourrais tirer des conclusions importantes à l'appui de la théorie mécanique de la chaleur, des idées nouvelles sur la constitution des gaz, et de l'hypothèse de M. Graham. Mais avant de m'y résoudre, je désire examiner attentivement les conditions de l'expérience qui ont pu m'échapper et les discuter encore dans toutes leurs parties. » ANTHROPOLOGIE. — Nouveaux ossements humains découverts par M. Boucher de Perthesà Moulin-Qiiignon. Note de M. de QuATnEFACES. M. de Quatrcfages communique dans les termes suivants les renseigne- ments qu'il a reçus à diverses reprises de M. Boucher de Perihes : « Bien avant de s'être occupé des silex taillés, le savant archéologue- ( -08) (i'Abbeville avait rencontré dans les terrains de transport dont il s'agit des ossements qu'il était tenté de rapporter à l'espèce humaine. Mais les com- munications qu'il avait faites à ce sujet à divers anatotnistes n'ayant été accueillies que par une incrédulité motivée par l'élat fragmentaire et la mauvaise conservation des objets, M. Boucher de Pcrlhes renonça à cet ordre de recherches. » Il a cru devoir y revenir après la découverte de la mâchoire qui a été l'objet de controverses si vives et qui durent encore. Il a pensé que ce débris humain ne pouvait pas être seul dans ce gisement si riche en objets d'une industrie primitive, et s'est remis à l'œuvre avec une ardeur qui mé- ritait d'être récompensée et qui l'a été. » Dans ces nouvelles investigations, M. Boucher de Perthes a employé fort peu les ouvriers. Il s'est borné dans la plupart des cas à descendre dans la tranchée et à broyer, à éinietter de ses propres mains les grosses mottes de gravier ou de sable que détachait le pic des manœuvres. C'est ainsi qu'il s'est procuré un grand nombre d'objets et quelques-uns des plus im- portants. On comprend la valeur que présente cette manière d'agir comme garantie de l'authenticité des découvertes. » Prévenu des premiers résultats de ces recherches, je ne pus qu'engager M. Boucher de Perthes à les poursuivre, tout en s'entourant des soins néces- saires pour se mettre lui-même à l'abri de toute fraude et pour placer hoi-s de doute les conditions de gisement des objets. Retenu par des occupations impérieuses, je ne pus, à mon grand regret, aller prendre part à ces fouilles. A peine me fut-il possible, vers la fin de mai, de passer une heure à Abbeville entre deux départs de chemin de fer; mais ce que je vis ainsi en passant me parut d'une importance très-grande. Pourtant je crus devoir engager M. Boucher de Perthes à ajourner encore toute publication. Il me semblait indispensable d'user cette fois de toutes les précautions imagi- nables pour prévenir les objections que quelques hommes éminents d'An- gleterre adressent encore à la mâclioire de Moulin-Qu'njnon. » Les découvertes s'étant niullipliées, M. Boucher de Perthes me fit, le 8 juin 1864, l'envoi d'une caisse contenant diverses pièces osseuses appar- tenant à des squelettes humains de différents âges. Je citerai : 16-17 dents de première et de seconde dentition ; divers fragments de crâne, entre autres une portion d'occipital ayant appartenu à im adulte, et la portion écail- leuse d'un temporal, celle-ci d'un jeune sujet; des portions d'os des membres, dont quelques-unes avec leur extrémité articulaire; des portions de vertèbres et de sacrum Ces objets étaient accompagnés d'un Mé- ( '"9 ) moire détaillé rapportant les circonstances dans lesquelles avaient eu lien les découvertes. » J'examinai ces os avec M. Lartet. Nous constatâmes que la plupart d'entre eux présentaient très-nettement une des parlicularités sur les- quelles on avait le plus insisté pour nier l'authenticité de la mâchoire de Moulin- Quignon. D'accord avec M. Lartet, je crus donc devoir encore en- gager M. Boucher de Perthes à faire de nouvelles fouilles, mais, cette fois, en présence de témoins dont le témoignage ne put laisser place au doute. Le modeste et persévérant auteur de ces belles découvertes voidut bien m'autoriser à ajoniner encore toute communication. » M. Bouclier de Perthes recommença donc ses recherches, assisté à di- verses reprises de plusieurs membres de la Société d'Emulation, entre autres de M. le D' Dubois. Ces recherches lurent aussi tructueuses que celles qu'il avait accomplies seul. En outre, des procès-verbaux furent rédigés, et c'est l'un d'eux que je demande à l'Académie de voulou- bien insérer à la suite de cette couununication. » Parmi les objets les plus importants trouvés dans ces dernières fouilles, je signalerai une mâchoire inférieure presque entière et un crâne (sic). » M. Buteux, dont le nf)m est bien connu de tous les géologues, averti des résultats remarquables obtenus par M. Boucher de Perthes, s'est rendu à Abbeville ; il s'y est réuni à MM. de Mercey ; le baron de Varicourt, chambellan de S. M. le roi de Bavière; Girot, professeur de géologie au collège d'Abbeville ; de Villepoix; le D'' Dubois et quelques autres per- sonnes. Ces messieurs ont fait de nouvelles recherches et ont encore trouvé des ossements humains. M. Buteux m'a donné, au sujet de cette dernière fouille, des détails" dont l'Académie voudra bien, j'espère, insérer un extrait dans ses Comptes rendus. )) Voilà plus d'un an que M. Boucher de Perthes poursuit en silence les recherches dontje vieiis d'indiquer les résultats. Le nombre d'os qu'il a recueillis s'élève à près de deux cents, m'écrit-il, en y comprenant des osse- ments d'animaux qu'il faudra déterminer. » Toutes ces trouvailles ont été faites à bâtons rompus, pour ainsi dire, M. de Perthes se rendant à l'improviste sur les lieux pour chercher, soit seul, soit avec des amis. Cette manière de procéder rendait évidemment toute fraude bien difficile, puisque le faussaire eîit dij pendant phis d'une année s'astreindre à aller cacher chaque jour les fragments osseux destinés à être trouvés par ceux qu'il s'agissait de tromper. Il n'est guère croyable, G. R., 1864, 2""' Semestre. (T. LIX, N» 3.) ' 5 ni qu'un homme eût accepté une pareille sujétion pour atteindre un si triste but, ni que ses démarches eussent pu rester si longtemps inaperçues. » L'examen des os ne permet guère non plus de conserver des doutes sur leur authenticité. La gangue qui les encroûte encore est exactement celle (les couches dans lesquelles on les a trouvés, circonstance dont il faut tenir compte comme ajoutant une difficulté sérieuse à des fraudes journa- lières. » Il est vrai que presque tous ces os présentent au-dessous de cette gangue des traces plus ou moins marquées de ce sable gris très-fin dont la présence fut signalée par nos confrères d'Angleterre comme une objec- tion des plus graves à l'authenticité de la mâchoire de Moulin-Quignon. Un examen plus complet les fit revenir sur ce point comme sur d'autres; mais, lors même que cette circonstance aurait eu la valeur qu'on lui attribua un moment lorsqu'il s'agissait d'un os isolé et unique, sa fréquence sur des échantillons nombreux deviendrait bien facile à expliquer. En effet, les os hiunains de Moulin-Quignon proviennent évidemment d'un premier lieu de dépôt. Ils ne sont pas les restes de victimes surprises et enfouies sur place ; ils sont beaucoup trop isolés pour cela. Un grand nombre portent des traces d'usure indiquant qu'ils ont été roulés avant de s'arrêter là où lésa découverts M. Boucher de Perthes. Il n'y a donc rien de surprenant à trouver dans leurs anfractuosités, dans les mailles de leur tissu aréolaire, des restes, soit du sol où ils avaient été primitivement ensevelis, soit d'un limon plus fin et d'une autre nature que celui des bancs où on les rencontre. Rappelons à ce sujet qu'une couche de sable gris exactement semblable à celui dont il s'agit ici a été reconnue, comme existant, au moins par places, parmi celles qu'on voit à Moulin-Quignon, et cela par la Commission mixte qui a ex- ploré la localité lors du procès de la mâchoire (Carpenter). » De toutes ces raisons, des précautions dont s'est entouré M. Boucher (le Perthes, des témoignages apportés par des hommes dont plusieurs ont été longtemps fort peu enclins à admettre la réalité de ses découvertes, je crois pouvoir conclure que les nouveaux ossements découverts à Moulin- Quignon sont aussi authentiques que la première mâchoire; et que, comme elle, ils sont contemporains des bancs d'où M. de Perthes et ses hono- rables associés les ont extraits. » L'Académie voudra bien lemarquer le point où je m'arrête. Aujoiu- d'hui, comme l'année dernière, je laisse aux géologues le soin de déter- miner l'âge des terrains de transport de Moulin-Quignon et par conséquent l'ancienneté de la race humaine dont ils nous ont conservé les restes. ( •!' ) » En tout cas, l'existence de cette race humaine, antérieure aux temps historiques et bien distincte des races ceUiqnes, ne peut pkis être contestée. L'étude de ses caractères aura pour l'ethnologie européenneen générai, pour l'ethnologie française en particuUer, une importance sur laquelle il est inutile d'insister. Déjà l'examen de la mâchoire de Moulin-Quignon m'avait conduit, au moins sur quelques points, à des conclusions assez précises : tout ce que j'ai vu jusqu'à présent des ossements récemment découverts tend à les confirmer. » Je demande maintenant à l'Académie la permission de lui communi- quer le Rapport fait à la Société d'Emulation d'Abbeville par M. l'abbé Dergny, et la seconde Lettre qu'a bien voulu m'adresser M. Buteux. » ( Foir ces deux pièces aux Mémoires présentés, p. i 19 et \ 21 .) i< M. Eue de Beaumont profite de l'occasion que lui présente l'intéres- sante communication de M. de Quatrefages, pour réitérer l'expression de son désir de voir analyser avec précision les ossements trouvés dans la carrière de Moulin-Quignon. » ASTRONOMIE. — Nouveaux éléments de la comète découverte le 5 juillet jiai M. Tempel. Lettre de M. B. Valz à M. Élie de Beaumont. H Bon-Secours, le i6 juillet i86/|. » Je vous prie de présenter à l'Académie les éléments suivants que je viens d'obtenir pour la comète découverte par M. Tempel le 5 courant, et par M. Respighi le jour suivant. Le mouvement de cet astre étant fort lent, et l'intervalle peu considérable, ils ne sont que provisoires pour trouver plus facilement cette comète, encore très-faible, parmi les étoiles. Passage au périhélie le 7,o5 septembre, temps moyen de Marseille. Distance au périhélie o ,823 Longitude au périhélie 289°, 87 Ascension droite 66°, 56 Inclinaison i°)45 Mouvement rétrograde. » GÉOLOGIE. — Couches de terrain traversées dans un forage artésien pratique jjre^ de la ville de Cienjw'cjos [tle de Cuba.) Lettre de M. Bamon de la Sacra à M. Flourens. a Les explorations géologiques des couches souterraines du sol de 1 iie i5.. de Cuba ayant été jusqu'à ce jour trop rares, il me semble utile de con- server toutes celles qui pourront fournir des éléments pour des études ulté- rieures. C'est seulement sous ce point de vue qu'on peut attacher quelque importance à l'envoi que je fais aujourd'liui d'un petit nombre d'échantil- lons pris àdiversesprofoudeurs d'un puits artésien qu'on perçait, lois de mon dernier voyage en iSSg-ôo, dans la ville de Cienfuegos, située sur la côte sud de lîle. J'accom|)agno cet envoi d'un dessin représentant la coupe géologique des couches traversées par le puits. Je dois ce dessin à la com- plaisance (le l'ingénieur belge M. Samuel Navez, directeur de ces travaux, qui ujalheureuseinent ont été interrompus par suite d'un découragement peut-être prématuré. Les distances sont indiquées en aunes et pieds anglais; mais la réduction est facile, au moyen de l'échelle décimale ou métrique que j'ai tracée à côté du dessin. » En se rappelant quelques-unes des données recueillies déjà sur la con- stitution géologique de Cuba , on peut reconnaître que la seriienline, dont les filons se montrent en crêtes superficielles à Guanabacoa, près de la Havane, pour reparaître à 5o lieues dans l'intérieur de Pile, pénètre à une profondeur de 4' mètres à Cienfuegos; que le gypse crislallisé, su- perficiel à Trinidad et assez rare à la surface de l'île, se trouve à 43 métrés dans la même contrée. La sonde a retiré aussi des ossements non pétrifiés, de la |)rofondeiH' de 47 mètres. » MM. Valenciennes et Daubrée sont invités à prendre connaissance des échantillons de roches et de restes organiques fossiles dont se compose l'envoi de M. Ramon de la Sagra. M. LE Secrétaike perpétuel présente, au nom de M. Pouchcl, un exem- plaire de l'ouvrage que vient de publier le savant Correspondant de l'Aca- démie sous le titre de : « Nouvelles expériences sur la génération spontanée et la résistance vitale » ; — Et au nom de M. Sédillot, un opuscule intitulé : « De la régénération des os, communication faite à la Société de Médecine de Strasbourg ». ( ir3 ) MÉMOIRES LLS. CHIRURGIE. — A^oi9 ) produites par l'inflammation du nerf, et sans tenir compte du retour des mouvements, se sont montrés peu disposés à reconnaître ce qui leur aurait paru tenir du miracle; mais dans les sciences d'observation, les faits ne semblent miraculeux que lorsqu'ils se présentent pour la première fois, et la seule réponse à faire, je crois, c'est la présentation du malade devant la Commission nommée par l'Académie. D'autres, après avoir bien observé le blessé, n'ont pas contesté le retour de la sensibilité et du mouvement après la suture, mais ils en voudraient, sans l'avoir trouvée cependant, une autre explication. Ils ne font pas attention que le rétablissement si l'apide des fonctions du nerf prouve, d'une manière péremptoire, l'intervention efficace de l'opération ; que l'altération même de la sensibilité par la névrite est encore luie démonstration du rôle joué par la suture, et que pour admettre ici une autre origine du l'etour du sentiment et du mouvement, il faudrait renoncera ce qu'on sait de positif sur l'usage et la destination pour ainsi dire individuelle de chaque nerf. Je ne fais allusion à ces doutes sur l'authenticité ou la véritable explication de mon observation, que parce qu'ils se sont fait jour dans des actes publics ou dans la presse. Au resté, c'est à l'Académie c[u'U app;irtient d'apprécier et de jiîger. » MÉMOIRES PRÉSENTÉS. « M. MiLXE Edwards rend brièvement compte de recherches faites récem- ment par M. le professeur Steenslntp (de Copenhague) sur la manière dont s'effectue la déformation de la tète chez les Poissons pleuronectes. Il a constaté que l'existence des deux yeux du même côté de la face ne dépend pas seulement d'un mouvement de torsion qu'aurait subi cette partie de l'organisme, mais du déplacement de l'un des veux qui perce la voûte de l'orbite pour aller se loger dans une cavité nouvelle pratiquée dans la portion interne de l'os frontal correspondant ou entre les deux frontaux. » I.e Mémoire de M. Steenstrup est renvoyé à une Commission com- posée de MM. Milne Edwards, Valenciennes et Blanchard. » Copie du Rapport fait à la Société impériale d' Ahbeville, sur la Jouille jaile le 17 juin à Moulin-Quignon, par M. Boucher Je Perthes ; rapporteur M. l'abbé Dergny, communiquée par M. de Quatrefages. « Le 17 de ce mois, M. Boucher de Perthes se rendant à Moulin-Qui- 16.. ( 120 ) gnon, pour y continuer les fouilles dont il a souvent entretenu la Société, m'invita à l'y accompagner. M. Hersent-Duval, propriétaire de la carrière, venait de lui faire dire que ses ouvriers avaient à l'instant même découvert plusieurs os, dont une partie restait encore en place, et qu'il l'attendait pour en faire ensemble l'extraction. Je m'empressai de déférer à la demande de M. Boucher de Perthes. M. l'abbé Martin, curé de Saint-Gilles, qui survint, témoigna le désir de se joindre à nous, offre qui nous fut fort agréable ; ancien professeur de rhétorique et de géologie, très au f;iit de cette question, son savoir ici ne nous était pas inutile. Le jeune Racine, élève peintre, nous suivit, offrant ses crayons si besoin était. « Nous fûmes bientôt à Moulin-Quignon. M. Hersent-Duval, appelé pour affaire, venait d'en parla-, et, selon son ordre exprès, on n'avait rien dérangé. M. le curé, M. de Perthes, le jeune Racine et moi descend unes dans l'excavation, où ne se trouvait aucun ouvrier. Elle était à droite de la car- rière et profonde de 4 à 5 mètres. u Nous vîmes d'abord les os que la pioche avait détachés avant notre arrivée: l'un paraissait être un fragment de mâchoire; mais, couverts d'une couche épaisse de sable et de gravier, il était difficile de les déterminer. Nous remîmes ce travail à un autre instant. !) Il s'agissait maintenant d'extraire les parties restées dans le banc. Entourées d'une gangue caillouteuse, on n'en distinguait que deux points peu éloignés l'un de l'autre; M. le curé y porta la main et sentit qu'ils tenaient à leur base et que probablement ils ne formaient qu'un seul os. Un des terrassiers venu sur la berge prétendit que c'étaient deux bouts de côtes et proposa de les faire tomber d un coup de pioche; M. de Perthes s'y op()Osa. Alors j'y mis la main à mon tour sans les ébranler et je pensai également que ce qui semblait deux morceaux n'en formait qu'un. M. de Perthes s'assura aussi de sa solidité dans son gisement, mais avant de l'ex- traire il voulut mesurer sa distance de la superficie. Elle était de 3 mètres, et nous reconnûmes que dans toute cette coupe le terrain était naturel, sans trace d éboulement ni de fissure. » Après cet examen exécuté par M. Martin et par moi, nous priâmes M. de Perthes de faire l'extraction, mais il voulut que, comme son collègue et représentant la Société, j y coopérasse avec lui. Nous le tirâmes donc en- semble de cette jjlace, où il était sans doute depuis bien longtemps, si l'on juge à l'épaisseur des couches sous lesquelles il se trouvait et à la pression qui l'y fixait. ( 121 ) » Quand il fut dehors et débarrassé d'une partie du gravier qui s'y était attaché, M. l'abbé Martin reconnut le premier que c'était un crâne humain, et que ce que les ouvriers prenaient pour des bouts de côtes étaient les extrémités de l'arcade sourcilière. La quantité de gravier, de sable et de petits cailloux dont une partie y tenait encore, expliquait la pesanteur qui nous avait frappés. On voyait à l'ancienneté, à la couleur des brisures rou- lées, arrondies sur les bords, que ce crâne avait été précipité là par les eaux et qu'il devait y être depuis la formation du banc. M Encouragés par ce succès, nous continuâmes notre fouille et nous ren- contrâmes bientôt un autre os, mais trop détérioré pour être reconnais- sable. Nous avions l'espoir d'en trouver d'autres, quand^ avertis qu'un éboulement menaçait, nous quittâmes la place. » ANTHUOPOLOGIE. — Ossements humains ci' Abbeville. Extrait d'une Lettre de M. BuTEcx communiquée par M. de Quatrefages. « Abbeville, 17 juillet iS''4 » Les ouvriers ayant besoin d'unir le terrain où l'extraction des silex avait eu lieu, afin d'en déposer d'autres pour les nettoyer, puis pour débar- rasser les silex éboulés et l'argile terreuse dans laquelle ils se trouvent, c'était une bonne occasion pour faire des fouilles. Nous avons employé deux hommes à ce travail, et, nous tenant constamment à côté d'eux, nous avons fait bien nettoyer le terrain ; nous l'avons bien examiné et constaté son état vierge dans toutes ses parties. La fouille a commencé à 2 heures et quelques minutes et a été terminée à 4 heures et demie. Nous avons examiné avec attention ce que chaque coup de pioche détachait et nous avons recueilli un fragment de crâne, une clavicule et un os du métatarse. Le crâne a été vu en place et a pu être détaché par l'un de nous : aucun silex travaillé n'a été trouvé. Les o.ssements étaient à 3 mètres envi- ron de profondeur, à peu de distance les uns des autres, à 2 ou 3 mètres seulement, et de 3o à 5o centimètres de profondeur horizontale de l'endroit où l'on a donné le premier coup de pioche. Le procès-verbal contiendra les dislances exactes où chaque os a été rencontré. » La Commission de la Société d'Emulation, dont la plupart des membres n'étaient pas complètement assurés de la réalité de la découverte de la mâ- choire dans le terrain vierge, avant la fouille du g de ce mois, ont vu eux- mêmes ce jour et lors de la fouille d'hier les ossements tomber de la terre vierge ou les en ont détachés. ( 122 ) » Ces découvertes dans le terrain du Moulin-Quignon ne sauraient être raisonnablement contestées; mais il reste la question sur l'âge du terrain. » Cette pièce et la précédente sont renvoyées à l'examen de la Commission précédemment nonunée, Commission qui se compose de MM. Flourens, de Quatrefages, Cli. Sainte-Claire Deville et Daubrée. ANTHROPOLOGIE. — Sur une Caverne sépulcrale observée à Sorgue [Aveyron). Extrait d'une Note de M. P. Cazalis de Foxdouce, présentée par M. de Quatrefnges. (Renvoi à la même Comnu'ssiou.) << Cette caverne est située dans le flanc nord du Guilhaumart, presque à son point de jonction avec le Larzac, à environ 5o mètres au-dessus de la belle source de la Sorgue, dans la propriété du sieur Caumels. Elle s'ouvre au nord par une ouverture dans laquelle un liomme peut tout juste passer, mais elle s'élargit peu à peu à mesure que Ton pénètre plus avant. A partir de l'entrée même, on descend dans la direction nord-sud, suivant une pente de 45 degrés environ, jusqu'à une profondeur de aS à 3o mètres. Parvenu en ce point extrême on trouve une petite salle, dont le sol presque horizontal est formé par une couche de stalagmites, au-dessous de laquelle sont les ossements humains, mélangés à des débris de charbon, à des frag- ments de poteries noires à grains quarizeux et spathiques, etc., etc. Ces ossements, qui happent à la langue et ont la même apparence que ceux que j'ai déjà pu observer dans d'autres cavernes du même genre, ont été évidem- ment remaniés par les eaux d'orage, qui s'introduisaient par l'ouverture de la caverne; mais ce remaniement a été très-léger, car, s'ils sont eu gé- néral confusément mélangés, ou en trouve pourtant, et en assez grand nombre, ayant conservé entre eux leurs positions relatives. Us sont dans la partie supérieure d'une couche de limon graveleux, assez grossier, mais complètement dépourvu de gros blocs, et sont recouverts, comme je l'ai déjà dit, par une stalagmite d'environ 7 centimètres d'épaisseiu-, dans la- quelle certains ont même été empâtés, au point de trahir au dehors leur présence par le relief qu'ils donnent au glacis. )) J'en étais là de mes observations, j'avais mên)e commencé déjà quel- ques fouilles, qui m'avaient livré six morceaux de poteries, deux maxil- laires inférieurs dont un d'enfant, la moitié su|)érieure d'un fémur, la partie inférieure d'un humérus, un fémur et un radius d'enfant, des phalanges. ( 123 ). des métarcapiens, etc., lorsque le garde d'un propriétaire voisin, M. le comte de Yillefort, vint m'intimer l'ordre d'interrompre mes fouilles et la défense de rien emporter. Je dus cesser avec le plus grand regret, car cette sépulture était à mes yeux une répétition encore vierge de celle de Saint-Jean d'Alcas. Dans ces circonstances, et bien cju'il me reste l'espoir de pouvoir m'arranger avec le véritable propriétaiie pour reprendre prochainement ces fouilles, j'ai cru devoir faire connaître à l'Académie le résultat de mes observations, comme une preuve nouvelle de l'extension des populations de cet âge dans la région du Larzac. » Les ossements que j'ai cités ci-dessus et quelques autres ne me per- mettent pas de déterminer la race à laquelle ils pouvaient appartenir; je puis dire seulement que les mâchoires ne présentent aucune tendance au prognathisme, et qu'elles sont au contraire parfaitement semblables à celles de nos contemporains, si ce n'est que celle de l'individu adulte a les inci- sives usées à la manière de celles de tous les hommes de l'âge de la (lierre. » Voilà donc deux cavernes funéraires observées par moi dans l'arron- dissement de Sainf-Affrique, et situées à trois heures environ de distance l'une de l'autre. En voyant ces lieux consacrés aux morts, je me suis de- mandé où étaient les habitations des vivants, et c'est à ces recherches que je vais me livrer, guidé par les observations suivantes. » Toutes les cavernes n'ont pas été habitées : pour qu'elles l'aient été, il faut qu'elles remplissent une condition tout à fait nécessaire, c'est de se trouver à proximitéde l'eau, comme celles de Bize, duPontil, de la Roque, etc. Or, la caverne funéraire de Saint-Jean d'Alcas se trouve entre la source du Verzolet et celle qui, située sur le chemin de Massergues à Saint-Jean, fournit aujourd'hui l'eau à la consommation des habitants de ce dernier village, et celle du travers de Sonjtie est à 5o mètres au-dessus de la magni- fique source de la Sorgue, dont l'eau est excellente. C'est donc dans la proximité même de ces sépultures que j ai l'espoir de trouver ces habita- tions en cherchant les cavités dont l'entrée, libre autrefois, <-st peut-être au- jourd'hui cachée. » Une seconde observation m'encourage dans ces recherches, c'est que les lieux de sépulture étaient en général des cavernes aussi voisines que possible des habitations. Ainsi en est-il à la Roque, où mon ami M. Boutin m'a fait visiter dernièrement une grotte appelée V Aven-Laurier, qui est une caverne funéraire, et est tout à fait voisine de l'habilation qu'il a déjà signa- lée; c'est à lui qu'il appartiendra de la décrire. Il en est encore de même à ( «24 ) Bize, où la première caverne, la plus connue, était une habitation, tandis que la seconde, située à loo mètres environ de celle-ci, était une sépulture, comme j'espère pouvoir le démontrer prochainement. J'ai déjà visité deux fois cette localité, mais quelques renseignements me manquent encore pour en parler plus longuement ici, et j'espère pouvoir me les procurer dans une prochaine visite- » CHIMIE APPLIQUÉE. — Sur l'altctotioiides doublaijes en laiton soumis à Virifluence de la mer. Extrait d'une Noie de M. A. Bobif.rre. A l'occasion de la communication de M. Becquerel sur la conservation du fer et du cuivre à la mer, M. Bobierre rappelle les résultais auxquels il était lui-même arrivé et qui sont exposés dans un travail adressé par lui à l'Académie en i858 (i). « Il résulte, dit-il, de mes observations, que les alliages cuivre et zinc peuvent, tantôt se dissotulre uniformément, en conservant leur couleur, leur malléabilité et leur densité initiale, et tantôt au contraire, connue l'a remar- qué M. Becquerel, abandonner leur zinc, perdre de leur densité et se trans- former en une véritable éponge de cuivre très-apte à passer à l'état d'oxy- chlorure. Je possède des échantillons nombreux et remarquables de ces deux catégories de laitons. Tous les laitons à doublage susceptibles de pas- sera l'état d'épongé et de devenir extrêmement friables ont été obtenus avec un alliage à 4o pour loo de zinc, lequel est laminable à chaud, et j'ai dé- montré que cet alliage, connu en Angleterre sons le nomd' alliage de Muntz, ne s'use d'une manière égale que dans des circonstances exceptionnelles. » Si on observe comparativement l'action de la mer sur les laitons à 3o ou 34 pour 100 de zinc qu'on lamine à froid, on voit l'usure se manifester graduellement; souvent le doidjlage arrive à l'épaisseur d'une forte feuille de papier sans que le rapport des métaux constituants change et sans que la densité soit modifiée. o Dans un cas le laiton a subi vingt-deux recuites, autant de refroidis- setnents et soixante-six passes an laminoir. La durée du travail a été d'un mois, et l'alliage est non-seulement dur, mais très-homogène. Dans le second cas, celui du laminage à chaud, les plaques de laiton subissent cuiq (i) Des phénomènes électro-chimiques qui cnractcrisent l'altération à la mer des alliages employés pour doubler les navires (Thèse pour le Doctorat). Foir aussi le Compte rendu de la séance du 23 août i858, t. XLVII, p. 357. ( «^5) chauffes énergiques et quinze passes sous le laminoir. La diuée cUi travail n'est que de vingt-quatre heures. La matière sous de telles influences a perdu heaucoup de son homogénéité. )i En ce qui concerne les densités, j'ai trouvé qu'en faisant laminer a chaud et à froid un laiton à 44 pour loo de zinc on obtenait : Laminage à chaud. Laminage à froid. D = 8,349i D = 8,36'23 )) Un laiton à 4o pour loo de zinc a fourni dans les mêmes circonstances comparatives : Lnminage à chaud. Laminage à froid. = 8,2200 D — 8,263o « La déperdition du zinc est notablement augmentée par le laminage à chaud, comme le démontrent mes expériences. Alliage à ^^ pour loo (au moment de la fonle). i^près le laminage h cliaud. à froid. 40,54 40,97 Alliage à ^o pour loo (au moment de la fonte). Après le laminage à chaud, à froid. 35,27 36, 19 » L'influence des chauffes au rouge cerise est donc nianifeste. » A composition idenlicjue [i]^ les laitons laininés à chaud sont électropo- sitifs relativement aux laitons iaminés à froid. » J'ai immergé dans l'acide chlorhydrique à 5 degrés pendant huit jours des lames de 10 grammes formées par ces laitons, et j'ai obtenu : Perte. Laiton laminé à iliaiid 0,0620 » à froid o,o4oo B à cliaud o ,0620 » à froid o , o425 » à chaud o,o4o4 » à froid 0,0218 (i) Le laminage à froid de laitons à ^o pour 100 ne se pratique pas ordinairement. Il est exclusivement affecté aux alliages à 33 ou 35 pour 100 de zinc. C. R., iS»;^, 2™' Semestre (T. LIX, N» 3.) ' 7 ( 126) » On peut du reste, en choisissant convenablement les dissolvants, repro- duire les phénomènes que nous offre l'eau de mer. Sur les laitons laminés à chaud, ce liquide enlève le zinc avec une grande facilité, et détermine à la surface du doublage une coloration de cuivre rouge, indice de la formation de l'éponge métallique. J'ai un échantillon de laiton qui, ainsi transformé, ne possède plus qu'une densité de 6,33o, et est devenu cassant comme du carton. Il provenait du navire le Granville, dont la navigation n'avait duré que deux ans. » On peut donc obtenir à volonté des protecteurs cuivre et zinc dans des conditions d'homogénéité et de dureté telles, que leur transformation en éponge de cuivre et par suite en oxychlorvu-e ne soit pas la conséquence nécessaire de leur composition chimique. » Cette Note est renvoyée à l'examen de MM. A. et Edra. Becquerel. MftI. BoiviN et LoisEAU adressent un Mémoire sur les sucrâtes de plomb. (Renvoi à l'examen des Commissaires nommés pour une précédente commu- nication des mêmes auteurs sur les sucrâtes de chaux : MM. Pelouze, Payen, Fremy.) M.Debrie soumet au jugement de l'Académie une Note sur un procédé qu'il croit nouveau pour la fabrication du carbonate de soude. (Commissaires, MM. Payen, Balard.) M. d'Olincodrt envoie de Bruxelles une Note sur .une méthode de culture qu'il désigne sous le nom de culture horizontale. (Commissaires, MM. Payen, Decaisne.) COllRESPOiVDAÎVCE. M. LE Secrétaire perpétuel présente, au nom de M. Mantecjazza, un opuscule concernant des recherches sur la congestion sanguine et en donne une idée en lisant les passages suivants de la Lettre d'envoi : « La langue de la grenouille congestionnée artificiellement par des irri- tations mécaniques et chimiques peut augmenter du sixième de son poids, comme j'ai trouvé d'après plusieurs expériences très- soignées. En faisant des expériences sur les oreilles des lapins avec des instruments très-délicats, on peut constater que le degré de la température n'est pas en rapport avec la ( '^7 ) force de l'irritation, mais avec la quantité de sang qui entre dans l'organe congestionné, et que plus la température de l'oreille est élevée, moins grande est l'augmentation de chaleur par l'effet de la congestion. » M. Bernard est invité à prendre connaissance de ce Mémoire, qui est écrit en italien, et à en faire l'objet d'un Rapport verbal. 3Ï. LE Secrétaire perpétuel présente également une brochure italienne sur le frottement du verre par les métaux et son application à l'électricité statique ». Ce travail, qui est de M. Mocenigo, de Yicence, est renvoyé à M. Edm. Becquerel pour un Rapport verbal. M. LE Secrétaire perpétuel signale enfin parmi les pièces imprimées de la Correspondance : un Mémoire de M. Gallelti « sur la détermination volumétrique du zinc contenu dans ses minerais au moyen d'une solution normale de ferrocyanure de potassium » ; Un travail de M. Martin, doyen de la Faculté des Sciences de Rennes, sur « les signes numéraux, et l'arithmétique chez les peuples de l'antiquité et du moyen âge « ; Et un Mémoire de M. Sandras intitulé : « Du rôle des phosphates dans l'organisme et en particulier du phosphate de fer. » M. LE Président de l'Académie présente au nom de 1 auteur, M. P. Flamm, un exemplaire du « Guide pratique du constructeur d'appareils écono- miques de chauffage pour les combustibles solides et gazeux. » La Société Royale de Londres remercie l'Académie pour l'envoi d'un nouveau volume des Mémoires et de |)lusieurs volumes des Comptes rendus. PATHOLOGIE. — Découverte des spores de /'Achorion dans l'air qui entoure les malades atteints de favus. Extrait d'une Note de M. J. Lemaire. « M. Bazin, médecin de l'hôpital Saint-Louis, a prouvé dans ces der- nières années que V Achorion Schœnleinii est la cause Aufnvm et qu'il suffit de détruire ce champignon pour guérir rapidement la maladie. M. Bazin admet pour le favus, comme pour les autres teignes, quatre modes de transmission, savoir : le contact immédiat et médiat, l'inoculation et la propagation par l'air. Les trois premiers modes de transmission ont été 17.. ( >28 ) démon très par la clinique et par des expériences; mais le quatrième mode n'était pas démontré, ce n'était qu'une hypothèse » Connaissant les expériences qui m'ont permis de constater l'existence de spores dans les gaz qui se dégagent des matières en putréfaction, M. Bazin demanda si je ne pourrais pas, à l'aide des mêmes moyens, dé- montrer dans l'air la présence de spores de Y Arliorion. Je répondis affir- mativement et je 6s mes recherches de la manière suivante : » Un malade âgé de seize ans, atteint éefavus depuis sept ans, avait tout le cuir chevelu envahi par le mal. Il n'avait suivi aucun traitement. Je plaçai ce malade à l'extrémité du casier d'un bureau, de manière que sa tète dépassât la planche qui termine supérieurement ce casier. Je plaçai à 5o centimètres de la tête deux vases allongés remplis de glace et reposant sur une petite cuvette. Alors un courant d'air fut établi de manière à transporter la poussière favique vers les vases. Je fis agiter les cheveux et les croûtes en les faisant gratter par le malade, et Tair emporta à une assez grande distance des parcelles de matière favique, visibles à l'œil nu, dans lesquelles le microscope me permit de constater l'existence ùeV Achorion. Ce premier résultat avait déjà son intérêt, mais celui que j'attendais des vases remplis de glace devait en avoir un autre plus important, et mon attente ne fut pas trompée. En effet, le courant d'air qui passait sur la tête du malade venait frapper ces réfrigérants, y déposait l'eau qu'il tenait eu suspension, et cette eau découlant le long des parois se réunissait dans la cuvette. C'est dans ce liquide que j'ai trouvé un grand nombre de spores isolées. Il est difficile de préciser la distance à laquelle ces spores peuvent être transportées, mais on ne saurait douter qu'elles ne pussent l'être fort loin. » L'expérience a été répétée une fois devant M. le D'' Deffis, et une autre fois en présence de I\T. Eazin, de son interne et d'une douzaine d'élèves. Tous ont constaté dans une seule goutte de liquide l'existence d'une tren- taine de spores isolées. Une autre expérience, faite dans des conditions beau- coup moins favorables, a été aussi couronnée de succès. Ainsi, nul doute, les spores de ri4c/jorio« sont charriées par l'air atmosphérique. L'hypothèse de M. Bazin est aujoiud'hui un fait démontré. ji Je prie l'Académie de vouloir bien remarquer quec'est la première fois que l'on démontre dans l'air la présence d'êtres vivants capables de repro- duire la maladie contagieuse qui leur a donné naissance. » ( '29 ) GÉOLOGIE. — Note sur la constilulion géologique des lerraius traversés pur le cliemin de fer de Bennes à Brest, entre Bennes et Guingamp. Extrait d'une Note de M. Massieu, présentée par M. Danbrée, (Commissaires, MM. Cli. Sainte-Claire Deville, Daubrée.) « La coupe géologique de Rennes à Guingamp, que j'ai l'honneur de présenter à l'Académie, a été relevée en parcourant les tranchées du chemin de fer; elle a été rapportée sur un profil où l'échelle des longueurs est de ^ „ „ „ -- et l'échelle des hauleiu^s de YUiTû- C-e'te exagération des hauteurs ne m'a pas permis de représenter nettement l'inclinaison des couches et des filons ; je l'ai indiquée par des notes écrites sur le profd même ; j'espère que ces notes suffiront pour bien faire comprendre les faits les plus inté- lessanls. Je me bornerai ici à faire connaître quelques résultats d'ensemble, me réservant d'ailleurs .d'exposer plus tard et eu détail les connaissances qu'on peut tirer, pour la géologie générale de la Bretagne, des profils géologiques des lignes de fer qui traversent ce pays. )> Si on marche de Guingamp vers Rennes jusqu'à Iffiniac, on ne ren- contre que des roches éruptives, savoir : des granités et des diorites en masse, sillonnés par un nombre considérable de veines de diorite compacte, de pegmatite et de porphyre. » D'Iffiniac à Rennes, sauf deux bandes de granité qui s'avancent du nord- est et dont l'iuie vient se terminer près de Lamballe, le terrain se compose de schistes argileux et de phyllades, parfois métamorphiques et sillonnés par de nombreuses veines de pegmatite et de diorite compacte; ce terrain ne contient aucun reste organique ; sa surface supporte d'autres formations moins étendues, des quartzites associés à des schistes parfois ardoisiers, un calcaire falunien, un sable et un conglomérat ferrugineux, enfin une alluvion ancienne qui s'étend, sans presque de solution de continuité, depuis Rennes jusqu'à Guingamp. » Granités. — Le granité est en général à petits éléments composés de quartz hyalin, de feldspath grenu et de mica noir. » Diorite en masse. — La diorite affecte des caractères excessivement va- riables ; elle est généralement granitoïde; elle se compose d'amphibole ordinairement noire et lamelleuse ; le feldspath est tantôt amorphe, tantôt lamellaire, quelquefois brun et d'aspect vitreux ; dans presque toutes les variétés j'ai constaté que ce feldspath était strié; on doit, par suite, le rap- porter à l'oligoclase et peut-être au labrador. ( '30) » C'est principalement dans les tranchées de Gouezerio et de Pierneui qu'on peut observer cette diorite avec ses caractères extrêmement variables. Dans la tranchée de Plerneuf, cette roche devient vers l'ouest extrêmement micacée, elle passe au kersantite et même à une vraie minette, où l'on ne dislingue plus que le mica. Si, quittant le chemin de fer, on s'avance au nord de cette tranchée, on voit l'amphibole de la diorite devenir verte et le feldspath prédominer. Près du Pont-des-Iles, sur la route de Brest, la dio- rite passe à une vraie syénite micacée qui est assurément une des roches les plus remarquables de Bretagne ; elle se compose de quartz hjalin, d'un ièldspath d'un blanc laiteux, couvert partout de stries visibles à l'œil, et qui, essayé au spectroscope par M. Lallemand, a été reconnu pour ren- fermer de la soude ; enfin, il y a dans cette syénite de l'amphibole verte, une assez grande quantité de mica vert, des grains de pyrite de fer, et une petite quantité d'une matière un peu violacée, qui, après quelques essais, a |)aru être du fer oligiste. » Près d'Iffiniac principalement, la diorite passe à l'amphibolite presque complètement privée de feldspath et très-lamelleuse ; parfois elle contient des grains de quartz hyalin et même des grenats; on y remarque des cris- taux d'amphibole de i centimètre de large et de 2 à 3 centimètres de long. 1) Le passage de la diorite au granité se fait quelquefois comme à l'est de la tranchée de Plerneuf, par une sorte de pénombre où les deux roches paraissent s'être fondues ensemble pour donner lieu à une masse à éléments indiscernables, fait d'ailleurs qui se comprend facilement quand on admet une origine ignéo-aqueuse pour les roches dites éruptives. » Des fdons de diorite se rencontrent au milieu du granité, de la diorite granitoïde en masse et du schiste. Leur direction, relevée en des points nombreux, oscille de 9 à 10 degrés autour du N. - 10° -O., qui est à peu près la direction du système du Nord de l'Angleterre. Généralement ces filons sont nettement séparés des roches au milieu desquelles ils sont renfermés, et ils y affectent la forme de véritables dykes; et, comme ils se rencontrent aussi bien au milieu de la diorite qu'au milieu du granité et du schiste, on ne peut douter qu'il y ait en Bretagne des diorites de plu- sieurs âges, conclusion avancée il y a longtemps par M. Dufrénoy. » La diorite de ces filons est généralement noire et riche en amphibole, pourtant on y aperçoit bien nettement le feldspath à la loupe ; elle renferme une assez grande quantité de grains de pyrite. » Pegmatite. — Celte roche se rencontre en petites masses et beaucoup plus souvent en veines peu puissantes courant dans toutes les directions et ( i3. ) sous tontes les inclinaisons, au milieu du granité, de la diorite ef du schiste. La pec'matite a des caractères variables : elle est généralement à grands élé- ments de quartz et de feldspath, elle renferme de larges lames de mica blanc et quelquefois du talc vert ; elle contient, surtout quand elle est encaissée par le schiste, de beaux cristaux de tourmaline noire; j'ajouterai que plu- sieurs échantillons renferment beaucoup de feldspath strié du sixième sys- tème, feldspath qui se trouve donc dans presque toutes les roches érup- tives des environs de Saint-Brieuc. 1) Serpentine. — Cette roche se rencontre près d'Iffiniac : elle est com- pacte et d'un vert brun ; elle est associée à des masses d'asbeste ; on ne saurait dire si elle se montre sous forme d'un cnlot ou d'un fdon, l'état ébouleux de la tranchée n'a rien permis de préciser à cet égard; je rappel- lerai seulement que M. de Fourcy a signalé une roche analogue à Sainte- Anne et à i'"",5oo environ du point où nous l'avons trouvée. » Filons plomb eux. — Entre Saint-Brieuc et Chateiaudren, la ligne ferrée rencontre cinq filons de galène. Dans la tranchée de Pleriieuf, trois de ces filons ont montré en quelques points une veine massive de galène de ao centimètres d'épaisseur, à poussière noire, à grandes facettes et donnant pourtant à l'essai des plombs qui contiennent jusqu'à j—j d'argent; la galène est associée à du quartz compacte ou concrétionné et même opalin, à du jaspe rouge, et enfin à une roche verte peut-être amphibolique, et analogue à celle d'Huelgoat. La direction pour ces trois filons est N.-26 à So^-O. Ils ont été coupés et rejetés par un quatrième filon, dirigé O. - 1 7"-N. , de galène à grains d'acier, moins riche en argent, avec carbonate de plomb et sulfate de plomb nettement cristallisé. Enfin, il y a un autre filon à crête de carbonate de plomb et dirigé à peu près N.S. dans la tranchée de la Villeneuve près de Chateiaudren. » Schiste et grauwacke cambriens. — Cette formation s'étend, comme on l'a dit, sauf deux interruptions, depuis Lambalie jusqu'à Rennes. Le schiste est généralement argileux et passe parfois, comme près de Piénée Jugon, a des phyllades fort durs. Ce schiste contient des bancs de grauwacke a petits grains, quelques bancs riches en hydroxyde de fer, et, en outre, de nom- breuses couches lenticulaires de quartz hyalin bleuâtre, le plus souvent interstratifiées ; enfin il est coupé par des veines de pegmalite, qui semblent aussi, en certains points, interstratifiées, et par des dykes dioritiques. » Les lentilles de quartz ont dû être introduites après le dépôt du schiste: on voit souvent les feuillets du schiste écartés pour laisser la place au quartz, sans que la continuité d'aucun de ces feuillets soit interrompue. ( '3^ ) « Au contact du quartz, le schiste n'est ni scorifié ni fonchi, et ce quartz paraît être par suite le produit de sources siliceuses; j'ajouterai que le schiste a conservé les mêmes caractères au contact des diorites et des peg- matites, ce qui apporte une preuve de plus à l'origine ignéo-aqueusc de ces roches. )> Près du granité le schiste est très-souvent micacé; il passe au mica- schiste et même au gneiss, en sorte qu'en Bretagne il y a des gneiss méta- morphiques et des gneiss associés aux granités et éruptifs an même titre que ces derniers. » L'inclinaison des couches de schistes et de grauwackes est presque toujours voisine de la verticale ; leur direction varie entre des limites assez étendues, ce qui ne doit pas étonner dans un pays où de nombreux soulè- vements ont fait sentir leur action ; sur 49 directions observées, 36 ne s'é- cartent pas de plus de 10" de l'Est- 10° - Nord, et 23 ne s'écartent que de 5 degrés de la même ligne qui représente très-exactement la direction du système du Finistère; tous ces terrains de schiste et de grauwacke, depuis Rennes jusqu'à Guingamp, paraissent devoir être considérés comme anté- siluriens. M II existe d'ailleurs au milieu de ces terrains un autre système de frac- tures variant de 5 à 6 degrés autour de la ligne N.-S^-O., direction peu éloi- gnée de celle des dykes dioritiques ; mais les plans de division de ce sys- tème ne sont pas parallèles exactement et ne peuvent représenter la strati- fication. » Qnarlzite associé an schiste devenant ardoisier. — Cette formation se rencontre en couches souvent contournées entre Canines et Saint-Jouan- de-l'Ile ; la direction la plus nette qu'on y ait observée est 0.-35"- N., c'est-à- dire à peu près celle du système du Morbihan. L'inclinaison est variable tantôt au nord, tantôt au sud. On trouve dans ce quartzite des empreintes cylindriques et striées dont l'origine paraît végétale. » CHIMIE APPLIQUÉE. — Etude chimique et analyse de l'aërolithe d'Orgueil. Note de M. Pisaxi, présentée par M. Daubrée. « Dans l'analyse de cet aérolilhe présentée dernièrement à l'Académie, M. Cloëz a annoncé la présence du fer oxydulé, ainsi que celle d'un silicate ayant les rapports 2 : i entre l'oxygène de la silice et celui des bases. Les recherches que j'ai l'honneur de présenter aujourd'hui à l'Académie ont eu principalement pour but de m'assurer de la présence du fer oxydulé, ainsi que de la nature du silicate qui dans ce cas n'avait pas les rapports 1 ; i du ( t33 ) péridot, mais bien ceux 2:1 d'un silicate de magnésie attaquable ])ar les acides, rapports qui n'existent pour aucun silicate connu de ce genre. )i Avant que de parler de ces deux points, je vais faire connaître le résul- tat de mes recherches sur divers échantillons de cette météorite que j'ai pu me procurer chez M. Sœmann. D'abord, les pierres ne sont pas toutes iden- tiques quant à leur état d'agrégation, puisque quelques-unes, ainsi que l'a remarqué M. Cloëz et que j'ai pu le constater moi-même, restent longtemps en suspension dans l'eau après qu'elles y ont été délitées et passent en partie à travers les filtres, tandis que d'autres se déposent facilement et filtrent immédiatement clair. Leur état de porosité est si grand, qu'il n'est pas étonnant que la pyrite qu'elles contiennent se soit altérée en partie dans notre atmosphère pour former des sulfates et des hyposulfites, et pour condenser aussi non-seulement beaucoup d'eau, mais peut-être aussi le peu d'ammoniaque qu'on y trouve. Le filtre sur lequel on jette l'aérolithe délayé dans de l'eau acquiert bientôt une réaction acide, ce qui montre la facilité avec laquelle la poudre s'altère au contact de l'air et de l'humidité. » Voici d'ailleurs une expérience qui démontre l'extrême avidité de cet aérolithe pour l'eau. Une certaine quantité ayant été séchée à 1 10 degrés a été laissée pendant quelques heures sur le plateau de la balance; au bout de ce temps la matière avait repris 7 pour 100 d'eau, ce qui est assez voisin de la quantité d'eau hygroscopique que la pierre elle-même contenait, puisque j'en ai trouvé 9, i5 pour 100 en la chauffant dans une étuve à 1 10 degrés. » Les hyposulfites doivent être déjà formés dans la pierre, puisque, si on la met dans l'eau et qu'on filtre immédiatement, on trouve dans la liqueur, non pas des sulfures, mais des hyposulfites. Voici d'ailleurs l'analyse de la partie soluble dans l'eau sur 18^'', i de matière non desséchée. Partie soluble 3,35 pour 100. » Elle contient : Acide liyposulfureux o ,48 Acide sulfiirique i i4° Chlore o , 08 Magnésie o , 3o Chaux o,i6 Potasse 0,16 Soude, ammoniaque, etc., et perte 0'77 3,35 C. R., 18G4, a-ne Srmi-slrc. (T. I.IX, N» ô.) '° ( 1^4 ) » L'alcool enlève à la matière épuisée par l'eau une substance d'un blanc jaunâtre dont la quantité a été trouvée de 0,87 pour 100, et qui consiste principalement en soufre. » Voici comment je me suis assuré de la présence du fer oxydulé dans l'aérolithe d'Orgueil. J'ai commencé par le traiter avec de l'acide azotique à chaud, qui a dissous le sulfure de fer et de nickel, et décomposé le sili- cate en laissant une poudre noire. Cette poudre après lavage et dessiccation était fortement magnétique; traitée par l'acide chlorliydrique, elle a donné ime solution contenant seulement du fer au maximiun et au mii.imum en laissant la silice colorée en noir par la matière organique. En chauffant la silice au contact de Pair pour la rendre blanche et puis en la dissolvant dans de la potasse, cm obtient comme résidu un peu de fer chromé. Je me suis assuré aussi que le nickel est combiné à du soufre et non à l'état d'oxyde dans le silicate, comme cela aurait pu être, eu traitant la pierre par du sul- fure d'ammonium qui a dissous du sulfure de nickel. » Quant au silicate, j'y ai trouvé beaucoup plus de magnésie, mais néan- moins on n'obtient pas encore ainsi les rapports d'un péridot, mais plutôt, si l'on considère l'eau combinée, trouvée par M. CIoéz, comme appartenant à l'aérolithe, les rapports d'une serpentine. Ceci d'ailleurs n'est qu'une hypothèse, jusqu'à ce qu'on en ait uue preuve plus concluante. La matière s'attaque par l'acide chlorhydrique avec dépôt de silice terreuse. » Voici les résidtats bruts de l'analyse faite sur la matière séchée à I I o degrés : Silice 26 , 08 Magnésie 1 7 > 00 Protoxyde de fer 21 ,60 Peroxyde de fer 8 , 3o Chaux 1 , 85 Soude 2,26 Potasse 0,19 Oxyde de manganèse o,36 Alumine o ,go Fer chromé <'>49 Oxyde de nickel (avec cobalt) 2 , 26 Acide suifurique i ,54 Acide hyposulfureux o,53 Chlore 0,08 Soufre 5,75 ( '35) nombres qu'on peut grouper de la manière suivante : Oiygène. Rapports. Silice 26,08 12, go 4 Magnésie ' 7 j 00 6 , 80 Protoxyde de fer 7)7^ 1,73 Chaux 1 ,85 0,53 Soude 2,26 0,58^10,17 ^ Potasse Oi'9 o,o3 Oxyde de manganèse o,36 0,08 Alumine o,go 0,42 Fer chromé 0,49 Fer oxydulé (i) '5,77 Sulfure de fer nickelifère 1 3 ,43 Eau et matières supposées organiques. 13,89 1 00 , 00 » Il y a donc dans cet aérolithe .^6,42 pour 100 de silicates. Si l'on cal- cule l'alumine comme faisant partie d'un peu d'anorthite, on obtient 2,42. pour 100 de ce feldspath. De petits cristaux transparents retirés par lévigation de l'aérolilhe, et qu'examine en ce moment M. Des Cloizeaux, pourront établir s'il existe en effet un feldspath attaquable par les acides dans cette météorite. » PHYSIQUE. — Note sur la théorie des condensateurs électriques dans l'état variable des tensions; par M. J.-M. Gacgai.n. « Mes recherches antérieures sur les condensateurs formés avec des dié- lectriques solides m'ont conduit à considérer les condensateurs de cette es- pèce comme des condensateiu's doubles [Comptes rendus, séance du 19 mai 1862). Si cette manière de voir est exacte,* les lois qui régissent le mouve- ment de l'électricité dans le cas des condensateurs formés avec les diélec- triques solides, et notamment dans le cas des câbles télégraphiques immer- gés, peuvent être déduites de la théorie des condensateurs doubles, et par conséquent il devient intéressant d'établir cette théorie. » Oii trouve dans la plupart des Traités de physique des formules qui * représentent la charge des batteries en cascade, mais les physiciens qui se sont occupés de ce sujet ont toujours supposé que les condensateurs mis (1) Il est à remarquer que si le fer oxydulé se trouvait primitivement à l'état de pro- toxyde dans le silicate, on aurait alors exactement les rapports d'un péridot. 18.. ( i36) en batterie communiquaient niélaliiqiiement les uns avec les autres, et par conséquent ils n'ont considéré que l'état d'équilibre. Lorsque les con- densateurs accouplés ne communiquent entre eux que par l'intermé- diaire d'un mauvais conducteur, cet état d'équilibre ne s'établit qu'au bo!it d'un temps appréciable, quelquefois même très-long, et l'on peut demander alors quelle est, pour un instant donné de la période variable, la distribution de l'éleclricilé. Telle est la question que je nie suis proposé de résoudre. » Concevons d'abord un condensateur simple formé de deux plateaux parallèles A et B, séparés par une lame d'air que l'électricité ne puisse fran- chir, et supposons que le plaleau A soit mis en communication métallique avec une source de tension constante, le plateau B communiquant avec la terre par le moyen d'un conducteur médiocre tel qu'un fil de coton : on peut demander quelle est la charge de l'un ou de l'autre plateau au bout du temps 9, le temps étant compté à partir de l'instant où le plateau B est mis en rapport avec la terre. Admettons, pour fixer le langage, que la source soit positive, et désignons parc la quantité d'électricité positive qui reste virtuellement sur le plateau B au bout du temps 6, c'est-à-dire la quan- tité d'électricité positive que ce plateau laisserait échapper si, après le temps 6, on le mettait en communication métallique avec la terre : le flux positif qui serait transmis dans l'unité de temps par le fil de coton, si l'écoulement devenait uniforme et conservait la vitesse qu'il possède au bout du temps S, sera exprimé par — -r^» et l'on aura (■) -â = ''7. en désignant par /■ un coefficient constant directement proportioimel à la conductibilité du fil de coton, et inversement proportionnel à ]n force con- densante de l'appareil employé. » Le principe dont l'équation précédente est la traduction n'est peut- être pas complètement évident; mais comme les conséquences qui en ré- sidtent ont été vérifiées par des expériences nombreuses et vai'iées, on ne peut pas douter de son exactitude, et il résonne en quelque sorte la théorie des condensateurs dans l'étal variable des tensions. )) L'intégration de l'équation (i) donne (a) log(y)=A-9, ( i37 ) en représentant par q^ la quantité d'électricité positive qui se trouve uir- tuellement SUT le plateau B à l'origine du temps. » La quantité q une fois connue, il est facile d'obtenir la charge de l'uii ou de l'autre des plateaux A, B. )) Il résulte immédiatement de l'équation (2) que si l'on note à des inter- valles égaux, de minute en minute, par exemple, les valeurs successives de q, ces valeurs forment une progression géométrique, et il est aisé d'en conclure que si l'on noie à des intervalles égaux les accroissements de la charge de l'un ou de l'autre plateau, ces accroissements forment égale- ment des progressions géométriques. Cette loi a été vérifiée de plusieurs manières. » Maintenant la théorie du condensateur double peut être aisément dé- duite du principe qui m'a servi à établir la théorie du condensateur simple. Concevons un système formé de quatre plateaux métalliques A, B, C, D pa- rallèles et séparés les uns des autres par des lames d'air infranchissables à l'électricité; supposons que l'on mette le plateau supérieur A en communi- cation métallique avec une source positive de tension constante, que le pla- teau inférieur D soit mis en communication métallique avec la terre, entin que les plateaux moyens B et C soient mis en communication l'un avec l'autre par l'intermédiaire d'un mauvais conducteur tel qu'un fil de coton : il s'agit de déterminer quel est l'état électrique de l'un quelconque des pla- teaux au bout du temps Ô, le temps étant compté à partir de l'instant où les plateaux moyens ont été mis en communication l'un avec l'autre. En rai- sonnant à peu près comme dans le cas du condensateur simple, on trouve que la charge positive q, accumulée sur le plateau C au bout du temps 6, est fournie par l'équation .3) log[i-^ ^J = _A-5^2 mr » m représente le rapport de la charge influençante à la charge influencée dans le condensateur simple formé des plateaux A et B. M m' représente le même rapport pour le condensateur formé des pla- teaux C et D. )i k est un coefficient constant proportionnel à la conductibilité du til de coton qui relie les plateaux B et C. » La charge q du plateau C étant connue, il est aisé d'obtenir celle des trois autres plateaux. j) De l'équation (3) il résulte que si l'on note à des intervalles de temps ( '38 ) égaux les accroissements successifs de la cbarge de l'un quelconque des plateaux, ces accroissements forment une progression géométrique, comme dans le cas du condensateur simple; cette conclusion a été vérifiée par des observations directes. )i Après avoir déterminé, comme je viens de le dire, la loi suivant la- quelle se constitue graduellement la charge d'un condensateur double, j'ai déterminé par un calcul analogue la loi suivant laquelle s'effectue la dé- charge. Le condensateur double étant chargé à saturation, je suppose qu'on le met en décharge en faisant commiuiiquer niétalliquement avec le sol les plateaux A et D, les plateaux moyens B et C ne communiquant entre eux que par l'intermédiaire du fil de coton; il s'agit de déterminer la charge que les plateaux conservent au bout du temps 6. J ai trouvé que la charge q du plateau C était exprimée par la fornuile (4) log— (2 — m^ — m'-) = — ko [1 — m- — //?'=), toutes les lettres conservant la même signification que dans l'équa- tion (3). » De la comparaison des formules (3) et (4) on déduit aisément la loi suivante : Lorsqu'un condensateur double chargea saturation est mis en dé- charge, chacun de ses plateaux perd dans un temps donné une quantité d'é- lectricité égale à celle qui viendrait dans le même temps s'accumuler sur le même plateau, si l'appareil j)ris à l'état neutre était mis en charge. Je suppose bien entendu que la tension de la source est la même dans les deux cas, et que l'on effectue la charge et la décharge dans les conditions que j'ai défi- nies. Cette dernière loi, comme les précédentes, a été vérifiée par des expériences directes. )i Je me suis servi, pour exprimer \a force condensante, d'un condensa- teur simple de la formule F = -> nui se trouve indiquée dans tous les ' I — m' ^ ' Traités de physique. Je sais que l'exactitude de celle fornuile a été contes- tée dans ces derniers temps par un éinincnt physicien d'Allemagne, mais je ne crois pas que les objections mises en avant par ce savant soient fondées ; j'ai vérifié ù priori les principes sur lesquels est établie la formule dont il s'agit, j'ai vérifié à posteriori la fornuile elle même, et je crois qu'on peut continuer à s'en servir avec toute sécurité. » ( ï39 ) CHIMIE MÉTALLURGIQUE. — Carburation dufer par contact ou cémentation. Noie de 31. Fréd. Margueritte , présentée par M. H. Sainte- Claire Deville. K La théorie de la carburation du fer a été l'objet de nombreuses controverses. Sans vouloir discuter toutes les opinions qui se sont produites à cet égard, je me bornerai à rechercher si le carbone se combine avec le 1er directement par contact, par cép.ientation » Guyton-Morveau (i) est le premier qui ait tenté de démontrer que l'aciération peut se faire par simple contact. Il calcina à cet effet un dia- mant dans un creuset de fer placé dans un creuset de Hesse. Après une heure environ d'un feu de forge violent, le creuset de fer fut complètement converti en un culot d'acier fondu. Ainsi, dit Guyton-Morveau, le diamant a disparu par la force attrac- » tive que le fer a exercée sur lui à la faveur de la haute température à » laquelle ils étaient l'un et l'autre exposés, de même qu'un métal disparaît » dans son alliage avec un autre métal. » » Cependant la formation du fer en acier par le contact exclusif du dia- mant pouvait être contestée, puisque le creuset de fer pendant tout le temps de la calcination était resté exposé à l'action carburante des gaz du foyer. La question jusqu'ici ne semble pas résolue, et récemment, devant l'Académie, ?vL Chevreul (2) disait : « Il importe maintenant de savoir : » 1° s'il est vrai, com ne Guyton l'a dit, qu'on peut aciérer le fer avec du » diamant en poudre; 2° dans le cas où cela serait, si l'aciération a lieu » sans l'intervention de l'azote. » Le but de cette Note est de démontrer que le fer se carbure, se convertit eu fonte quand on le chauffe au contact du charbon, et se transforme aussi en acier sans l'intervention de l'azote. Les conditions essentielles de l'expérience ont été remplies de la ma- nière suivante. » J'ai opéré : » 1° Avec du carbone pur (diamant); X 2° Au sein d'une atmosphère d'hydrogène chin)iquement pur; » 3° Dans des vases absolument imperméables aux gaz du foyer; » De telle sorte que la combinaison possible du diamant avec le fer ne fût compliquée d'aucune action étrangère. (i) Jnnales de Chimie et Physique, \" série, t. XXVIII, p. ig. (2) Comptes rendus, 1861, t. LIT, p. 424- ( '4o ) » L'opération a été ainsi disposée : On a préparé avec du zinc distillé el de l'acide sidfiirique pur de l'hydrogène qui a été purifié et desséché avec le plus gnuid soin par les moyens indiqués par MM. Dumas et Sainte- Claire Deville. c'est-à-dire que le gaz traversait successivement des appareils renfermant île l'acétate de plomb, du sulfate d'argent, de la pierre ponce imbibée de potasse, d'acide sulfurique froid, après avoir passé à travers de la mousse de platine chauffée au rouge sombre. » L'hydrogène ainsi purifié et desséché était dirigé dans un tube en por- celaine doublement vernissé dont l'imperméabilité absolue a été démontrée, qui était chauffé à une température capable de déterminer la fusion de la fonte. Dans le tube était une petite nacelle de porcelaine sur les bords de laquelle reposait une lame très-mince de fer qui avait été préalablement et longtemps chauffé à température convenable, dans le courant d'hydrogène, afin de lui faire perdre son soufre et son azote. » Sur la lame de fer on a placé un diamant qui avait été légèrement rougi, on a fait passer à froid le courant d'hydrogène pendant plusieurs heures pour purger l'appareil d'air, c'est-à-dire d'oxygène et d'azote. On a élevé ensuite rapidement la température qui fut jjortée et maintenue au rouge vif pendant quelque temps. Le tube fut ensuite retiré du fourneau et refroidi en restant en communication avec le courant d'hydrogène. )) On a ti'ouvé que le dianuuit avait, sur la lame de fer, fait un trou comme à l'emporte-piece, et qu'il était tombé dans la nacelle à côté d'un petit globule de fonte. » Dans luie seconde opération, cinq petits diamants ont traversé une lame de fer doux, et ont donné en disparaissant des globules de fonte très- bien fondue. » Dans une troisième expérience, on a pris un diamant plus gros et une lame de fer plus épaisse : le diamant a percé la lame dans laquelle il est resté engagé. » Enfin une quatrième expérience a été faite dans le but de produire de l'acier. w On a fait passer le courant d'hydrogène sur un fil de fer de i ^ milli- mètre de diamètre, dont la moitié était noyée dans la poudre grossière de diamant contenue dans une nacelle de platine (i). La partie du fil plon- (i) On a concassé dans un nioitier d'acier plusieurs diamants de belle qualité et on a fait bouillir la poudre obtenue dans l'acide azotique pour la débarrasser des parcelles métalliques qui pouvaient la souiller, et elle a été léyèreraent rougie. ( Ml ) géant dans la poussière de diamant a été cémentée, l'autre partie ne l'a pas été et est restée insensible à la trempe. )) Après avoir employé le diamant, on a opéré sur de la plombagine el du charbon de sucre longtemps calciné an sein d'un courant d'hydrogène. » A une températnre élevée, on a introduit dans le tube renfermant le charbon un fii de 1er de i ^ millimètre de diamètre. En 3 minutes l'extré- mité du fil engagé dans la poussière du carbone a été transformée en fonte dont on a retrouvé plus tard les globides. On a laissé s'abaisser la tempéra- ture, et dans le même espace de temps l'extrémité d'un autre fil a été con- vertie en acier très-dur et d'un grain très-fin, tandis que la partie qui ne se trouvait pas en contact immédiat avec le charbon ne présentait pas la moindre apparence d'aciération. A cet égard, il est bon de remarquer, et cela confirme l'observation de M. Bcrthelot, que si l'hydrogène avait pu former de l'acétylène ou tout autre composé carburé, la totalité du fil aurait dû être cémentée. » La carburation du fer par l'oxyde de carbone sera l'objet d'une pro- chaine communication. » CHIMIE. — Sur les composés bromes de ii benzine et de ses homologues. Note de MM. A. RicDE et P. Bérard, présentée par M. H. Sainte-Claire Deville. « L'étude des composés bromes organiques présente un certain intérêt en raison des dérivés qu'ils servent à obtenir. Cette étude, très-avancée pour les produits de la série des acides gras, l'est beaucoup moins pour les corps appartenant à la série des acides dits aromatiques. Dans ce pre- mier travail nous ne nous sommes occupés que des composés bromes de la benzine et de ses homologues. Nous indiquerons ici sommairement les résultats auxquels nous sommes parvenus. » ï° Benzine. — On connaît déjà la benzine monobromée, la benzine bi- bromée et la benzine tribromée : nous avons réussi à obtenir un composé nouveau, la benzine quadribromée (C'WBv'). Pour le préparer on commence par attaquer la benzine par le brome dans un ballon à très-long col, de façon à ne pas perdre de brome. On obtient ainsi la dibromobenzine, et dans ces conditions, en faisant bouillir le mé- lange, la substitution du brome à l'hydrogène ne dépasse pas ce terme. C. R., 1864, 2"" Semestre. (T. LIX, N» 5.) '9 { l42 ) » La masse cristalline obtenue est chauffée dans des tubes scellés avec un grand excès de brome vers i 5o degrés, tant qu'il se dégage de l'acide brom- hyilrique. Au bout de quelque temps les tubes se remplissent de petits cris- taux (|uon pui'ifie par des cristallisations lépétées dans l'alcool, et comme ils y sont très-peu solubles, on peut ainsi les séparer complètement de la bibromobenzine non attaquée, car ce dernier corps se dissout très-facile- ment dans ce liquide. La quadribromobenzine forme de fort beaux cris- taux soveux, légers et très-blancs, se solidifiant vers i6o degrés et se volati- lisant en flocons. Elle est attaquée par l'acide nitrique fumant sous l'influence de l'ébullition et donne un produit cristallisé dont l'analyse con- duit à la formule C"H(A'0')Br'. " La benzine monobromée donne avec l'acide nitrique un produit cris- tallisé découvert par M. Couper C'H'BrA'O'. Soumis aux agents réducteurs, il fournit la bromaniline que nous avons obtenue parfaitement cristallisée et que nous avons analysée ainsi que son chloroplatinale. » La benzine bibromée, dont nous avons préparé de grandes quantités par le procédé décrit plus haut, s'attaque aussi par l'acide azotique fumant et donne un produit cristallisé dont la formule a été démontrée par l'ana- lyse être la suivante C"H'(AzO»)Br'. Ce corps nitré est attaqué parla solution alcoolique de sulfhydrate d'am- moniaque, et on obtient une base qui a présenté les principales propriétés de la bibromaniline. M On sait que la benzine et le brome se combinent sous l'influence des rayons solaires en donnant un Iribromure de benzine et que ce composé, traité par une solution alcoolique de potasse, donne la tribromobonzine C"H'Br\ Suivant Laurent, ce dernier corps est cristallisé; suivant Mitscherlich, c'est une huile odorante. Ayant répété cette expérience, nous avons obtenu un corps parfaitement cristallisé dont l'analyse correspond exactement à la for- ( i43 ) mule C'H'Br. » Xrlène. — Ayant obtenu du xylène au moyen de l'huile de goudron de houille, et par les procédés connus, nous avons cherché à préparer les composés bromes de cet hydrocarbure. Le brome réagit très-vivement sut- le xyléne, mais jusqu'à présent nous n'avons réussi à obtenir comme résull;it de cette réaction que des produits liquides qui se décomposent par la distil- lation. Seulement, lorsqu'on laisse à lui-même pendant trois ou cpiatre jours un mélange de xylène et de brome, que, traitant par la potasse et l'eau, on isole l'huile bromée obtenue de l'excès du réactif, et qu'on atta- que ensuite par l'acide azotique monohydrafé, on obtient des quantités con- sidérables d'un corps bromonitré cristallisé que des analyses répétées nous ont prouvé répondre à la formule C'«H' AzO')Br'. w Cumène. — Le cumène provenant de l'huile de goudron de houille s'attaque vivement par le brome. En traitant cet hydrocarbure par 6 équi- valents de brome, chauffant légèrement au bain-marie, on détermine, eu s'aidant de l'action d'un mélange réfrigérant, la précipitation de cristaux dont l'analyse a donné pour résultat la formule cniBr'. » Lorsqu'on traite le cumène par 4 équivalents de brome et qu'on aban- donne le mélange à lui-même pendant quelques jours jusqu'à décoloration à peu près complète, on obtient un liquide qui, traité par l'acide nitrique fumant, s'échauffe vivement, dégage des vapeurs rutilantes, et dépose par refroidissement une très-grande quantité de cristaux. Leur analyse, plu- sieurs fois répétée, conduit à la formule C"H'(AzO')=Dr'. M Ce composé est attaqué par le sulfhydrate d'ammoniaque en solution alcoolique, et du soufre se dépose. 11 reste après cette réaction un composé qui se dissout dans l'acide chlorhydrique bouillant et qui s'en dépose pres- que totalement par le refroidissement. )) Cymène. — Nous avons préparé le cymène par les deux procédés connus : » 1° Par le camphre et le chlorure de zinc. Cet hydrocarbm-e s'attaque facilement par le brome, et la liqueur se remplit de cristaux lorsqu'on fait intervenir environ 4 équivalents de brome. Ce produit purifié à l'alcool 19.. ( >44 ) donne exactement à l'analyse la composition du cymène bibroraé C"H"Br=. » 2° Cyméne par l'essence de cumin et la potasse. » En nous mettant dans les conditions précédentes nous n'avons jamais pu préparer le composé que nous venons d'indiquer. Mais en augmentant la (piantité de brome nous sommes arrivés à obtenir de très-petites quantités d'un produit cristallisé plus brome que le précédent et dont nous ne pou- vons encore préciser la formule. » Le cymène provenant du camphre ne paraît donc pas donner les mêmes dérivés que celui- que l'on prépare avec l'essence de cumin, et l'éclaircissement de ce point sera pour nous le but de nouvelles recherches. » CHIMIE APPLIQUÉE. — Fermentalion . Remarques sur une Note de M. Duclaux, mentionnée au Compte rendu delà séance du iZ juin 186/4. Note de M. E. MiLLON, présentée par M. Pelouze. « Le procédé que j'emploie pour doser l'ammoniaque, dans le gaz car- bonique, consiste à adapter au flacon générateur un ou deux tubes à boules, suivis d'un tube en U, plein de pierre ponce. Tous ces tubes sont amorcés avec de l'eau contenant -^ d'acide sidfurique. Cette eau acide est ensuite retirée des tubes et distillée sur un excès de chaux ; le produit de la distillation est condensé avec soin dans une eau légèrement aiguisée d'acide hydroclilorique ; ce dernier liquide est concentré, additionné de bichlorure de platine, etc., et la production des cristaux de chloroplatinate d'ammo- niaque est la preuve à laquelle je m'arrête pour admettre l'existence de l'ammoniaque. » Ces cristaux se forment toujours, bien qu'en proportion très-variable, quand le mélange ferraentescible a été additionné de tartrate d'ammo- niaque. » Il convient peut-être de faire remarquer, pour compléter ma réponse, qu'une fermentation dans laquelle on fait entrer i5 grammes de levure pour 4o grammes de sucre, dégage tumultueusement la plus grande partie de l'acide carbonique, et qu'il suffit de cette circonstance pour que la plus grande partie de l'ammoniaque échappe à l'absorption. » Que penser aussi d'un opérateur qui ajoute i gramme de tartrate d'ammoniaque au mélange fermentescible précédent et qui ne déplaçant plus, par l'action de la magnésie sur le liquide fermenté, que 25 pour 100 ( i45 ) de l'ammoniaque introduite, conclut de ce seul fait que les 75 pour 100 d'ammoniaque non déplacés sont assimilés, c'est-à-dire retranchés par un acte vital? Une pareille argumentation scientifique est-elle discutable? Ce sout des affirmations d'école dans lesquelles on sent que la théorie, fer- mant les yeux du physiologiste et du chimiste, les dispense commodément tous deux de l'analyse délicate et patiente des faits. » Au reste, il ne m'en coûte pas de convenir que j'étais encore influencé par l'idée systématique qui fait vivre le ferment alcoolique d'ammoniaque et de phosphate, lorsque j'ai cherché quelque expérience prompte et déci- sive, propre à abréger tant de vérifications nécessaires. Bientôt, j'ai dû changer de voie, scruter laborieusement la question et prendre mon parti de trouver si longue et si difficile la nouvelle route que je suivais. J'ai cessé d attacher aucune importance à cette addition de tartrate d'ammo- niaque, dés que j'ai eu repris, d'aussi loin qu'il le fallait, l'observation du rôle que remplissent les matières azotées dans la fermentation alcoo- lique. Je me félicite de ne pas avoir reculé devant ce grave et obscur sujet d'études et de ne pas l'avoir supprimé par un artifice expérimental , comme le font, en ce moment, quelques observateurs. » Remarques de M. Chevreul relatives à la précédente Note. « A l'occasion des observations faites, après la communication de M. Pelouze, M. Chevreul pense que le meilleur mode d'expérience à suivre lorsqu'il s'agit de constater la présence de l'ammoniaque dans un acide où l'on a fait passer un produit qu'on soupçonne contenir cet alcali, est de constater avant tout l'absence, ou la quantité d'ammoniaque qui peut exister dans l'acide employé. Une opération faite à blanc comparativement avec l'opération de recherche lui paraît donc toujours nécessaire pour lever toute incertitude, par la raison que la plupart des flacons d'acides réactifs des laboratoires, cjui sont souvent débouchés, absorbent l'ammoniaque qui existe dans l'atmosphère ambiante : c'est ainsi que des plaques de verre cou- vertes d'une couche mince d'un acide fixe se couvrent assez promptement de cristaux d'un sel ammoniacal par leur exposition à l'air. » M. Leucias (Procope) adresse d'Athènes un Mémoire écrit en grec moderne, on n'y trouve de français que la traduction du titre : « Réaction mutuelle des forces entre elles )i et la légende de deux figures d'un bateau à vapeur pour la navigation aérienne. On fera savoir à l'auteur que sa communication est comme non avenue, ( >46 ) les Mémoires adressés à l'Académie devaiil être éciits en français ou en latin. A 5 heures l'Académie se forme en comité secret. La séance est levée à 5 heures et demie. F. BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE. L'Académie a reçu dans la séance du ii juillet 1864 les ouvrages dont voici les titres : Description des machines et procédés pour lesquels des brevets d invention ont été pris sous le régime de la loi du 5 juillet i844i publiée par les ordres Je M. le Ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics, t. XLVIL Paris, 1864 ; vol. in-4''. Direction générale des douanes et des contributions indirectes : Douanes. Ta- bleau des droits d'entrée et de sortie. Paris, 1864 ; in-4°. Mémorial de Vofficier du génie, rédigé par les soins du Comité des for- tifications, avec l'approbation du Ministre delà guerre, n° ly. Paris, 1864 ; in-S''. Tableau de In classification du régne animal, d'après M. le professeur Paul Gervais, publié par A.-L. Donnadieu. Montpellier, 1864 ; i feuille in-folio. De l'électricité considérée comme cause principale de l'action des eau.x mi- nérales sur l'organisme ; par H. SCOUTETTEN. Paris, i864; in-8°. L'Astronomie au XIX' siècle. Tableau des progrès de celte science depuis l'antiquité jusqu'à nos jours ; par A. BoiLLOT. Paris, i864;in-i2. (Présenté, au nom do l'auteur, par M. Faye.) Mémoire sur les générations dites spontanées et sur les ferments; par M. A. BtiCHAMP. (Extrait des Annales de la Société linnéenne de Maine-et- Loire, t. VL) Montpellier et Paris; in-8". Nouveau fait lératotogique démontrant la construction vertébrale de la tête ; par M. A. Lavocat. Toulouse, 1864 ; br. in-8°. Annales Mmei botanici Lugduno-Batavi, edidit F.-A.-Guil. MlQUEL, t. I, fasc. 4 à 8. Amstelodami, i863 et 18G4 ; in-folio avec planches. Dentex Munstcri... Espèce de poissons dont les restes fossiles, trouvés dans ( '47 ) l'argile subapeimine du VoUerrano par le H' G. Amidei, sont décrits et figu- rés par le prnf. Gius. MENECFJliSi. Pise, i864; in-/i". (En italien.) Niiova teoria... Nouvelle théorie a lomique ; pnr Gius. G.\LLO. (E.xtrait du Giornale di Farmacia.) Tarin, i864; br. in-iu. L'Académie a reçu dans la séauce du 1 8 juillet 1864 les ouvrages dont voici les titres : Nouvelles expériences sur la génération sponlunée et la résistance vitale; par Y. -A. PouciiET. Paris, i864; iii-8°. Les si(/nes numéraux et i Arithmétique chez les peuples de l antiquité et du moyen âge. Examen de l'ouvrage allemand intitulé : Mathematische Beitraqe zum CulUnieben der Folker; von D"' MoriïZ-Gantor (Halle, i863, in-8°j ; par Th. -Henri Martin. (Extrait des Annali di Matematicn puni ed applicata. Rome, i864; in-4°. Guide pratique du constructeur d'appareils économiques du chauffage pour les combustibles solides et gazeux; par Pierre Flamm. Paris, 1864 ; in- 12. Présenté, au nom île l'auteur, par M. Moriu. Question huitrière. Moyens à prendre pour le J'établissement de nos pêcheries sur les cotes de France; par M. O. Lafon. Bordeaux, i864; ljr. in-8". Pré- senté, au nom de l'auteur, par M. Flourens. Mémoires de la Société impériale d'Agriculture, Sciences et Arts d' Angers (ancienne Académie d'Angers). Nouvelle période, t. VI, 4' cahier. Angers, i863, in-8". Recherches sur les tuyaux d'orgue à cheminée (Thèse présentée à la Fa- culté des Sciences de Paris pour obtenir le grade de Docteur es sciences; ; par M. E. GiUPON. Angers, 1 864 ; in-4". Du rôle des phosphates dans l'organisme et en pnrticulier du phosphate de fer; par C.-L. SanDras. P;iris, 1864 ; in-S". Présenté, au nom de l'auteur. par M. Flourens. La Savoie, le mont Cenis et l'Italie septentrionale ; par Goumain-Cohnh.le, avec une Note sur l'Histoire naturelle de ces contrées; par le D' RoiSDU- VAL. Paris, i8G4; in-18. Philosophical. . . Transactions philosophiques de la Société Royale de Londres pour l'année i863, vol. CLHI, -i." partie. Londres_, i864; iu-4''. l'he council... Liste des membres de la Société Royale de Londres au 3o no- vembre 1 8G3 ; in-4'*' ( i48 ) observations... Observations des taches solaires, faites du 9 novembre i853 nu 24 mars 1861, à Redliill, par B..-C. Carringto^. Londres, i863;vol. in-4° avec 166 planches. Cenno... Essai biographique sur Jean Plana ; par le prof. VOLPlCELLi. (Extrait des Alli délia Accademia pontificia de Nuovi Lincei.) Rome, i864; br. in-4°. Elettricita... Formule pour déterminer, au moyen du condensateur, l'élec- tricité terrestre ou toute autre électricité permanente , sans la supposition d'un état ék'i trique absolu ; par \e même. (Extrait du même recueil.) Rome, 1864; br. in-4°. SuUa congestione... Recherches de pathologie expérimentale sur la conges- tion ,• par le Tprof. P. Mantegazza. Milan, i864; br. in-B". Determinazione... Détermination volumétrique du zinc contenu dans ses minerais au moyen d'une solution nornude de cyanojerrure de potassium; par M. Galletti. Turin, j864; br. in-4°. Plusieurs exemplaires. Uretrostenotomo... Instrument destiné à l'incision interne des rétrécisse- ments fibreux de l'urètre, par A. RicORDi. Milan, i864; br. in-8°. Dello strofinio... Du frottement des métaux sut le verre et de ses applica- tions à l'électricité statique; par le comte G. Mocenigo. Vicence , i864; br. in-8°. COMPTE RENDU DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES. SÉANCE DU LUNDI 2o JUILLET 1864. PRÉSIDENCE DE M. MORIN. MÉIÎÎOIRES ET COMMUMCATIOIVS DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. PHYSIOLOGIE. — Dà'cloppemenl des Infitsoires ciliés dans une macération de foin; par M. Coste. « Un naturaliste des plus distingués et qui a rendu d'éminents services à la science, mon aiui M. Pouciiet, a décrit la genèse spontanée des Infusoires ciliés au sein de la matièrH organique qui se dispose en pseudo-membrane à la surface de l'eau ou l'on met à macérer une certaine quantité de foin. Pour rendre sadémoIl^.^ralion plus facile à saisir et à vé.-ifier, ce naturaliste a pris soin de représenter par des figures les phases successives de cette évolution. Il a bien voulu me montrer, soit dans le laboratoire de M.Fremy au Jardin des Piaules, soit dans mon atelier du Collège de France, sur des lambeaux delà pseudo-membrane placés sous le microscope, les agglomérations plus ou moins régulièrement spliéroidalcs de Monades, de Vibrions, de Bactéries, qu'il désigne sous le nom de néhidenses; puis, à côté de ces groupements de molécules organiques, j'ai vu les corps qu'il considère comme ces mêmes nébuleuses transformées en œufs. Les Monades, les Vibrions, les Bactéries, seraient les granules vitrllins de ces œufs spontanés, d'où sortiraient tous les Microzoaires ciliés que nous voyons dans les infusions. La pellicule qui seforme àlasurf\:e des mfusions deviendrait donc, dans cette théorie, une sorte découche proligère comparable au slroma dj l'ovaire des animaux. Telle est, en effet, li pfns j de M. l'ouchet. C. R., i86/(, 2»« Semeitre. (T. LIX, ri" A) 20 ( >5o ) » Posé dans ces termes, le problème devient une question d'embryogénie comparée, et cette question entre si directement dans la sphère habituelle de mes travaux et de mon enseignement, que je ne pouvais me dispenser d'en faire l'objet d'un examen approfondi. M. Gerbe et M. Balbiani m'ont assisté dans cette étude. Une grande part leur en revient. » Que se passe-t-il dans un récipient où l'on a mis du foin à macérer r' » Si la pellicule formée à la surface de l'eau y est réellement la gangue génératrice des Infiisoires ciliés, ces Infiisoires ne doivent apparaître dans le liquide qu'après la formation de cette pellicule; or, j'en rencontre et en abondance, au début même de l'expérience, c'est-à-dire trois jours avant la formation du prétendu stroma proligère. Ils ont donc une autre origine. D'où viennent-ils? Du foin. Nous verrons tout à l'heure comment ils en dérivent et dans quelles conditions ils s'y trouvent. Examinons d'abord par quelle succession de métamorphoses ces Infusoires préexistants ont pu donner naissance à toutes les apparences qui ont fait croire à leur génération spontanée. Je prends le Kolpode, qui est celui qui fourmille dans les infu- sions de foin, pour sujet de cette étude. » Le Kolpode est un Infusoire cilié d'une assez grande taille, ayant la forme d'un rein ou d'un haricot, armé de cils vibratiles à toute sa surface. On le voit sous le microscope introduire, par une bouche placée dans son échancrure, les iVIonades, les Bactéries, les Vibrions dans son estomac, et expulser par une ouverture anale, placée à la grosse extrémité de son corps, le résidu de sa digestion. Près de celte ouverture anale se trouve une vésicule contractile, prise pour le cœur par certains micro- graphes, mais qui me parait l'organe propulseur d'un appareil aquifere. Au centre de son organisme apparaît un assez volumineux organe de la reproduction. » Quand la pellicule, prétendue proligère, se forme danslerécipientoù l'on expérimente, les Kolpodes répandus dans le vase se dirigent vers la surface pour y assouvir leur faim sur les Monades, les Vibrions, les Bactéries dont cette pellicule est composée, ou bien encore pour s'y meltre au contact de l'air; puis on en voit qui s'arrêtent tout à coup, se mettent à girer sur place, se courbent en boule et continuent celle giration jusqu'à ce qu'une sécrétion de leur corps se soit coagulée autour d'eux en une membrane enveloppante : ils s'enkystent en un mot ; alors ils deviennent complète- ment immobiles dans leur enveloppe, comme un insecte dans son cocon. Les plus petits, à cette période de leur existence, ont une grande ressem- blance avec un ovule. C'est là, en effet, ce que M. Pouchet a pris pour un ( :5i ) œuf spontané. L'illusion est facile, car l'animal enkysté a toutes les appa- rences d'une sphère organique passant à l'état de cellule. » Bientôt ces Rolpodes enkystés et immobiles se segmentent en deux, en quatre et quelquefois même en douze Kolpodes plus petits qui, luie fois séparés et distincts, entrent en giration, chacun pour leur compte, sous leur commune enveloppe. Les mouvements auxquels ils se livrent finissent par user le kyste en un point quelconque, et, dès qu'une fissure y est pratiquée, on les voit sortir de leur prison et se mêler à la population dont ils accroissent le nombre. Je désigne ces kystes sous le nom de kystes de mulliplication , par opposition à un autre enkystement, qui se rat- tachera à la conservation de l'individu. Telle est l'explication du peu- plement des infusions. » M. Pouchet nie la scissiparité des Kolpodes enkystés, phénomène si bien décrit et si exactement figuré par M. Stein. Pour lui, ce n'est là qu'une simple apparence, produite exceptionnellement par la rare coexistence de plusieurs œufs sous une même enveloppe, et qui, à son sens, n'a rien de commun avec la multiplication des individus par scission. J'ai eu la patience de tenir l'œi! sur des sujets que je venais de voir s'enkyster sous le micro- scope, dans im verre de montre rempli d'eau ; j'ai assisté à la formation des sillons qui les ont divisés en deux, en quatre et même en douze segments, d'où sont résultés autant d'individus nouveaux. La scissiparité des Rolpodes enkystés est donc un fait évident. » Les agglomérations de molécules organiques désignées sous le nom de nébuleuses y restent complètement étrangères à toute création directe. Quand on les observe dans un verre de montre rempli d'eau, elles se désa- grègent, tandis que les Rolpodes y subissent toutes leurs évolutions. En voici une preuve directe. » Il y a des infusions, celle de la pulpe de la pomme de terre, par exemple, dans lesquelles les Infusoires ciliés ne se développent jamais tant qu'on évite que des germes ne s'y introduisent. Les membranes dont elles se couvrent offrent aussi des nébuleuses. Ces nébuleuses se dégradent et se décomposent au bout d"un certain temps, comme la pellicule dont elles font partie, sans jamais engendrer ni œufs ni animaux ciliés. Mais si l'on sème quelques Rolpodes dans le récipient, l'infusion se peuple avec une éton- nante rapidité, exactement de la même manière que dans les cas précé- dents, et les mêmes apparences s'y produisent. Il ne saurait donc y avoir rien de commun, je le répète, entre ces apparences et la formation des Microzoaires ciliés. 20.. ( i52 ) » Quand, dans les infusions, les Kolpodes ont épuisé leur pouvoir repro- ducteur par segmentation ou que l'évaporalion les menace de tarir le réci- pient, ils s'enkystent pour se mettre à l'abri des causes de destruction. On peut alors les faire sécher sur des lames de verre et les conserver indé- finiment en cet état ; Us reviennent à la vie dès qu'on leur rend l'iiumidité. J'ai répété cette expérience sous les yeux de plusieurs de mes confrères qui ont été émerveillés de ce curieux spectacle. J'ai remis à M. Gustave Flourens une de ces lames de verre couvertes de kystes desséchés, qu'on a humectée devant lui. Il l'a emportée dans son laboratoire, et luie heure après, il est revenu avec la même lame peuplée de Kolpodes mobiles. M. Balbiani conserve de la sorte depuis sept ans des individus qu'il rend à la vie active et qu'il dessèche chaque année. M M. Pouchet ne croit pas à cette résurrection. Il considère l'enkyste- nient comme une préparation à la mort et, pour exprimer cette pensée, il désigne les kystes sous le nom de sépulcres, parce qu'il suppose qu'ils ne renferment que des cadavres. Toute cette période fondamentale de l'histoire naturelle des Kolpodes a donc complètement échappé à son observation. Aussi se refuse-t-il à admettre que les Microzoaires ciliés des infusions puissent émaner des kystes adhérents au foin, parce qu'il suppose que la vie y est irrévocablement éteinte. Dans celle conviction le savant naturaliste de Rouen m'a écrit les lignes suivantes : « C'est une idée complètement erro- w née que de supposer que ce sont les végétaux qui apportent, dans les » macérations, des Microzoaires enkystés. » » Ces graines animales impalpables s'attachent comme la poussière à la surface des corps, sur les feuilles, les branches, les écorces des arbres, sur les herbes, au fond des mares taries, dans le sable ou la vase desséchés. Elles rompent leur enveloppe toutes les fois que les pluies ou la rosée leur rendent l'humidité, prennent la nourriture qui se trouve à leur portée et forment un nouveau cocon dès que l'eau vient à leur manquer. Elles passent donc tour à tour dans cette succession de mort apparente et de résur- rection. )) Ceci nous explique comment les Microzoaires ciliés se rencontrent dans certaines infusions. Le foin porte sur ses feuilles des myriades de kystes. C'est donc avec lui qu'ils sont introduits dans les récipients. Je le prouve par des expériences décisives. » Une botte de foin secouée au-dessus d'une grande feuille de papier y laisse tomber une poussière impalpable. J humecte cette poussière dans un verre de montre, et au même instant j'y découvre des myriades de kystes. ( iS3 ) d'où s'échappe bientôt toute une population d'Inlusoires ciliés de diverses espèces et de Kolpodes en particulier. » J'ai fait secouer également une botte de foin près d'une carafe remplie de glace. La poussière arrêtée sur la paroi humide m'a présenté le même spectacle. Il ne saurait donc y avoir de doute, et voilà pourquoi, toutes les fois qu'on met à macérer des végétaux dont on n'a pas eu le soin d'enlever l'épiderme, ou introduit des kystes ou des Microzoaires ciliés dans le réci- pient. Voilà pourquoi il ne s'y en montre jamais quand on fait macérer les parties internes, à la condition, bien entendu, qu'on tiendra les vases cou- verts et à l'abri des courants d'air qui pourraient y entraîner des germes. « On a attaché une grande importance aux expériences faites avec des infusions filtrées, et l'on a dit : « Les Microzoaires ciliés ne peuvent avoir » passé à travers le filtre, et cependant le liquide filtré se peuple de ces » animaux. Il faut donc qu'ils s'y soient spontanément produits. » » J'ai fait passer des infusions à travers trois filtres, et sur chaque feuille j'ai trouvé des Infusoires ciliés. Le troisième en présentait comme le pre- mier. Dans une seconde expérience, le liquide passé à travers six filtres a déposé des Infusoires ciliés, même sur la dernière feuille. )» Ceci s'explique aisément. 11 y a des Kolpodes de diverses failles, de très-grands et de très-petits : ceux de grande taille restent en général sur les premiers filtres, ceux de petite taille sur les derniers. Mais il y a une autre raison qui explique leur passage : ils sont d'une structure molle ; ensuite, quand ils s'engagent à travers un pore du papier, leur corps s'al- longe comme à travers une filière. C'est ce qu'on observe lorsqu'ils se dé- gagent de leurs kystes par d'étroites ouvertures. On juge alors jusqu'à quel point ils sont susceptibles de se laisser déprimer. Que deviennent, en pré- sence de tels faits, les conséquences déduites d'expériences dans lesquelles l'infusion n'a traversé qu'un seul filtre? » Mais quand on a démontré que les Infusoires ciliés passent facilement à travers les filtres, et expliqué ainsi leur apparition dans les infusions fil- trées, on n'a pas épuisé tous les moyens de démonstration. Ces animaux à organisation complexe ont un appareil de reproduction. Ils doivent pro- duire des œufs, et ces œufs doivent être bien autrement petits que les indi- vidus dont ils émanent. Leur passage par les pores du pa[)ier est aussi facile que celui du liquide lui-même. » Je borne là mes observations; elles portent non siu- des inductions, mais sur des faits matériels. Je puis en rendre témoins, en deux heures, toutes les personnes qui voudront en vérifier l'exactitude; je leiU' offre de venir s'en assurer dans mon laboratoire. ( '54 ) » J'entends dire que, sans la génération spontanée, on ne saurait expliquer les phénomènes de la nature et se rendre compte de la multiplication indé- finie des Infusoires. Mais quand on voit, comme l'a montré M. Davaine, une inoculation de quelques Bactéries envahir de leur reproduction le torrent circulatoire d'un animal et faire périr cet animal en quarante iieures avec tous les symptômes d'une affection charbonneuse, lorsqu'on connaît l'intarissable fécondité de la génération par scissiparité ou par œufs, il n'est besoin d'aucune hypothèse pour comprendre le redoutable antagonisme qui existe entre le monde invisible et le monde apparent. » En résumé : » i" Les Infusoires ciliés apparaissent dans l'eau d'une infusion bien longtemps avant la formation de la pellicule à laquelle on a cru devoir donner le nom de slroma ou de membrane proligère, en lui attribuant une fonction qu'elle n'a pas. » 2" Ils y sont introduits, soit à l'état d'œufs, soit à l'état de kystes, avec le foin, la mousse, les feuilles d'arbres que l'on met à infuser. » 5° Quoique la pellicule dite proligère se produise dans les infusions faites avec des substances qui ne sont pas exposées au contact de l'air, telles que la pulpe de pomme de terre, celle des fruits, des racines charnues, etc., jamais ces infusions ne présentent d'infusoires ciliés, pourvu qu'on ait le soin de couvrir le récipient d'un disque en verre. « Cependant, si dans ces infusions, où, pendant dix, quinze et vingt jours ou n'a pu constater la présence d'un seul Infusoire cilié, on introduit quel- ques sujets seulement, soit de Kolpodes, soit de Chilodons, soit de Glau- comes, ces espèces ne tardent pas à s'y multiplier et à s'y montrer en quan- tité prodigieuse. » 4° L'invasion rapide d'une infusion par des Infusoires ciliés est une conséquence de leur mode de multiplication immédiate par division. » 5"^ Les uns, tels que les Glaucomes, les Chilodons, les Paramécies, se segmentent sans s'enkyster; d'autres, comme les Kolpodes, s'enkystent pour se diviser. )) 6" Après s'être multipliés par division, dans l'intérieur de leur kyste, les Kolpodes s'enkystent une dernière fois et demeurent dans cet état jus- qu'à la complète dessiccation de l'infusion, pour ne revenir à la vie active qu'après une nouvelle hinnectation. » 7° Les filtres laissent passer les Infusoires ciliés de petite taille, tels que les Kolpodes, les Chilodons, etc., leurs kystes et leurs œufs. » En comnuniiquaut à l'Académie cette première étude sur le dévelop- pement des Microzoaircs ciliés, je n'en veux pas faire un argument absolu ( i55 ) contre la théorie des générations spontanées. Je n'ai ni l'espoir m le désir de décourager ses partisans. La science est le domaine réservé du libre exa- men. Ceux qui affirment et ceux qui nient y tendent au même but, c'est-a- dire à la découverte de la vérité. Je convie donc les hétérogénistes à con- tinuer l'œuvre d'agitation salutaire qui est un appel au travail. Je les suivrai le microscope à la main partout où ils placeront la question sur le terrain de l'observation directe. » Je traiterai dans un second travail des infusions soumises à l'ébul- lition, et des poussières organiques. » Remarques de'M. Milxe Edwards à l'occasion de la précédente communication. « M, Milne Edwards fait remarquer que depuis le temps de Redi jusqu'au moment actuel, des résultats analogues à ceux fournis parles observations intéressantes de M. Coste ont été obtenus toutes les fois qu'un cas parti- culier de génération prétendue spontanée a été l'objet de recherches rigou- reuses et approfondies : toujours on a fini par constater que l'animal nou- veau-né avait des parents et descendait d'un animal préexistant dont il avait reçu la vie. Ceux qui soutiennent l'hypothèse du développement de la vie et de l'organisation dans de la matière qui est morte ou qui n'a jamais vécu ne trouvent leurs arguments que sur les limites extrêmes du champ de l'obser- vation, là où les moyens d'investigation commencent à nous faire défaut, et successivement chaciui de ces arguments est tombé devant des expériences bien dirigées. Ainsi, il y a peu d'années que les partisans de l'hypothèse de l'hétérogénie citaient comme une preuve de la génération dite spontanée l'apparition des Vers intestinaux dans la profondeur des tissus du corps de divers animaux; mais aujourd'hui l'origine de ces parasites n'est plus un mystère pour les naturalistes et rentre dans la loi commune. Il est probable que les débats de l'ordre de ceux auxquels nous assistons depuis quelque temps ne sont pas prêts à cesser, car à mesure que le domaine de la zoolo- gie s'étendra, on ne manquera pas de rencontrer d'autres cas obscurs où la filiation entre les individus qiy naissent les uns des autres échappera d'a- bord à nos moyens d'observation, et il se trouvera des hommes qui, ne voyant pas la mère du nouveau-né, soutiendront que celui-ci n'en a pas eu et s'est formé tout seul. Du reste, les erreurs de ce genre ont parfois une certaine utilité, car elles peuvent provoquer des recherches dont la science profite : les travaux entrepris par M. Pasteur et par M. Coste à l'occasion des publications récentes sur l'hétérogénie nous en fournissent la preuve. ( '56) » M. Milne Edwards ajoute que le fait de l'enkysleraent desKolpodes, des Vorticelles et de quelques autres animalcules microscopiques qui jouissent de la faculté de reprendre, en présence de l'eau, la vie active dont ils ont été privés par l'effet de la dessiccation, lui paraît de nature à jeter de nouvelles lumières sur certains cas de prétendue génération spontanée au sein d'infusions soumises à l'ébullition. En effet, les expériences de feu M. Doyère, dont les résultats avaient été révoqués en doute par M. Pouchet, mais dont l'exactitude a été constatée par MM. Gavarret et Broca, ainsi que par une Commission académique (i), prouvent que lorsque les Tardigrades et plusieurs autres animalcules microscropiques ont été desséchés convena- blement, ils peuvent supporter une température de plus de loo degrés sans perdre la faculté de reprendre leur vie active lorsqu'ils absorbent la quantité d'eau nécessaire à la manifestation de leur puissance vitale, fait dont l'expli- cation nous est fournie par les belles expériences de M. Chevreul sur la coagulation de l'albumint'.Or, leslufusoires enkystés et réduitsà l'état d'une poussière sèche par l'évaporation de leur eau interorgauique peuvent pro- bablement, comme les Tardigrades et les Rotifères, résister aux effets d'une élévation de température qui les tue quand ils sont hydratés; et si le kyste qui les renferme est peu perméable à l'eau, on conçoit qu'alors ils puissent rester pendant lui ceriain temps à l'état de dessiccation, quoique au milieu de l'eau, et dans ce cas conserver leur vitalité malgré l'ébullition de ce liquide. Il serait intéressant de faire des recherches directes à ce sujet, car elles conduiraient peut-être à la découverte des nouvelles causes d'erreur auxquelles diverses expériences sur les générations dites spontanées sont exposées. En i85i>, M. Milne Edwards a appelé l'attention des jihysiolo- gistes sur les questions de cet ordre (2), et aujourd'hui il croit utile d'y in- sister de nouveau. » liemarqucs de M. Chevreul à l'occasion des observations de M. Coste et de qiietqnes-uns des faits rappelés par M. Milne Edwards. « En me livrant à l'étude des matières organiques, j'étais préoccupé de la nécessité de les réduire en leurs principes'immédiats, à cause de ma pro- fonde conviction qu'à la connaissance précise de ces principes se rattachent les progrès des sciences de l'organisation. (1) f'ojez le Rapport fait à l'Acaùémie par RI. Milne Edwards, en 1842 [Comptes rendus, t. XV, p. 3-20). ( 7) ynycz les Comptes rcnrlus, t. XLVIII, p. 23. ( >.^7 ) » Le volume de mes Recherches sur les corps gras dorujine «nmia/e devait erre suivi de plusieurs autres relatifs aux corps azotés; quelques-unes seu- lement de mes recherches sur ces derniers corps ont été imprimées, et si en ce moment j'éprouve une vraie satisfaction en entendant rappeler plu- sieurs de mes observations lues, il y a quarante-trois ans (i), à l'Académie, je regrette vivement cependant que les travaux dont elles dépendent n'aient point été continués, par suite de mon entrée aux Gobelius. Quoi qu'il en soit, j'ai un vif plaisir de voir aujourd'hui que je ne m'étais pas trompé dans la direction des travaux que j'avais entrepris avec l'intention de connaître les matières organiques. )i La complication que présentent les corps vivants m'avait conduit à penser que ce serait en simplifier l'étude que de rechercher les propriétés physiques et chimiques des principes immédiats constituant leurs organes; il me semblait que la connaissance de ces propriétés éclaircirait plus d'un point de l'histoire de la vie. » Je citais tout à l'iieure un Mémoire lu à cette Académie, il y a quarante- trois ans, relatif à Vinfhience que l'eau exerce sur plusieurs substances azotées solides. » C'est là, en effet, que se trouvent plusieurs faits sur lesquels je vais revenir, par la raison qu'ils m'avaient toujours paru importants pour aider l'esprit à concevoir la conservation de la vie dans un animal desséché. Quant au fait que M. Milne Edwards vient de rappeler, il frappa, long- temps après sa publication, M. Doyère lorsqu'il s'occupait d'expériences propres à mettre hors de doute le retour à la vie d'animaux desséchés. » Eu effet, si vous prenez deux quantités égales de blanc d'œuf, que vous exposiez l'une de 70 à 76 degré.s, elle se coagule presque aussitôt; quand elle l'a été, si vous exposez les deux quantités au vide sec, elles laissent des poids égaux de matières solides également sèches. Mais un second fait bien remarquable, c'est qu'en restituant aux deux résidus l'eau qu'ils ont perdue, l'albumine cu(7e reforme du blanc d'œuf cuit, tandis que l'albumine crue se redissout. » Ce fait précis, remarqué et décrit avant qu'on eût imaginé le mot isomérisme, était donc une confirmation de la définition de l'espèce chi- mique telle que je l'avais donnée dès 18145 puisque je montrais l'in- fluence de l'arrangement moléculaire sur les propriétés de deux corps d'une même composition quant à la nature et la proportion de leurs éléments. (i) Le Mémoire, auquel je fais allusion, fut lu à l'Académie le 9 de juillet 1821. C. R., 1864, 2"" Semestre. (T. LIX, N» 4.) ^ ' ( i58 ) » Même résultat pour le tendon : deux portions égales de ce tissu, dont l'une, après avoir été dissoute dans l'eau bouillante, laissait dans le vide sec un poids égal à celui du tendon frais amené au même degré de dessic- cation. » Des analyses élémentaires, faites longtemps après ces résultats obte- nus, ont confirmé les conclusions que je viens de rappeler. Et notons que les phénomènes de l'économie animale ne seraient pas compréhensibles en ce qui concerne la nutrition, l'assimilation et le renouvellement de certains organes, s'il n'existait pas tant de compositions isomériques dans les principes immédiats des animaux. » J'arrive maintenant aux conséquences qui se déduisent de mes études sur l'albiunine, relativement à la vie chez les animaux desséchés, les Roti- fères de Spallauzaiii et les Tardigrades de M. Doyère. I) Vous séchez l'albumine à une température insuffisante pour la cuire : elle conserve ses propriétés. » Vous constatez que cette albumine sèche, mise dans ime petite boule de verre plongée dans l'eau bouillante, ne se cuit qu'après une heure, une heure et demie, tandis qu'en solution correspondante au blanc d'œuf, il lui faut à peine quelques minutes d'exposition à celte température pour quelle le soit complètement. De là les trois conclusions suivantes : u 1° C'est qu'un animal, dont les liquides sont coagulabîes par une tem- pérature de 72 à 75 degrés, exposé à l'état vivant à cette température, périt inilubitablemcnt. » 2" C'est qu'un animal identicjue au premier, séché lentement à une température insuffisante pour coagider ses fluides et les désorganiser, pourra, après la dessiccation, revenir à la vie; telle est l'explication du fait que présentent les animaux cités. » 3" C'est qu'un ar.imal desséché convenablement pourra être exposé à des températures supérieures à celle où il aurait été tué s'il n'eût pas été séché. » J'ai montré dans le même Mémoire des faits curieux sur la coagulation lente de l'albiunine, opérée par le contact de l'éther préalablement saturé d'eau et par l'huile volatile de térébenthine. .. C'est dans ce même Mémoire que j'ai fait voir que toute la méca- nique des animaux repose sur l'union de l'eau avec les tissus. En effet, la flexibilité des tendons et leur aspect satiné, l'élasticité du tissu élas- '^9 ) tique jaune, la souplesse des membranes, l'opacité de la sclérotique, etc., sont dues à leur union avec l'eau, et je me suis assuré qu'aucun autre liquide susceptible d'être absorbé par les mêmes tissus ne leur donne les propriétés physiques dont ils jouissent lorsqu'ils sont unis k l'eau, en vertu d'une cause qui ne rentre ni dans l'idée qu'on se fait d'une force purement physique, ni dans l'idée qu'on se fait d'iuic force purement chimique. » C'est conformément aux vues que je rappelle, qu'il m'a paru curieux d'insister sur l'analogie que présente, sous le rapport de l'étude expérimen- tale, un effet simple, la décoloration du bleu de Prusse dans le vide lumi- neux et sa recoloration par l'air obscur, avec un effet [)lus complexe, la respiration! » C'est conformément encore à cette manière d'envisager la nature morte pour éclairer l'étude de la nature vivante, que j'ai étudié l'influence de la lumière sur un grand nombre de corps placés dans le vide, l'air atmosphé- rique, les gaz azote, hydrogène, etc., etc., et que j'ai montré, dans la plu- part des cas où les produits de l'organisation sont altérés, la nécessité de plusieurs causes agissant simultanément. » Parmi les observations intéressantes que M. Coste vient d'exposer, une d'elles surtout rn'a frappé vivement à cause des réflexions qu'elle me suggère au point de vue de la critique scientifique. Je veux parler de la différence de volume que présente une même espèce de corps vivant dans les individus qui la représentent, de sorte que par la filtration, les mis restent sur le filtre, tandis que les autres passent par les interstices qui séparent les fibres ligneuses du papier. M En effet, qu'est-ce qu'un filtre? sinon un tamis qui laisse passer des particules liquides et retient des particules solides moindres de diamètre que les interstices du papier. On conçoit dès lois l'imperfection de la filtration lorsqu'un liquide tient en suspension des corpuscules solides, morts ou vivants, d'une densité égale à celle du liquide, réfractant la lumière comme lui et n'ayant pas de couleur; alors il n'est pas possible de recon- naître ces corpuscules au moyen du microscope. Voilà ce que j'ai toujours pensé. » J'ai donc été satisfait d'entendre, dans une discussion à laquelle je suis resté étranger, qu'aucun esprit sévère ne peut admettre l'absence de corpuscules organisés dans im liquide où le microscope ne fait rien aper- cevoir. Une conclusion pareille ne serait acceptable qu'avec la certitude 21.. ( -60 ) qu'on possède un instrument absolu, c'est-à-dire capable de rendre visible un corps solide, quelque minime qu'eu fût le volume, en suspension dans un liquide. » Puisque je parle des erreurs auxquelles peut donner lieu la manière dont ou envisage la fillration quand ou la considère diuie manière absolue sans tenir compte de l'impuissance où elle est quelquefois de séparer un corps qui n'est pas dissous dans un liquide, je rappellerai encore des faits anciens. » Pendant dix ansjai été en dissidence d'opinion avec M. Berzelius qui prétendait que la matière grasse qu'on trouve dans l'alcool ou l'éllier qui a été mis en contact avec des matières azotées d'origine animale ou végétale est de nouvelle formation, qu'elle résulte de l'altération de la matière organique par le dissolvant. Je renvoie à un Mémoire lu à l'Acatlémie (i) l'exposé d'ex|)criences propres à combattre l'opinion de Berzelius, etjajoute qu'aujourd'hui elle n'est plus admise, et que le célèbre chimiste suédois lui- même m'avait écrit qu'il l'avait abandonnée. Mais ce que je veux rappeler, c'est qu'un élève deBerzelius, G. Gmelin, avait pensé démontrer l'exactitude de l'opinion de son maitre par l'expérience et le raisonnement suivant : i( Les niatièies grasses sont insolubles dans l'eau. Je fais bouillir, disait- » il, de la colle de poisson dans l'eau, je filtre la solution bouillante, je fais » évaporer à sec la liqueui' filtrée, et le résidu traité par l'alcool donne » à ce liquide de la matière grasse. Or, puisque celle-ci est insoluble dans « l'eau, elle est de nouvelle formation. » » Gmelin n'avait pas vu que le liquide gélatineux avait entraîné à travers les interstices du filtre, de la matière grasse à l'état d'émulsion trés-divisée. 1) L'expérience m'a apjiris que l'on abrégerait beaucoup les discussions auxquelles peuvent donner lieu des opinions du ressort de la philosophie naturelle, si avant de les coimnencer ou examinait les différents éléments dont cette opinion se compose. Ainsi je n'accepterai jamais, conuiif' preuve de la génération spontanée, l'apparition d'êtres vivants dans un liquide où le microscope ne me découvrirait rien immédiatement après la filtration de ce liquide, surtout lorsqu'on aurait négligé de constater si diflérentes infu- sions végétales colorées ne produiraient pas des colorations inégales en les mêlant à ce liquide, car le moyen dont je parle m'a souvent fait reconnaître des corps solides suspendus dans des liquidesoù aup;u-avanl ds échappaient à la \ ne. IMa conclusion est donc que 7ios sens et nos inslrnmoils n'étant point (i) Le 4 (l'août 1823. ( i6i ) parfaits, il faut bien se garder de conclusions qui, pour être vraies, exigeraient cette perfection. » li m'est impossible de concevoir l'existence à l'état liquide d'un corps vivant oii susceptible de le devenir, car je ne conçois l'organisation qu'avec une fonne limilée et déterminée, et cette organisation exige impérieusement une matière solide; voilà une seconde raison pour ne pas prendre part ,i une discussion où l'on pourrait être conduit à une conclusion qui reposerait sur des négations. )) Au reste, la distinction des différents éléments d'une question, eu égard à leurs degrés respectifs de certitude ou de probabilité, je l'ai faite en définissant, eu i843, l'espèce dans les êtres organisés. » .Ma définition comprend deux articles : » Le premier est le fait vulgaire connu de tous, la transmission de (a forme des ascendants aux descendants. » Le second est la relation de cette transmission de la forme dans des cir- constances identiques ou au moins semblables. » Distinguons bien la différence des deux articles : le premier a le carac- tère de la certitude; mais si le second me paraît un complément nécessaire du premier à cause de l'harmonie si admirable du corps vivant et des cir- conslances où il vit, faute de pouvoir apprécier aujourd'hui l'influence de chacune de ces circonstances, il m'est impossible d'affirmer ou de iiier absolument que les espèces actuelles descendent des espèces antédiluviennes. >' C'est en quoi ma définition de l'espèce dilfèie de toutes celles qui ont été données, parce que l'expression en est fidèle à nos connaissances actuelles et aux règles de la méthode à posteriori expérimentée . I) Elle a pour conséquences : » 1° La révision d'un grand nombre d'espèces de plantes et d'animaux du species des naturalistes; car les études dont elles ont été l'objet ne suf- fisent pas pour affirmer qu'elles ne tirent pas leur origine d'autres espèces dont elles ne seraient que des races fixées ; » 1° Qu'il est temps de soumettre à l'expérience des individus d'espèces bien déterminées, afin de n^connaître l'influence tie circonstances pa- reillement bien déterminées sur ces individus; et ces circonstances ne se bornent pas à celles des milieux, elles comprennent encore les influences que les graines et les œufs ont pu subir dans des circonstances relatives ( '^2 ) k la fécotulation, .'lu tiéveloppenient (ie l'einbivo;i ou du gerau', et s il s'agit des graines, de la position de celles-ci sur l'arbre, sur la tige, elc, en un mot elles comprennent encore des circonstances dépendant immédiatement du père et de la mère. » PHYSIQUE. — Délerminalion du coejjicient de dUaUilion de la porcelaine de Bayeux^ enlre looo el i5oo degrés; ^a/- MM. II. Sainte-Claire Deville et L. TuoosT. « Le problème dont nous donnons l'énoncé dans le litre de cette commu- nication nous intéresse directement au point de vue des méthodes que nous employons depuis plusieurs années pour la mesure des températuresé!evées: sa solution nous permettra d'aborder l'application de ces méthodes à la détermination ties températures dans la plupart des foyers de nos labora- toires et de l'industrie. » Nous avons opéré sur la porcelaine de Bayeux, d'abord parce qu'elle constitue la matière de nos vases, ensuite parce que ses propriétés réfrac- taires et son homogénéité la font employer presque exclusivement, et depuis longtemps, dans nos laboratoires de France. Enhn, la complaisance iné- puisable de JM. Gosse, qui a mis constamment à notre disposition la con- naissance parfaite de son art et les ressources de ses grands ateliers, nous a permis d'employer sa porcelaine sous les formes les plus variées et les mieux approprit'cs à nos besoins. » Avec les moy73 ) » 2° La classe des Annélides a des représentants dans toutes les mers. Il en est de méiue des deux ordres qui la composent [À. Errantes et J. Sé- dentaires); sous ce rapport, le groupe qui nous occupe rentre, peut-on dire, dans les règles générales. » 3° Ce cosmopolitisme semble s'étendre non-seulement aux grands genres qui reproduisent le mieux le type général, mais encore aux sous-types les plus exceptionnels et aux genres qui sembleraient devoir être les plus carac- téristiques. Sous ce rapport les Annélides s'écartent de ce qu'ont montré tous les autres groupes étudiés au point de vue géographique. » 4° J^e là il résulte que la faune des Annélides paraît jusqu'ici ne rien pré- senter qui rappelle les régions zoologiques, les centres de création caractérisés par un ou plusieurs types spéciaux, régions et centres dont la plupart des autres classes du règne animal ont permis de constater l'existence. » 5° La tendance à la diffusion des genres et sous-genres est contre-balancée par la tendance au cantonnement non moins prononcée dans les espèces. « 6° Le nombre des espèces communes à deux continents, à deux hé- misphères, aux mers orientales et occidentales d'un même continent, etc., s'il n'est pas absolument nul, sera toujours excessivement restreint. Les espèces d'un même genre changent parfois à des distances très-peu considé- rables. Je n'ai pas trouvé une seule espèce commune à nos côtes de l'Océan et aux côtes de la Méditerranée. )) 7° Les courants marins peuvent expliquer les rares exceptions que pré- sente la loi de cantonnement des espèces. C'est ainsi que j'ai trouvé à Saint- Jean-de-Luz la grande Eunice de Rousseau, confondue par Cuvier avec l'Eunice gigantesque de la mer des Indes. Cette espèce, originaire de la uier des Antilles, avait été évidemment apportée du golfe du Mexique par le gulf-stream. Il 8° Du cosmopolitisme des types et du cantonnement des espèces, il résulte que les termes correspondants géographiques ne doivent plus être cher- chés que dans ces dernières. Déjà on les trouve presque toujours, même lorsqu'il s'agit des espèces les plus remarquables par quelque particularité d'organisation, de taille, etc. )» 9" La classe des Annélides ne présente pas au point de vue du perfec- tionnement de l'organisme les différences correspondant à la latitude qui ont été signalées chez d'autres groupes, en particulier chez les Crustacés par M. Milne Edwards. Végalité d'organisation est une des lois les plus géné- rales de ce groupe. » fo° La nature des côtes influe de la manière la plus marquée sur le C. R., i86'|, 2"'« Semeslif. (T. LIX, ti" 4.) 23 ( 174 ) développement de la faune des Annélides. A en juger par tout ce que je con- nais, les côtes granitiques et schisteuses sont en général remarquablement riches en espèces et en individus; les côtes calcaires sont remarqua- blement pauvres sous ce double rapport. » CHIMIE. — Sur les propriétés de C acide silicique et d'autres acides colloïdes: par M. T. Graham. » Les notions usuelles snr la solubilité des corps reposent principale- ment sur l'observation des sels cristallins, et s'appliquent très-imparfaite- ment à la classe des substances colloïdes. L'acide silicique hydraté, par exemple, à l'état soluble est, à parler justement, un corps liquide, comme l'acool, se mélangeant à l'eau en toutes proportions. Nous ne pouvons donc parler des degrés de solubilité de cet acide, comme des degrés de solubilité d'un sel, à moins qu'il ne s'agisse de l'acide silicique gélatineux. La gelée d'acide silicique au moment de sa préparation peut contenir plus ou moins d'eau combinée, et paraît être soluble en raison de son degré d'hydratation. Une gelée conteM.mt i pour loo d'acide silicique donne avec l'eau froide une solution contenant environ i partie d'acide sili- cique pour 5ooo parties d'eau; une gelée contenant 5 pour loo d'acide silicique fournit une solution contenant à peu près i partie d'acide pour loooo parties d'eau. Une gelée moins hydratée est encore moins soluble; en6n la gelée rendue anhydre se présente sous la forme de masses blanches gommeuses qui paraissent absolument insolubles, comme la pondre légère d'acide silicique qu'on obtient en desséchant une gelée chargée de sels dans une analyse ordinaire d'un silicate. » La liquidité de l'acide silicique n'est affectée que par un changement permanent (coagulation ou pectisation), par lequel l'acide passe à l'état gélatineux ou pecteux, et perd la faculté de se mélanger avec l'eau. La liquidité est permanente en proportion du degré de dilution de l'acide sili- cique, et paraît être favorisée par une basse température. Un acide silicique liquide à lo ou 12 pour 100 se pectise spontanément en quelques heures à la température ordinaire, et immédiatement quand on la chauffe. Un liquide à 5 pour 100 peut se conserver cinq ou six jours; un liquide à 2 pour 100 doux ou trois mois, et un liquide à 1 pour 100 ne s'est pas pectisé au bout de deux ans. Il est probable que les solutions étendues de o, I |)oiu- 100 et au-dessous sont presque inaltérables par le temps, d'où la possibilité de l'existence de l'acide silicique soluble dans la nature. ( '75) J'ajouterai cependant qu'aucune solution, faible ou concentrée, de l'acide silicique dans l'eau n'a montré aucune tendance à déposer des cristaux, mais fournit toujours par la dessiccation un hyalite colloïde vitreux. La formation, si fréquente dans la nature, des cristaux de quartz à une basse températiH'e reste donc ini mystère. Je ne puis que supposer que ces cris- taux se déposf'nt avec une lenteur excessive de solutions extrêmement étendues d'acide silicique. La dilution affaiblit sans contredit le caractère colloïdal des substances, et peut, par conséquent, favoriser le développe- ment de leur tendance à cristalliser, surtout dans le cas où le cristal une fois formé est complètement insoluble comme celui du quartz. » La pectisation de l'acide silicique liquide est favorisée par le contact avec des corps solides en poudre. En présence du graphite pulvérisé, qui n'exerce aucune action chimique, la pectisation de l'acide silicique à 5 pour loo s'effectue en une heure ou deux, et celle de l'acide à 2 pour 100 en deux jours. On observa pendant la formation de la gelée à 5 pour 100 une élévation de température de i", 1 (centigrade). » La pectisation définitive de l'acide silicique est précédée d'un épaissis- sement graduel du liquide lui-même. Le passage des liquides colloïdes à travers un tube capillaire est toujours lent, comparativement au passage des solutions crislalloïdes, de sorte qu'on peut employer un tube capil- laire comme colloïdoscope. Avec un liquide colloïde de viscosité croissante, tel que l'acide silicique, on peut constater de jour en jour la difficulté de plus en plus grande qu'il éprouve à traverser le colloïdoscope. Au moment de se gélatiniser, l'acide silicique coule à la manière d'une huile. )) Un caractère dominant des colloïdes, c'est la tendance de leurs parti- cules à adhérer les unes aux autres, à s'agréger et à se contracter. Cette idio-attraction est démontrée par l'épaississement graduel du liquide, et en se développant aboutit à la pectisation. Dans la gelée elle-même, cette contraction particulière on s/nœresis se continue en amenant la séparation de l'eau et la division de la masse en caillot et en sérum; elle se termine par la production d'une masse dure pierreuse, de structure vitrée et qui peut être anhydre ou presque anhydre, quand on permet à l'eau de s'échapper parévaporation. La s/nœresis intense de la colle de poisson desséchée dans un plat de verre sur l'acide sulfurique dans le vide, fait cpie la gélatine en se contractant déchire et emporte avec elle la surface du verre. Le verre lui-même est un colloïde et l'adhésion des colloïdes entre eux parait plus puissante qu'entre colloïde et cristalloïde. La gélatine desséchée, ainsi qu'il 23.. ( '76) vient d'être dit, sur des plaques de spath d'Islande et de mica, n'adhéra pas à la surface cristalhne, mais se délacha par la dessiccation. On sait qu'il est imprudent de laisser en contact immédiat des plaques de verre poli, à cause du danger d'une adhésion permanente entre les surfaces. L'adhésion entre eux de fragments d'acide phosphorique glacial est un vieil exemple de synceresis colloïdale. )) Quand on songe que l'état colloïdal des corps est le résultat d'une attraction et d'une agrégation particidières de leurs molécules, propriétés dont la matière n'est jamais entièrement dépourvue, mais qui sont heau- coup plus marquées dans certaines substances que dans d'autres, on n'est pas surpris de voir les caractères colloïdaux s'étendre en sens opposé d'un côté jusque parmi les liquides, de l'autre parmi les solides. Ces caractères se manifestent dans la viscosité des liquides et dans la mollesse et l'adhé- rence de certains corps cristallins. Le métaphosphate de soude, après sa fusion par la chaleur, est un vrai verre ou colloïde ; mais quand on main- tient ce verre pendant quelques minutes à quelques degrés au-dessous de son point de fusion, il prend une structure cristalline sans perdre sa trans- parence. Malgré ce changement, le sel a conservé sa faible diffusibilité ainsi que d'autres caractères d'un colloïde. L'eau à l'état de glace a déjà été citée comme exemple d'une semblable forme intermédiaire, à la fois col- loïde et cristalline et susceptible, comme colloïde, d'adhésion entre ses parties, et de réunion ou de « regélation. » » Il est inutile de revenir ici sur la pectisafion si facile de l'acide sili- cique liquide au moyen des sels alcalins, v compris quelques-uns d'une très-faible solubilité, tels que le carbonate de chaux. Il suffit de mentionner que la présence du carbonate de chaux dans l'eau a été trouvée incompa- tible avec la coexistence de l'acide silicique soluble, jusqu'à ce que la pro- portion de ce dernier a été réduite à près de i pour lo ooo parties d'eau. » Certains liquides différent des sels en ce qu'ils n'exercent que peu ou point d'influence pectisanfe sur l'acide silicique liquide. Mais d'un autre côté aucun des liquides auxquels nous faisons allusion ne paraît favoriser la préservation de la fluidité d'un colloïde, pas plus en tout cas que ne le ferait l'addition de l'eau. Parmi ces substances inactives se trouvent les acides chlorhydrique, nitrique, acétique et tartrique, le sirop de sucre, la glycérine et l'alcool. Mais tous ces liquides et beaucoup d'autres montrent une relation importante avec l'acide silicique, et qui n'a aucune analogie avec l'action pectisante des sols. Ils sont susceptibles de déplacer l'eau de combinaison de l'acide silicique hydraté, que cet hydrate soit à l'état ( 177 ) liquide ou qu'il soit à l'étal gélatineux, et de donner ainsi de nouveaux pro- duits de substitution. » On obtient un composé liquide d'alcool avec l'acide silicique en ajou- tant de l'alcool à de l'acide silicique aqueux, en employant ensuite des moyens convenables pour éliminer l'eau du mélange. A cet effet, on peut placer le mélange renfermé dans une capsule au-de^slls de carbonate de potasse sec ou de chaux vive, sous le récipient d'une machine pneumatique, ou bien on peut suspendre dans un vase rempli d'alcool un sac dialyseur de papier parchemin contenant le mélange d'alcool, d'eau et d'acide silici- que : l'eau se diffuse en laissant dans le sac un liquide composé unique- ment de l'alcool et de l'acide silicique. Une précaution à prendre, c'est de ne pas laisser la proportion d'acide silicique dépasser i pour loo delà solu- tion alcoolique, autrement il pourrait se gélatiniser pendant l'expérience. S'il m'est permis de distinguer les hydrates liquide et gélatineux d'acide sili- cique par les termes de formation irréguliére : hydrosoL et li/drogel d'acide silicique^ les deux substances alcooliques correspondantes qui viennent d'être mentionnées pourront être désignées comme Valœsol et Valcogel de l'acide silicique. >) L'alcosol de l'acide silicique, contenant i pour loo de ce dernier, est un liquide incolore qui ne donne aucun précipité par l'addition de l'eau ou des sels, ni par le contact avec les poudres insolubles, probablement à cause de la faible proportion de l'acide silicique contenue dans la solution. On peut le faire bouillir et l'évaporer sans l'altérer, mais il se gélatinise par une légère concentration. L'alcool est retenu avec moins de force dans l'alcosol de l'acide silicique, que l'eau n'est retenue dans l'hydrosol, mais avec une énergie variable; une petite portion de l'alcool se trouve si forte- ment combinée, qu'il se charbonne lorsqu on distille rapidement à une haute température la gelée provenant de l'alcosol. On ne trouve pas une trace d'éther silicique dans aucun des composés de cette classe. La gelée brûle aisément à l'air en laissant tout l'acide silicique sous forme de cendre blanche. » On prépare facilement l'alcogel, ou composé solide, en plaçant des masses d'acide silicique gélatineux, contenant 8 ou lo pour loo de l'acide sec, dans l'alcool absolu et en changeant plusieurs fois celui-ci jusqu'à ce que l'eau de l'hydrogel soit complètement remplacée par l'alcool. I^'alco- gel est en général un peu opalin, et a la même apparence que l'hydrogel, dont il conserve à peu près le volume primitif. Voici la composition d'un alcogel préparé avec soin en partant d'un hydrogel renfermant 9,35 ( 178 ) pour 100 d'acide siliciqiie : Alcool 88, i3 Eau 0,23 Acide siliciquc 11 ,6^ 100,00 » En contact avec l'eau, l'alcogel se décompose peu à peu; l'alcool se sépare par diffusion, et est remplacé par de l'eau, de sorte qu'il se repro- duit un hydrogel. » De plus, l'alcogel peut devenii' le point de départ dans la préparation d'un grand nombre d'autres gelées de substitution ayant une constitution analogue; la seule condition qui paraisse indispensable, c'est que le nou- veau liquide puisse se mélanger avec l'alcool, c'est-à-dire que ces deux corps soient dilfusibles entre eux. On a ainsi préparé des combinaisons d'acide silicique avec l'éther, la benzine et le bisulfure de carbone. De même, en partant de l'éthérogel, on peut obtenir une nouvelle série de gelées siliciques, contenant des fluides solubles dans l'éther, comme par exemple les huiles fixes. )i La préparation du composé de (ifycérine avec l'acide silicique est faci- litée par la fixité de cette substance. Quand on plonge de l'acide silicique hydraté dans la glycérine et qu'on le fasse bouillir ensuite dans le même liquide, il passe de l'eau à la distillation sans qu'il y ait aucun changement dans l'apparence de la gelée, si ce n'est que de légèrement opaline qu'elle était, elle devient complètement incolore, et qu'elle cesse d'être visible tant qu'elle est couverte par le liquide. Mais une portion de l'acide silicique se dissout, et il se forme un cjl/cërosol en même temps qu'une gelée glycérique. Le glycérogel, préparé au moyen d'un hydrate à g, 35 pour 100 d'acide sili- cique, fournit par la combustion les nombres suivants : Glycérine 87 ,44 Eau 3,78 Acide silicique 8,f)5 100, 17 >» Le glycérogel est un peu moins volumineux que l'hydrogel primitif. Quand on soumet une gelée glycérique à l'action de la chaleur, elle n'entre pas en fusion , mais la totalité de la glycérine distille et une légère décom- |iosition a lieu vers la fin de l'expérience. 1) La combinaison avec l'acide sulfurique, le siiijuycl, est également inlé- ( 179 ) ressantc à cause de la facilité de sa formation, et de la complète substitu- tion de l'eau contenue dans l'iiydrogel primitif. Il n'est pas nécessaire de subdiviser la masse d'acide siiicique liydraté, pourvu qu'on la place d'abord dans de l'acide sulfuriquc étendu de deux ou trois fois son volume d'eau, puis qu'on la traite peu à peu par des acides plus forts, jusqu'à ce qu'enfin on la mette en contact avec l'huile de vitriol concentrée. Le sulfogel est plus pesant que celle-ci, et on peut le distiller avec un excès d'acide pendant des heures, sans qu'il perde sa transparence et son caractère géhitineux. li est toujours un peu moins volumineux que l'hydrogel correspondant, mais, à l'œil il paraît ne pas perdre plus de { ou j. du volume primitif. Ce sul- fogel est transparent et incolore. Quand on chauffe fortement un sulfogel en vase ouvert, on observe que la dernière portion de l'acide sulfuriqne monohvdraté en combinaison exige pour leur expulsion une tempéra- ture plus élevée que celle du point d'ébuUition de l'acide. Tout l'acide siii- cique reste alors à l'état d'une masse blanche, opaque, poreuse, semblable à la pierre ponce. Un sulfogel mis en contact avec l'eau se décompose rapi- dement, en reproduisant l'hydrogel primitif. Il ne paraît pas qu'aucune combinaison permanente d'acide sTilfurique et siiicique se forme dans ces circonstances. Un sulfogel placé dans de l'alcool donne naissance au boiU de quelque temps à un alcogel pur. Des gelées analogues d'acide siiicique se forment aisément avec les monohydrales d'acides nitrique, acétique, for- mique, et sont toutes parfaitement transparentes. » La iiroduction des combinaisons d'acide siiicique qu'on vient de décrire indique dans les colloiVies la possession d'un plus vaste champ d'affinités qu'on ne serait porté à le croire. Les colloïdes organiques sont probablement doués de pouvoirs aussi étendus de combinaison ; ce qui peut présenter quelque intérêt au point de vue physiologique. La faculté que possède une masse d'acide siiicique gélatineux d'ap[)roprier l'alcool et même l'oléine à la place de l'eau de combinaison, sans désintégration et sans changement de forme expliquera peut-être la pénétration de la matière albiuniueuse des membranes par les corps gras et autres substances inso- lubles, qui paraît avoir lieu pendant la digestion des aliments. Les composés fluides de l'acide siiicique sont plus remarquables encore et plus féconds eu idées nouvelles. Le composé alcoolique fluide rend plus probable l'existence d'une combinaison du colloïde albumine avec l'oléine, soluble aussi et capable de circuler dans le sang. » La faiblesse de l'attraction qui unit deux substances appartenant à des classes physiques différentes, un colloïde et un cristalloïde, est un sujet ( '8o ) digne d'attention. Quand on place une semblable combinaison dans un liquide, la puissance plus grande de diffusion propre au cristalloïde peut le séparer du colloïde. Prenons par exemple l'acide silicique; Teau de combi- naison (un cristalloïde) abandonne l'acide (un colloïde) i)our se diffuser dans l'alcool; et si l'on change plusieurs fois l'alcool, la totalité de l'eau se sépare, tandis que l'alcool (autre cristalloïde) se substitue à l'eau de combi- naison de l'acide silicique. Le liquide en excès (l'alcool dans le cas actuel) prend possession entière de l'acide silicique. L'expérience se trouve ren- versée quand ou met un alcogcl eu contact avec un volume considérable d'eau. L'alcool se sépare du composé à cause de l'occasion qu'il rencontre de se diffuser dans l'eau, et l'eau, qui est maintenant le liquide en excès, reste en possession de l'acide silicique. De pareils changements sont des exemples frappants de l'influence prédominante de la masse. » Même les combinaisons de l'acide silicique avec les alcalis cèdent à la force décomposante de la diffusion. La combinaison d'acide silicique avec I ou 2 pour loo de soude est une solution colloïdale, qui, placée dans un dialyseur au-dessus de l'eau dans le vide, pour évaluer l'acide carbonique, subit une décomposition graduelle. La soude se diffuse lentement à l'état caustique, et donne le précipité ordinaire d'oxyde brun d'argent quand on ajoute le nitrate de cette base à la solution. » La pectisation de l'acide silicique liquide et de beaucoup d'autres col- loïdes s'effectue par le contact de quantités minimes de sels, d'une manière qu'on ne s'explique pas clairement. En revanche, l'acide gélatineux peut de nouveau se liquéfier et recouvrer toute son énergie par le coulact avec une assez faible quantité d'alcali. Ce dernier changement est graduel : une partie de soude caustique, dissoute dans loooo parties d'eau, liquéfie 200 parties d'acide silicique (estimé comme sec) en soixante minutes à 100 degrés cen- tigrades. L'acide stannique gélatineux se liquéfie aussi très-aisément, même à la température ordinaire, sous l'influence d'une petite quantité d'alcali. On peut aussi, après avoir liquéfié le colloïde gélatineux, en séparer de nou- veau l'alcali par la diffusion dans l'eau sur le dialyseur. Dans ces circon- stances on peut envisager la dissolution de ces colloïdes coaime analogue à la dissolution des colloïdes organiques insolubles qu'on observe dans la digestion animale, avec cette différence que dans le cas actuel le dissolvant n'est pas acide^ mais alcalin. On peut représenter l'acide silicique liquide comme le o peptone » de l'acide silicique gélatineux ; de même on peut désigner la liquéfaction de celui-ci par une trace d'alcali comme \'d pcplisation de la gelée. Les gelées pures d'alumine, de peroxyde de fer et d'acide tita- ( >8. ) nique, préparées par la dialyse, se rapprochent davantage de raibnniine, puisqu'elles se pepliseiit au moyen de quantités minimes d'acide chlorhy- drique. » Acides slanniqiie et mélastanniquc (iqiiicles. — L'acide stannique liquide se prépare en dialvsant le bicidorure d'étain additionné d'alcali, ou en dialysant le slannale de soude auquel on ajoute de l'acide chlorhydrique. Dans les deux cas il se forme d'abord une gelée sur le dialyseur; mais à mesure que les sels se diffusent, la gelée se peptise de nouveau, grâce à ia petite quantité d'alcali libre en présence; celui-ci peut à son tour élre séparé par une diff ision prolongée, ([ii'on facilile par quelques gouttes de leintuie d'iode. L'acide slannique liquide se convertit par l'action de la chaleur en acide métastannique liquide. Ces deux acides se distinguent par la facilité avec laquelle ils se laissent pectiser par une quantité minime d'acide chlor- hydrique aussi bien que par les sels. » L'acide slannique liquide se prépare en dissolvant, sans l'aide de la cha- leur, l'acide titauique gélatineux ilans une petite quantité d'acide chlor- hydrique et en maintenant le liquide pendant plusieurs jours sur le dialy- seur. Xe liquide ne doit pas contenir plus de I pour loo d'acide (itanique, autrement il se gélatinise spontanément, mais il paraît plus stable quand il est élenda. L'acide titanique et les acides slannique et métastannique gélatineux fournissent la même série de composés avec l'alcool, etc., que ceux qu'on obtient avec l'acide silicique. » ylcide tunslique liquide. — L'obscurité qui a régné si loîigtemps siu" l'acide tungstique s'est dissipée par l'examen dialytique. C est, en effet, nn colloïde remarquable qu'on ne connaissait jusqu'ici que sous la forme pec- teuse. On préj)are l'acide lunstique licpiide en ajoutant avec précaution à une solution de tuugstale de soude à 5 pour loo une quantité suffisante d'acide clilorhydrique étendu pour neutraliser l'alcali, et en plaçant le liquide cpii en résulte sur le dialyseur. Au bout de trois jours environ on a l'acide pi;r, avec une perle d'environ 20 pour 100, tandis que les sels se sont entièrement séparés par diffusion. Il est remarquable que l'acide purifie ne se pectise pas sous l'influence des acides ou des sels, même à la température de lébullition. Évaporé à sec, il se présente, comme la gomme ou la gélatine, sous la forme d'écaillés vitreuses et transparentes, qui adhèrent quelcpiefois assez fortement à la surface de la capsule |)our en détacher des portions. On peut le chauffer jusqu'à 200 degrés centigrades sans qu'il perde sa solubilité ou qu'il passe à l'état pecleux; mais à une tem- C. R., i8C4, 2™' Scmeslie, (T. LIX, N" à.) 24 ( .82 ) péraUire voisine du ronge, il subit un changement niolécnlaire en perdant 2,42 pour 100 d'ean. Quand on ajoute de l'eau à l'acide tungstique non altéré, il devient pâteux et adliésif comme la gomme, et il forme avec un quart de sou poids un liquide tellement dense, que le verre nage à sa surface. La solution fiiit effervescence avec le carbonate de soude et donne un sel blanc crislallin. La saveur de l'acide tinigslique dissous dans l'eau n'est ni métal- lique ni acide, mais plutôt amère et astringente. Des solutions Umgstiques contenant 5, 20, 5o, 66,5 el 79,8 poiu' 100 d'acide sec pos^èdent les densités suivantes à 19 degrés : i,o475, 1,2168, 1,8001, 2,396 el 3,243. La solution étendue d'acide tungstique paraît incolore, mais elle devient \erdâtre parla concentiation. L'acide silicique liquide n'est plus suscep- tible de se pectiser après avoir été mélangé à de l'aciiie timgslique, phéno- mène qui se i-elie sans doute à la formation des composés doubles de ces acides décrits dernièrement par M. Marignac. » Ij'acide molybdique n'a été connu jusqu'ici, de même que l'acide tung- stique, que sous la forme insoluble. Le molybdate de soude cristallisé, dis- sous dans l'eau, se décompose sur le dialyseur par une addition d'un grand excès d'acide chlorliydritpie sans qu'il y ait précipitation. Après une diffu- sion de plusieurs jours, à peu prés 60 pour 100 de l'acide molybdique restent à l'état pur. Cette solution est pure, jaune, astringente au goût, acide aux papiers réactifs et fait effervescence avec les carbonates. » ASTRONOMIE. — Sur les raies almospliériques des planètes ; par le P. Seccui. u Rome, 12 juillet iSG.-). » r.,'année passée j'annonçais que dans les planètes, et surtout en Saturne et Jupiter, on découvrait des raies analogues à celles qu'on voit dans le spectre atmosphérique terrestre, d'où je tirai quelques conclusions sur la constitution des atmosphères de ces planètes. On a fait quelques objections a ces conclusions, sur lesquelles je n'entrerai pas en discussion, car la théo- rie est du domaine universel, et chacun a sa manière de voir. Mais je viens de voir que des observateurs très-distingués ont nié même l'existence dans ces planètes de raies de telle nature (i). J'ai donc jugé qu'il était de mon (i) On lit dans le Cosmos, n" du 3o juin 1864, p- 74^ : « Les planètes Vénus, Mars, Jupiter, Saturne, furent de même examinées dans le même but ; on n'y décoiwrit aucune ligne atmosphérique, quoique l'aspect caractéristiciue du spectre solaire ait été constaté en chaque cas, et que plusieurs des lignes principales aient toujours comcidc avec les lignes solaires. ( "83 ) devoir de revenir avec plus de soin sur mes observations, pour voir si quel- que faute s'était glissée de ma part. » Mais avant d'exposer mes nouvelles recherches, je crois qu'il faut éta- blir nettement l'état de la question. I! faut distinguer entre ce qu'on appelle une raie solaire et une bande atmosphérique : les premières sont des lignes qui, dans les instruments de faible force, tels qu'on peut employer dans ces recherches, sont très-fines et très-déliées, surtout dans la partie moins réfrangible du spectre entre les raies D et A. Les bandes atmosphériques sont de véritables faisceaux de raies, mais qui sont tout à fait indécompo- sables avec les spectromètres en question. » De plus, il est bien connu, par les beaux travaux de MM. Brewsler tl Janssen, que les bandes composées de raies atmosphériques se groupent près des raies solaires, B, C, C*, D, â, etc., de sorte que l'existence des bandes atmosphériques accompagne certaines raies de préférence, et on peut voir aisément ces différences en regardant à midi deux rayons juxtaposés dans le même spectroscope, mais l'un provenant du zénith, l'autre de l'horizon. » Cela posé, si réellement dans les planètes existent des raies atmosphé- riques, on les reconnaîtra en comparant ensemble deux spectres, l'un pro- venant de la Lune, pour laquelle il est bien constaté qu'il n'y a pas de raies atmosphériques, et l'autre provenant d'une planète. Comme la lumière est solaire dans les deux cas, nous aurons les mêmes raies fondamentales; mais dans la Lune elles seront très-déliées, et dans la planète très-élargieset formées de véritables faisceaux, comme celles que l'on voit à l'horizon ter- restre. » C'est donc celte expérience décisive que je viens de répéter plusieurs fois, et en invoquant même le témoignage d'autres observateurs, ne me fiant pas à moi seulement. En profitant du voisinage de la Lune à Jupiter et à Saturne, il est f.icile de constater la différence des deux spectres. Dans la Lune, les raies B, C, D en sont très-déliées, pendant qvie dans les planètes elles sont des véritables bandes. Leur force, leur intensité est si grande, qu'elles ont été aperçues même par des individus qui n'avaient aucune habitude à ce genre d'observation. Sans doute l'instrument ne réussit pas à faire la séparation des raies élémentaires qui composent ces bandes, non plus qu'il ne décompose celles de notre atmosphère, mais le fait seul de leur énorme dilatation suffit pour constater que nous n'avons plus à faire aux raies, mais à des bandes. Je suis même disposé à croire que les susdits savants ont cru voir des raies où ils voyaient réellement des bandes, car les •24.. ( '84 ) raies, de couleur rouge surtout, seraient très-difficiles à voir dans une lumière comparativcineiil aussi faible que celle des planèt.^s. n Jusqu'à présent, je n'ai pas pu constater si ces bandes planétaires sont toutes de même largeur que celles de notre atmosphère, mais quelques- unes, surtout le C', fr.e paraissent plus sombres dans les planètes que chez nous. J'espère pouvoir exécuter un micromètre plus exact que celui que je propose actuellement pour mesurer ces détails avec précision. Mais les pe- tites différences qu'on pourrait trouver ne pourr.iient mettre en doute la réalité du fait quant à la substance. La Lune à l'horizon tient parfaite- ment l'aspect de Jupiter au méridien, et ces observations sont si faciles, que, j'espère, elles seront répétées par plusieurs observateurs. « On pourrait mobjecter la petitesse de l'instrument, mais je rappelle que pour les voir bien il ne faut pas pousser trop le grossissement, et que j'ôte même la liuiette au spectroscope de poche de M. Janssen, car avec le trop fort grossissement on ne voit que mal; comme à peu près on perd la vue des bandes équatoriales de Jupiter en employant un très-fort grossis- sement. » Avec cette occasion, j'ai constaté de nouveau l'influence des brumes ou caligincs sur les raies atmospliériques terrestres : hier il fiiisait une journée voilée et caligineuse, et même les objets terrestres près de midi présentaient les raies atmosphériques, quoique vus à une petite distance, car évidem- ment ils étaient éclairés par la lumière solaire déjà filtrée à travers notre brumeuse atmosphère. Il m'a paru que ces raies, en général, sont plus faciles à distinguer pendant l'tté (pie l'hiver, et il paraît qu'il y a quelque relation entre l'absorption de ces rayons spectrométriques et ceux de la chaleur dont j'ai entretenu autrefois l'Académie, et pour lesquels j'ai con- staté le grand pouvoir absorbant de la vapeur d'eau. » Je profite de celte occasion pour vous signaler les corrections sui- vantes dans ma dernière communication du 27 juin : page 1 185, ligne 12 en montant, au lieu de i heure, //5e; 7 heures. » Même page, ligne '3 en descendant, après les mots Co;///;to r<7i(/«.v, ajoutez tome LVIII, 4 avril i 8G4, p. 632, ligne 1 2 et suivantes, dans lescjuelles on dit : « Dans des expériences si essentiellement délicates, il faut éviter de se servir, » à son exemple (du P. Secchi), de fils recouverts en gutta-percha, car cecohi- » haut par ses seules ondulations dégage de l'électricité. » En faisant allusion u à ce passage, j'avais éci it que l'auteur a dit que notre ap|)areil contient un long fil couvert de gutta-percha, qui en s'agilant pourrait fausser les indica- tions. Je n'ai rien à rétracter sur la substance de ce que j'ai dit : seulement ( i85 ) il faut effacer le mot long, qui ne se trouve pas daits le texte cité. Du reste, des expériences que j'ai faites dernièrement m'ont assuré que même en em- ployant un fil recouvert de gutta-percha, !';igilation nécessaire pour l'obser- vation seule ne produit pas d'ëleclricité sensible à mon éleclronièlre, mais je répète : ce fil n'existe pas. » MÉxMOIRES PRÉSEi\TÉS. CHlMlli MÉTALLURGIQUE. — Sur In carlmralion du fer par Tox/de de carbone. Note de M. Fréd.Margueritte, présentée par M. H. Sainte-Claire Deville. (Commissaires, MM. Dumas, Peligot. II. Sainte-Claire Deville.) « L'idée de la carburation par un gaz carburé est due à Clouel, qui pen- sait que le fer avait une telle affuiité pour le carbone, qu'à une très-haute température il l'enlevait même à l'oxygène. Il s'appuyait sur ce qu'ayant chauffé du fer divisé en petits morceaux avec un mélange de carbonate de chaux et d'argile, il avait obtenu de l'acier. Il concluait de là que l'acide carbonique du carbonate de chaux avait été décomposé en cédant au fer son carbone (i). » Cependant Mushet, répétant l'expérience de Clotiet, opéra avec de la chaux privée d'acide carbomque ou simplement avec du sable. Il obtint néanmoins de l'acier, et démontra ainsi que le carbone n'était pas fourni par l'acide carbonique du mélange, mais par les gaz du foyer qui péné- traient à travers les parois des creusets. » Collet-Descotils et Mackensie prouvèrent que, dans les mêmes cir- constances, le fer peut être parfaitement fondu sans que ses propriétés soient sensiblement altérées. » M. Boussiugault , eu suivant rigoureusement les indications de M. Glouet, obtint un produit que l'analyse démontra ne pas être de l'acier, mais bien du siliciure de fer. » Plus tard, M. Leplay donna sou ingénieuse théorie du traitement des minerais dans les hauts fourneaux, qu'il résumait ainsi : <( L'oxyde de carbone réduit tous les composés et carbure tous les mé- » taux qui peuvent être réduits et carbures par cémentation (2). » (1) Annales de Chimie, i" série, t. XXVIII, p. 19. (2) annales de Chimie, 2' série, t. LXII, p. 29 . ( i86 ) » Mais dans tles reclierches suivies en coninnin par IMM. Laurent et Leplay, l'action de l'oxyde de carbone fut trouvée absolument nulte^ et leurs expériences eurent pour conclusion que « 1 hydrogène carburé est la cause H de l'aciératioii et l'oxyde de carbone celle de la désoxydation (0. « » Cette question ne paraît pas avoir jusqu'ici reçu de solution. Le but de cette Note est de mettre en évidence l'action directement carburatrice de l'oxyde de carbone sur le fer. » Voici comment l'expérience a été faite : » On s'est attaché d'abord à mettre le fer qu'il s'agissait d'aciérer à l'abri de toute influence étrangère, en le plaçant dans un tube de porcelaine verni à l'extérieur et à l'intérieur. Ces tubes sont absolument impénétrables par les gaz du foyer. » L'oxyde de carbone employé provenait de la décomposition de l'acide oxalique pur par de l'acide sulfurique également pur. Ce gaz était séparé de l'acide carbonique qui l'accompagne eu traversant plusieurs flacons remplis d'une lessive de potasse, à la suite desquels se trouvait une disso- lution de baryte qui ne devait pas se troubler. )) L'oxyde de carbone, ne conservant plus trace d'acide carbonique, che- minait à travers des tubes renfermant de la potasse, puis de la pierre ponce unbibée d'acide sulfurique, d'où il sortait absolument pur et sec pour entrer dans ie tube de porcelaine chauffé au rouge vif. Le fer soumis au courant du gaz était eu fd fin qui avait été soigneusement décapé. )) Au bout de deux heures de calcination l'aciération était complète et, pendant tout le temps de l'expérience, il s'était dégagé de l'acide carbo- nique ; le fer avait donc décomposé l'oxyde de carbone. En acquérant toutes les propriétés de l'acier, il avait fixé du carbone en augmentant de poids et éliminé de l'oxygène qui avait produit de l'acide carbonique. )) Cependant M. Caron a fait une observation très-importante sur la dé- composition de l'oxyde de carbone par le silicium contenu dans ie fer. Il a démontré que du siliciure de fer, sur lequel on fait passer un courant d'oxyde de carbone à la température de fusion de la fonte, décompose ce gaz en donnant de la silice qui nage à la surface et en carbone qui se combine avec le fer, en sorte que l'aciération serait elle-même proportion- nelle à la quantité de silicium que renferme le fer et serait nulle lorsque le fer est pur. u J'ai dû faire avec soin l'analyse du silicium contenu dans le fer sur (i) Annales de Chimie, 2' série, t. LXV, p. 4o3. ( '87 ) lequel j'avais opéré. On n'a obtenu sur lo^', 29 de fer que qB'', ooç) de silice, dont le silicium, eu décomposant l'oxyde de carbone, n'aurait pu taire dé- poser que o^', oo356, soit o^^oooSS de carbone, tandis que le dépôt de carbone s'est élevé jusqu'à o^', 0048, à ne considérer que l'augmentation de poids. Cet acier, du reste, a été analysé: S^"', 016 ont été chauffés pendant quatre heures dans un courant d'hydrogène humide; ils ont perdu os^oi/), et après un nouveau traitement de quatre heures et demie, o^%ooi5, soit pour huit heures et demie une perte totale de o^SoiG qui représente oS'', oo53 de carbone au lieu de o^', 0048 accusés par l'augmentation de poids. 1) Il résulte de ces nombres que l'influence du silicium sur la cémenta- tion par l'oxyde de carbone, quoique très-réelle, n'a eu dans l'échantillon de fer traité qu'une part presque insignifiante. Il faut donc admettre une réaction directe entre l'oxyde de carbone et le fer. » Au reste, pour dissiper tous les doutes à cet égard, on a opéré siu- du fer pur préparé d'après les indications de M. Peligot, au moyen de l'oxalate de fer chauffé dans un courant d'hydrogène. On a calciné pendant environ trois heures, eu présence de l'oxyde de carbone, i^'', 3i8 de ce fer qui se sont augmentés de o^"', oo35, soit de o^"', 00260, et il s'est constamment dégagé de l'acide carbonique. En ailmettant, ce qui n'est pas, que ce fer renfermât du silicium ou des métaux étrangers, les deux faits simultanés de la carburation et de la production de l'acide carbonique seraient in)pos- sibles, puisque ces métaux fixeraient de l'oxygène au lieu d'en éliminer, et il faudrait, pour expliquer le dépôt relativement considérable de carbone (0^% 00^.65), les sup|)oseren quantités telles, qu'ils ne pourraient échapper à l'analyse. » D'après ces résultats, la cémentation du fer pai' l'oxyde de carbone ne paraît pas douteuse, et les conditions dans lesquelles elle a été faite m'ont permis de rechercher si l'azote est indispensable à la production de l'acier. » J'ai fait passer pendant fort longtemps, à une température conve- nable, de l'hydrogène sur du fer réduit en lames excessivement minces, pour le débarrasser, ainsi que l'a indiqué M. Fremy, de l'azote qu'il pou- vait contenir. » Ce fer, après ce long traitement, a été chauffé pendant trois heines au sein de l'oxyde de carbone : il s'est dégagé de l'acide carbonique et le fer a été converti en acier. Comme j'avais opéré à l'abii de l'azote exté- rieur et que l'oxyde de carbone employé n'en pouvait apporter, je crois qu'on peut conclure de cette cémentation, aussi bien que de celle par le ( '«8 ) diamant que j'ai indiquée dernièrement, que l'azofe nCst p;is indispensable a la production ni à la coiistitulion de l'acier. » Dans une prochaine comiuunicalion, je tirerai les conséquences de mes expériences et j'entrerai dans quelques considérations sur la théorie de l'aciération. » CHIMIE MlNÉ[tALOc;iQUE. — De l/i reproduclion de ['rmatase, de la hrookite et (litrulilc. Note de M. P. IIaltf.feiille, présentée par M. II. Sainte-Claire Deville. (Commissaires, MM. Daubrée, H. Sainte-Claire Deville.) « J'ai eu l'honneur de communiquer à l'Académie, dans sa séance du 20 juillet i8G3, l'exposé d'une méthode de cristallisation par la voie sèche, qui m'a permis de reproduire le rutile et la brookite. )> La méthode consiste, en principe, à dissoudre dans un fluorure alcalin ou dans le fluorure de calcium l'acide titanique seul ou mélangé à de la silice, et à soumettre la dissolution à l'aclinn d'un courant de gaz acide chlorhydrique. » J'ai pensé que la méthode décrite pouvait être perfectionnée en faisant réagir la vapeur d'eau directement sur le fluorure de titane gazeux dans une atmosphère réductrice ou oxy= Semestre. (T LIX, N» 4.) ^5 ( 190 ) » Le pointeraent oclaédiiqiie complet ne se rencoulre que sur des prismes courts dont les dimensions paraissent être celles que les minéralo- gistes assignent à la forme primitive. « La densité des cristaux est com|)rise entre 4)1 et/|,2. » La brookite artificielle par sa couleur gris d'acier rappelle la brookite de l'Arkansas, et par la prédominance des faces prismatiques la brookite des monts Ourals. » Riilile. — Enfin le fluorure de titane et la vapeur d'eau mrlangés au rouge vif donnent des prismes à base carrée terminés par un pointement octaédrique. La densité de ce rutile aciculaire est 4,3. » Ces trois reproductions minérales établissent que l'acide titanique se présente comme le soufre, et comme les acides arsénieux et antimonieux, sous des formes ci-istailines inconipalibles, qu'on jieut obtenir à volonté en variant la température à laquelle s'effectue la cristallisation. )> Dans mes expériences, l'acide fluorliydrique joue le même rôle que l'acide cldorhydrique dans les belles reproductions réalisées par M. IL Sainle-Claire Deville ; c'est un agent nûnéralisateur, un dissolvant éphé- mère de l'acide titanique. » L'acide clilorhydrique, ordinairement si puissant pour faire cristalliser les oxydes, ne jouissant de toute son énergie qu'à une température très- élevée, est un agent minéralisateur qui ne donne que du rutile. En effet, l'acide titanique amorphe cristallise sous la forme du rutile, lorsqu'on le chauffe au rouge vif dans l'acide clilorhydrique. L'acide titanique formé par le mélange du chlorure de titane et de la vapeur d'eau ne cristallise dans un courant de gaz oxydant qu'à une température Irès-élevée et encore sous la forme du rutile. Cette dernière expérience mérite d'être décrite avec détail. )) J'ai fait arriver dans un tube de terre chauffé au ronge vif deux cou- rants, l'un do chlorure de titane mélangé à de l'acide cldorhydrique, l'autre d'air humide. Le mélange des gaz s'effectuait en un point du tube où la température n'a pas dépassé le rouge simple penilant toute la durée de l'expérience. L'acide titanique n'a cristallisé que sur les parois chauffées au rouge vif, la zone du tube où les gaz se mélangeaient ne présente pas un seul cristal. La même expérience faite en présence d'une petite quantité et peu stable. Cette réiluction du fluorure titanique s'effcctuK complélcment à la température lie fusion du clilorure de potassiiiin; le fluorure uranique subit dans les mêmes circonstances une réduction sur la(jiielle je reviendrai. ( >9' ) d'acide fluorhydrique a donné une grande quantité de cristaux de brookite dans la zone comprise entre le rouge vif et le rouge sombre. » J'achève on ce moment au laboratoire de l'École Normale des expé- riences qui mettent en évidence le rôle que l'acide chlorhydrique joue dans la cristallisation des silicates et en particulier des silico-titanates ou sphènes : dès que les nombreux produits obtenus seront analysés, je ferai connaître à l'Académie les procédés qui permettent la reproduction des spbènesetde quelques autres substances minérales qui se produisent accidentellement avec ces silicates. » CHIMIE. — Sur la production du phospliatc aminoniaco-macjnésien. Note de M. E. Lesievr, présentée par M. H. Sainte-Claire Deville. (Commissaires, MM. Balard , II. Sainte-Claire Deville.) (( J'ai l'honneur de soumettre à l'examen de l'Académie le résultat de quelques recherches que j'ai faites sur les moyens de préparation du phos- phate ammoniaco-magnésien. » Ce composé peut être produit par deux réactions nouvelles, qui m'ont semblé jircsenler un certain intérêt. » I équivalent de phosphate acide d'ammoniaque et 2 équivalents de magnésie, mis à froid en présence, s'unissent directement et produisent ainsi le phosphate ainmoniaco-magnésien PhO% AzH% 110 + 2MgO= PhO% aMgO, AzH% HO. )) En substituant le carbonate de magnésie à la magnésie on obtient le même produit, l'acide carbonique se dégage : PhO% Azll% HO 4- 2(CO»MgO) = PhO', aMgO, AzH% HO + aCO^ » Par une réaction analogue, le phosphate bibasique de magnésie fixe l'ammoiiiaque, comme le phosphate acide d'ammoniaque fixe la magnésie; c'est ainsi que, mis à froid en présence de l'ammoniaque libre, carbonatée ou à l'état de sidfhydrate, il donne naissance au phosphate ammoniaco- magnésien. Dans le cas de l'emploi du carbonate et du sulfhydrate d'ammo- niaque, l'acide carbonique et l'acide sulfhydrique sont éliminés : PhO^•2MgO^- AzH'-f-Aq = Ph 0% aMgO, AzH% HO, PhO% 2MgO + CO-, Az H» HO = PhO% aMgO, AzH', HO -4- C0=, PhO', aMgO + HS, AzH' H- Aq = Ph 0% sMgO, AzH% HO + HS. 25.. ( 192 ) » Quand on sature le biphosphate de chaux par de la magnésie, de façon que la liqueur devienne très-légèrement alcaline, on obtient un précipité mixte de phosphate de chaux et de phosphate bibasique de magnésie, qui fixe l'ammoniaque proportionnellement à la quantité du dernier corps qu'il contient et produit ainsi du phosphate annnoniaco-magnésien. » Ces réactions très-simples pourront peut-être être utilisées pour la pro- duction indusirielle du phospliate ammoniaco-magnésien , qui est resté jusqu'à présent à l'état de desideratum en agriculture, malgré son efficacité depuis longtemps signalée. » ZOOLOGIE. — Mémoire sur tes Antipalliaires, cjenre Antipathes (Pol.). Note de M. Lacaze-Dcthieus, présentée par M. de Quatrefages. (Extrait par l'auteur. ) (Commissaires, MM. de Quatrefages, Blanchard.) « Ellis et Solander, plus tard M. Dana, ont fait connaître la forme exté- rieure des Polypes de trois espèces d'ANTiPATHAiRES vrais; mais ni les uns ni les autres n'ont étudié la structure et l'anatomie de ces animaux. » Les Anlipallies proprement dits sont bien plus rares sur les côtes de l'Algérie que la Gcrardia ; malgré les recommandations les plus pressantes, je n'ai pu me procurer pendant près de trois ans que quelques échantillons en bon état. Cela m'a suffi cependant pour prendre une idée de leur anato- mie et pour pouvoir montrer quelles différences capitales existent entre eux et la Gerardia. » Deux espèces ont servi, aux études objet de ce Mémoire. Ce sont V An- tipathes subpimutla et V Antipathes larix (Esper, Lamarck). Ces animaux sont de tous les corail iaires les plus difficiles à étudier, et sans doute cela doit expliquer le peu de notions précises que nous possédons sur eux. Ils vivent à de très-grandes profondeurs et ne sont rapportés que par les corailleurs qui seuls pèchent sur les rochers. Ils sont formés d'un tissu tellement déli- cat, que la plus courte exposition à l'air suffit pour les dessécher et les faire pour ainsi dire disparaître; et comme ce n'est qu'avec beaucoup de peine qu'on obtient des pêcheurs de les conserver dans l'eau pendant leur travail à la mer, le naturaliste éprouve de grandes difficultés pour se livrera des recherches sérieuses. » Dans les deux espèces que j'ai pu observer vivantes, les Polypes sont régulièrement disposés en ligne sur un seul côté, le côté supérieur des ra- muscules, celui qui est opposé au point d'attache du Polypier sur le sol. ( 193 ) » Chaque animal a, ainsi que Ellis, Solander et Dana l'avaient vu, six tentacules disposés en rosette autour de la bouche, (^es tentacules n'ont pas paru s'allonger beaucoup, et le plus souvent ils représentaient simplement six gros tubercules; peut-être, dans les conditions normales au fond de la mer, l'allongement est-il plus considérable. Quant au corps, il ne se redresse pas eu un tube saillant au-dessus du sarcosome, et ne forme qu'un gros mamelon, bien différent en cela de celui de la Gerardia. )) Le diamètre de la rosette du plus grand Polype ne dépasse pas un mil- limètre dans Y AnlipaUies subphmata ; il est plus grand que dans V Anlipalh(s larix, et si l'on en juge par les observations qu'on peut faire dans la collec- tion du Muséum de Paris, il doit exister de grandes différences relativement à la taille des Polypes dans les différentes espèces; comme cela s'observe par exemple dans \' Anlipathes scoparia (Lamarck), et le Leiopatlies glahei- rima (G.), ancien Anlipathes glaberriina (Esper). Quand les tentacules sont contractés, le Polype ne forme plus qu'un gros mamelon sur lequel on ne distingue plus leurs traces. Cependant dans beaucoup d'échantillons dessé- chés on voit six tubercules autour de la bouche qui forme le septième. » La cavité générale du corps offre dans Y Anlipathes subpinnala une dis- position très-remarquable et sans analogue dans les coralliaires connus. En regardant le péristome de face, on voit rayonnant autour de la bouche six lignes qui correspondent évidemment aux cloisons périphériques que Ton connaît dans tous ces animaux ; mais quatre de ces lignes s'effacent non loin de la bouche au milieu des tissus. Deux plus volumineuses et opposées l'une à l'autre portent seules les cordons pelotonnés ; ces deux lames sont ordinairement dans le plan passant par l'axe de la partie du Polypier qui porte l'animal auquel elles appartiennent. » Cette disposition est fort remarquable. Quand on étudie le développe- ment des ACTINIENS, on voit que la formation des loges périphériques de la cavité générale du corps commence par la production de deux cloisons, qui, conservant toujours l'avance qu'elles ont sur les autres, paraissent constam- ment plus développées, et correspondent aux angles des commissures delà bouche. Dans les Anlipathes (je parle de ceux que j'ai étudiés), ces deux premières cloisons semblent seules arriver à un entier développement; les autres sont à peine accusées par les ligues dont il a été question. M On trouve du reste ici, comme dans les autres coralliaires, un œsophage qui part de la bouche et sur lequel s'attachent les bords internes de ces deux cloisons. Il faut d'ailleurs observer que le bourrelet pelotonné, relati- ( -94 ) veinent très-gros, très-long, semble mesurer toute l'étendue du bord libre de la cloison. Le tissu des parois du corps est dune délicatesse extrême. Il est formé de deux ordres de cellules, au milieu desquelles on ne voit pas, comme dans la Gcrardia, deux couches distinctes. Ces cellules sont les unes trans- parentes et gonflées de liquide, les autres opaques et remplies de granula- tions. Ces dernières, en éclatant et mêlant leur conteiui à l'eau, donnent naissance à une mucosité filante fort embarrassante pour les préparations. Kn dedans comme en dehors, ce tissu cellulaire est couvert de cils vibra- tiles très-vifs. » Les nématocystes sont ovoïdes et volumineux, leur fd est court et ses lours de spire ne paraissent que vaguement au travers de la capsule. Ils sont plus gros dans les cordons pelotonnés et là disposés régulièrement presque à côté les uns des autres. Dans les téguments ils sont groupés en paquets comme dans la Gercirdia. L'Antipatlies(arixqne]iiien à ma disposition avait ses replis bourrés de corpuscules, qui par leur transparence et leur teinte ressemblaient aux capsules testiculaires de la Gerardia ; s'd n'était téméraire de conclure d'après des observations faites sur des objets dont l'état laissait à désirer, je dirais que les sexes sont séparés et portés non-seulement par des Polypes, mais encore par des zoanthodèmes distincts. Mais je ne puis généraliser et affirmer qu'il en est toujours ainsi. Le Polypier des Antipallies vrais est hérissé de toutes parts de spinules ; cela n'a point échappé aux auteurs, mais quelques-uns d'entre eux les ont à tort considérés comme des rameaux avortés. La disposition de ces épines |)eut fournir d'utiles caractères pour la spécification, comme je le montrerai en présentant une révision du groupe des Antipathaires. Le sarcosome recouvre partout le Polypier qui semble être enfermé dans une sorte de gaîne dislincte. Quand il se contracte, son tissu est traversé par les spinules comme cela a lieu pour les spinules des Gorgones. » L'accroissement du Polypier se fait par le dépôt de couches qui se superposent sur les tiges et (jui aux extrémité s'emboîtent comme des doigts de gants rentrés les uns dans les autres. Le milieu de l'axe parait creusé d'un canal ; mais ce n'est là (]u'une apparence due, sur les échan- tillons frais, à la densité moindre de la substance siu'ajoutée aux exti'éuiifés devenue interne par le recouvrement des couches et sur les échantillons desséchés au retrait de cette même substance. ( ^95) .) En se reportant au travail précédent sur la GerarJia, on voit qu'il existe entre ce genre et les y/ntipatlies proprement dits de grandes diffé- rences. Dans la première le Polypier est lisse et couvert de très-petites éléva- tions ombiliquées à peine sensibles; dans le second il est couvert de spi- nules; les tentacules, au nombre constant de vingt-quatre dans l'un, correspondent à autant de loges séparées par un nombre égal de lames à cordons pelotonnés; dans les autres deux de ces cordons se développent seuls, les tentacules ne dépassent jamais le nombre six. Dans la Gerardin le type Agtijnien est aussi développé et caractérisé que possible ; dans VJn- lipallics il reste incomplet par une sorte d'arrêt de développement. ). Dans un prochain travaille me propose de revoir l'ensemble des êtres formant le groupe des Antipatiiaires, et je montrerai, en prenant pour point de départ et pour base les deux êtres que je viens de faire connaître, combien les difficultés et les causes d'erreurs qui s'offrent au naturaliste sont grandes et nombreuses quand il n'étudie que les dépouilles desséchées de ces animaux. » CHIMIE ORGANIQUE. — JSoiiveau moyen de délruire les nmtières orcjnniqutf el d'en isoler la jiarlie minémle. Note de M. E. Miu.on, présentée par M. Fremy. (Commissaires, M.M. Peloiize, Balard, Fremy.) « Dn divise la matière végétale ou animale en fragments assez petits pour que ceux-ci soient introduits sans peine dans une cornue de verre tubulée où l'on a fait entrer de l'acide sulfurique pur et concentré. L'acide ne remplit que le tiers environ de la cornue, et son poids est au moins qua- druple du poids de la matière brute non desséchée. On chauffe doucement jusqu'à désagrégation ou dissolution de la matière dans l'acide sulfiu'ique, puis on fait tomber par la tubulure de la cornue, à l'aide d'un entonnoir allongé, de l'acide nitrique que l'on ajoute peu à peu, et l'on élève encore la température de la cornue. )) Ce premier temps de l'opération a pour objet de détruire les chlorures incorporés à la matière organique; il dure une demi-heure environ; alors on relire le mélange de la cornue et on le verse dans une capsule de platine, que l'on chauffe de plus en plus jusqu'à ce qu'on arrive à une évaporation rapide de la liqueur sulfurique, laquelle a bientôt perdu son premier aspect noirâtre et prend une teinte variable du jaune orangé au rouge. » A chaque addition d'acide nitrique, il se fait une décoloration seu- (■96) sible; mais, par l'action de la chaleur, la liqueur sulfurique reprend très- vite une teinte plus foncée. Les additions d'acide nitrique sont continuées aussi longtemps que le liquide se colore, et l'on obtient finalement, la matière organique étant complètement détruite ou expulsée, une simple dissolution des substances minérales, normales et autres, dans un excès d'acide sulfurique, que l'on achève de chasser par la chaleur. 11 Le résidu, purement salin, est blanc, tout à fait exempt de charbon, et son analyse est ramenée aux conditions les plus simples de l'analyse minérale. » En ménageant l'action du feu, à la fin de l'opération, l'arsenic et le mercure se retrouvent intégralement, dans le résidu, aussi bien que les autres métaux. )i A la rigueur, une cornue de verre peut suffire à l'évaporation, et, dans ce cas, il est facile de condenser dans un ballon les produits de la réaction et d'éviter de les répandre dans l'air. Toutefois, la destruction organique se mène plus vivement et surtout s'achève mieux dans une cap- sule de platine. » Les carbonates, chlorures, bromures et iodures, ainsi que les sels à acide organique, contenus dans la matière à détruire, sont remplacés dans le résidu par des sulfates. )> PHILOSOPHIE CHIMIQUE. — Théorie générale de l'exercice de l' affinité; parM.. E.-J. Macmené. Deuxième MémoirCj présenté par M. Pasteur. (Extrait par l'auteur.) « La théorie des types chimiques repose sur deux idées essentielles : » 1° L'idée du type chimique; » 2° Le principe des substitutions. )- L'idée du type n'a de valeur que si le type se conserve après une sub- stitution. Le principe des substitutions n'a de sens que si la substitution a lieu sans détruire le type. » Les deux idées n'en font qu'une. Cette idée me paraît complètement fausse. Ma théorie permet de le démontrer. » Je présenterai d'abord quelques observations générales Irès-brèves. Longtemps avant l'introduction du mot de substitution dans la science, on connaissait dans la Chimie minérale des faits nombreux, absolument iden- tiques à ceux qui ont paru nouveaux, bien à tort, dans la Chimie organique. Le chlore, en agissant sur l'hydrogène sulfuré, produit les mêmes effets gêné- ( '97 ) raiix qu'on a cru devoir désigner par un mot nouveau, par le mot de sub- stitution. Il produit de l'acide clilorhydrique en enlevant l'hydrogène, équi- valent à équivalent, et forme du protochlorure de soufre. Mais personne n'avait cru, avec raison, pouvoir regarder ce chlorure comme de l'hydro- gène sulfuré, dans lequel du chlore remplace de l'hydrogène en conservant les propriétés chimiques fondamentales du type. M. Dumas, après de belles études sur l'action du chlore et de plusieurs composés organiques, action qui donne, à la suite du remplacement de l'hydrogène par le chlore, des pro- duits dont la différence avec le composé primitif est bien moins grande que celle du chlorure de soufre avec l'hydrogène sulfuré, crut pouvoir établir le principe nouveau du type et des substitutions. « Mais dans quelles limites peuvent avoir lieu les substitutions? Dans quelles conditions le type est-il détruit ou conservé? Aucune définition pré- cise ne nous l'a fait connaître. » Je trouve contre ces idées deux objections qui me paraissent décisives. » I. La première, c'est que la théorie des types n'explique aucun fait, aucune action chimique complète, même parmi celles où son principe fonda- mental de substitution paraît devoir être seul en jeu. n Le premier Mémoire de M. Dumas sur les types chimiques est relatif à la formation de l'acide trichloracétique. Le fait considérable aux yeux de l'illustre auteur, et qu'il s'attache à faire ressortir, est la production d'un acide chloré par la substitution de 3 équivalents de chlore à la place de 3 équivalents d'hydrogène dans l'acide acétique, dont le type serait con- servé, car l'acide chloré aurait les mêmes propriétés chimiques fondamen- tales que l'acide hydrogéné. )) Si les matières qui accompagnent l'acide chloracétique avaient peu d'im- portance, si l'on pouvait croire qu'elles résultent d'une action du chlore étrangère à celle qui produit l'acide chloracétique lui-même, il serait peut- être permis de n'y attacher aucune attention; mais ces produits ont un poids considérable. Un seul d'entre eux, l'acide oxalique, se montre, d'après M. Dumas, « en grande quantité. » Je montrerai dans un instant que très- probablement le poids des autres produits est égal aux -| du poids de l'acide chloracétique : ce ne sont pas des accidents, des impuretés, ce sont des pro- duits essentiels. w Or, la théorie des types et des substitutions ne donne aucune espèce d'indication sur la formation de ces produits essentiels. La formule C'H*0* + 6CI = C*HC1'0*+ 3nCl C. R., i864, 2'"' Semestre. (T. LIX, N" 4.) 26 ( '98 ) f'st au moiiis incomplèle. Elle exprime un détail de la réaction et non la réaction vraie, entière du chlore sur lacide acétique. » Ma théorie permet, à laide d'une hypothèse tfès-simple, d'établir la formule suivante 2iCf + ./iC/H^O*=2C'HCPO»4-C=HO'-f-C=IICl' + 4CO + i2HCl. pour exprimer l'action réelle directe et entière du chlore sur l'acide acétique. En examinant les actions secondaires, on explique avec la plus grande vrai- semblance tous les faits observés par M. Dumas. » II. La deuxième objection, c'est que les rapprochements établis entre certains corps par la théorie des types ne sont pas fondés. " Ce qui a surtout contribué à fiiire admettre la théorie des types c'est, par exemple, le parallélisme établi entre deux alcools qui, traités de la nu me manièi-e, donneraient toujours des produits correspondants. L'al- cool de vin traité par la potasse donnant de l'acide acétique, l'alcool de bois traité par la même potasse donnerait de l'acide formique. » Or ce principe est faux, et c'est dans les expériences mêmes de M. Dumas que j'en trouve la preuve. » L'esprit de bois donne de l'acide formique avec la chaux potassée, mais avec la potasse pure il ne donne que de l'acide oxalique, accident capital, dont M. Dumas n'a pas manqué d'être frappé, car il l'attribue à « uneréac- » tion compliquée. « » Ma théorie montre qu'il n'y a aucune complication et que les choses se passent ainsi parce que le parallélisme n'existe réellement pas jusque dans les causes. » Je suis forcé d'abréger ici; mais ou verra dans le Mémoire que les ac- tions de la potasse sur l'alcool et sur l'esprit de bois sont exprimées par les formules suivantes : 2RO.HO+ C*H''0»= RO.C*H='0»+ RO.HO+ /jH, i4RO.HO + ioC-H'0= = ioRO.C-0' +4RO.HO + 5oH, ce qui s'accorde parfaitement avec les expériences de M. Dumas, et prouve clairement, sans aucune hypothèse, que les deux alcools ne se comportent pas de même avec la potasse. n Lorsqu'on emploie le mélange de chaux potassée, les formules sont 5(KO.H04-2CaO)+ 2C'H"0'= 4R0.C'H'0'-i-K0.H0 + loCaOH- 16H, io(K0.H04-2Ca0) + iiC'H'O'=rioK0.C'H0' + 4-2oCaO-+-44H-4-2CO. u Cette dernière circonstance, la formation de l'oxyde de carbone, est ( '99 ) indiquée avec une précision remarquable par iiia théorie. Elle est parfai- tement d'accord avec l'expérience de M. Dumas; mais l'illustre auleur, privé alors du guide que j'offre aujourd'hui aux chimistes, avait fait seule- ment remarquer la présence d'un gaz hydrogène carboné ou oxyde de carbone « qu'on reiicoiître presque toujours dans les réactions de cette » nature. » CHIMIE. — Sur un nouvel hydrocarbure du goudron de houille; par M. A. Naquet. « Je ne me proposais point de faire aujourd'hui cette communication encore très-incomplète, mais je m'y vois obligé par celle qu'a faite tout récemment M. Béchamp, et dont je prends connaissance à l'instant même. » Ayant distillé de grandes quantités d'huile de houille, j'ai réussi à en extraire i litres environ d'un hydrocarbure limpide, volatil entre i39°,5et 140", 5. Je possède de plus dans mon laboratoire G ou 7 litres de produits siq^érieurs, qui, par un petit nombre de rectifications, se ré- soudront dans le produit indiqué. )) Plus avancé dans mes recherches que M. Béchamp, j'ai commencé l'étude de cet hydrocarbure, et je puis, des aujourd'hui, publier les pre- miers résultats que j'ai obtenus. » J^'analyse de ce corps m'a donné les nombres suivants : € 90,25 90 90,56 H 10,02 10 9>44 » Ces nombres, comme on le voit, se rapprochent presque autant de la formule €' H'" que de la formule C5H'^ Toutefois, l'analyse indiquerait relativement à la première de ces formules un excès assez considérable d'hydrogène. » Pour trancher la question, j'ai pris la densité de vapeur du produit. Deux déterminations m'ont donné pour cette densité, l'une le nombre 3,98, l'autre le nombre 4,02. » La densité théorique du composé G'H'^ est4,i4i ^t celle du composé G'H" est 3,66. M II me paraît donc sûrement établi que le nouvel hydrocarbure qui fait l'objet de cette communication répond à la formule G'H'^ » Le cumène, dont la plupart des auteurs admettent l'existence dans le goudron de houille, bouillant à i5i degrés, j'ai cherché à isoler cet hydro- 26./ ( 20O ) carl)ure des produits qui bouillent au-dessus de 1/4 1 degrés; à ma grande surprise, ces produits n'eu renfermaient pas de traces. J'ai pensé alors à étudier comparativement l'hydrocarbure nouveau et le cumène de l'acide cumiuique. J'ai commencé cette étude sur le nouvel hydrocarbure. » La première question qui se présentait était celle-ci : le nouvel hydro- carbure donne-t-il naissance à un alcaloïde cristallisé ? 1) J'en ai transformé 5o grammes environ en produit nilré, que j'ai soumis à l'action d'une solution alcoolique de sulfure d'ammonium. Beau- coup de soufre s'est déposé. J'ai ensuite distillé l'alcool au hain-marie. Or, bien que mon préparateur, à qui j'avais confié la fin de l'opération, ait perdu le produit et que l'expérience n'ait point encore été reprise, je crois pouvoir affirmer que l'alcaloïde qui se forme est cristallisé. Il s'est, en effet, déposé de jolies aiguilles cristallines dans l'alcool séparé par distillation du produit principal. » J'ai fait ensuite agir le chlore sur i litre environ de cet hydrocarbure : j'espérais de la sorte obtenir des produits de substitution et pouvoir, en soumettant le produit brut à l'action de la potasse alcoolique, obtenir l'acide €'H"'0'. On se souvient, en effet, que j'ai fait voir qu'un tel résultat s'obtient à l'aide du toluène, lequel fournit facilement de l'acide benzoïque. ). Or, bien que la quantité de chlore que contient le produit brut soit supérieure à celle que contiendrait le dérivé trichloré, l'action de la solution alcoolique de potasse sur ce corps ne m'a pas donné la plus petite quantité d'un acide quelconque. » Toutefois, la potasse alcoolique a réagi très-vivement à froid sur le composé chloré, et il s'est déposé beaucoup de chlorure de potassium. En soumettant à la distillation fractionnée le produit de la réaction, j'ai obtenu un liquide impur, passant vers i4o-i5o degrés, et qui, quoique renfermant encore du chlore, paraît être, soit une portion de l'hydrocarbure primitif qui avait échappé à l'action du chlore, soit une certaine quantité de l'hydro- carbure régénéré, soit un hydrocarbure nouveau ; de plus, il a passé un |)roduit chloré entre i85 et 193 degrés, un autre entre 222-226 degrés, et enfin il reste au-dessus de cette température des liquides qui ne distillent plus. » Les corps précédents ne présentent point, jusqu'ici, im degré de pureté suffisant, et les analyses nombreuses que j'ai faites des diverses portions ne me donnent encore auciuic indication précise sur leur nature. » Je suis toutefois porté à croire que le chlore a agi sur mon hydrocar- bure, d'abord par voie d'addition comme cela a lieu avec la benzine; et ( 20I ) comme il est possible que la potasse alcoolique ait encore compliqué les résultats, je me propose, pour élucider la question, d'obtenir le produit de substitution percbloré: je pourrai, de cette manière, savoir s'il s'est ajouté du chlore et combien il s'en est ajouté. J'attacherais une grande impor- tance à cette expérience si je parvenais à démontrer que le cumène vrai se comporte d'une tout autre manière avec le chlore. » Je me propose aussi de préparer une grande quantité de l'alcaloïde et de le soumettre à l'action de l'acide azoteux, afin de préparer par ce moyen, soit l'alcool €'H"Ô, soit un isomère de cet alcool. » Enfin, j'ai l'intention de répéter toutes mes expériences : i" avec le cu- mène de l'acide cuminique ; 2° avec le mésitylène dérivé de l'acétone qui .1 la même formule. » Bien que je n'aie entrepris que récemment l'étude de cet hydrocar- bure, je l'avais obtenu il y a deux ans environ, lorsque je travaillais à Paris dans le laboratoire de M. Wurtz. » Je pense que cette communication me donnera le droit de continuer l'étude du corps dont j'ai commencé Thistoire, et particulièrement d'exé- cuter ou d'achever les diverses expériences que je viens d'indiquer. « CHIMIE ORGANIQUE. — Du pouvoir rotaloire de la quinine; pflrMM. DE Vry ef Alluard. (Commissaires, MM. Regnault, Bernard.) « L'un de nous ayant trouvé dans» ses recherches multipliées sur les quinquinas de l'Amérique et des Indes orientales, cultivés dans ces der- nières localités par les Hollandais à l'ile de Java, et par les Anglais dans les Neilgherries, présidence de Madras, que le pouvoir rotatoire de la qui- nine, déterminé en i8/i3 par M. Bouchardat, ne suffit plus à nos connais- sances actuelles, nous avons entrepris de la déterminer de nouveau en nous servant de l'appareil connu de M. Biot, construit par M. Duboscq, et qui appartient au laboratoire de chimie de la Faculté des Sciences de Clermont. » 1° Pouvoir rolaloire du sulfate de quinine cristallisé. — Le sulfate qui nous a servi à cette détermination est celui qu'on connaît dans le commerce sous le nom des trois cachets. Nous l'avons dissous dans l'acide sulfurique dilué, et eu observant dans un tube de i5o millimètres cette dissolution qui, sous le volume de 4i centimètres cubes à aS degrés, renfermait 4 grammes de sulfate de quinine, nous avons trouvé pour la déviation de la teinte de ( ao2 ) passage » Dans ces conditions le pouvoir rotatoire de ce sulfate est (a) = — 218°, 67 ou (a)^= — 167,6/, \. - Il a été calnilé avec la formule p est le poids de la matière active contenue dans la dissokilioii; V le vo- lume total de la dissolution qui renferme p; l \a. longueur du tube d'ob- servation; a la déviation de la teinte de passage observée au moyen de six couples au moins de lectures alternées. <■ 2" Pouvoir rolaloire du suljale de (juinine anhydre. — o^^gog du sulfate cité chauffés dans un courant d'air sec à 120 degrés ont perdu o^''. 143 d'eau. Par conséquent, les 4 grammes de l'expérience pré- cédente contenaient 3s'^,422 de sulfate anhydre. En substituant cette valeur a /; dans l'expérience précédente, il vient pour le pouvoir rota- toire du sulfate de quinine anhydre : (a)/= — 255'',6 ou (a)r= — igS^jQÔ^. » 3" Pouvoir rolaloire de In cjuinine dissoute dans l'alcool. — La quinine qui a servi à cette détermination fut préparée avec le sulfate mentionné en le dissolvant dans l'acide sulfurique dilué et versant cette dissolution dans un excès d'une solution de soude caustique à la température ordinaire de a3 degrés. Le précipité lavé et desséché à l'air fut chauffé au bain-marie jus- qu'à ce qu'il n'y eiit plus de perte de poids. La quinine ainsi obtenue fut dissoute dans l'alcool ; nous eûmes alors p = i'''',495 ; V = ^5 centimètres cubes à la température de 23 degrés; et Z = 200 millimètres. La déviation de la teinte de passage, observée conmie toutes les autres qui seront rap- portées ici, en faisant plusieurs lectures alternées, a été — 21", 5 \; don l'on déduit i)our le pouvoir rotatoire («)>= - '79°' 76 "" («)-■= - 137", 81 \. Il 4° Pouvoir rolaloire de la (juinine disioute dans l'acide acétique. — Une lutre portion de la même quinine fut dissoute dans l'acide acétique dilué; .dors p = 18'', 660; V = 2$ centimèlres cubes à aS degrés, et / = aoo mil- Hmètres. fia déviation observée fait — 36" '\, ce qui donne (a)^— — 271°, 08 ou (a)r= — 207",82 \. ( 203 ) )i 5° Pouvoir rotaloire de la c/uiniiie dissotilc dam, l'avide sul/uitqiit. — La même quinine fut dissoute dans l'acide sulfurique dilué; la dévialion ob- servée fut 25°, 25 ^ avec /> = i^% 1 56, V = aS centimètres cubes à la tempé- rature de 25 degrés, et Z = 200 millimètres, d'où (a)y= — 273°, o3 on (aV= — 209°, 32 %,. Comme on le voit, afin de connaître le pouvoir rotatoire de la cjuinine dans ses solutions acides, nous avons fait usage de deux acides d'une force bien différente. La comparaison des observations quatre et cinq établit que le pouvoir rotatoire de la quinine reste le même dans tons les acides inactifs. )i 6° Pouvoir rotaloii'e de la quinine pure dissoute dans r alcool. — Quoique le sulfate de quinine employé par nous pour nos expériences jouisse d'une réputation méritée, il n'est pourtant pas chimiquement pur. I^a plupart des quinquinas employés dans la fabrication du sulfate de quinine du com- merce contiennent, outre la quinine et la cinchonine, soit de la cinchoni- dinc ou de la quinidine, d'où résulte c[ue les sulfates de c[uinine du com- merce contiennent des traces de l'un ou de l'autre de ces alcaloïdes qui ne peuvent pas être reconnus par les réactifs ordinaires, mais dont on con- state la présence en déterminant la rotation moléculaire des divers sulfates de quinine du commerce, comme cela a été fait par l'un de nous. Le meil- leur moyen pour se procurer de la quinine pure est de préparer le bisulfate de iodoquinine découvert par Herapath. Quoique les autres alcaloïdes du quinquina forment des combinaisons analogues avec l'acide sulfiu'ique et l'iode, la combinaison de la quinine se distingue des antres par sa solubi- lité beaucoup moindre, de sorte que l'on [leut la purifier aisément. Après avoir préparé le bisulfate d'iodoquinine nous le traitions par ime solution aqueuse d'acide sulfhydrique. La dissolution de quinine pure obtenue parce moyen fut précipitée par un excès de soude caustique. Quoique la précipi- tation eût lieu à la température ordinaire de 23 degrés comme dans l'expé- rience troisième, le précipité eut la consistance d'une résine molle. Apres avoir été lavé il fut desséché à l'air, et puis au bain-marie jusqu'à ce qu'il n'y eût plus de perte de poids. Dans cet état, il était devenu dur et friable ; il fut dissous dans l'alcool, et donna uJie déviation de — 20°, 5 %j, en prenant p^\^'^,3go; V = 26 centimètres cubes à la température de 25 degrés, et Z = 200 millimètres, ce qui conduit pour le pouvoir rotatoire de la quinine pure dissoute dans l'alcool à (a)^.= -1040,35 ou (a),= - i4i°,33\. » 7" Pouvoir rotatoire de la quinine pure dissoute dans l'acide acétique. — ( 204 ) La quinine pure qui avait été employée dans l'expérience sixième fut dissoute dans de l'acide acétique dilué ; elle a donné la déviation — 25°,5'~^ avec /j = i^"^. 1 1 o ; Y = i5 centimètres cubes à la température de 2/1 degrés, et / = 200 millimètres. On en déduit pour le pouvoir rotatoire (a)y = — 287°,i6 ou (a)r = — 220°,i6\. » Les expériences six et sept rapprochées de trois et quatre, et surtout des expériences connues jusqu'ici sur le pouvoir rotatoire de la quinine, mon- trent combien il importait de purifier cet alcaloïde comme nous l'avons fait, afin de déterminer son pouvoir rotatoire moléculaire d'une manière précise. « ANALYSE MATHÉMATIQUE. — Mémoire sur l'intégration des différientielles algébriques ; par M. Nicolas Aleweef. (Commissaires, MM. Bertrand, Serret, O. Bonnet.) « Après les beaux travaux d'Abel et de MM. Liouville et Tchebichef , l'auteur se propose seulement de simplifier quelques points de la théorie, en se plaçant au point de vue de l'enseignement. » Ses recherches sont relatives à l'intégration des fonctions rationnelles et de celles qui contiennent, sous le signe d'intégration, la racine carrée d'un polynôme de degré quelconque, et la méthode qu'il propose consiste à les simplifier sans changer de variable, en extrayant de l'intégrale une partie algébrique que l'on détermine directement pour la retrancher de l'expression proposée. >> PHYSIQUE. — Elude sur les éleclromoteurs ; par M. Savary. j, (Commissaires, MM. Fizeau, Edm. Becquerel.) PHYSIQUE DU GLOBE. — Observations sur le mouvement du sable du littoral des Landes. — Observations sur les vases marines des côtes sud de la Bretagne; par M. Vionnois. Ces deux Mémoires sont renvoyés à l'examen d'une Commission com- posée de MM. Duperrey, de Tessan, Daubrée. M. Trémaux présente une suite à son Mémoire « Sur les transformations des êtres et les conditions dans lesquelles elles se produisent ». {Commissaires précédemment nommés : MM. Serres, Flourens, de Quatrefages.) ( 205 ) CORRESPONDANCE. M. Ei-iE DE Beacmoxt fait hommage, à l'Académie, au nom de l'auteur, M. Holinboe, Professeur de langues orientales à l'Université de Christiania, de trois opuscules écrits eu norvégien et transmis par M. de la Roquette. L'une des brochures de M. Hoimboe contient desdétails curieuxsur lespoids en forme d'animaux (chevaux, bœufs, etc.) employés parles Norvégiens au XIV* siècle. M. Elie de Beacmoxt présente également, au nom de M. le Profes- seur 5r/iee/"er de Freiberg, trois opuscules écrits en allemand, dont l'un est relatif à la question de savoir si la composition de la silice doit être exprimée par SiO^ouSiO*. (Renvoi à MM. Dumas et Regnault pour un Rapport verbal.) M. Élie de Beaumoxt présente aussi, au nom de M. Cléinent-Ma.'let, la traduction d'un ou\rage arabe intitulé : le Livre de l' Ayriculiure cVIbn-al- Awam [K'dab-al-Felaliain.) « Je crois, dit l'auteur dans la Lettre d'envoi qui accompagne son ou- vrage, avoir fait un travail utile qui, comblant une lacune dans l'histoire de l'agronomie, fera connaître l'Orient sous un point de vue nouveau. On trou- vera beaucoup de ces procédés anciens qui pourront trouver une applica- tion avantageuse parmi nous. L'Algérie surtout y trouvera son profit, puisque la géographie physique a constaté des rapports de climatologie entre l'Espagne, où ce traité fut écrit, et quelques parties de la Babylonie si souvent citée. Pour faciliter les comjxiraisons, la mesure ancienne est toujours accompagnée de la traduction en mesures métriques françaises. Deux chapitres méritent surtout l'attention : c'est celui qui parle de la pré- paration des engrais, celui qui traite des maladies de la vigne. On peut encore y joindre celui qui parle de la conservation des grains et des sub- stances alimentaires. » M. Eue de Beacmoxt, en présentant, au nom de M. Ernest Lamarle, la troisième partie d'un ouvrage intitulé : Exjwsé géométrique du Calcul différentiel et intégral, lit le passage suivant de la Lettre qui l'accompagne : « Les deux premières parties ont été publiées en i86i. Dans l'une sont exposés les principes généraux de la Cinématique pure ; dans l'autre, et comme déductions de ces principes, les règles de la différentiation. La troi- sième partie a été publiée en i863; elle comprend les diverses applications du calcul différentiel à l'Analyse et à la Géométrie. G. R., i8G/,, a'"^ Semestre (T. LIX, N» 4.) 27 ( 206 ) » La méthode suivie dans cet ouvrage est analogue à celle de Roberval dans la Théorie des mouvements composés. Elle débute par assigner aux dif- férentielles un sens précis, qui les assimile aux autres variables et ne leur laisse rien de mystérieux ni d'obscur. Tout s'y ramène ensuite aux procédés simples et rigoureux de la Géométrie élémentaire. Voici, d'ailleurs, les avan- tages qu'elle me paraît offrir : >> Indépendante de la considération des limites et de celle des infini- ment petits, elle ouvre aux investigations un champ fécond en ressources nouvelles. » PHYSIQUE DU GLOBE. — Note sur wi trembJemeiU de terre. Extr:ùf d'une Lettre de M. Rexou à M. Élie de Beauraont. « Le samedi i6 juillet, à 9''io'" du matin, on a ressenti à Vendôme un tremblement de terre, qui s'est étendu au sud-est jusqu'à Champigny (iG""', 5 en ligne droite); au nord-est de cette ligne, on l'a ressenti jusqu'à Oucques. » A Vendôme, le phénomène a été remarqué par un grand nombre de [)ersonnes, mais il a passé inaperçu pour le plus grand nombre; on a re- marqué dans plusieurs maisons une trépidation uiaccoutumée des portes, des pendules, des vitres de fenêtres ; les personnes couchées se sont senties secouées dans leur lit. La secousse a été instantanée et accompagnée, sans intervalle de temps appréciable, d'un roulement souterrain qu'on a com- paré au bruit dune voiture de pavés qu'on décharge. » Le tremblement de terre a été plus fortement ressenti à Champigny, à Villetrun et Coulommiers; à Champigny, chez M. Dessaignes, le frère du chimiste, on a cru à l'ébonlement des caves; des ouvriers occupés à des travaux de restauration de l'église ont vu la charpente osciller, et croyant à l'éboulement l'édifice se sont hâtés de descendre. Deux maçons terminant une cheminée sur une maison en construction ont failli être précipités de leur échafaudage; l'un d'eux, ancien soldat de marine, qui avait été en garnison à la Martinique, a reconnu immédiatement le phénomène pour un tremblement de terre. A Coulommiers et à Vdletrun, des ouvriers ont failli aussi être précipités du haut de maisons en construction. Le roule- ment souterrain a été entendu dans ces différentes localités. » Il a été impossible de rien savoir sur le sens dans lequel se propa- geait ce tremblement de terre, en supposant qu'il y ait un sens de propa- gation, le phénomène ayant consisté en une secousse instantanée. n Les tremblements de terre sont rares dans les environs de Vendôme; avant celui du 5 juillet i84i, on n'en avait jamais entendu parler. On a ( 207 ) dû y ressentir celui du 26 janvier 1579 (5 février grégorien), qui a été constaté à Bordeaux, Tours, Blois, Chartres, etc. Ou trouve aussi sur les registres de la paroisse Saint-Laurent de Montoire ( 16 liilomètres en ligne droite ouest-sud ouest de Vendôme) la mention d'un tremblement déterre en 1711. iMais il est extrêmement probable que depuis 1756 au moins, jusqu'en i84i, aucune secousse n'avait eu lieu, car on n'en trouve aucune mention sur ime chronique manuscrite qui rapporte, pour chaque année, les phénomènes météorologiques et les comètes de J756 à 18 ro. » En iS/ji, le phénomène a consisté en deux secousses, qui ont eu lieu le matin à o''3o'"et à 3''45'°, après la journée la plus chaude du mois et après un orage dont les grondements se faisaient encore entendre. Il s'était étendu assez loin, notamment au delà du Cher, aux environs de Saint- Aignaii, mai» il n'était accompagné d'aucun bruit. Celui de cette année, remarquable par le faible espace qu'il a embrassé, par son roulement sou- terrain et le caractère instantané de la secousse, a eu lieu aussi par une journée Irès-orageuse; le ciel était très-nuageux à Vendôme, et une averse de grosses gouttes et de peu de durée est tombée immédiatement après la secousse. Vers 3 ou 4 heures, un violent orage éclatait sur les environs, et la foudre tuait à Selommes une jeune femme de vingt-sept ans, la femme Ferrand, qui y habitait une des dernières maisons à l'extrémité sud-ouest du village. » M. DuciiEXSE (de Boulogne) présente plusieurs planches photo-autogra- phiées représentant des détails microscopiques relatifs au système nerveux tant à l'état normal qu'à l'état pathologique. Ces figures, photographiées d'abord, sont obtenues par le procédé autographique imaginé par M. le colonel James; elles sont, dit l'auteur, d'une très-grande netteté et rendues avec une exactitude et une finesse de détail que la maui de l'homme ne saurait égaler. .^î. Bo.NHSTEDT présente deux instruments qu'il nomme r((f/jrt/ et rndiarc. Ces deux instruments, dont le principe est analogue à celui du pantographe, pourront servir aux dessinateurs, le premier pour tracer des lignes droites concourantes en un point situé hors delà feuille de papier, et le second pour décrire des cercles dont le centre est également hors de la feuille. A 5 heures l'Académie se forme en comité secret. La séance est levée à 6 heures. É. D. B. ( 208 ) BULLETIN BIBUOGRAPIIIQITE. L'Académie a reçu dans la séance du 25 juillet 1864 les ouvrages dont voici les titres : Bulletin international (le l'Observatoire impérial de Paris ; juillet 10, 11, i3, i4, i5, 17, 18, 19, 20, 22, 2'3 ; feuilles autographiées, iu-folio. Théorie du mouvement des corps célestes parcourant des sections coniques autour du Soleil; traduction du Tlieoria motus de Gauss, suivie de Notes; par Edmond DUBOIS. Paris; vol. in-8°. Exposé géométrique du calcul différentiel et intégral. 3* partie : les appli- cations du calcul dijjércnticl à C Analyse et à la Géométrie; par Ernest Lamarle. Paris, i864; vol. in-8". Le livre de l'Agriculture d'Ibn-al-Awam [Kitab-al-Felaham); traduit de l'arabe par J.-J. Clément-Mullet; t. P^ Paris, i8G4; vol. in-8°. Deux lois du monde, ou Application des sciences aux religions; 4^ édition. Paris, i864; in-8°. Mémoires de la Société Impériale d'Agriculture, Sciences et Arts d'Angers. Nouvelle période, t. VI, 4'' cahier. Angers, i8G3; in-8°. The principles... Les pi-incipes de chirurgie; par F.-J. Gant. Londres, î864; vol. in-S". Milthcilungeri... Communication sur les taches du Soleil; par le D' Rudolf WOLF;br. in-8°. Zusatze... Supplément aux éléments de la Statistique botanique du Palalinal; par le D"^ F.-W. SctiULTZ. Uemi-feuille in-S". Comparaison des armes des dieux du tonnerre Thor des Scandinaves et Indra des Indiens; par M. G. -A. IIOLMBOE. Christiania, 1862; in-8°. Sur les poids norvégiens du XI V^ siècle, en forme de chevaiux et de bœujs; par le même. Christiania, i863; in-4''. Sur OErtug et Tola, poids communs des Scandinaves et des Indiens; par le même. Christiania, i8G3; in-8''. Lueur mystipie sur des tertres sépulcraux ; par le même. Christiania, i8G3; in-8°. Almanaque nautico... Almanach nautique pour i865 , calculé par ordre de Sa Majesté à l'Observatoire de marine de San-Fernando. Cadix, i863; ui-4". Annaes... Annales de l'Observatoire de l'injanl don Ltiiz à Lisbonne; vol. I", i856 à i8G3. Lisbonne, i8G4; in-4''. COMPTE RENDU DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES. SÉANCE DU LUNDI 1" AOUT 1864. PRÉSIDENCE DE M. MORIN. MEMOIRES ET COMMUNICATIONS DES MEMRRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE. M. Flocrexs présente à l'Académie un livre qu'il vient de publier sous le titre de : Psychologie comparée. GÉOMÉTRIE. — Questions dans lesquelles il y a lieu de tenir compte des points singuliers des courbes d'ordre supérieur. — Formules générales comprenant la solution de toutes les questions relatives aux se< lions coniques ; par M. Chasles. « En donnant les formules et les théorèmes relatifs aux coniques qui doivent loucher des courbes d'ordre quelconque, j'ai annoncé que je trai- terais ultérieurement les cas où ces courbes ont des points multiples ou de rebroussement [Comptes rendus, t. LVIII, p. aaS). Dans diverses autres questions, il y a lieu pareillement de considérer ces points singuliers, notamment lorsque les coniques doivent couper des courbes d'ordre supé- rieur sous des angles donnés. » Ces questions font le sujet de la première partie de la présente com- munication. » Dans la seconde partie, je donne deux formules générales, dont l'une fait connaître les caractéristiques de tous les systèmes de coniques assu- jetties à quatre conditions quelconques, cl l'autre exprime le nombre des G. R., 1S64, a™» Semestre. (T. LIX, K" S.) 2'^ ( 2IO ) coniques qui satisfont à cinq conditions. De sorte que la solution de toutes les questions qu'on peut se proposer sur les coniques, non-seulement se fait par une méthode générale et toujours la même, comme on l'a vu, mais de plus se trouve renfermée dans deux formules uniques. § jrr Théorèmes. ■ » LXXV. Dans un système de coniques (fJt., v), si l'on prend sur chaque conique un point tel, que la tangente en ce point et l'axe harmonique du point, relatif à une courbe donnée U d'ordre m, douée d'un point multiple R d'ordre r, se coupent sur une droite fixe D : le lieu des points ainsi déterminés est une courbe de l'ordre (mp. + v), qui a en R un point nuilliple de l'ordre [j.[r — i). » Prouvons que la courbe cherchée a (m/j. + v) points sur une droite quelconque L. Par un point x de D passent {p. -+- v) tangentes des coniques, dont les points de contact sont sur L (théor. XVI). Les axes harmoniques des {p.-hv) points de contact, relatifs à U, rencontrent D en ([ji -4- v) points u. Par un point u quelconque de D passent les axes harmoniques de (m — i) points de L (*) ; les tangentes menées en ces points aux p. {ni — i) coniques qui y passent rencontrent D en p. [m — i) points jc. Il existe donc (d'après le lemme I ; C. R., p. 1 1 yS), p. + v + p. (m — i) = inp. + v points x qui coïn- cident avec des points correspondants u : et, par suile^il existe suvh{i7ip-^'j) points appartenant à la courbe cherchée, qui est donc de l'ordre [mp. -f- v). » Si la droite L passe par le point multiple R de U, la polaire d'un pointu de D relative àU a elle-même un point multiple d'ordre (r— i) en R, de sorte qu'elle ne rencontre L qu'en [m — ï) — {r — i) = [m — r) autres points. Les axes harmoniques de ces points concourent en u, et les tan- gentes des p{ni — /■) coniques qui passent par ces points coupent D en ij. (m — !■) points .r, qui correspondent à u. 11 s'ensuit que [j. + V + p. {m — r) = p. [m — r + i) + v points X coïncident chacun avec un point correspondant u. De sorte qu'il n'existe sur L que [[-'.('« — r + i) -{- v] points appartenant à la courbe cherchée, au lieu de {m[j. + v) : différence, p-ir — i). Ce qui prouve que la courbe a en R un point multiple d'ordre (r — i). 1) Ainsi le théorème est démontré. » Cas u!i R est un point de rebroussemenl. — Alors la polaire d'un point quelconque u passe par ce point et y est tangente à U. Il en résulte (*) Ce sont les (m — i) points d'intersection de L et delà courbe polaire du point u, rela- tive à U; courbe d'ordre {m — i). ( 3>' ) d'abord, comme il vient d'être démontré, que la courbe d'ordre (/np. + v) passe par R; puis, en supposant que la droite arbitraire L, menée par R, soit tangente à U, on reconnaît que la courbe est elle-même tangente à U, et par conséquent a avec U trois points communs en R. » Corollaire. La courbe coupe U en m [m[x + v) — rjx (r — i) poitits, en chacun desquels la tangente d'une conique coïncide avec la tangente de U, excepté toutefois pour les m points de U situés sur D, pour lesquels les tangentes des p. coniques qui y passent coupent les tangentes deU sui- la droite D, sans que ces tangentes coïncident. » Ainsi le nombre des points de contact des coniques et de Uest m(7nju. -h v) — [xr{r ~ i) — (xin ^= [j.[in{m — i) — r{r — i)] + m-j. » Soit n la classe de U,„. On a n ^= in[in — i ) — /'(/' — i ) ; et le nombre des points de contact devient [ny. -h m-j). Donc : » Dans un système de coniques {iJ.,v), il existe (n|m,+ mv) coniques tan- gentes à une courbe U d'ordre m et de la classe n. » Observations. I. Cet énoncé s'applique au cas où la courbe d'ordre m est l'ensemble des m droites. Il suffit d'y faire n = o, c'est-à-dire de regar- der l'ensemble des m droites comme une courbe de la classe zéro. Car le nombre des coniques du système (p., v), qui touchent, chacune, une quel- conquedes m droites, est bien my, comme l'indique l'expression («p. -H mv), quand ?i = o. Le théorème s'applique pareillement au cas où l'on considère comme une courbe de la classe n l'ensemble de n points donnés. On fait alors m = o, ce qui signifie.que la courbe est considérée comme étant d'ordre zéro.' » II. Le nombre {n[j. + mv) des coniques qui touchent une courbe U", était indiqué parla formule m[p.[ni — i) + ^] donnée précédemment [C. R., t. LVIII, p. 3oi). u Le théorème XI, d'où est résultée cette formule, prend l'énoncé sui- vant, quand on tient compte des points multiples de U : » Dans un système de coniques (jji, v), le lieu d'un point dont la polaire relative à une conique du système coïncide avec l'axe harmonique du point, re- latif à une courbe d' ordre m, douée d\m point multiple R d'ordre r, est une courbe de /'orc/re[p. (m — i) -f-v], qui a en R un point multiple d^ ordre ^[v — i). » LXXVI. Le lieu d'un point tel, que le diamètre d'une des coniques qui passent par ce point, et l'axe harmonique du point, relatif à une courbe k,^ 28.. ( 212 ) (rordn; m, douée d'un point multiple R d'ordre r, se coupent sur une droite fixe D, est une rourhe de l'ordre [mtj. -+- a y), qui n un point multiple d'ordre p.{r — i) en R. » La (léinoiistralioii est tout à fait semblable à celle du tliéoième LXXV : et l'observation relative aux points de rebronssement est la même aussi. M COROLLAiRii:. Le nombre des coniques {i}.,v), qui coupent U7ie courbe U", chacune en un point tel, que le diamètre qui aboutit à ce point y soit tangent à In courbe, e^t {i^ ij. -+- 2 m v ) . » LXXVII. Le lieu d'un point tel, que la normale d'une des coniques qui passent par ce point, et l'axe liirmonique du point, relatif à une courbe U„, d'ordre m, douée d'un point multiple R d'ordre r, se coupent sur une droite fixe D, est une courbe de l'ordre [(m+i)/x+v], qui a un point multiple d'ordre fji (r — i) e/( R. » ConOLLAlRE. Le nombre des coniques d'un système{[j., v), qui coupent à angle droit une courbe U", , d'ordre m et de la classe n, est [(m + n) p. H- niv]. » Le nombre des coniques qui coupent U sons un angle de grandeur donnée est le même. » LXXVin. Le lieu d'un point pris sur chaque conique d'un système (fx, y), lie manière que l une des normides abaissées de ce point sur la conique coupe, iur une droite fixe, l'axe harmonique du point, relatif à une courbe U,„, douée d'un point multiple R, d'ordre r, est une courbe de l'ordre [(3m + i) /ji 4- v]. qui a, en R, un point multiple de l'ordre 3fJt,(r — i). » COROLLAiliK. Dans un système de coniques {lJ.,v) il existe sur une courbe u;;,, d'ordre m et de la classe n, [(lu + 3n) [j. -+- my] points tels, que l'une des normales abaissées d'un de ces points sur les coniques qui passent par ce point, coïncide avec la tangente de la courbe U en ce jfoint. )) LXXIX. Dans un système de coniipies [y., v), le lieu d'un point tel, que l'axe harmonique du point, relatif à une courbe \J,„ d'ordre m, douée d'un point multiple R, d'ordre r, et la tangente d'une des coniques qui passent par ce point, divisent un segment et, dans un rapport anbarmoniipie donné, est une courbe de l'ordre (mp, -h y), qui a un point multiple d'ordre (j. [r — i) en R. » Soient x et u les points où l'axe harmonique et la tangente^ relatifs à un point qui satisfait à la question, rencontrent la droite D sur laquelle est pris le segment ef nn aura xe lie . .t/' 11/ ^ » Prouvons (pu- sur une droite L quelconque, il se trouve (m,a 4- y) points de la courbe cherchée. Par un point .r de D passent {a-\-v) tangentes ( 2.3 ) ayant leiii^s points de contact surL (ihéor. V).Les axes harmoniques de ces points coupent D en (/x+v) points u. Ces points u correspondent à a:. On peut dire aussi qu'ils correspondent au point x' déterminé par l'équation » Par un point « deD |iassent lesaxesliarmoniquesde [m — i) pointsdeL. Les tangentes des coniques qui passent par ces [m — i) points coupent D en lJ,{m — i) points x, auxquels correspondent f;. (m — i) points x', déterminés par l'équation. Ces/x(7« — i) points .x' correspondent donc au point u. Donc (d'après le lemme I), il existe p. + v + ix[in — i) = ('«/-'- H- v) points .r'. dont chaciui coïncide avec un jioint correspondant u. Et, par suite, il existe sur L ('«/x + v) points de la courbe cherchée. Cette courbe est donc de l'ordre [miJ. 4- v). » Lorsque L passe par le point R, la courbe polaire d'un point //, relative à U,„, a en R un point multiple d'ordre [r — i), et ne rencontre L qu'en [m — i) — (r — i) = m — r autres points. Conséquemment il ne passe par u que [m — r) axes harmoniques des points de L. Les tangentes des coniques en ces points coupent D en iJ.[ni — r) points x. Il s'ensuit qu'il n'existe sur D que «z/j. -f- v — p. (r — i) points x' , dont chacun coïncide avec un point correspondant u. D où l'on conclut qu'il n'existe sur T^ que m fx + V - ij. [r points appartenant à la courbe cherchée ; et, dès lors, que celte courbe, d'ordre (mp, 4- v), a un point multiple d'ordre f;. (r — i), en R. c. Q. F. D. » Corollaire. La courbe rencontre U,„ eu m[inij. -h v) — /-'^'"('' — i) |3oints, autres que R. En chacun de ces points la tangente de U,„ et la tan- gente d'une des coniques qui passent par ce point divisent le segment ej dans le rapport anharmonique donné. Soit n la classe de U^; on a in[m — i) — ;■(/' et le nombre des points d'intersection des deux courbes devient [m + n) u. + m-j. Donc : » // existe (m + n) u. -t- mv coniques, dont chacune coujie une courbe Ur;, d'ordre m et de la classe n, en un point tel, que les bmgentes des deux courbes en ce point divisent un segment ef, dans un rapport anharmonique donné. n On peut faire, comme nous en avons donné des exemples précédem- ( 214 ) ment (théor. XXXII — XXXVII, XLII— XLV diverses hypothèses concer- nant le segment ej. On obtient ainsi plusieurs théorèmes: nous nous bor- nerons au suivant : » // existe (m + n)/j. + mv coniques, d'un syslème (fx, v), dont chacune coupe une courbe Ur„ d'ordre m et de la classe n, sous un angle droit, ou sous un angle de grandeur quelconque, compté dans un sens de rotation déterminé. » Théorème déjà démontré différemment (LXXVII, coroll.). » LXXX. Dans un système de coniques (/jl, v), le lieu d'un point tel, que taxe harmonique de ce point, relatif à une courbe U,„ d'ordre m, douce d'un point multiple R d'ordre r, et le diamètre d'une des coniques qui passent par le point, divisent dcms un rapport anharmonique donné un segment ef, est une courbe de l'ordre (m /t. -i- 2 v), (jui a, en R, un point multiple d'ordre p.{v — i). » La démonstration sera calquée sur celle du théorème précédent. » Corollaire. // existe (m + n) p. + 2 m v coniques qui coupent une courbe U," d'ordre m et de la classe n, chacune en un point tel, que la tangente de la courbe et le diamètre de la conique, qui aboutit à ce point, divisent un segment ef, dans im rapport anharmonique donné. » LXXXI. Dans un système de coniques {p, v), le lieu d'un point tel, que l'axe harmonique du point relatif à une courbe U,„ d'ordre m, douée d'un point multiple R d'ordre r, et la normale d'une des coniques qui passent par ce point, divisent un segment ef, dans un rapport anharmonique donné, est une courbe de l'ordre (m + i)|x-f- v, qui a un point multiple d'ordre p,(r — i), en R. » Corollaire. // existe (n|x+niv) coniques qui coupent une courbe U", d'ordre m et delà classe n, chacune en un point tel, que la tangente à la courbe en ce point et la normale de la conique divisent un segment cf, dans un ia)>porl anharmonique do)iné. »